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| | Place des couteliers [QG du Nomins Ageati à Urû'Baen] | |
| | Auteur | Message |
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Garnyiss


Nombre de messages: 9113 Âge: 23
 | Sujet: Place des couteliers [QG du Nomins Ageati à Urû'Baen] Mer 1 Avr 2009 - 17:29 | |
| L’air semble encore résonner du son des lames que l’on affute contre les lourdes meules de pierre. Cela fait pourtant presque trois mois que les couteliers ont quitté les lieux en toute précipitation. Officiellement, pour rejoindre un lieu où la guerre ne grondait pas comme une bête affamée. Officieusement, c’est le bâtiment en lui même qu’ils ont fui car, murmure-t-on bien à l’abri dans les tavernes chaudement éclairées, il serait hanté. Par qui et pourquoi ? Les explications foisonnent, fusent de partout, toutes aussi dissemblables les unes que les autres. Impossible de trouver une bribe de vérité…
« Vous croyez vraiment que cette bicoque est hantée, chef ? - Je te dirai ça quand je serai mort, d’accord ? Une info de première main, voilà ce que tu auras ! - En fait, ça me fera surtout une raison supplémentaire pour l’éviter comme la peste. C’est pas que je ne veuille pas tenir compagnie à un courant d’air, chercher le drap blanc et les boulets… - C’est juste que tu ne veux pas faire ça sans contrepartie, n’est ce pas ? - Non. En fait, je pensais plutôt à la stabilité de mes réserves d’alcool. - Jamais entendu dire que les fantômes pouvaient boire. Enfin, j’ai jamais testé non plus… »
Deux hommes se tiennent sur la place, au milieu des feuilles mortes et des pavés moussus. Deux soldats portant armes et armures sous des tabards aux couleurs du Nomins Ageati. L’un avec l’ourlet argenté des éclaireurs, l’autre avec les galons dorés des officiers.
« Ah, enfin je vous trouve ! »
Un troisième arrive, essoufflé, les joues rougies par le froid. Cotte de maille discrètement portée sous un tabar blanc orné de la plume d’or des hérauts du Nomins Ageati. Nulle arme ne pend à ses cotés, si ce n’est un bâton de bois aux couleurs aux couleurs chatoyantes, magique sans doute. Il réajuste son écharpe de laine pourpre, laisse voguer son regard entre le visage des deux hommes et la bâtisse déserte…
« Qu’est ce que vous en dîtes ? Pas mal, hein ?, demande l’officier avec un large sourire. Cheveux bruns coupés à la hauteur des épaules, yeux bleus tirant sur le vers, rieurs, au milieu d’un visage rayonnant de bonhommie. On se demande ce qu’il fait là dans l’armée du Nomins - et dans l’armée tout court -, comment il parvient à garder le sourire, même à proximité d’un endroit aussi lugubre. - Si je n’avais pas été forcé à écouter tout ce que les passants m’ont dit à son sujet, j’aurai dit oui, sans la moindre hésitation , répond le héraut sans trop s’avancer. Il lit sur le visage de l’officier quelque chose qu’il n’est pas sûr de pouvoir apprécier. Vice Capitaine Gauledouin. Connu pour son caractère jovial et un sens de l’humour parfois douteux. Ne recule devant rien, pas même les fantômes apparement… - Ah, tenez ! Vous voyez bien que je ne suis pas le seul à imaginer des trucs comme vous le dîtes si poétiquement ! - Oh la ferme, Sendivogue ! A force, vous allez finir par en attirer un vrai, de fantôme ! - Vraiment ? Bah je vais continuer alors ! Un éclair malicieux fulgure dans son œil. Pour la postérité, vous comprenez… »
Le héraut regarde les deux soldats discuter, jeter le protocole dans les orties qui dépassent du fourré de ronces. Nulle animosité dans leurs propos, juste un besoin de décompresser, de détendre un tant soit peur l’atmosphère. un moyen d’oublier l’épée de Damoclès, tenue d’une main ferme par le Concile.
A des lieues de là, Teirm est ravagée par une explosion meurtrière. Les blessés agonisent au milieu des morts. Des deux divisions ne restent qu'un millier d'hommes capables de marcher. Les corbeaux se jettent indifféremment sur les morts et les blessés. Les flèchent fusent dans les airs, les épées tourbillonnent au milieu des flocons des premières neiges. Pluie de sang, de plumes noires et de cadavres brisés. Le linceuil blanc de la neige est souillé, rougi sous les pas. C'est une large trainée de sang qui défigure le blanc immaculé. Indélébile. Dans la ville ravagée, un masque se fissure. Des larmes mettent à bas les apparences. Un homme s'effondre à genoux au milieu des corps et pleure sur les morts. La neige continue de tomber, s'accumule sur les visages sans vie. Elle tende de dissimuler tant bien que mal les horreurs de la guerre. L'homme se relève. ses mains, ses vêtements déchirés sont tachés de vert. Tout est si calme, si serein. Au loin les coassements indignés des corbeaux se sont tus. jamais plus ils ne festoieront de chair humaine. A présent les flocons dissimulent la colonne des rescapés. Autour de l'homme, d'immenses flammes émeraudes jaillissent de nulle part. Il les traverse, insensible à leur morsure. Se retourne une dernière fois. L'odeur de chair brûlée assaillit les narines. La fumée monte vers les cieux en une immense colonne noire. L'homme ne bouge toujours pas. Les flammes dansent devant ses yeux, consument ce qui lui reste de joie. Au loin, l'un des hommes à l'arrière de la colonne se retourne. La grisaille s'est parée de reflets verts et mouvants. Silence. Nul besoin de parler. Les mots ne suffisent pas, ne suffiront jamais. tous savent de quoi il s'agit. Dernier hommage d'un capitaine à ses hommes... Chacun revoit les veillées au coin du feu. Visages rieurs, rires aux blagues. Les mêmes se tordent de souffrance, implorent leurs camarades de les achever. Baignés de sang et de larmes. Les flammes s'affaiblissent et l'homme se détourne, rejoint la colonne. Les cendres rougeoient derrière lui, se refroidissent avant d'être ensevelies sous la neige. Les flocons tombent, indifférents à ce qui les entoure. Est-ce là le moyen de survivre ? de rester soi-même devant tant d'horreur ? Le masque éclate en morceau, laisse apparaître les failles béantes dans l'esprit de l'homme, creusées par la culpabilité et le poids des morts. La neige continue de tomber et Teirm s'estompe peu à peu... Une page gorgée de sang se tourne sur une autres, imbibée de larmes. Cris de douleur et pleurent dans le silence ouaté des premières neiges. Le héraut de la mort a atteint les premières familles. La mince flamme d'espoir vacille dans le sang et les soupirs. S'éteint sous les assauts de la neige...
« Elle est bien bonne celle là ! »
L'éclat de rire de Gauledouin fait voler en éclat le silence de la place. Il ignore tout de ce qui se passe, tout comme les autres. Devant eux, l'imposante bâtisse de pierre dresse toujours sa façade rébarbative. Le crépis ocre s'est détaché par endroits et laisse entrevoir la pierre à nu. Des glycines sculptées grimpent le long des murs jusqu'au toit de briques de briques d'un gris bleuté. Le temps et les éléments ont depuis longtemps lessivé leurs couleurs. Coup de vent. La pierre semble frémir, se teinte fugacement de nuances de voilets, de vert tendre et de brun. L'instant d'après retrouve sa fadeur habituelle. Le vent ôte les feuilles mortes des gargouilles de pierre qui veillent jalousement sur la place depuis le bord du toit.
« Vous pensez toujours que c'est une bonne idée, monsieur ? Tout ça ne me dit rien qui vaille, fait le héraut. Il ne quitte pas la bâtisse des yeux. Fantômes ou résidus de magie. Tous deux ne laissent rien présager de bon. Gauledouin hausse les épaules. Guère enclin à croire aux esprits autres que les Ombres. Et s'il s'agit de magie ? Il y a suffisament de magiciens en ville pour résoudre le problème. - Ne vous en faîtes pas pour ça, Derguids. Vous êtes un héraut, et si fantômes il y a, ils respecteront votre immunité diplomatique, pour employer le terme ronflant de la chose. N'est ce pas, Sendivogue ? - Sans doute, sans doute, répond l'interpellé. Dix ans parmi les éclaireurs et plusieurs mois passés à des fonctions aussi diverses que variées. Il en a connu des hérauts. De bons camarade de beuverie d'ailleurs. Toutefois, aucun d'entre eux n'a jamais eu à faire avec des interlocuteurs inconsistants sur le plan physique... - Si vous le dîtes. Mais je ne m'approcherai pas à plus de dix pas de cette maison, quoique que vous puissiez me dire !»
Ton bravache pour se donner l'illusion d'être sans peur et sans reproches. Guère convaincant. Le héraut s'avance pourtant vers le bâtisse, les mains bien en évidence pour montrer qu'il n'a pas d'arme. Même pour des fantômes, il y a des coutumes à respecter. Il finit par s'arrêter à une quinzaine de pas de la porte d'entrée, flanquée de deux dragons. Leurs yeux noirs et brillants semblent le jauger, fouiller jusqu'aux tréfonds de son âme. Il déglutit difficilement et essaie d'ignorer la sueur froide qu'il sent couler dans son dos. Réaction instinctive face à ce que sa conscience refuse de considérer comme la réalité...
« Oyez oyez, gente population ectoplasmique des lieux. Je vous informe que le Nomins Ageati prévoit de hanter votre demeure. Compte tenu de votre nature, nous considèreront que l'absence d'évènement inhabituel sera prise comme un accord. En ce cas, des ouvriers investiront dès demain cette demeure dans le but de la réaménager !»
Le héraut sent ses muscles se tendre dans l'éventualité d'une fuite précipitée. La mort peut, selon les points de vue et la manière, s'avérer des évènements inhabituels. Les secondes s'écoulent aussi rapidement que de la melasse au bout d'une cuillère. Les ombres commencent à s'allonger sous le soleil couchant. A loin résonne le son des cloches, étouffé. Toujours rien. Le héraut soupire de soulagement et se retourne vers Gauledouin et Sendivogue avec un grand sourire.
« Vous voyez bien qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter ! - Alors pourquoi est-ce que vous n'y êtes pas allé, en tant que vice-capitaine, vous êtes le plus gradé présent, non ? - Peut-être, mais généralement, on a du mal à me prendre au sérieux... - On se demande pourquoi... - Répétez voir un peu ça, Sendivogue ! - Je me demandais pourquoi le capitaine avait fait un tel choix..., répond Sendivogue le plus naturellement du monde, trop content de pouvoir quitter cette place avant la tombée de la nuit. - Et à votre avis, ça va chercher jusqu'où le foutage de gueule ? - Si je puis me permettre, ce ne serait pas une bonne d'idée. Vous devriez exposer la sitation au capitaine, et je crains fort qu'il ne vienne à croire que vous soyez en train de rire à ses dépents. Ce qui, compte tenu de la situation actuelle... - Oh ça va, j'ai compris !, le coupe Gauledouin en faisant mine de chasser un mouche ennuyeuse. Sans cesser de marcher, il se tourne vers Sendivogue. Ce dernier affiche une mine innocente. Mmmh, suspect tout ça. Qu'est ce que vous lui avez promis Sendivogue ?»
Les trois hommes continuent de parler, laissant la place des Coûtelier derrière eux. Un coup de vent investi la place, fait tournoyer les feuilles morts dans un bruissement continu. Le trio se reflète dans les yeux fauves d'un chat noir alors qu'il prend un tournant. Le félin fait consciencieusement sa toilette avant de jouer à attraper les feuilles. Un dernier rayon de soleil rougeoyant incendie les lieux, dessine des ombres d'un noir plus profond que la nuit sur le sol et les murs. L'espace d'un instant, le chat passe dans la lumière. Il ne projette pas d'ombre...
Dernière édition par Amayläe le Jeu 16 Avr 2009 - 17:26, édité 1 fois |
|  | | Garnyiss


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 | Sujet: Re: Place des couteliers [QG du Nomins Ageati à Urû'Baen] Sam 11 Avr 2009 - 15:48 | |
| Le jour suivant voit arriver une ciel voilé où peinent à percer les rayons d'un soleil blafard. Sur les remparts et dans les abris bricolés par l'armée du Nomins Ageati, l'haleine des soldats forme des petits nuages blancs. Partout où se porte l'oeil, les vitres et les maisons sont recouvertes d'une fine couche de givre étincelant. Dans les rues, gants, écharpes et manteaux plus ou moins rapiécés sont de mise. Quelques marchands ambulants vendent aux passants des tasses de thé brûlant. La ville a beau être sous une épée de Damoclès, elle n'en continue pas moins de vivre, même sur la Place des Couteliers. Dans l'air pur résonne les cloches dans un canon pas toujours harmonieux. Neuvième heure du matin. Une petite trentaine armée d'ouvriers foule les pavés, armés de balais, de bâtons et de flambeaux. Maisons abandonnée rime avec araignée. A leur tête, un vice-capitaine Gauledouin mal réveillé mais de bonne humeur. Derrière le petit groupe, les rayons du soleil grignotent peu à peu l'obscurité qui règne sur la place. La bise agite les branches dénudées des arbres et fait voler les feuilles mortes dans un ballet d'ombres entremêlées. Vu de haut, on dirait même qu'elles forment un vol de pigeons. Pigeon ? L'image arrive à l'une des gargouilles grimaçantes qui garde le toit en ardoise. Celle qui orne le coin Nord-Est pour être plus précis. De loin, elle ressemble à un curieux mélange de dragon et de lion auquel on aurait rajouté un peu d'aigle, de flocons de neige et d'autres trucs qui inconnus sous ces latitudes. De la mousse verte - pour le moment - orne son corps d'un gris granuleux tel qu'aucune roche n'en a jamais montré. La gargouille commence à déployer ses ailes à une vitesse inimitable. Pluie de poussière sur le toit. Pas grave, la pluie nettoiera tout. Ou la neige. C'est beau la neige. Elle saupoudre les bâtiments de sucre glace. Les pigeons ne sont pas sucrés. Dommage...
« Vous voyez, il n'y a pas de fantômes, pas de monstres ou d'autres trucs que votre imagination serait allée chercher je ne sais où !! Alors autant passer aux choses sérieuses. »
Sous les yeux de pierre de la gargouille, les humains se déplacent à une vitesse proprement stupéfiante vers l'entrée de son majestueux perchoir, semblables à des étoiles filantes bleues dans un monde de rouges. Mais elle ne leur accorde pas la moindre attention. Seul le pigeon compte... Les ouvriers ainsi que le vice-capitaine Gauledouin, aussi expert en décoration intérieure par intermittence – viennent d'ouvrir la porte dans un grincement à faire éclater toutes les vitres du voisinage. Un vent froid leur saute au visage et vient titiller leurs narines de toutes sortes de senteurs délicates aux arômes de moisi et de renfermé. Mais ce n'est pas là ce qui rebute le plus de gens. Dans leurs yeux se reflète l'ondoiement d'un véritable rideau de toiles d'araignées, piquetées de carcasses d'insectes. Si épais qu'il n'est même pas possible de distinguer ce qui se trouve derrière. Qui aurait cru qu'en l'espace de quelques mois, les araignées auraient pu tisser de telles quantités de soie ? Quelqu'un à l'arrière murmure que le Nomins vient de trouver sa nouvelle source de richesse. Rires plus ou moins nerveux qui s'atténuent vite fait dès qu'ils réalisent la quantité de travail qui s'annonce. Une heure s'écoule, égrenée par le va et vient d'hommes portant aussi loin d'eux que possible d'immenses barbes à papa grises saupoudrées de poussière, ainsi que le grésillement de celles ci lorsque elles s'embrasent au contact des flambeaux. Le couloir ainsi dégagé respire l'abandon et la désolation. Des lambeaux de tapisseries moisies pendent lamentablement le long de murs rongés par l'humidité. Sous les bottes et sabots, le parquet décoloré ne cesse de grincer et, de temps à autre, des filets de poussière se déversent sur les crânes. A son extrémité se dresse une porte de bois au vernis écaillé par le passage du temps. Deux dragons longilignes flanquent chacun de ses cotés et montent une garde silencieuse. Rongés par l'humidité et la poussière. Aveuglés par l'abandon des lieux...
« Ils auront sans doute besoin d'un bon coup de nettoyage et d'une bonne couche de peinture, si vous voulez mon avis. - Plus que ça, si tu veux mon avis... N'empêche, c'est bien lugubre comme endroit, non ? - Un peu de lumière et il n'en paraîtra plus rien... »
La main de Gauledouin se pose sur la poignée de métal attaquée par la rouille et appuie de toutes ses forces. Le mécanisme finit par céder et la porte s'entrebâille dans un discret grincement. Passablement échaudé par l'ouverture de la porte d'entrée, le vice capitaine appuie l'un des bâtons contre la porte et la pousse. Pas de toiles d'araignée cette fois ci, mais un grand vide sombre. Nulle fenêtre ne vient éclairer cette pièce ci, et les flambeaux ne servent qu'à projeter des ombres mouvantes sur le sol. En marbre noir veiné de rubis à la surprise générale, recouvert d'une épaisse couche de poussière – chose nettement moins surprenante. Une courte exploration, et ce sont de splendides miroirs qui sont libérés de leur gaine de soie arachnéenne. Système ingénieux ou simple fruit d'une vanité constante ? C'est la première option qui l'emporte... Combien d'autres surprises de ce genre cette bâtisse recelle-t-elle encore ?
A nouveau, les heures passent et le soleil parcourt son habituel chemin dans les cieux, passe son zénith et commence à redescendre à l'horizon. Les murs de la bâtisse sont déjà teintés de rouge lorsque le groupe en ressort enfin. Plus rien d'humain à part la silhouette, tant la poussière et les toiles d'araignées les décorent. Contents d'être sortis de là et d'humer l'air frais, froid même. Ce soir, ce sera bain chaud pour tout le monde. Avant ou après avoir fait son rapport ?
« Monsieur ? - Oui ? Avant et le capitaine sera satisfait de tant de diligence... - On ne ferme pas la porte ? - Pas la peine, vu le nombre de gens qui se bousculent au portillons, vous ne pensez pas ? Par contre, pour ce qui est de la tenue... Gauledouin jette un regard dépité sur sa tenue. Le métal est loin de rutiler et il ne songe même pas à vérifier l'état de son visage. - On revient demain ? Oui, mettre ça au lendemain... Une bonne idée, mais une belle croix tracée sur la ponctualité... - Oui, un peu plus nombreux et avec des magiciens cette fois. Et Sendivogue, quoi qu'il en dise ! Ah, le petit futé ! Il était demeuré introuvable lorsque il avait fallu partir ce matin... Ce sera plus vite fait comme ça... » Oh et puis au diable le rapport !! |
|  | | Garnyiss


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 | Sujet: Re: Place des couteliers [QG du Nomins Ageati à Urû'Baen] Jeu 16 Avr 2009 - 17:53 | |
| Les jours passent et se ressemblent sur la place des Coutelliers. Les charrettes vont et viennent, tirées par des ânes ou des chevaux de bât. Au début, ils ne transportent que des balais, seaux, et autres ustensiles de nettoyage, puis des maçons, des menuisiers avec leur matériel. Pas encore de verriers, mais cela ne saurait sans doute pas tarder. Des tables de fortunes sont installées sur la place où chacun vient prendre son repas. Quelques curieux passent même de temps en temps. Plus pour voir la manière dont les fantômes réagiront que pour observer le déroulement des travaux, mais chacun apprend à les oublier. Sendivogue, perplexe, supervise tout cela pendant que son supérieur s'active à l'intérieur. Pourquoi tant d'engouement de la part de Gauledouin ? Un semaine passe, puis deux... « Parce que ça trompe l'attente, lui répond ce dernier, juste après que Sendivogue lui ait posé la question. Pas même l'ombre d'une hésitation... - J'avais pourtant cru comprendre que c'était pour éteindre les craintes dans cette ville et aussi pour... - Me faire des cheveux blancs en essayant de convaincre les gens ? J'ai passé la première semaine à le faire et je peux t'assurer que ça m'a vite dégoûté de la chose... - Vous avez pourtant un sacré talent. Rien qu'à voir avec ardeur chacun se met à l'oeuvre !! Vous devriez tenter de faire dans la diplomatie. Si si, je suis sérieux !, rajoute Sendivogue devant la grimace de Gauledouin. - Et finir par me peinturlurer la figure en vert pour dissuader tout le monde de m'approcher à moins d'un mètre ? Sans façon... - Ça pourrait être marrant, pourtant. Un sacrifice pour remonter le moral de la population. Un grand sourire s'épanouit sur le visage de Sendivogue. - Merci bien, mais non. D'ailleurs, quelle est ton utilité, au juste ? - Vous remontez le moral, je présume... - Je vois... Le forgeron est arrivé ? Pas que je sois particulièrement pressé, mais j'aimerai bien pouvoir faire fonctionner ce système de miroir avant la nuit... » Deux jours passent encore avant que le forgeron ne présente la fameuse pièce. Un jour plus tard et le métal forme un écrin à une magnifique étoile de verre aux innombrables facettes, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Elle traînait à même le sol dans son écrin rouillé et brisé. Mais elle même ne l'était pas, aussi curieux que cela puisse paraître. Du verre ? En la voyant transformer les rayons que les miroirs envoient dans sa direction – quelque part, cette lumière devait être celle du jour, mais le réseau de miroir était tellement inextricable que nul ne s'était penché plus avant sur la question – en une sorte de coeur flamboyant qui émettant une riche lumière dorée dans toute la pièce, tout le monde a des doutes. Et ce d'autant plus que nombre de pièce éclairées de la même manière – les miroirs communiquant plus ou moins entre eux – ne le sont pas de la même couleur. Gauledouin aurait juré que cette couleur même changeait. Vous avez dit étrange ?
D'autres semaines passent et le mobilier afflue ainsi que divers autres trucs tels la paperasse, l'encre et tout le tintouin. L'air sent bon la peinture fraîche et le vernis. Les écailles des deux dragons sont d'une riche couleur cuivrée – très éloignée de la couleur qui avait été appliquée, à savoir un magnifique bleu sombre, mais c'est peut-être là une conséquence d'un sort ancien ... oui, sûrement même – et leurs yeux d'or semblent étinceler quand bien même nul lumière ne les frappe directement. La porte qu'ils gardent a été refabriquée presque identique à l'origine et se masse brun sombre ornée de dorures s'ouvre – sans grincer ! - sur ce qu'il convient d'appeler la salle principale. L'une des rares qui soit totalement meublée. Sièges et bureaux en bois se reflètent sur la surface lisse du marbre. Chose assez incompréhensible, la couleur dorée de la lumière s'est atténuée et laisse à croire qu'elle est la lumière du jour. Quant aux murs, comme d'ailleurs tous ceux de la bâtisse, ils ont été soigneusement décapés et offrent désormais leur couleur grise et mouvante au regard de tous. La tapisserie arrivera plus tard – si elle arrive, bien entendu. En attendant, les gens du Nomins vont et viennent comme s'ils étaient chez eux. Des sentinelles armées ont été placées sous le porche de pierre surplombant l'entrée. Ici et ailleurs, bien qu'elles ne soient pas toujours visibles. Et la place ? Oh, elle est régulièrement balayée de toutes les feuilles mortes, et fréquentée par des chats, la nuit...[Dorénavant, seront adressés ici : - les requètes concernant Urû'Baen ainsi que les territoires gouvernés par le Nomins ( comme l'ouverture d'une herboristerie ou d'autres échoppes, et choses de ce genre...) - les requètes concernant des joueurs à titre personnel/professionnel, ou au nom d'un clan/peuple ( escorte armée, règlements de litiges, médiations ( ), demande pour chercher des mercenaires...) - etc, la liste n'est pas exhausitive
De temps à autres, le Nomins proposera certaines "quêtes". Ici, de plus amples renseignements seront fournis aux volontaires qui se seront signalés.
En dépit de son austérité, le bâtiment peut éventuellement faire office d'ambassade...
Bien entendu, tout ceci se fera en RP uniquement.
Et la déco sera faite au fur et à mesure 
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|  | | Garnyiss


Nombre de messages: 9113 Âge: 23
 | Sujet: Re: Place des couteliers [QG du Nomins Ageati à Urû'Baen] Mer 6 Jan 2010 - 11:33 | |
| Nouveaux chefs, nouveau capitaine. Décidément, ce proverbe semble connaitre un franc succès dans les hautes instances du Nomins Ageati et Urû'Baen vient d'en faire les frais, bien que le capitaine précédent, Artheïor Zoriam n'eut pas craché pour quelques jours de repos loin de la présence du verdâtre Mr Green. Mais ce changement fait fort jaser la garnison d'Urû'Baen, qu'ils soient de la troisième division ou de la garde civile de la ville : trois capitaines dans la même barque dont deux qui ne peuvent pas supporter sur le long terme le troisième, c'est ce que l'on appelle un coup du destin. Il y en a même qui parient sur le temps qui passera avant que l'ex capitaine Zoriam ne catapulte sous les yeux de son successeur le vaillant mais encombrant Mr Green hors de murs de la ville. Actuellement, le temps moyen est de trois jours, même si les officiers rétrogradés que sont Sendivogue et Gauledouin préfèrent parier sur le temps que mettra le nouveau capitaine à se rendre compte que ses efforts pour le ravalement de façade de la place des Couteliers sont une perte de temps pure et simple. D'ailleurs, quand on parle du loup. " Comment ça, le plâtre est retombé ? - Et bien on s'est retourné juste quelques secondes pour nettoyer les spatules et il y eu ce craquement. Quand on a regardé, toute la façade était redevnue comme avant." C'est qu'il n'en mène pas large le contremaitre à expliquer à son patron qu'effectivement, le platre pouvait sécher et s'écrouler aussi vite d'une façade sans que personne n'ait fait quoique ce soit. " Et vous êtes sûr qu'on ne vous a pas fait un farce ? - Tout à fait sûr, monsieur. Personne n'irait s'amuser à faire des farces sur cette place, et encore moins sur ce bâtiment ci. - Et comment pouvez vous en être certain ? - Parce que les fantômes n'apprécient pas qu'on touche à leur maison sans leur avoir demandé leur avis, monsieur. - Gauledouin, est ce que je vous ait sonné ? - Non monsieur, je cherchais juste à me rendre utile c'est tout." L'air faussement innocent de celui qui passait par là par hasard et a toujours par le plus grand des hasard est tombé sur une conversation se peint sur le visage de Gauledouin. Mais qui cela peut-il encore tromper, on se le demande. " Dans ce cas, rendez vous utile et aller replâtrer cette façade tout seul ! - Ca ne sert à rien monsieur. ils n'acceptent de ne discuter décoration qu'avec les plus haut gradés. Et même le capitaine Zoriam a eu un mal fou à les convaincre que des portes qui s'ouvraient sans les défoncer était une chose meilleure que ce que l'on a trouvé à notre arrivée. Mais je dis ça, je ne dis rien... - Ecoutez Gauledouin, ce n'est pas parce que tout Urû'Baen vous adore que vous pouvez vous permettre de vous foutre de moi comme vous le faîtes à l'heure actuelle. Votre comportement est une tâche sur le blason du Nomins..." Gauledouin baisse la tête pour cacher le sourire qui vient de fleurir sur son visage. Enfin, son supérieur vient de faire son premier pas vers la reconnaissance de son utilité et devant un tiers de surcroit. Rien que pour cet effort surhumain, il mérite bien un brin d'honnêteté dans un bel enrobage de demi vérités. " C'est que je suis loin d'avoir votre rayonnement, monsieur. Ils le sentiraient immédiatement que je suis un imposteur ou songeraient que vous avez tenté de les arnaquer et ça, ils n'apprécieraient pas du tout." Tiens, l'emballage comporte aussi une bonne dose d'ironie fort méritée mais peut être que le peut de vérité qui s'y cache suffira à faire passer la pilule. Dans le silence qui s'installe, Gauledouin fait discrètement signe au contremaitre de les laisser. Le pauvre se sent déjà tellement mal à l'aise d'assister au numéro de poker de Gauledouin que la sueur est visible sur son front alors qu'il fait encore frais. Inutile donc de rajouter à son calvaire le dur dilemme de la prise de parti. Le contremaitre ne se fait pas prier et murmure une vague politesse avant de tourner dans la première rue qu'il croise. Comme s'il n'attendait que cela, la capitaine Altazur laisse échapper un soupir et fixe la chevelure emmêlée de Gauledouin avant d'enfin se décider à lâcher ce à quoi il réfléchit depuis longtemps déjà. " Dans ce cas, ils ne me laissent d'autres alternative que de les envoyer reposer en paix. Gauledouin, fermez votre gueule et suivez moi... - Avec tout le respect que je vous dois, monsieur, ils vous feront partir avant que vous ne les fassiez partir..." Un gamin déboule d'une rue non loin et passe en courant devant les deux hommes comme s'il a une excellente nouvelle à annoncer. Pour lui, c'en est une, pour celui qui va la recevoir, et plus précisément sa bourse, ce n'est pas le cas. En effet, il y a toutes sortes de paris entre soldats et Gauledouin venait de remporter le sien... " Et j'ai peu qu'il ne se laissent pas faire si vous tentez de les faire partir de forcer. - Je vous ai dit de la fermer, Gauledouin et même si cela semble être une manie de tester vos supérieurs dans cette division, je serai moins coulant que votre précédent capitaine, tenez le pour dit. Et puis remuez doc les pois chiches qui vous font office de cervelle. Pour bannir des esprits récalcitrants, il faut d'abord éliminer tout ce qui les rattache à notre monde. Vous connaissez leur histoire, leur passé peut-être, vous qui êtes là depuis si longtemps." - Honnêtement, je n'en ai pas la moindre idée." Honnêtement, Gauledouin ne souhaite pas trop savoir de quoi il retourne. Entendre des murmures dans la nuit, cohabiter avec des esprits, espérer ne pas trouver une porte rouillée à mort en se levant est déjà suffisamment éprouvant pour ne pas rajouter la peur liée à ce qu'ils avaient fait de leur vivant. Mais ce problème là ne semble pas concerner le capitaine Altazur qui s'en va d'un pas assuré vers la place aux arbres roussis en toute saison, un Gauledouin subitement moins à son aise sur les talons. Ce dernier manque même de rentrer dans son supérieur lorsque celui ci s'arrête subitement devant une silhouette qui se détache à peine sur le fond. " Ainsi c'est vous le responsable du malheur de mes ouvriers ?" Derrière son capitaine, Gauledouin secoue la tête d'un air désespéré. La transparence de ces esprits là varie selon l'humeur de l'esprit en question et vu sa visibilité, ça ne promet rien de bon, comme l'atteste la réponse de l'ectoplasme. " Et c'est vous qui vous permettez de faire tout ce remue ménage ? nous étions là avant vous et nous serons encore là quand vous ne le serez plus. Alors comment... - Bon bon d'accord, j'avoue que nous sommes partis sur de mauvaises bases. Faut dire qu'on ne se se connaît pas beaucoup..." Bel essai que celui réalisé par le capitaine Altazur pour tenter de diminuer de rattraper le coup. Quand il a une idée derrière la tête, difficile de l'en faire démordre. " Mais moi je vous connais. Souhaiteriez vous que je dresse la liste de vos exploits ? - Et bien ce n'est pas mon cas. Et puis zut... attendez, je vous propose un marché ! vous me racontez votre histoire et en échange, j'abandonne le projet de ravalement de façade. Qu'est-ce que vous en dîtes ? - Ma foi, si vous insistez..." Dans toute cette affaire, c'est lui et les siens qui ressortent gagnants et joliment qui plus est car son histoire, les trois capitaines qui sont passés par là la connaissent, alors un de plus un de moins, qu'est-ce que ça change au final. Le spectre s'assure que nul autre ne peut l'écouter puis commence à narrer son histoire avec un sourire en coin...Pour connaître l'histoire. _________________    " Stark, il nous faut un plan d'attaque ! - J'ai un plan : on attaque !" |
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