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Le Palais Royal

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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 22 Mai 2009 - 23:56


Le Roi avait trop parlé, mais ça ne semblait pas avoir géné son invitée. Ils arrivèrent au Palais. Pierrot mit pied à terre, laissant son cheval aux palefreniers qui s'avançaient déjà. Il s'occupèrent également des montures des invités, tandis que l'escorte les abandonnaient à la grande porte du Palais et s'en retournaient vers le Champ de Mars. Celle-ci s'ouvrit d'ailleurs, dès que le groupe fut prêt à entrer. Il y avait deux gardes devant la porte, et deux gardes derrière. Les gardes à l'intérieur s'avancèrent pour prendre les armées de la délégation, mais le Roi balança discrètement la tête de gauche à droite. Les grades se reculèrent. Il ne voulait pas offusquer l'ambassadrice en lui confisquant ses armes, il voulait montrer qu'il avait confiance. Et puis, il était largement apte à faire face en cas d'attaque, ce qui semblerait néanmoins plutôt déplacé avec le climat de confiance qui s'instaurait déjà.

Un aboiement aigu résonna dans tout le hall principal. Une petite boule de poils s'élança du bout du couloir central a une vitesse vertigineuse, stoppa à la moitié du hall, glissa sur le marbre du sol et, arrivé au pieds du Roi, lui sauta dans les bras. Pierrot se mit a rire ...


"Je vous présente Kaylan ... Plus je m'absente, plus il s'attache a moi et plus je lui manque ... Je dois bien dire que je me suis également attaché à lui ... qui l'eut cru ... Son nom doit bien vous évoquer sa provenance. Bref. Veuillez excuser tout ce luxe et ces débordements d'art baroque. Je ne suis pas là depuis très longtemps, et j'ai eu d'autres choses plus importantes à régler que la décoration intérieur du Palais, dans lequel je vis bien peux en ce moment. Je suis plus adepte d'un style rustique, de vieilles pierres, de bois noircis et de l'odeur du feu de bois. Mais que voulez-vous, être souverain, ça impose un certain standing ... Je ne peux pas recevoir dans une chaumière."

Tendis qu'il parlait, la procession avait traversé le hall et le couloir central. Ils étaient à présent dans la salle du trône.

"Je vous propose de vous restaurer. Où peut-être préférez-vous que l'on vous amenasse* à vos appartements ? Je vous propose, si vous désirez rester quelques jour afin de vous remettre de votre voyage et de vous préparer au suivant, de vous faire préparer un étage. C'est très vide, ce palais. Je n'ai pas - et je ne veux pas - de cour, la garde et les servants sont en effectifs réduits, je me sent bien seul ; aussi cela me ferait plaisir et m'honorerais que vous acceptiez de rester quelques jours."

Un valet avait suivi le groupe de la porte à la salle du trône. Il était grand et sec, la cheveux court et très noirs. Son air morne et las trahissait un certain ennui. Il avait une tunique aux couleurs et aux armes du Surda. Le Roi s'adressa à lui.

"Allez donc me chercher notre amie Jenna. Et souriez un peu que diable ! vous aurez l'air plus sympathique ! Votre boulot c'est d'ouvrir des portes, pas de vendre des cercueils !"

L'homme fit un sourire forcé et étrangement immonde, puisqu'il n'avait qu'une dent sur trois - ce qui expliquait pas mal de choses - et s'en retourna dans les profondeurs du palais, faire chercher la jeune femme.


* encore un subjonctif imparfait ! j'arrête pas en ce moment ^^


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Marek
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Sam 23 Mai 2009 - 0:24


[Ton valet me rappelle le mien au manoir...

Et moi j'aurais plus dit "que l'on vous amène" quand même... ou à l'imparfait "que l'on vous amenât"... enfin bon je suis qu'en S^^]

Nicko fit trottiner doucement Snola derrière Myad et Pierrot, ne prêtant qu'une oreilles discrètes à la conversation des deux de devant.
Il en avait assez entendu pour penser peut-être à raison que Pierrot était un bon roi. Le peuple semblait d'ailleurs déjà l'apprécier.
Nicko, lui, l'apprécierait encore plus quand il aura fait libérer Jenna. Sa chère petite Jenna. Il espérait qu'aucun mauvais traitement lui avait été infligé, mais au vue de ce roi, il pensait n'avoir rien à craindre sur ce plan. Mais bon, les apparences sont parfois trompeuse non? Par exemple, qui pourrait croire que sous la jolie demi elfe, demi drow blonde devant lui, se cachait une arme redoutable, capable de tuer tout autour d'elle hein?
Le soldat fut brusquement tirer de sa rêverie lorsqu'ils arrivèrent au Palais. Il laissa à contrecœur sa belle jument blanche aux palefreniers, et suivit Pierrot et Myad dans les couloirs.
Il eu un mouvement de recul, lorsque des surdans arrivèrent pour prendre leurs armes. Mais un geste de la tête de leur roi les incita à éviter. Les deux épées de Nicko resterais donc croisées dans son dos, avec son arc et son carquois.
Alors qu'il trainait des pieds, son attention à peine attirer par le chiot du roi, il releva subitement la tête à la mention du nom de Jenna: Enfin!





Héhéhé:
 



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Mar 26 Mai 2009 - 15:35


[en actualisant la langue, c'est effectivement ce qu'on aurait fait, mais si on prend la règle stricte, on a pas le droit de mettre un imparfait de l'indicatif avec un conditionnel ... d'où l'imparfait de subjonctif, mode qui je te l'accorde, à quasiment disparut aujourd'hui, mais je me plais à l'utiliser]

L'escalier de tarda pas a craquer dans l'autre sens. Hélène, la suivante de feu la Reine Mirwen, avait veillé sur Jenna et prit soin d'elle. La jeune femme avait d'ailleurs très bonne mine. Elle avait des vêtement propres et neufs, elle était coiffée et avait une mine radieuse. Tout montrait qu'elle avait été traitée en invitée et non en prisonnière.

Le roi avait toujours son chiot dans les bras et lui caressait le sommet du crâne. Il se retourna au craquement d'escalier.


"Ah, voilà votre amie !"


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 29 Mai 2009 - 22:02


Myad n'avait jamais vu la jeune femme qu'elle était partie récupérer. C'est pourquoi, à l'annonce du roi, elle se tourna avec une légère hâte, mêlée de curiosité. Sa robe ondoya lorsque son corps bougea, un souffle léger caressa le sol. Elle vit descendre vers eux une demoiselle mignonne, une humaine fraîche, qui lui fit penser à Leyra. Par l'aura de douceur innocente qui émanait d'elle.

- Je suis enchantée de voir qu'elle a été si bien traitée, dit-elle assez bas pour que seul le roi l'entende. Bonjour, Jenna. Nous sommes des membres du Vanyali, et nous venons te chercher.

Myad lui adressa un sourire poli, néanmoins elle ne voyait rien d'intéressant chez cette humaine. Il ne ferait aucun doute qu'une fois rameutée au clan elle l'oublierait pour de plus passionnantes personnes.

- Nicko, pourriez-vous prendre Jenna auprès de vous ? Je souhaiterai m'entretenir plus avant avec le roi, si cela ne le dérange pas, bien sûr.



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Marek
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 29 Mai 2009 - 22:24


Nicko releva vivement la tête lorsque le roi parla de l'arrivée de Jenna. Elle était là, sublime, en pleine forme!
Un sourire illumina ses lèvres et son visage, mais il se retînt de bouger devant les hauts dignitaires devant lui...


Jenna tournait dans sa chambre. La jeune femme s'ennuyait ferme, même si elle était très bien traitée... Nicko lui manquait. Son presque-frère et son doux réconfort...
Quelqu'un frappa à la porte. Une servante qu'elle connaissait bien lui signala qu'on venait la chercher. L'Alliance était là... on venait la chercher! Elle retournerait au repère et reverrait enfin Nicko!


Quelle fut alors sa surprise de voir son frère de cœur accompagnant l'ambassadrice de l'Alliance!
Tout comme lui, elle souria. Tout comme lui, elle se retînt de bouger. Mais lorsque l'ambassadrice proposa à Nicko de rester avec elle, elle ne put se retenir de foncer dans les bras de son ami, qui lui rendit son étreinte.


Tu m'a manqué Nicko... murmura-t-elle.
Toi aussi... répondit le soldat.





Héhéhé:
 



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Mar 2 Juin 2009 - 19:35


"Je propose d'oublier cet incident et de ne plus en parler."

La jeune "invité" du Roi et le dénommé Nicko semblaient très bien se connaitre. Les relations semblaient très bien engagée, mieux valait ne pas commencer sur une note négative, et éluder cet incident diplomatique. L'ambassadrice voulait commencer l'entretient. Ainsi serait-il. Il tendit un bras vers l'endroit d'où ils venaient. Il fallait prendre l'escalier pour monter dans les appartements du roi, où était son bureau.

"Et bien, allons donc, si vous voulez me suivre ..."

Et s'adressant au valet.

"Premièrement souriez, ou je vous met aux cuisines. Ensuite, occupez-vous de nos deux amis !"

Puis, il se mit en marche vers l'escalier. Cette cage d'escalier était immonde, les murs couverts de lambris, sur lequel des tableaux de chasses, des portraits jaunis et des armures d'une ère bien antérieur reposaient. Il fallait aimer le surchargé. Trois étages plus tard, l'ambassadrice et le roi arrivèrent dans les appartements royaux. C'était tout aussi surchargé, mais moins poussiéreux. On sentait tout de suite un certain entretient. Après avoir traversé quelques couloirs, une grand porte en chêne massif, avec des boutons d'or, se dressait devant eux. Pierrot tourna les boutons et la porte grinça. Elle s'ouvrit sur une pièce anormalement dépouillée de tout le luxe habituel du château ; les murs étaient en vieilles pierres, seul, au fond de la pièce un bureau en bois massif, à peine travaillé, jonché de parchemins divers. Toutes la pièce d'ailleurs était encombrée de livres, de parchemins, de vieilles plumes, d'objets étranges, et de moultes autres choses indéfinissables. La plupart de ses papiers étaient confidentiels. Le roi claqua deux fois dans ses mains, et tout ce bazar alla se réfugier dans une malle, derrière le bureau. Pierrot dégota une chaise supplémentaire, qu'il installa devant son bureau. Il s'assit sur sa propre chaise.

"Je vous en prie, asseyez-vous, commençons ..."


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 5 Juin 2009 - 21:43


Myad vit avec attendrissement son garde du corps s'émerveiller auprès de la jeune espionne. Peut-être son coup de folie de l'autre nuit serait oublié en ce coeur naïf, vierge sans doute et d'hommages et de hontes. Ils feraient un couple harmonieux, le genre qui fait se retourner les mal-aimés et les délaissés sur leur route. Peut-être, peut-être pas...
Lorsqu'elle sentit le roi s'éloigner, la demi-drow se glissa aussitôt dans son sillage. Son pas silencieux, gracieux et félin mettait souvent les allianceux mal à l'aise, nerveux ou juste sur la sellette, comme si un démon ou quelque prédateur caché dans les broussailles. C'était naturel, hérité de sa parenté d'elfe noir. Discrète, farouche, sinueuse et naturelle. Serpent d'or. Et sourires d'ange.
Le palais était d'un style très varié, baroque sans doute, mais l'influence du nouveau roi commençait à filtrer l'exubérance du mouvement. Myad promenait ses yeux et son nez autour d'elle, attentive et curieuse : l'odeur chargée de ces lieux étaient unique, l'atmosphère glissait en elle avec de ouateuses fiertés. Les marches ne craquaient pas sous ses pieds légers.
Le bureau la confirma dans son impression : l'homme était une personne de terrain, de réflexion, de simplicité aussi. Nul besoin de pompes et d'hypocrisie masquées. Heureusement parce que ce n'était pas le style de la maison.
La jeune femme, qui approchait quand même des soixante ans, s'assit dans un froissement de tissu. Son cou gracile porta son visage avec la prestance nuancées des aristocrates modestes (oxymore ?...).

- Le chef m'envoie discuter avec vous de la situation du Surda, commença-t-elle d'un ton paisible. Nous avons déjà commencé à en discuter tout à l'heure, aussi je ne suis pas inquiète.

Marek serait soulagé de savoir le pays en reconstruction ET dirigé par un personnage pareil. Myad ne doutait pas de sa fiabilité, ni de sa réussite prochaine, comme elle le lui avait dit.

- Vous devez savoir que le Vanyali ait un clan neutre, qui s'efforce de défendre les causes qu'il juge justes et tend au pacifisme. Notre souci était surtout par rapport à vos ambitions politiques. Je suppose pouvoir rassurer mon supérieur ? ajouta-t-elle avec un sourire aimable.



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Lun 8 Juin 2009 - 18:53


"Tout à fait ..."

Le roi s'était installé bien à l'aise derrière son grand bureau. Il chercha rapidement comment tourner ses mots pour qu'ils paraissent les plus sincères. Quelque chose grattait à la porte, furtivement. Le roi entrebâilla celle-ci d'un regard, et le petit chiot apparut. Il avait une démarche timide. Il n'avait pas l'habitude qu'il y ai du monde dans cette pièce. Il avança doucement vers Pierrot, ayant un regard très intrigué pour Myad. Le petit chien se blottit sur le genoux du magicien. Pierrot parait tout en lui caressant le haut de la tête.

"... Mais, voulez-vous boire quelque chose ?"

Ce n'était pas vraiment une question, parce qu'en même temps qu'il la posait, Pierrot sortait deux verres-ballons de sous son bureau, ainsi qu'une bouteille, contenant un liquide ambré. Il la déboucha : *mpok* ; il s'en dégagea une odeur très fruité.

"C'est une production locale. C'est de la liqueur de lin. On récupère la fleur du lin, après en avoir récupéré les fibres pour le textile, et on les fait décanter dans une mixture spéciale."

Il en versa deux verres, et en tendit un à l'ambassadrice. C'était alcoolisé, mais pas très fort. C'était surtout sucré, et très fruité. Il était maintenant temps de parler des choses sérieuses.

"Je disais donc, effectivement, il n'y a pas à s'inquiéter de moi, vis-à-vis de votre position. Votre ... amie, Jenna, le roi ne voulait pas employer le terme d'espionne, aura pu constater, et peut-être en aura-t-elle référé dans vos haute sphère, et vous aurez également remarqué, que le Surda est actuellement en train de se doter d'une force militaire conséquente. Mais, il faut le comprendre : le Surda est un pays dévasté par deux guerres quasiment consécutives, et qui a du en sus affronter deux chocs émotionnels, la perte de deux souverains en peu de temps. Les routes sont abîmées, les chemins ne sont pas sûr. Rodent dans le pays des brigands, des déserteurs de la Guilde des Ténèbres, des opportunistes armés. Les gens ont peurs, les villages sont pillés, voire massacrés pour quelques uns. Ils ont besoin d'une présence fiable, et rassurante. Ce pays à besoin avant d'un sécurité intérieur infaillible. Je suis donc à la première phase de mon plan de reconstruction du pays, la sécurité.

La seconde et la troisième phases se feront communément : reconstruction des infrastructure, dont les routes, bâtiments officiels, etc, et le développement économique du pays. Vous n'êtes pas sans savoir que Cithrì est le fleuron du textile et de la taille depuis des siècles, voire des millénaires. Toute la haute société vient s'habiller à Cithrì, et les tissus de la plus haute qualité viennent de là. Je mise sur ce point, car depuis quelque années, avec les conflits incessants et multiples, la ville à perdu de son rayonnement et l'activité c'est amoindrit. Et, je pense, puisque vous êtes ici pour établir des relations diplomatiques, mais pourquoi pas également commerciale, que des contrats ne sont pas inenvisageables. Je sais que vous avez des forges très performantes, qui sortent des produit de haute qualité. Or, je suis en train d'équiper mon armée, et le pays ne dispose pas des moyens suffisant pour fabriquer des armes et des armures de qualité. Vous n'êtes peut-être pas habilitée à négocier ce genre de choses, mais un commerce d'échange de textile, brut ou taillé, de haute qualité, contre des produits de ferronnerie militaire, pourrait être envisagé.

En ce qui concerne l'armée, je vous le réitère, aucune crainte à avoir, les forces ne sortiront pas du pays, ce n'est pas dans notre intérêt ..."


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Lun 15 Juin 2009 - 20:10


"... Mais, voulez-vous boire quelque chose ?"
- Volontiers, le remercia-t-elle de sa voix veloutée.

Le roi était le genre de personnes que la jeune femme aimait côtoyer. Intelligent, courtois, simple. Ce serait un plaisir de se charger des relations entre l'Alliance et le Surda avec un tel suzerain. L'odeur pétillante du liquide vola avec empressement vers la demi-drow, qui insuffla le parfum de ses narines de prédateur. Avant même que le propriétaire de la bouteille ait ouvert la bouche, elle avait deviné la plupart des composantes du liquide et sa teneur approximative en alcool. La fougue fruitée qui descendait, riche et joyeuse, dans ses poumons lui plaisait. Elle s'en enivra par de profondes bouffées, paisiblement.

"C'est une production locale. C'est de la liqueur de lin. On récupère la fleur du lin, après en avoir récupéré les fibres pour le textile, et on les fait décanter dans une mixture spéciale."
- A chaque peuple ses alcools, ce dernier disant beaucoup sur le premier. Je me chargerai de vous apporter une spécialité de mes ancêtres à ma prochaine visite.

Myad agrémenta sa dernière phrase d'un petit sourire mystérieux. Sachant qu'elle avait deux origines très différentes, deviner le futur présent était quasi-impossible. Là était l'intérêt.
Elle s'empara du verre, dont la finesse glissa sous ses doigts graciles, et but une gorgée. Le parfum ayant annoncé la couleur, la jeune femme ne fut pas surprise par le goût mais plutôt confortée dans son intérêt. C'était très agréable. On ne sentait pas l'alcool - et peu importait à la Gardienne, elle sur qui ses effets se brisaient comme l'eau sur les rochers. Tandis que le roi parlait, la semi-elfe l'écoutait en buvant lentement. Boire lui fit du bien. Les temps se précipitaient, s'entrechoquaient ; se poser et profiter... Avant de repartir.


Myad réalisa avec brusquerie le rôle primordial qu'elle avait pris au coeur de son clan. Marek avait vraiment confiance en ses capacités. Fallait-il qu'elle le consulte avant de prendre une décision ? Quelqu'un d'autre l'aurait peut-être fait - mais si son presque-frère l'avait envoyée seule, avec carte blanche, c'est qu'il pensait qu'elle prendrait les bonnes décisions. Un commerce avec le Surda n'était pas une mauvaise idée du tout. Deux pays, ou deux sociétés, ne peuvent raisonnablement se faire la guerre s'ils ont une économie en partie dépendante de celle de l'autre. Un type assis sur une branche d'arbre n'ira pas scier ladite branche, à moins d'être suicidaire (ou très stupide). Et cela marquerait par un excellent début les échanges. La jeune femme finit son verre et le posa avec délicatesse. Le cristal tinta doucement.

- Je peux tout à fait comprendre que vous souhaitiez renforcer une armée nécessaire à la sûreté des habitants. C'est, paradoxalement, une condition de la paix. Mon supérieur sera donc informé du pacifisme du Surda. Enfin une bonne nouvelle. Elles sont si rares ces derniers temps.

L'ambassadrice croisa les doigts et y posa son nez, fixant durant un court instant un point imaginaire au-delà de l'horizon. Puis elle revint aux yeux clairs du seigneur.

- Quand à votre proposition, je vous avoue qu'elle m'intéresse fortement. Si je n'ai pas les pouvoirs d'assurer avec certitude l'avis du chef, ni de signer un contrat, je peux vous témoigner mon avis. Et sans doute cette opinion sera partagée par celui-ci.

Le petit chien la toisait avec un mélange de méfiance et d'intérêt. Myad lui fit un clin d'oeil discret. Il remua doucement la queue, l'air amusé.

- Des échanges commerciaux entre nos deux sociétés me paraît une très bonne idée. Et si cela ne tenait qu'à moi je commencerais déjà à établir des normes et à organiser le tout... Nous avons besoin d'alliés, nous pouvons nous permettre de vendre. Vous avez besoin de nous, vos produits sont intéressants. Je ne vois aucune raison de ne pas vous assurer une étroite collaboration. Nous serons donc amenés à nous revoir très prochainement, ajouta-t-elle avec un sourire.



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 18 Juin 2009 - 17:18


Kaylan commençait a l'agacer. Il était bien mignon, mais il s'agitait sur ses genoux et lui tenait chaud. Pierrot le fit dégager avec une petite tape au derrière. Le chiot sauta et alla se réfugier dans un coin de la pièce. Myad semblait apprécier la liqueur de lin.

"Je vous en ferais apporter une caisse avant que vous ne repartiez."

Sans nulle doute avait-elle été choisi pour son total accord avec la politique de ceux qu'elle représentait. Ainsi son engouement pour la proposition du Roi ravit ce dernier. Ses plans allaient de l'avant, et bientôt le Surda redeviendrait une force économique de choix.

"J'ajouterais également a votre paquet quelques pièces de la plus haute couture que l'en trouve chez nous, ainsi que des échantillons de ce qu'on trouve comme textiles, et si vous voulez des pièces de consommation courante ... car j'imagine bien que l'intérêt du commerce à grande échelle n'est pas un commerce de luxe. Vous pourrez comme ça vous faire une idée de ce qu'on fabrique à différents niveaux."

Il n'y avait plus grand chose à dire. Le roi, tout en parlant, avait griffonné quelques instructions sur un parchemin. Il avait noté tout ce qu'il lui fallait au plus vite. Il avait d'un regard calculé les mensurations de la femme, toute sa commande était transcrite, mais il fallait faire tailler et revenir de Cithrì, se serait sans doutes un peu long, même avec une escorte militaire. Il fit tinter la clochette et, quelques secondes plus tard, un valet pénétra doucement dans le bureau. Il était grand, costaud, souriant, l'air réjouit ... tout à fait le contraire de la loque qui lui servait de valet de porte.

"Appliquez les instructions de cette note au plus vite. Dites d'où ça vient, ça fera accélérer les choses. je mets les montures les plus rapides à votre disposition, ainsi qu'une escorte."

"Bien mon Seigneur, ce sera fait dans les plus bref délais ..."

Il resta planté là, tout souriant, ne sachant que faire.

"Eh bien, qu'attendez-vous ? ... Ah, oui, pardons ... vous pouvez vous retirer ..."

Il revint à son invitée.

"J'ai encore quelques cours de protocole à prendre ... mais, vous resterez bien diner, peut-être même coucher. Vous n'allez pas repartir d'un si long voyage le ventre vide et fatigués, ce serait un affront pour ma patrie de vous rendre dans un tel état aux vôtres !"


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 18 Juin 2009 - 21:10


[Kaylan... MDR C'est le nom de l'ennemi juré de Marek et du pervers en titre du forum... L'effet est sympatoche dis-moi]

Myad n'ajouta aucun inutile mot aux conclusions du roi. Les négociations sont toujours plus simples quand elles sont faites entre gens intelligents (qui se respectent mutuellement, hein, sinon ça marche pas). Il avait proposé, elle était d'accord, Marek serait sûrement ravi. Avant de le retrouver il faudrait qu'elle règle le "petit" problème des mercenaires, et ensuite elle pourrait rentrer au bercail. Le petit chien vint renifler ses mollets avec curiosité. Ses doigts effleurèrent le sommet de sa tête. Les animaux la traitaient toujours comme une chose bizarre, intriguante. Un sourire mystérieux flottait sur ses lèvres. Ce chiot gai et gaillard portait le même nom que l'elfe vicieux qui lui avait menti après son amnésie.

"J'ai encore quelques cours de protocole à prendre ... mais, vous resterez bien diner, peut-être même coucher. Vous n'allez pas repartir d'un si long voyage le ventre vide et fatigués, ce serait un affront pour ma patrie de vous rendre dans un tel état aux vôtres !"

La jeune femme éclata d'un rire sincère.

- Dans ce cas je me vois forcée de rester, répondit-elle. Si vous voulez mon avis, vous vous débrouillez très bien pour un novice.

Elle l'observa un moment, jambes croisés, puis son sourire se fit moue songeuse.

- Si vous le désirez, je peux essayer de vous familiariser avec le milieu. J'ai beau avoir souvent côtoyé la haute société, je suis moi-même en apprentissage, si je puis dire. Et les nobles à qui je suis censée sourire de toutes mes dents ne donnent pas vraiment envie de sourire, si vous voyez ce que je veux dire.

Une cour de drows qui venait de subir une lourde trahison et qui avait subi deux massacres par sa faute... Myad redoutait le jour où elle y serait conviée.
Elle lui adressa un dernier sourire avant de remarquer la lueur douce du soleil. Les environs verdoyants du Surda l'appelaient.

- Me feriez-vous le plaisir d'une promenade, demain peut-être ? J'ai n'ai pas pu découvrir cette terre avec autant de paix que je l'aurais voulu.

Oui se faire attaquer c'est pas terrible comme accueil...



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 18 Juin 2009 - 22:45


[Je sais bien ; il m'a offert ce chien pour m'emmerder, je l'ai ainsi nommé pour les mêmes raisons.]

"J'ai été diplomate a de nombreuses reprises durant plusieurs siècles, je sais comment la machine fonctionne, même si selon les peuples, on observe des différences. Les Elfes sont plus subtils et raffinés dans leurs paroles et dans leur manière de vivre. Les Nains concluent les marchés en se tapant dessus, des humaines veulent se donner un air d'importance en se perdant dans des formules pompeuses et protocoles ridicules ... Mais j'ai côtoyés beaucoup de souverains de chacun de ses peuples, et je vois comment ils fonctionnent. J'ai juste du mal parfois à enfouir ma vraie nature."

L'entretient était donc fini. Pas fâché. Non pas que l'interlocutrice fut déplaisante, loin de là, mais ces frasques diplomatiques plaisait moins à Pierrot que dan le temps. Il y avait un temps pour tout. La délégation restait donc au palais. Et madame voulait faire un tour ... il y avait quelques bons coins pas trop dévastés

"Si vous voulez découvrir du pays, je vous guiderais avec grand plaisir, mais effectivement demain sera le mieux. Pour l'instant, il va être l'heure de dîner. je vais faire annoncer vos couverts. Vous vous voulez vous donner la peine."

En disant cela, le Roi avait ouvert la porte et tendu son bras vers l'extérieur. Il attendit qu'elle fut sorti et lui emboita le pas. Ils descendirent dans la salle à manger, où le couvert était mis pour tout le monde. Le roi se plaça en bout de table, et ouvrit grand les bras en l'air

"Mes amis, c'est avec grand plaisir que je vous convie à ce repas. Je vous en prie, prenez place."

Puis, il se rassit. L'ambassadrice était placé à se droite, Nicko à sa gauche, et Jenna à côté de Nicko. Il y avait autour de la tables quelques notables, que le roi ne prit pas la peine de présenté, ne les connaissant pas vraiment lui même.


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 19 Juin 2009 - 10:41


"J'ai été diplomate a de nombreuses reprises durant plusieurs siècles, je sais comment la machine fonctionne, même si selon les peuples, on observe des différences. Les Elfes sont plus subtils et raffinés dans leurs paroles et dans leur manière de vivre. Les Nains concluent les marchés en se tapant dessus, des humaines veulent se donner un air d'importance en se perdant dans des formules pompeuses et protocoles ridicules ... Mais j'ai côtoyés beaucoup de souverains de chacun de ses peuples, et je vois comment ils fonctionnent. J'ai juste du mal parfois à enfouir ma vraie nature."
- Alors je retire ce que j'ai dit, vous êtes armé pour affronter toutes les situations.

La dernière phrase du roi convenait pour elle, ce qui la fit secrètement sourire. Ah, si la demi-drow demi-elfe laissait faire sa nature ce qui lui convenait, ce serait chaotique (et pour elle, et pour les autres). Les temps flous, lointains de son Ere d'auparavant lui revinrent en mémoire, froids, fougueux et effrayants. Selon la légende, c'est environ tous les 55 ans que l'Ere changeait, de pair avec le monde. Donc, il y aurait encore un bon demi-siècle avant qu'elle ne doive s'inquiéter. Court. Quand même.

"Si vous voulez découvrir du pays, je vous guiderais avec grand plaisir, mais effectivement demain sera le mieux. Pour l'instant, il va être l'heure de dîner. je vais faire annoncer vos couverts. Vous vous voulez vous donner la peine."

Myad se leva, et gracieuse à en offenser les danseuses, rejoignit la sortie. Remerciant d'un signe de tête l'homme galant (rare, très rare, ce siècle était si fourni en malpolis d'après son père, que c'en était affligeant) elle retrouva l'ambiance hétéroclite, silencieuse de tout à l'heure. Les escaliers, puis l'immensité. Curieuse, la jeune femme marchait de pair avec son hôte jusqu'à la salle à manger. Nicko, lavé, changé et parfumé, était beaucoup plus agréable à regarder que dans la crasse de sa tenue de voyage. Ayahantê remarqua la façon dont la petite Jenna le dévorait des yeux. Elle fronça les sourcils ; elle ne regardait pas Marek comme ça, tout de même !... Non, impossible. ELLE n'était pas amoureuse. L'autre, là, oui. Myad n'aimait personne. Car personne ne l'aimait.
La table de bois noble attira l'attention de la princesse. Elle examina les pieds en forme de patte de lion (je me fais un petit délire descriptif, si ça te va pas tu le dis) gravés avec un soin chirurgical, le lissé poli du dessus, recouvert pour le repas de cloches rondelettes et de saladiers en argent ouvragé. C'était beau - cela lui rappelait beaucoup de choses. Mais le style surdain était nouveau pour elle. Noblesse, modestie et intelligence. Contrairement à l'orgueil faramineux des constructions et oeuvres naines. Ne parlons pas des drows.

"Mes amis, c'est avec grand plaisir que je vous convie à ce repas. Je vous en prie, prenez place."

La jeune femme s'assit, adressant un coup d'oeil entendu à son garde du corps. C'est étrange comme les choses changeaient selon les situations. Les gens n'agissaient pas de la même manière selon qui était présent. Heureusement, d'ailleurs ; la Gardienne avait des devoirs, elle voulait les remplir à la perfection.
Les plats étaient délicieux ; légers, délicats, sans une abondance d'épices que des odorats trop fins auraient jugés brûlants. La viande fondait dans la bouche. Tout en mangeant, elle discutait avec le roi (pas la bouche pleine, cela va de soi). Cela faisait depuis qu'elle l'avait rencontré qu'elle mourrait d'envie de lui poser une question.

- J'ai rencontré une elfe, il y a longtemps, qui s'appelait Ellenwen. C'était lors d'un bal masqué. Elle s'était déguisée...

Un sourire amusé illumina son visage.

- En vous. Je me demandais... Vous la connaissez ? Elle et ses amis ?

[Oui marre de discuter politique...]



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Ven 19 Juin 2009 - 13:19


Le repas se passait bien, les invités semblaient apprécier. Bien sûr, Pierrot préférait les repas plus conviviaux, dans la chaleur d'une salle crasseuse d'une taverne de campagne, mais il allait bien falloir qu'il s'habitue au luxe et à la tenue. L'ambassadrice amorçait une discussion ... s'il connaissait Ellenwen, cette question ...

"Nous avons un an d'écart, et sommes tous deux natifs d'Ellesmera. Nous avons chacun eu quelques différents avec les Elfes, elle à cause de son histoire, moi à cause de mes origines. Forcément,ç crée des liens. Nous sommes amis de très longue date. Mais, à présent, nous sommes chacun souverains de peuples, chacun à un extrême du continent. Ça risque d'être peu commode pour se voir. Nos rencontres risquent d'être pompeuses et officielle, plus que divertissantes. Mais on a que ce qu'on cherche, dans la vie. Il est difficile de vouloir le bien pour les autres tout en garantissent le bien pour soi. Mis pour en revenir à Ellenwen, je compte sur elle autant qu'elle compte sur moi, elle a toujours été là lorsque j'en ai eu besoin, et je lui ai toujours rendu. Ses amis, je ne les connais pas trop, nous ne nous voyons guerre souvent, pour les raisons que je savez ..."


Le repas touchait à sa fin. Les servants s'activaient pour débarrasser la table. Il se faisait rudement tard. Le roi se leva, invitant ses convives à faire de même.

"Vos chambres sont prêtes, et à moins que vous n'aillez encore quelque chose à faire où demander, je vais me retirer dans mes appartements - c'est comme ça qu'on dit, je n'y peux rien. Demain, vous avez de la route, à moins que vous ne vouliez rester quelques jours de plus ?"


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Sam 20 Juin 2009 - 10:13


[Tu m'excuseras, j'avais fait une super réponse, mais j'ai fermé la fenêtre comme une conne et ziouuu le post ==']

"Vos chambres sont prêtes, et à moins que vous n'aillez encore quelque chose à faire où demander, je vais me retirer dans mes appartements - c'est comme ça qu'on dit, je n'y peux rien. Demain, vous avez de la route, à moins que vous ne vouliez rester quelques jours de plus ?"

Myad, levée dès à présent que le repas était achevé, refusa d'un doux hochement de tête, mains levées.

- Votre hospitalité nous honore, mais des affaires pressantes réclament ma présence en Alagaësia. Et je suis sûre que Jenna voudrait retrouver sa famille au plus vite.

Elle baissa légèrement la tête en guise d'au revoir, fit signe aux deux humains et s'éloigna un peu. Nicko et son amie se glissèrent jusqu'à elle, d'excellente humeur. Ils étaient toujours de bonne humeur, ceux-là. Myad était chaque fois agacée de voir à quel point sa vie était compliquée comparée à la leur. Eux n'avaient pas de mal à être heureux ; elle, c'était l'inverse. Réfrénant son exaspération, la jeune femme les examina tous les deux.

- Le chef attend de tes nouvelle au plus vite, Jenna, dit-elle avec sérieux. Nous partirons donc demain midi, dès que possible. Je ne vous donne pas d'heure, mais ne vous avisez pas d'être en retard. Reposez-vous bien.

Et sur ces ordres étranges, l'ambassadrice suivit le garçon qui lui avait tapoté l'épaule, timide, et monta jusqu'à sa chambre. A peine vit-elle la noblesse des tableaux, la finesse de la rambarde, le velours des marches, le silence endormi des étages - son esprit était monopolisé par des préoccupations bien plus terre-à-terre et désagréables.
Ce fut donc comme dans un rêve qu'elle prit un bain, fit le tri dans ses affaires, prit l'air à la fenêtre et se coucha. La soie des draps la fit soupirer d'aise. Son rêve se tâcha d'ôter le fantôme de sourire que ses lèvres avaient gardé. Des songes où elle essayait de saisir, de doigts humides de sang, un anneau en or orné d'un sublime saphir. Mais à la seconde où elle le toucha, la pierre vola en éclats.
Quelque chose de dur et plat lui écrasa la figure ; Myad bondit en arrière, haletante et sonnée. Pour constater qu'elle était tombée de son lit =='

L'aube, admirable, portait sur un lit d'or fin la sphère que les mortels appellent Soleil. La jeune femme la fixa quelques secondes, sa robe de la veille toute froissée posée contre ses seins, puis en détacha les yeux. Il fallait qu'elle arrête de réfléchir. Son sac fait, ses musettes fermées, la demi-drow enfila l'armure légère qu'elle risquait de devoir utiliser. Commande coup-de-coeur, comme elle disait. Le métal était résistant et léger, les lanières laissaient respirer la peau et n'entravaient pas les mouvements.
http://img13.imageshack.us/img13/5420/guerrire6.jpg
Et, dans une démarche aussi gracieuse que silencieuse, elle sortit de sa chambre et se faufila dans le palais assoupi.

Curieuse de savoir si le roi la trouverait ou arriverait plus tard, la demi-elfe se laissa guider jusqu'à la sortie du palais, où on lui proposa d'aller chercher sa monture aux écuries. Ayahantê les remercia, mais s'avança et prit une profonde inspiration. Un étrange cri, ou sifflement, chantant s'éleva dans l'air. Le vent faisait bruisser l'océan herbu à ses pieds. Un hennissement métallique lui répondit, à l'ouest.
Quelques minutes plus tard, la pyrocorne, un rat mort entre les mâchoires, se frottait affectueusement contre sa cavalière. Celle-ci, malgré la chaleur cuisante qui lui léchait les joues, lui rendit son accueil d'une caresse sur son humide, soyeuse peau rouge.



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Sam 20 Juin 2009 - 15:13


Depuis la première fois depuis sa prise de fonction et depuis qu'il résidait au palais, Pierrot fut réveillé par le chant du coq. Il était ravis. Un coq ! Qui dit coq dit basse-court, dit ferme, dit reprise d'une activité, dit bon signe pour la suite. Le souverain sorti de son lit, se lava rapidement mais correctement, et enfila une armure légère, et passa son épée à son côté. Il aurai bien voulu d'une ballade sympathique, sans armes ni protections, mais les temps étaient encore trop incertains sur les routes. Il chaussa également sa couronne, non par snobisme, mais par nécessité. Les gens dans les campagnes ne savaient pas nécessairement que le souverain avait changé, certain ne sachant même pas si il y en avait un. Il se rendit devant la grande porte, où Myad l'attendait déjà. Elle aussi avait prévu une armure. Même si celle-ci laissait découvrir son corps, elle protégeait l'essentiel des endroits vitaux. Kaylan suivait son maitre à la trace. Il voulait être du voyage.

"Bonjour, bien dormi ? J'espère que vous n'êtes pas là depuis trop longtemps ?"

Élosis, la monture de Pierrot, s'avançait. C'était un grand cheval d'un blanc éclatant. Kaylan lui sauta sur le dos et alla se lover au creux de sa nuque.

"En voilà un qui est déjà bien installé. Que voulez-vous voir ?"

Pierrot monta son cheval sans aucune difficulté malgré sa taille. Ils en avaient fait, des pelletées de kilomètres ensemble ..


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Sam 20 Juin 2009 - 16:00


La pyrocorne aspirait la queue du rat dans un sifflement répugnant quand une odeur familière intéressa Myad. Elle ôta sa main fumante de la croupe nue de sa monture pour s'approcher de lui. Comme elle, le roi avait prévu l'éventualité d'une attaque en vêtissant une armure légère. On lui amena une monture, une grande et forte jument blanche de bonne lignée. Kisarod émit un gromellement reptilien, oreilles pointées.

"Bonjour, bien dormi ? J'espère que vous n'êtes pas là depuis trop longtemps ?"

- Quelques minutes à peine, dit-elle joyeusement. Bonjour à vous aussi.

La jeune femme recula d'un pas et ramassa l'épaisse sangle doublée où était attachées ses musettes. Kisarod s'ébroua avec mauvaise humeur lorsqu'elle la lui attacha fermement au niveau du garrot.
En se relevant, elle éclata de rire et tendit la main pour caresser la patte du chiot.

"En voilà un qui est déjà bien installé. Que voulez-vous voir ?"

A son tour, la demi-drow monta avec agilité sur le dos puissant de son cheval. L'étalon trottina sur place, fouettant l'air de sa queue de feu, impatient et content. Myad approcha ses paumes de sa crinière, elles s'illuminèrent de reflets or et rouge.

- Montrez-moi ce qui vous fait aimer ce pays à ce point !...



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Sam 20 Juin 2009 - 21:02


"Il nous faudrait bien plus de temps pour découvrir toutes les merveilles de ce pays, et ce serait avec plaisir que je vous le ferais découvrir. Mais en une matinée, nous n'auront guerre le loisir de nous éloigner trop d'Aberon."

Élosis se tenait prêt (c'est un mâle, pas une jument ^^) ; Pierrot le montait sans selle ni bride, la bête savait toujours ou aller, son cavalier le guidait par la pensée. Ils se mirent en route. Ils traversaient l'immense parc du palais, à petit trot. Ce n'était qu'une effusion de couleurs, de senteurs, un amas de beauté ; les plantes qui poussaient ici ne poussaient nulle part ailleurs. Sur plusieurs dizaines d'hectares, la diversité botanique qui évoluait était infinie. Des parfums uniques s'en dégageaient.

"Il y a quelques générations, un Roi, passionné de botanique, a pris le parti de recenser et de sauvegarder toutes les espèces de végétaux qui existaient sur le continent. Il a tenu à en planter un de chaque espèce dans le parc du palais. Depuis, beaucoup de ces espèces ont disparut, à cause des guerres incessantes. Cet endroit, au cœur de la capitale a toujours été épargné. C'est un endroit unique, témoins de millénaires de développements et de mutations végétaux. Il a proliféré depuis sa création, bien entendu. Continuons ..."

Ils arrivaient au bout du grand parc, qui débouchait sur le Conglomérat des Sciences et de la Magie.

"Voilà le centre d'étude des sciences et de la magie. Toutes les recherches, nouvelle technologie, nouveau principe magique, nouvelle applications, sortent d'ici. Des chercheurs et des magiciens de tous le continent viennent ici pour faire leurs recherches ... mais nous sommes à présent concurrencés par le Saint Empire Léonien, qui mène ses propres recherches, à a des fins peu recommandables ... mais nous disposons d'un équipement de pointe bien supérieur."

Après avoir traversé le quartier, ils sortirent de la ville. Les chevaux avançaient d'un galop soutenu. La campagne. Des champs de lin, en direction du Nord, à perte de vu. Après quelques kilomètres, Pierrot fit ralentir les chevaux, jusqu'à l'arrêt, et descendit, invité son invitée à faire de même. Il étaient sur un petit chemin, entouré de champs de lin, seuls. Le vent filant dans les brins des plantes était le seul bruit qu'on pouvait entendre. Personne ne passait, personne ne venait, et personne ne viendrait. Ce n'était pas la saison des récoltes, ni des semences, et ce n'était pas un coin à touriste ni une route de passage. L'air était pur, la température idéale, quelques arbres dépassaient de cet immense océan de jaune.

"C'est ici qu'on est le mieux, quand on a besoin d'être au calme. Personne ne passe jamais, c'est beau et simple. Vous aimez ?"


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Mer 24 Juin 2009 - 21:46


[Va savoir pourquoi, j'étais persuadée que c'était une jument... J'en étais fière en plus de mon info ==']

Ils partirent donc, de concert, le roi sur son cheval blanc et la princesse sur son destrier rouge. La jeune femme écoutait sans s'énerver à outrance pour montrer son excitation ; seul son sourire radieux pouvait témoigner de son sentiment. La foulée ample, flottante de leurs montures les portaient en un agréable balancement dans un foisonnement paradisiaque de fleurs et d'arbres. Myad sentait des milliers de parfums différents, certains fugaces, très doux, d'autres violents. Elle avait à peine commencé à les différencier que déjà, en avançant plus avant, elle perdait le nuage de senteurs premier pour en découvrir un autre, semblable et différent à la fois. Cette occupation aussi l'empêchait de parler.

"Il y a quelques générations, un Roi, passionné de botanique, a pris le parti de recenser et de sauvegarder toutes les espèces de végétaux qui existaient sur le continent. Il a tenu à en planter un de chaque espèce dans le parc du palais. Depuis, beaucoup de ces espèces ont disparut, à cause des guerres incessantes. Cet endroit, au cœur de la capitale a toujours été épargné. C'est un endroit unique, témoins de millénaires de développements et de mutations végétaux. Il a proliféré depuis sa création, bien entendu. Continuons ..."

Myad leva une main gantée d'une mitaine de daim gris et effleura du bout des doigts la corolle d'une fleur. Les épais, huileux pétales roses laissèrent échapper un nuage de pollen cotonneux en rebondissant. La jeune femme, émerveillée, en saisit délicatement entre ses mains et y passa le nez. Puis souffla doucement dessus. Ils s'envolèrent avec paresse derrière les chevaux au galop.

"Voilà le centre d'étude des sciences et de la magie. Toutes les recherches, nouvelle technologie, nouveau principe magique, nouvelle applications, sortent d'ici. Des chercheurs et des magiciens de tous le continent viennent ici pour faire leurs recherches ... mais nous sommes à présent concurrencés par le Saint Empire Léonien, qui mène ses propres recherches, à a des fins peu recommandables ... mais nous disposons d'un équipement de pointe bien supérieur."

Ils sortaient de la ville ; intriguée et curieuse, la jeune femme caressa l'encolure de son étalon tout en observant les alentours. Un silence paisible, doux et enjoué les accueillit. Le ciel, d'un bleu turquoise, était à peine troublé de discrets nuages ; en-dessous de ce tissu précieux s'étalait une maternelle mer d'épis dorés.
Elosis s'arrêta et Kisarod, plus par agacement que par esprit grégaire, fit de même. Sa cavalière lui gratta le garrot, coula à terre et suivit le roi entre les champs. Sa curiosité était si forte qu'elle en oublia presque de regarder autour d'elle. La paix, la simplicité du lieu la toucha quand même, allégeant son coeur tourmenté.

"C'est ici qu'on est le mieux, quand on a besoin d'être au calme. Personne ne passe jamais, c'est beau et simple. Vous aimez ?"

La jeune femme lui sourit, joyeuse et sincère.

- Si j'aime ? J'adore !

Elle éclata de rire, étendit les bras et ferma les yeux pour savourer la caresse du soleil. Le vent était si léger qu'il ne faisait aucun bruit à ses oreilles.

- Soit vous êtes doués pour deviner les gens, soit vous avez des goûts approchant les miens. Dans les deux cas je vous remercie de m'avoir fait découvrir cet endroit.

La jeune femme s'avança un peu, inspira une goulée d'air et chantonna doucement.

- Je comprends pourquoi Marek a choisi de vivre ici, pourquoi vous aimez cette terre. Ce pays est un petit coin de paradis.



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Mer 8 Juil 2009 - 12:17


"Je ne devine pas spécialement les gens, du moins rarement contre leur gré, mais la magie de cette terre fait qu'on s'y sent bien. Et nous ne pouvons guerre nous éloigner, par manque de temps, mais ce n'est qu'un échantillon de ce qu'on peut apprécier du Surda. Il m'aurait plus de vous emmener dans les cascades, au sud, à l'embouchure du Jiel. Une prochaine fois peut-être. Maintenant, à moins que vous ne souhaitiez subitement rallonger votre séjour - ce qui ne poserait aucun problème - il faudrait penser à se rapprocher du palais pour préparer votre retour."

Le roi resserra la sangle de son cheval, en lui caressant la crinière. Il affichait un sourire radieux et serin, pleins de sagesse et de bienveillance. Il aimait ce pays, ne fut-il qu'un pays d'adoption. Il était le siens, à présent. Il arborait toujours sa couronne, plus par nécessité que par snobisme. Ils allaient rentrer au bercail.

Il y eu un bruissement dans les épis. Quatre hommes apparurent. Sales, la dégaine agressive, des armes abimées à la main, il s'avançaient.


"Tient, tient, on joue au roi, monsieur le voyageur ?" demanda celui qui semblait être le chef.

Le roi se plaça devant l'ambassadrice. Sans nuls doutes elle était guerrière et savait se défendre, mais elle était l'invitée du royaume, c'était au royaume de la protéger.


"Restez en retrait, je m'en occupe." Dit-il à Myad

puis, aux brigands

"Messieurs, je ne joue pas, je suis Pierrot, roi du Surda, chef de ses contrées, et donc chef de l'ordre exactement là où vous avez vos pieds."

"Oui, bien sûr messire, et moi, je suis Galbatorix. Maintenant, donnez moi vos bijoux, monnaies et autres choses de valeur, où je vous mets en pièces."

Le roi arbora un sourire de satisfaction. Il n'avait pas l'intention de donner quoique se soit à ces bonshommes. Il porta la main au pommeau de son épée et dégaina.

"Tu es sûr que c'est prudent, pépé" Clama le chef.

Puis, il s'élança vers Pierrot. Le roi fit un écart, se retrouva derrière le brigand et lui mit un coup de pommeau derrière la nuque. L'homme s'effondra, assommé. Les trois autres s'avancèrent. Avec une souplesse étonnante, Pierrot fit un bon et se retrouva entre une fois derrière ses agresseur. Il en attrapa un et le balança sur les deux autres, avec une facilité déconcertante. Les brigands étaient à terre, désarmés, un peu sonnés. Pierrot les tenaient en joue. Ils le suppliaient.


"Pitié messire ..."

"Dégagez, et ne recroisez pas mon chemin, bande d'andouilles ..."

Les tois brigands ramassèrent le quatrième et déguerpirent bien plus vite qu'ils n'étaient arrivés. Le roi se retourna vers Myad. Les hommes avaient été surpris des ressources d'un homme qui paraissait bien vieux.

"Je suis désolé. Les attaques de ce genre sont fréquentes, trop fréquentes. Voilà pourquoi je déploie l'armée sur le territoire, pour rétablir l'ordre. Je vous ai mis à l'écart, je ne voulait pas vous mêler à ça."


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Myad
Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 9 Juil 2009 - 12:47


"Je ne devine pas spécialement les gens, du moins rarement contre leur gré, mais la magie de cette terre fait qu'on s'y sent bien. Et nous ne pouvons guerre nous éloigner, par manque de temps, mais ce n'est qu'un échantillon de ce qu'on peut apprécier du Surda. Il m'aurait plus de vous emmener dans les cascades, au sud, à l'embouchure du Jiel. Une prochaine fois peut-être. Maintenant, à moins que vous ne souhaitiez subitement rallonger votre séjour - ce qui ne poserait aucun problème - il faudrait penser à se rapprocher du palais pour préparer votre retour."

Myad lança un regard plein de regrets aux somptueux paysages qui s'étalaient devant elle, comme autant de promesses de beautés à venir.

- Vous avez raison, nous aimerions que l'heure recule mais la Soleil, elle, ne s'attarde point (elle soupira, repris son charmant sourire). Kisarod, andâ apptra !

La pyrocorne, qui hésitait à poursuivre un mulot dans les champs de lin (ce qui risquait, il le savait, de déclencher un incendie sur son passage) recula vivement en claquant des sabots. La jeune femme le rejoignit en riant de sa précipitation, tendit une main et fixa un point dans l'océan jaune. L'étalon flamboyant hennit de joie quand le rongeur s'éleva dans l'air fleuri, flottant jusqu'à eux, et vint se poser à ses pieds. Il plongea vers sa proie, redressa le cou et l'avala aussi sec. Satisfait, il donna un coup de nez à sa cavalière, qui le caressa entre les naseaux, sur sa peau brûlante et humide.
Une odeur désagréable vint picoter l'odorat sensible de la jeune femme. Méfiante, elle se redressa en fronçant les sourcils, cherchant la cause de ces fragrances de sueur et de crasse très désagréables. Emergèrent alors quatre badauds, quatre oui, sales, habillés de façon vétuste et au visage comparable à leurs capacités intellectuelles. Leurs battements de coeur étaient laborieux, rapides. Sans doute étaient-ils encrassés d'alcool ou de quelque autre drogue qui épuisait leur corps. Ajoutez à cela l'excitation, le goût de la provocation. Myad haussa les sourcils, esquissa un sourire. Après l'attaque des mercenaires, ceux-là allaient être du gâteau.


"Tient, tient, on joue au roi, monsieur le voyageur ?"

Le roi se détacha de son cheval, nullement apeuré, pour se placer devant la demi-drow. Cette dernière fut touchée de cette attention mais fut tout de même déçue ; ratatiner ces faces de rat aurait été une charitable action qui aurait dépollué l'air et rendu service aux paysans alentours. Dommage que ce plaisir lui ait été ôté.


"Restez en retrait, je m'en occupe."
- Comme vous vous voulez, lui dit-elle d'un ton tranquille.

Puis, il haussa la voix pour s'adresser aux em... aux méchants crasseux.

"Messieurs, je ne joue pas, je suis Pierrot, roi du Surda, chef de ses contrées, et donc chef de l'ordre exactement là où vous avez vos pieds."
"Oui, bien sûr messire, et moi, je suis Galbatorix. Maintenant, donnez moi vos bijoux, monnaies et autres choses de valeur, où je vous mets en pièces."

Le dénommé Pierrot eut un sourire. Le même sourire (en moins carnassier, en plus paisible) que Myad avait arboré un peu avant. La jeune femme caressait distraitement l'encolure suante de sa monture ; un des bonshommes mima un geste obscène à son attention, elle le toisa avec une sincère pitié. Mais laissa le roi faire sa loi.

"Tu es sûr que c'est prudent, pépé ?"

Myad se retint de rire. Avec ce qu'elle avait senti chez cette personne, non seulement la phrase pouvait leur être retournée, mais en plus cela donnait un délicieux effet comique.

Le combat fut bref, prévisible et sans chichis. L'issue, prévisible. Les quatre huluberlus se retrouvèrent à demi-assomés, hors d'état de nuire en quelques gestes presque nonchalants. Il devint évident pour Myad qu'il n'usait là que d'un pourcentage minime de son potentiel. Potentiel qu'elle devinait assez impressionnant pour pouvoir se ballader n'importe où, n'importe quand et avec n'importe qui sans s'embêter de gardes du corps.

"Pitié messire ..."
"Dégagez, et ne recroisez pas mon chemin, bande d'andouilles ..."

Ils s'en allèrent aussi vite qu'il en fallait pour dire "ouste" et le roi resta seul avec son invitée. La jeune femme lui adressa un sourire malicieux. Tous deux savaient que ce combat n'était qu'une plaisanterie de maternelle. Celui qui l'attendait, elle, plusieurs jours après, et ceux que Pierrot (elle connaissait son nom à présent) avaient sans doute affrontés n'avaient rien à voir avec cela.

"Je suis désolé. Les attaques de ce genre sont fréquentes, trop fréquentes. Voilà pourquoi je déploie l'armée sur le territoire, pour rétablir l'ordre. Je vous ai mis à l'écart, je ne voulait pas vous mêler à ça."
- Après l'attaque que nous avons subi hier, mon garde du corps et moi, je peux aisément croire que vos terres ont grand besoin de sûreté. Mais vous n'aviez pas à prendre cette peine, ajouta-t-elle. Nous aurions même pu les neutraliser proprement et nous en retourner tranquillement, sans même lever le petit doigt. Mais je suppose que cela aide à renforcer votre autorité ?

Kisarod suivait avec beaucoup d'intérêt la course effrénée des petits hommes. Un peu de bave perlait à la commissure de ses lèvres douces ; la jeune femme songea qu'elle devrait garder un oeil sur lui, à l'avenir. Il serait navrant qu'il commence à confondre humains puants et bestiaux avec une bête comestible.
Elle se hissa de nouveau sur le dos de l'étalon, retrouvant pas là l'agression permanente des flammes de sa crinière, et vérifia que les sacoches étaient toujours en place. Aucun souci de ce côté ; elles étaient bien attachées et ne blessaient pas le ventre de la pyrocorne. Satisfaite, elle attendit que le seigneur retourne sur son propre cheval pour reprendre le chemin du retour.

Quand ils arrivèrent à destination, la jeune femme y trouva Nicko et Jenna, prêts à partir. Elle les félicita d'avoir été à l'heure, et leur posa quelques questions au sujet de leurs affaires, leur cheminement à venir et le ravitaillement. Puis, revenant au roi.

- Ce fut un plaisir d'avoir affaire avec vous, lui dit-elle. Encore merci de nous avoir hébergés. A très bientôt, Seigneur du Surda.

Elle attendit l'adieu de Pierrot, lui adressa un dernier sourire, et pressa les cuisses. Ravi de pouvoir enfin déchaîner son galop d'enfer, l'étalon de feu poussa un hennissement métallique et partit à tout vitesse à travers la plaine. Derrière suivaient les montures baie et alezane des humains, sans doute un peu largués par cet enthousiasme brûlant.
Myad à présent n'avait plus qu'un seul objectif. Rentrer à Goterada, trouver son père. Et mettre la main sur cette saloperie d'organisation...



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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 9 Juil 2009 - 17:03


"La force impose le respect et l'autorité. La magie fait peur. C'est une chose qu'il faut savoir. Nous aurions pu les neutraliser en quelques secondes avec un tour de passe-passe, mais ces hommes auraient été effrayés. Or, un souverain craint n'est pas un souverain apprécié. Les gens veulent quelqu'un comme eux, pas un sorcier fou qui terrorise le monde. Chez les humains, les perceptions sont faussées, ils sont terrorisés par ce qu'ils ne connaissent pas. Ça impose de la prudence. Bien, allons-y"

Chacun remonta sur sa monture, et le convoi partit en galopant vers le palais. Une fois arrivés, ces deux mirent pied à terre. Jena et Niko était là, avec tous les présents du roi pour l'Allaince, et leurs affaires. Il se dirent au revoir. Pierrot s'inclina devant Myad et lui baisa la main.

"Si votre chef est intéressé par notre projet, nous nous reverrons donc très bientôt. Ce fut un réel plaisir."

Le roi fit un clin d'œil à la femme, avant de se retourner vers la grande porte ouverte. Il avança, la démarche assurée vers sa demeure.


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Pierrot
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Message Sujet: Re: Le Palais Royal | Jeu 20 Aoû 2009 - 15:17


Le palais était quasiment vide. Seuls le personnel de service s'y trouvait. Trois coups frappèrent à la lourde porte en chêne. Le valet alla ouvrir. Une équipe de dix ouvriers étaient là. Le roi était en haut des marches de l'escalier central et les regarda entrer, avec leur matériel. Il étaient là pour la transformation et la réhabilitation du palais.

Ce palais était d'un style général très baroque, avec des moulures, des tableaux farfoullis, des tapisseries lourdes. Cette ambiance était oppressante. Le roi voulait quelque chose de plus simple, tout en restant luxueux. Ce n'était pas son état d'esprit, mais le symbole de la royauté devait puer le luxe.


"Messieurs, vous savez ce que vous avez à faire !"

il se mirent donc au travail. En peu de temps, leur matériel était installé. Le palais était à présent rempli de bruit de craquement de bois, de tissus déchiré, de pierres frappées. Tous les parquets étaient démontés, les tableaux décrochés, les tentures défaites et enroulées. Ces hommes travaillaient vite et bien. La cour du palais n'était plus qu'une tas de sable, de pierre de taille et de matériaux de constructions. Ça allait, venait, sortait, entrait. Une vrai effusion. Le palais était immense, mais en deux jour, il se retrouva vide de tout meuble et de toute décoration, les murs et le sol naturel, en bonne vieille pierre grise.

La réhabilitation pouvait commencer. Tous les tableaux et les tentures furent stockés dans les fondations du palais, transformée en cave. Le sol et les murs étaient décapés, lavés. Les salles étaient laissée en pierre apparentes et en grosses dalles. Des tableaux représentait la natures y étaient apposés. La salle du trône, quant à elle, était fournie de tableaux représentants les anciennes familles royale du Surda, de vitrines contenant des objets, bijoux, armes des anciens rois. Un tapis rouge partait du bas du trône, traversait la salle, suivait tous le long du couloir principal, jusqu'au hall d'entrée et s'arrêtait juste devant la porte.
Les couloirs annexe et les chambres était recouverte de parquet de chêne foncé ; les murs étaient tapissés de rayures vert foncé et vert clair. toujours des tableaux représentant la nature. Un mobilier en bois assez simple était remis en place. Le palais était bien plus présentable ainsi.


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Le Palais Royal

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