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| | Garnyiss [ravalement de façade en cours] | |
| | Auteur | Message |
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Garnyiss


Nombre de messages: 9113 Âge: 23
 | Sujet: Garnyiss [ravalement de façade en cours] Mer 16 Nov 2011 - 0:17 | |
|  |  |  | | Garnyiss est quelqu'un de plutôt grand d'après les standards humains, frôlant le mètre quatre vingt dix sans trop forcer. Il ne ressemble pas pour autant à un grand échalas famélique, quoiqu'il ne paraisse pas enrobé. Dire de lui qu'il ne possède pas une seule once de gras serait un mensonge mais force est d'avouer que sa silhouette est façonnée par les muscles allongés qui courent sous sa peau claire. Garnyiss est néanmoins bien loin de posséder la carrure des imposants titans en lourde armure de plates que l'on croise parfois sur les champs de bataille. En effet, il préfère de loin miser sur ses capacités à déjouer la garde de ses adversaires et placer des coups précis et rapides plutôt que de frapper comme un barbare en se disant que quel que soit l'endroit touché, l'adversaire morflera. Cette habileté, héritée de son statut d'acrobate lanceur de couteau – et cracheur de feu à ses heures perdues sans trop de succès – et de ses années passées au sein des armées de l'Empire puis du Nomins Aegati se double d'une force supérieure au commun des mortels. L'origine de cette force n'est pas le fruit d'un quelconque entrainement exotique mais d'un curieux jeu du sort qui veut qu'il soit étroitement lié à ce qu'il reste d'un dragon nommé Walsir. Les détails qui ont conduit Garnyiss dans cette situation quelque peu invraisemblables n'influent en rien sur ses conséquences : au fur et à mesure que le temps passe, Walsir déteint sur ce dernier, d'une manière semblable à celle qui veut que les dragonniers finissent avec le temps à ressembler aux Elfes mais nettement plus profonde et potentiellement plus rapide.
Ce petit détail mis à part, Garnyiss ressemble à n'importe quel humain lambda. Avec des yeux clairs d'un bleu gris agrémenté de reflets dorés dont l'intensité varie au point où l'on en vient à se demander si ce n'est tout simplement pas l'inverse. L'autre détail qui pourrait retenir l'attention sont ses cheveux autrefois d'un noir aile de corbeau subitement devenus blancs suite aux évènements ayant amené Garnyiss à devoir supporter les commentaires de Walsir. Preuve supplémentaire s'il en est que cela fut loin d'être une partie de plaisir la cicatrice qui court sur le côté gauche de sa poitrine. Avec le temps, elle aurait du être réduite à un bourrelet de tissus cicatriciel mais elle parait aussi fraiche que lors de ses premiers jours. Si cela fait souffrir ou non Garnyiss, nul ne le sait à part l'intéressé qui ne souhaite guère s'étaler sur le sujet.
Rares sont ceux au courant de ce stigmate car Garnyiss n'a pas l'habitude de se promener avec des décolletés plongeants et encore moins dans le plus simple appareil. Au contraire, il préfère la chaleur et le confort d'une épaisse chemise en lin glissée sous un gilet en cuir. Des bottes souples au cuir fatigué par l'usage ainsi que des chausses en laine épaisse viennent s'y ajouter, de même qu'un baudrier en cuir noir bordé de fils d'argents en motifs compliqués et une robuste cape longue. Les couleurs sont généralement des déclinaisons de bruns et de rouges parfois de nuances plus claires mais rarement en noir sauf lorsque Walsir se fait vraiment trop insistant sur ce sujet là.
| |  |  |  | | Garnyiss est d'un naturel plutôt calme, ne cédant à la colère où à l'impatience qu'en de rares occasions – l'impatience se manifestant généralement suite à une exposition prolongée à un certain verdissime personnage. Cela ne l'empêche cependant pas de faire preuve d'une ténacité hors norme lorsqu'une idée lui trotte dans la tête. Ainsi, si pour lui la fin ne justifie pas toujours les moyens, Garnyiss ne rechigne pas à utiliser des moyens détournés – pour ne pas dire fourbes – afin d'atteindre son but. En cela, il est parfois épaulé par Walsir dont l'ennui et la conception toute draconnique du monde lui ouvrent des voies qu'il n'aurait jamais songé à emprunter.
Malheureusement pour Garnyiss, la présence de Walsir se traduit davantage par des réflexions moqueuses et parfois désobligeante que par une réelle avancée dans la matière. Supporter une telle présence a rendu Garnyiss extrêmement patient et relativement insensibles aux provocations. Peut-on autant dire de lui qu'il y a aussi acquis une généreuse dose de sagesse ? Ce serait exagérer la chose car sa vision du monde et les décisions qui en découlent sont généralement guidées par le côté pratique des choses et une forte tendance à aller traquer la petite bête dans les recoins les plus inaccessibles. | |  |  |  | | Combat
Dès ses plus jeunes années Garnyiss a du faire ses preuves face aux autres gamins de son âge et également plus vieux que lui. Au début, il ne faisait que recevoir les coups sans vraiment pouvoir riposter mais l'habitude aidant, Garnyiss a rapidement appris à frapper sournoisement là où cela fait le plus mal. Ce penchant ne s'est guère atténué dans les années suivant son exil forcé de Lausthol. Non plus à cause d'un besoin de démontrer aux autres l'erreur qu'ils font en le prenant pour le gringalet de service mais pour tirer son aiguille du jeu lors des bagarres de taverne, bien plus fréquentes que l'on pourrait le croire.
Si avec l'âge Garnyiss s'est depuis assagi de ce côté là, il a également appris que les choses étaient plus amusantes avec quelque chose dans la main. L'entrainement suivi par les recrues de l'Empire du temps de sa puissance lui ont permis de se familiariser avec un grand nombre d'armes tranchantes et contondantes. Bien que se débrouillant plus que correctement avec les autres armes, Garnyiss n'a pas tarder à se diriger vers le maniement des épées en tout genre. Les combats se succédant au rythme des années, Garnyiss est devenu un épéiste émérite et redoutable, d'autant plus qu'il est capable de manier des armes imposantes comme si elles ne pesaient rien pour lui.
Magie
Même si Garnyiss possède des connaissances solides en la matière, Garnyiss n'est pas capable d'utiliser la magie de manière conventionnelle, ne serait-ce que pour allumer un feu de camp. A la place de cela, il s'est pour ainsi dire recyclé dans l'invocation de toute la racaille spirituelle qui traine dans l'au delà et qu'il a eu l'occasion de côtoyer pendant un très bref instant. Un jeu d'enfant lorsque le voit où - et surtout avec qui - il a passé un certain avant les évènements l'ayant conduit à se retrouver avec Walsir. Celui là même qui constitue un rempart des plus efficaces contre les esprits qui souhaiteraient posséder le corps de Garnyiss car si se trouver nez à nez avec un dragon physique peut s'avérer risqué, il en va de même avec Walsir - sans compter l'effet de surprise.
Et parce que Walsir est là mais que nul ne peut le savoir...
Garnyiss partage son esprit avec Walsir le magnifique mais cela ne fait pas de lui un dragonnier pour autant. En effet, Walsir n'existe plus qu'à l'état d'esprit niché plus ou moins confortablement dans le plus gros fragment de son cœur des cœurs, celui là même qui est niché dans la poitrine de Garnyiss. Comment et pourquoi, ni l'un ni l'autre ne sont disposé à en parler mais il y a de la vengeance la dessous et une nécessité de survivre puisque ce qu'ils ont subi les a mené si près de la mort que si leurs cœurs venaient à être séparés, les deux mourraient.
Mais que l'on ne s'y méprenne pas, toute la puissance de Walsir est focalisée sur une seul but : empêcher au corps de Garnyiss de devenir comme sa main droite - il est gaucher - qui est constamment gantée. En dépit de cela, il arrive parfois à Walsir de prendre le contrôle du corps de Garnyiss et de laisser à l'esprit de ce dernier la garde vigilante du maléfice qui aimerait bien le dévorer. Le présence de Walsir peut s'avérer particulièrement utile au combat puisque le corps de Garnyiss possède la puissance du dragon vieux d'un siècle qu'est Walsir ainsi qu'une vitesse dépassant de loin celle des elfes. Ou pas... En effet, Garnyiss reste avant tout un humain et il est parfois gênant de croire qu'on vient de faire deux pas alors qu'on est à une vingtaine de mètres de là et l'esprit de Garnyiss est parfaitement incapable de suivre une telle vitesse. La solution serait donc de laisser la main à Walsir tout à fait apte à ce genre d'exercice mais le hic, c'est que quand mossieur le dragon frappe, il frappe comme un bourrin dragon. Contre le vent, ça passe mais contre par exemple un bouclier, ça casse, surtout du coté des bras de Garnyiss - on ne s'étonnera donc pas que l'intéressé se montre plus que refroidi par l'idée de laisser Walsir s'amuser
| |  |  |  | | " Et devant lui, les mers elles même deviendront de glace. Car l'Hiver marche dans ses pas… "
La Marche de l'Hiver Extrait Du Tome Prophète de l'Encyclopédie des Transformés d'Elindaë Ecrit Par la Plume Divinatoire En l'An De La Citrouille Gelée
Au-delà des terres connues sous le nom d'Alagaësia, existait un petit village répondant au doux nom de Lausthol. Ses habitants étaient pour la plupart des braves gens qui arrachaient chaque jour à une terre ingrate de quoi vivre. Aujourd'hui, il n'en subsiste plus que des cendres, parfois visibles lorsque le vent est suffisamment fort pour soulever la neige. Pour beaucoup, Lausthol fut condamné il y a de cela une trentaine d'année lorsque la nuit des premières neiges hivernales naquit un petit garçon. En d'autres terres, des cris de joie auraient accompagné cette venue au monde mais cette fois-ci, il n'y eu qu'un silence pesant tandis qu'à l'extérieur le blizzard se déchainait. Les présages étaient conformes à une ancienne légende prédisant le début du règne de l'Hiver et ce bambin braillant de toute la force de ses poumons était celui qui allait lui ouvrir la marche.
En dépit de son destin, nul n'osa toucher l'enfant de peur d'attirer sur lui l'attention de l'Hiver, en maraude au delà des frontières établies de son royaume. Nul ne souhaitait être celui que tous connaîtrait comme le personne ayant attiré la malédiction sur Lausthol. Ainsi, Garnyiss fut-il autorisé à vivre mais sans être aimé. A marcher dans les rues du village sans jamais croiser autre chose que des visages fermés les rares fois où on ne lui tournait pas ostensiblement le dos. Seuls les enfants ne l'ignoraient pas mais ils ne voyaient en Garnyiss qu'un potentiel souffre douleur que nul ne viendrait défendre. Ni les adultes, ni même son ainé de cinq ans qui se considérait comme fils unique. Au début, ce ne fut que quelques remarques désagréables lancées dans le dos mais les années passant, une véritable chasse au Garnyiss s'instaura.
Seulement voilà, le gibier n'était guère coopératif et se révéla plus coriace que prévu. Lorsqu'il ne trouvait tout bonnement pas quelque chose à escalader ou quelque endroit inaccessible où se réfugier, il ripostait obstinément. Coup de pieds et de poings, morsures, griffures, arrachage de cheveux… Tout y passa et devint plus douloureux au fur et à mesure que Garnyiss grandissait. S'il tenait le rythme, il aurait même pu envisager une carrière dans la lutte ou le mercenariat mais les choses se passèrent bien différemment.
" Les chats noirs ou les lunes rousses comptent parmi de sombres présages. Mais beaucoup ignorent que la simple présence d'Héziar, justement surnommé le Général Sonneglas, implique des choses plus terribles encore. Et pas seulement parce que son ombre s'appelle Marovin…"
Les Remèdes Anti Monstre Sous Le Lit Extrait Du Tome Valeureux De l'Encyclopédie Des Transformés d'Elindaë Ecrit Par Le Croque Mitaine De La Tour Nord En l'An de La Citrouille Gelée Ils sont venus le troisième jour du printemps. A mes yeux de gosse, une véritable armée et un simple groupe à mes yeux actuels. Cinquante, peut-être soixante hommes à tout casser. Tous protégés par une armure d'un noir mat, le visage derrière un casque de la même couleur qui ne laisse entrevoir que leurs yeux pour peu que la lumière soit bonne. Protecteur et chauffant grâce au soleil, une véritable avancée dans le domaine militaire sauf lorsque il s'agit de passer inaperçu au milieu de la neige mais eux n'en on pas eu besoin. Personne, dans tout le coin n'a jamais vu tel étalage de force, alors aller les défier. Quand ils sont arrivés dans le village, je me suis planqué comme un sale garnement. Un pressentiment peut-être, ou l'envie qu'on ne me refile pas à eux telle une patate chaude. Mais j'ai quand même voulu savoir ce qui se passait. Curiosité complètement désintéressée, bien sûr. Je me suis donc hissé sur la pointe de mes pieds et j'ai maudis le caillou qui trainait dessous. Juste avant de manquer un battement de cœur. Fils de l'hiver moi ? Le chef de cette cohorte a nettement plus la tête de l'emploi que moi. Des cheveux neigeux pour commencer. Rien à voir avec mon hirsute tignasse brune mais personne n'a semblé l'avoir remarqué. A moins qu'ils aient eu peur de le montrer. Les grosses épées sont des arguments imparables dans certaines situations. Celle ci en était une. Au point qu'ils en ont mis de coté leurs superstition et la soit disant toute puissance des enfants de l'Hiver. Dans le genre mémoire à très court terme, difficile de faire mieux. Planqué derrière ma pile de bois sec, j'ai observé la petite réunion improvisé, échafaudé mille théories sur ce qui pouvait bien se dire. Des bonnes nouvelles sans doute, c'est ce que j'ai espéré tout du moins. Une rumeur a secoué la foule des Laustholiens réunis et une partie de moi a voulu en faire partie. Une petite partie, infime même. L'autre, au contraire, a voulu s'enfuir de là le plus rapidement possible. Je lui ai prêté une oreille on ne peut plus attentive et j'ai suivi ses conseils. Je connaissais parfaitement les environs, tout ce qui pouvait me servir d'abri au cas où quelqu'un aurait décidé d'éliminer la menace que je représentais à la source. Bien m'en a pris. Je n'ai pas fait à peine un kilomètre qu'un grondement terrible a secoué les environs. J'ai perdu l'équilibre comme un gamin de deux ans et les ronces m'ont chaleureusement accueilli. De si bonnes hôtesses qu'elles n'ont pas voulu me laisser partir. Alors je me suis battu avec elles. Méchamment, furieusement, sans prêter attention aux égratignures qu'elles pourraient me faire. Je suis sorti vainqueur de ce terrible combat pour mieux me réfugier sous le tronc pourri d'un arbre abattu. Je me suis demandé si je devais faire demi-tour, voir ce qu'il en était et me rassurer plus que toute autre chose. Je n'en ai pas eu le courage. Qui l'aurait eu d'ailleurs ? Des éclairs ont jailli du village pour frapper ceux qui descendaient dans un vacarme assourdissant. Mes poils se sont hérissés de partout et je me suis roulé en boule en attendant que cela passe, les yeux rivés vers le ciel. Les éclairs ont finalement cessé et j'ai entendu des cris, des voix terrifiées et d'autres plus calmes qui savaient parfaitement ce qu'elles faisaient. J'en ai reconnu quelques unes mais ne suis pas sorti de ma cachette. La pluie est ensuite venue, glaciale et sournoise. Elle s'est infiltrée dans mes vêtements, a goutté le long du bois jusque sur mon visage. J'avais beau me recroqueviller le plus possible pour conserver un peu de chaleur mais elle me pourchassait inlassablement. J'ai commencé à grelotter, non plus de peur mais de froid... " Eyh, il y a quelqu'un là ! - Laisse moi Tchipy... Laisse moi j'ai dit ! - Eh oh du clame, on ne veut pas..." J'ai émergé de mon rêve, prêt à sauter à la gorge de ce qui me retenait. Je ne suis parvenu qu'à remuer comme une poisson hors de sa mare tant la poigne qui me retenait était forte. Le monde a commencé à s'éclaircir un instant et j'ai distingué quoi, peut-être deux ou trois silhouettes qui me fixaient gravement. Toutes aussi trempées que moi, ai-je pensé avant de sombrer à nouveau dans le monde des rêves... Le réveil suivant n'a pas été mieux que le précédent. Ma gorge me démangeait comme si une colonie de puces affamées y avait élu domicile. On m'avait allongé dans une charrette brinquebalante et enroulé dans une couverture épaisse. Une autre faisait office de toit de fortune avec une efficacité toute relative. Certes, elle arrêtait la neige mais pas le vent glacial. Un temps qui n'aurait pas manqué de susciter bon nombre d'inquiétude. A ce sujet, où est-ce qu'ils étaient ? Qu'étaient-ils... "Oh arrête de t'agiter un peu tu veux ? - Je veux rentrer chez moi ! Ramenez-moi chez moi !", ai-je ajouté devant leur refus visible de faire ce que je leur demandais. Un peu plus fort que précédemment et en détachant soigneusement toutes les syllabes comme j'avais vu bien souvent le faire dès lors qu'on s'adressait à moi. Peut-être que ça marcherait avec les autres. Les deux hommes dans mon champ de vision se sont consultés du regard. J'ai immédiatement regretté d'avoir parlé : maintenant ils allaient me couper la langue pour m'empêcher d'alerter le voisinage. Je me suis recroquevillé dans les couvertures dans l'attente de l'éclat métallique d'un poignard. Au lieu de quoi le plus barbu m'a regardé puis a laissé échapper un très long soupir. " Tu n'as plus de chez toi petit ! Enfonce toi ça dans le crâne et ferme ton clapet ! On a pas besoin que tu rameutes tous les trucs du coin en plus." J'ai frémi sous le regard qu'il m'a décoché et tenté de me faire encore plus petit que je ne l'étais. Rien à faire, j'étais aux mains de marchands d'esclaves et j'allais finir ma vie dans les mines, mourir avant même d'être un homme, dans le noir le plus total ou pire encore. J'ai senti des larmes rouler sur mes joues sans que je puisse les retenir. Aussi déplaisante qu'ai été ma vie à Lausthol, j'en venais à la regretter amèrement. Pourquoi donc avais-je quitté le village ? Pourquoi n'étais-je pas resté avec les miens, quitte à mourir avec eux. " Ah c'est malin, t'as fait pleurer le mioche ! - Qu'est-ce que tu voulais que je lui dise ? Salut, on va te ramener chez ton papa et ta maman ? Ou ce qu'il en r... - Moins fort ! Tu tiens vraiment à ce qu'il braille comme un taré ou quoi ?" J'ai rapidement cessé de faire attention à leur conversation. Pas besoin d'en rajouter encore à la peur qui me tenaillait les entrailles. Il n'y avait plus que le sommeil pour m'apporter un semblant de réconfort... "Bien que situé non loin de la limite méridionale des mers hantées par les monolithes de glace, Kyataran est une ville extrêmement peuplée selon les critères locaux. Son succès vient des majoritairement du à la présence des bancs de merlocs cendrés. Ces poissons forts goûteux sont le cœur de Kyataran. Pas seulement à cause de leur chair juteuse, de leurs dents ou de leur graisse mais surtout à cause de leurs écailles dont on tire l'excellentissime Eau de Feu. Le voyageur n'y trouvera maintenant plus que des bâtiments vides et désolés, recouverts d'un épais manteau de neige. Il devra toutefois faire attention aux vols de merlocs cendrés, fréquents dans cette région. "
Les Meilleurs Endroits Où Pêcher Extrait Du Cinquième Tome De l'Encyclopédie Des Transformés d'Elindaë Ecrit Par Absurde En l'An De l'Hiver Torride Kyaratan, tel est le nom de la ville ou nous avions fini par nous diriger juste à temps pour profiter de l'affluence massive causée par le retour des pêcheurs des premiers merlocs cendrés. Nous ? La petite troupe de troubadours, jongleurs et autres acrobates qui étaient devenus comme ma seconde famille depuis maintenant quatre années environ. Les colporteurs ambulants m'avaient finalement laissé dans la première bourgade sans plus que ça se soucier de mon destin. Ils m'avaient empêché de crever comme un chien à Lausthol et maintenant, c'était à moi de me débrouiller. Les premiers jours furent pour moi les plus difficiles. Tout était nouveau, étranger, et je me sentais comme un cheveu tombé sur la soupe au beau milieu d'un repas de la haute société. J'ai pourtant réussi à surmonter tout cela, me frayant un passage à travers tous les obstacles qui se présentaient devant moi à grands renforts de coups de poings et de courses effrénées. Si je ne pensais pas trouver pire que Lausthol, cette ville brisa toutes mes illusions. Il y avait d'autres gamins que moi, abandonnés par des parents qui refusaient de les assumer. Autant de bouches affamées prêtes à tout pour obtenir le quignon de pain moisi qui remplirait pour un temps trop court leur estomac. Une suite de coïncidences et une bonne dose de chance – ou de malchance au début – m'avaient conduit à faire partie de la troupe, tout d'abord en tant que chargé de plonge et de l'entretien des bêtes puis en tant qu'acrobate ? Pourquoi ? Pas par bonté d'âme mais parce que en dépit de mon habileté à laver la vaisselle ou à couper les tubercules, cela ne rapportait pas un sou. De plus, un acrobate pouvait toujours rendre des services et s'improviser ramoneur ou que sais-je encore. Toujours est-il que quand nous sommes enfin arrivés à Kyaratan, je n'avais pas à rougir de mes performances dans ce domaine. Quelque part, je devrais en être reconnaissant à mes chers camarades de Lausthol mais même en me forçant, je n'arrive même pas à en éprouver une once. Je me souviens encore de l'effervescence de la ville portuaire alors même que les barques des pêcheurs n'étaient pas visibles à l'horizon. Les rues étaient peuplées de fourrures mouvantes pour se protéger du froid inhabituellement mordant de la saison mais l'ambiance n'en était pas moins au beau fixe. Peut-être grâce aux verres d'Eau de Feu qui avaient eux aussi envahi les rues et se vidaient plus vite encore qu'ils ne se remplissaient. Pour ma part, je n'eus pas l'occasion de gouter à ce breuvage miraculeux. Ordre du chef qui ne voulait pas donner le soir même le spectacle de deux trois pauvres types trop bourrés pour marcher droit – et encore moins faire preuve d'adresse. Et puis, il y avait le décor et tout le tralala à monter, les bêtes qui réclamaient notre attention. De quoi nous maintenir plus qu'occupés mais cela ne nous empêcha cependant pas d'être là quand de nouveaux invités surprise firent leur apparition. Rien à voir avec les joyeux fêtards ou les colporteurs attirés en masse par l'opportunité de se remplir les poches. Non, bien au contraire, ils s'agissaient de pauvres hères transis de froid, le dos courbé sous le poids de leur paquetage. Leurs ânes – quand ils en avaient – n'étaient pas en reste, tellement chargés que l'on ne voyait d'eux que la tête et les pattes. Ils étaient des dizaines à cheminer ainsi avec femmes et enfants. Très vite, un attroupement s'était formé et la rumeur n'avait pas tardé à se répandre comme une trainée de poudre. Quelque chose rôdait plus loin au Nord. Les rares fuyards qui s'étaient arrêté avaient mentionné des formes sombres et torturées hantant les bois et les plaines. Les animaux avaient fui eux aussi, même ceux qui d'ordinaire hibernaient. Sans crier gare, les légendes étaient devenues réalité et la roue de la destruction s'était une nouvelle fois mise en marche. Winter is coming, comme diraient certains mais le souci c'est qu'ici il n'y avait nul mur pour contenir ce qui s'y cachait. Juste la croyance fermement ancrée qu'il ne descendrait pas aussi bas. Pour preuve, les vagues qui venaient lécher la côte au lieu d'être figées dans le temps en sculpture de glace étincelante. De plus, les évènements qui avaient poussé ces gens à fuir n'étaient que le fruit de l'imagination de quelque seigneur local qui avait su jouer sur les superstitions locales. Un véritable trait de génie qui lui gagna l'admiration des habitants de Kyaratan. Que les réfugiés fuyent, c'était leur problème, pas celui des autres. Ce manque de compréhension et les moqueries qui s'ensuivirent eurent tôt fait de faire monter la tension dans les rues. Nul ne voulait héberger ceux qui allaient faire fuir la clientèle. Ces derniers leur rendaient cet amour par une agressivité que décuplaient la fatigue, le désespoir et l'épuisement. Malgré cela, nous restâmes dans la ville pendant plusieurs jours, donnant chaque après midi des représentations. Comme si les réfugiés n'étaient en fin de compte rien d'autre qu'un léger désagrément vite oublié. Comme si Kyaratan se suffisait à elle-même pour tenir à l'écart toutes les menaces, quelle que soit leur nature. Ce fut ainsi que nous en vînmes à nous retrouver au mauvais endroit au mauvais moment, pris en sandwich entre deux forces qui dépassaient de loin tout ce que j'avais pu imaginer à l'époque. Cela commença par l'arrivée d'un blizzard qui souffla sans discontinuer pendant des heures, poussant tout le monde à se réfugier à l'intérieur autour d'une belle flambée. Avec lui vinrent des lourds nuages gris qui envahirent l'horizon avec une rapidité proprement effrayante. Combien de temps les éléments se déchainèrent-ils à l'extérieur, je ne saurais le dire car le temps lui-même semblait avoir ralenti son cours. Petit à petit, la peur s'insinua dans les esprits, rappelant à chacun que toutes les légendes étaient nées d'un fond de vérité. Emmitouflé dans des épaisseurs de fourrure, j'essayais de me faire aussi petit que possible. Il suffisait de voir ma vie à Lausthol pendant des années de paix toute relative pour craindre ce qui se passerait si d'aventure quelqu'un venait à aboutir aux mêmes conclusions que mes parents. Un lynchage en bonne et due forme sans le moindre doute et cette fois-ci, il n'y aurait sans doute pas d'échappatoire pour moi cette fois. Scritch. Nous sursautâmes à l'unisson en entendant le raclement contre les volets épais et réalisâmes une chose. Le blizzard s'était tu à l'extérieur et avait fait place à des bruits inquiétants. Des raclements, des grognements étouffés et des cris qui ne sortaient sûrement pas de gorges humaines. Enfin, sauf celui qui ne tarda pas à résonner, empreint de douleur et de terreur. A notre grand soulagement, il ne venait pas de la taverne mais d'une maison de non loin. Du regard, je cherchais quelque chose à saisir pour défendre chèrement ma peau quand la cause de ces cris s'inviterait dans la salle commune. Il n'y avait en effet aucune raison pour qu'elles passent tranquillement leur chemin sans nous prêter la moindre once d'attention. ¤¤¤¤¤ Dans un fracas d'apocalypse, la porte de le l'auberge explosa en un nuage d'échardes qui traversèrent la pièce en laissant derrière elles de fins sillons de fumées. La lumière pâle d'un matin hivernal dessina aux yeux effrayés des humains retranchés à l'intérieur les contours d'une forme sombre toute en angles. Une armure titanesque pour être plus précis, faite d'un métal noir et rutilant, orné de délicats entrelacs couleur rubis. Lentement, la tête casquée se tourna de gauche à droite et même si nul n'entrevit le moindre bout d'œil, chacun sentit peser sur lui un regard aussi perçant qu'effrayant. " EXCUSEZ-MOI, VOUS N'AURIEZ PAS VU UN CHEVAL PASSER ?" demanda une voix caverneuse et indubitablement masculine. Guerre soupira devant le manque de réactivité de ces humains là. Pas foutus de lui donner une réponse correcte. Mais pas l'ombre d'un malheureux oui ou de son contraire. Non, ils ne faisaient qu'échanger des regards qui finissaient invariablement par se reposer sur lui, emplis d'une stupeur sans nom se mélangeant à de la terreur. Sans même y instiller la moindre notion de respect, peut-être, songea Guerre, parce qu'ils n'avaient pas encore réalisé qui ils avaient face d'eux. Un hennissement sonore tira Guerre de ses tristes constatations. Il tourna la tête vers les escaliers et un sourire se dessina sous son imposant casque. Un cheval – personne ne savait comment il y était arrivé – s'y tenait, visiblement coincé entre les deux rambardes. Une petite nouveauté en elle-même vu que d'habitude, le fier destrier ne se bloquait qu'entre deux murs. A nouveau, Guerre soupira, cette fois-ci en prévision des efforts qu'il allait devoir fournir pour sortir sa monture de là. Les escaliers n'allaient pas le moins du monde lui faciliter la tâche… Quoique, maintenant qu'il y réfléchissait, leur présence était sans doute déjà connue, alors pourquoi faire dans la discrétion ? Avec une subtilité effarante, Guerre s'attaqua au problème. " Vous pensez réellement pouvoir nous stopper ici ?"" PAS SEULEMENT…", répondit Absurde adressant de sous l'ombre de son capuchon un sourire moqueur à l'adresse de son interlocuteur. " JE VAIS VOUS FAIRE RETOURNER LA QUEUE ENTRE LES JAMBES AUPRES DE VOTRE MAITRE."" Vraiment ? Il y a pourtant ici suffisamment de personnes pour créer le noyau dur d'une nouvelle horde. Et vous êtes seul…"" OH DETROMPEZ VOUS, JE SUIS TOUJOURS ACCOMPAGNE MEME QUAND JE SUIS SEUL !"A peine Absurde eut-il prononcé ces mots qu'une gigantesque gerbe de feu embrasa les bâtiments autour d'eux. Les vitres explosèrent en une myriade de fragments fondus sous la force du souffle. Des cris de terreur résonnèrent tandis qu'entre les deux personnes sur la place de la ville, les débris volaient en rafale sans le moins du monde les troubler. De temps à autres, un réseau de filaments doré apparaissait autour de l'homme en armure, réduisant en cendre les projectiles qui l'auraient immanquablement fauché " EN PARLANT DU LOUP !", ricana Absurde après que les choses se soient calmées et que les bâtiments alentours eussent été réduits en ruines fumantes. Il vit le regard de Marovin se poser sur l'origine de l'explosion et le sourire narquois sur son visage clignoter brièvement. " Vous auriez vraiment du profiter de l'occasion pour les incinérez. Venant d'un stratège comme vous, cela m'étonne quelque peu.", fit remarquer ce dernier en désignant de regard le groupe de Garnyiss caché derrière l'imposant silhouette de Guerre. " De l'énergie supplémentaire, je vous en remercie, gentlemen."Seulement à cet instant précis, Marovin daigna dégainer son épée qu'il pointa vers la silhouette encapuchonnée d'Absurde. Dans la seconde qui suivit, les bruits caractéristiques d'une retraite anticipée se firent entendre, parsemés de couinement de terreur. Quoi que ce fusse qui se cachait hors des regards dans l'ombre, cela avait eu un minimum de bon sens pour savoir que ca allait bientôt méchamment barder. Tout le contraire de leurs homologues humains qui se tenaient sous les pales rayons du soleil, grelottant sous leurs épaisses fourrures. Hypnotisés par ce qui se passait au point d'ignorer toutes les alarmes que leur instinct devait allumer dans leur esprit. Pour un peu, on aurait dit des souris devant le serpent qui s'apprêtait à les dévorer. Pauvres petites choses, il fallait bien faire quelques choses pour elles. D'un mouvement vif, Absure sortit de sous sa cape légère un gros panneau qu'il agita sous les yeux des personnes présentes. Rien ne passa. Pas le moindre petit frémissement annonçant qu'ils avaient compris. Le doute commença à germer dans l'esprit d'Absurde qui retourna le panneau vers lui, juste pour vérifier que les mots ATTENTION DANGER ! FUYEZ ! s'y étalaient bien en grosses lettres rouges sur fond blanc. " ILS ONT BESOIN D'UNE MOTIVATION SUPPLEMENTAIRE, ON DIRAIT. OH, C'EST SI GENTIL A VOUS DE VOUS EN CHARGER !"Le regard d'Absurde s'était reposé sur un Marovin dont les lèvres s'agitaient pour former les mots d'un sortilège dont nul à part lui ne souhaitait voir le résultat. Le fourbe ! Il n'avait même pas attendu que le thé soit près pour passer à l'offensive. Et voilà que l'air commençait à refroidir davantage, signe que le bonhomme avait déjà une longueur d'avance. Rien de bien fâcheux… " APRÈS VOUS MADEMOISELLE ! ", fit-il dans une courbette tout en jetant le panneau derrière lui. Lorsqu'il se redressa, sa main tenait un cylindre délicatement ouvragé qui semblait tenir lieu de garde d'une arme sauf qu'il n'y avait pas de la lame au bout. Avec un grand sourire provocateur, Absurde salua une nouvelle fois Marovin et jeta un regard bref mais intéressé à l'épée de ce dernier, qui semblait maintenant crépiter d'une énergie malsaine. Ainsi, il voulait sortir le grand jeu pour épater la galerie avec à sa disposition tout la puissance magique que pourraient lui fournir l'Empire et ses séides tant qu'il n'y avait dans la place qu'Absurde et Guerre. Cruelle erreur que voilà ! " TU ES PRET ?", demanda-t-il à Guerre " PRESQUE… AH ÇA Y EST, J'Y SUIS !", répondit le principal intéressé en faisant surgir de nulle part un grimoire épais en feuille de métal ainsi qu'un stylet métallique. " DANS CE CAS… QUE LA LUMIERE SOIT !"A peine ces mots prononcés, les ténèbres tombèrent sans crier gare sur Kyaratan. Les ombres elles même furent dévorées ainsi que l'éclat du soleil. Toute lumière avait déserté les lieux pour se concentrer à la verticale du cylindre tenu par Absurde, formant ainsi une véritable lame de lumière aux reflets bleutés. Le peu qui s'en échappait se réfléchissait sur les surfaces rutilantes des armures de Guerre et de Marovin ou laissait par moment entrapercevoir les plis des étoffes ou les détails d'un visage. Marovin ne se rendit même pas compte du changement, tant l'effort nécessaire pour mobiliser et canaliser la puissance mise à sa disposition demandait de la concentration de sa part. Ses efforts ne tardèrent pas à être récompensés et le silence qui s'était abattu en même temps que les ténèbres fut envahi de murmures audibles aux seules oreilles des humains présents. Des bruits étranges et écœurants se firent entendre à travers toute la ville, en même temps que des cris de douleur et d'horreur tandis que le sortilège faisait inéluctablement son œuvre là où la présence de Guerre ne réduisait pas à néant la stratégie adverse… " PAS MOYEN DE SE CONCENTRER DANS CES CONDITIONS LA !", grommela ce dernier en abandonnant son ouvrage pour se tourner vers les groupe de personnes encore humaines qui se trouvait derrière lui. " ET JE SUPPOSE QUE VOUS ALLEZ VOUS Y METTRE VOUS AUSSI ? AVEC DES GRIFFES, DES CROCS ET JE NE SAIS QUELS AUTRE TENTACULES RIEN QUE POUR M'EMPÊCHER DE FINIR MON LIVRE… VOUS N'Y POUVEZ RIEN MAIS SURTOUT, N'Y VOYEZ RIEN DE PERSONNEL …"" A quoi ?", osa l'un des humains " A CA !"Au début, il n'y eu que le murmure du vent qui s'amplifia jusqu'à devenir un mugissement sauvage. Ce qui n'était qu'une simple brise devint une tempête qui engloutit tout ce qu'elle trouvait d'humain en son sein et s'élança vers l'extérieur de la ville dans un fracas de fin de monde pour ne se dissiper qu'après avoir parcouru une petite centaine de kilomètres vers le sud. Ses victimes furent alors éjectées sans plus de manière dans le premier buisson qu'elle trouva…
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Dernière édition par Garnyiss le Mar 17 Jan 2012 - 15:13, édité 18 fois |
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 | Sujet: Re: Garnyiss [ravalement de façade en cours] Mar 17 Jan 2012 - 11:53 | |
| Post réservé : PNJ et Cie _________________    " Stark, il nous faut un plan d'attaque ! - J'ai un plan : on attaque !" |
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 | Sujet: Re: Garnyiss [ravalement de façade en cours] Mar 17 Jan 2012 - 12:30 | |
| ( " Résumé " susceptible d'être modifié au fur et à mesure que la version définitive arrivera ) °o. Partie pré-ellipse .o° Il y a de cela plusieurs mois voire peut-être même une année et des brouettes, l'Histoire laissait sur le bas côté l'infâme Bayrön de la plus odieuse des manières. Nez à nez avec une azure soldatesque peu encline à faire des compromis avec celui qui avait fièrement marché dans les traces de Laïaga Sin'Saïan. Avec plus de bon sens cependant puisque lui n'était pas allé présenter ses respects au chef du Nomins Ageati, embrochant par la même celle pour qui le fier – et inconscient à en croire une certaine personne, surtout inconscient en fait – Léonien s'était auparavant décarcassé. Bien au contraire. Il avait veillé à ce que nul ne puisse profiter du manque de subtilité de Sin'Saïan et le tout sans rien demandé en échange.
La prévoyance et la générosité de Bayrön passèrent cependant totalement inaperçues. A l'instar de son comparse, il ne tarda pas à se retrouver à son tour dans une cellule non sans avoir trouver le moyen de clamer haut et fort – et en ancien langage s'il vous plait – qu'il se tiendrait tranquille. Quelles que fussent ses conceptions du terme tranquille, l'Infâme était toujours là lorsque Laïaga Sin'Saïan remit le couvert, avec plus de succès cette fois-ci.
S'ensuivit un période fort douloureuse pour Garnyiss car, non content d'être nourri et logé au frais de la princesse, Bayrön avait clairement fait comprendre que si on voulait lui extirper quelque vérité, il faudrait que ce soit le chef du Nomins Ageati. L'accord fut promptement établi et la vérité ne tarda pas à se déverser en un torrent tumultueux des lèvres du prisonnier. Par petites touches au début. Jamais complète, jamais précise, ce qui eu le don d'agacer fortement Garnyiss. Il aurait mis le holà à tout cela si Bayrön ne laissait pas filtrer des informations importantes – tels que l'intervention d'agents extérieurs à Dras Léona, sans toutefois préciser leur nature.
Ainsi, au fil des mois, la culture générale des soldats du Nomins Ageati et de leur chef augmentait considérablement tandis que de nouveaux horizons s'ouvraient à eux. Sans pour autant se révéler utiles dans la situation qu'était la leur.
Au Nord Ouest, les dragons ne cessaient d'affluer autour de la dragonne malencontreusement libérée et déjà, les soucis d'approvisionnement inhérent à ce genre de petite sauterie se faisaient sentir. Quelques invités avaient décidé de prendre un peu d'air sur les côtes occidentales de la mer de sable. Jusqu'à présent, on les avait sagement renvoyés chez eux à grand renfort de l'équivalent balistique des coups de pieds dans le cul. Mais ce n'était qu'une question de temps avant que l'armada volante ne décide qu'il était temps de passer à quelque chose autrement plus consistant que les hors d'œuvres.
Les membres du Conseil des Dix étaient quelque part dans le vaste monde, fomentant sans doute quelque complot ou quelque vengeance. De temps à autre, les nouvelles arrivaient, malheureusement périmées juste après leur départ. De mauvaise augure pour certaines…
Et puis il y avait Sil'Arn, son voisinage accueillant qui accueillait les visiteurs à vrilles ouvertes, ses religions sans cesse plus nombreuses et les bisbilles qui allaient de pair. Tout ceci était de mauvais augure d'après Bayrön.
Celui là même qui se décida enfin à se rendre utile….
Ignorant superbement les regards qui s'étaient braqués sur lui, Bayrön croisa les jambes sur la table devant lui.
" Comme c'est gentil de me rendre visite. Voyez-vous, vos gardes semblent manquer d'une petite étincelle de folie et je me proposais d'appeler un ami à moi. Ou une amie à moi. Vous devriez vraiment songer à rajouter le genre neutre dans le langage commun… Euh, vous comptez encore me fixer longtemps comme ça ? Vous allez finir par rester coincé un de ces quatre. Pour sûr, cela facilitera le travail des peintres qui dresseront en vives couleur le portrait de celui grâce à qui Sin'Saïan a chu ! Mais pour le reste…, ajouta-t-il à l'encontre du chef de Nomins qui le foudroyait du regard.
- Vous avez dit vouloir me parler. Sérieusement, cette fois-ci ? , lui fut-il répondu d'un ton las. Encore un qui ne savait pas profiter de la générosité sans équivoque de Bayrön.
Qui d'autre que lui prenait la peine d'enrober les mornes détails du quotidien et les informations sans intérêt d'un glaçage d'anecdotes croustillantes ? Un brin vexé de ce manque de reconnaissance, il répliqua avec un sourire dévastateur.
- Et c'est ce que je suis en train de faire non ? On ne peut plus sérieux.
- Si vous n'avez rien d'autre à faire que déblatérer tout seul, au moins ne me faites pas perdre mon temps.
- Ah oui, c'est vrai, vous avez un dragon à remettre à sa place. C'est plus encombrant qu'utile, un dragon. Sauf pour les barbecues. Enfin, si on arrive à persuader le dragon de se griller lui-même. Et part la même occasion, vous… "
Les ténèbres s'abattirent sans crier garde, laissant un silence pesant s'établir dans la pièce. Dans le lointain, le grondement d'un orage tout proche fit trembler les murs. Puis la voix de Bayrön tonna venant de partout et de nulle part à la fois. Puissante et grave, comme si un héraut de légende avait subitement déchiré les voiles du temps et de l'espace pour porter en ces lieu la parole de dieux impitoyables.
"VOUS SIGNEREZ VOTRE ARRET DE MORT !"
Guidé sans doute par la main de ces mêmes dieux, l'un des rares éclairs à avoir le sens de la mise en scène éclaboussa Bayrön d'une lumière blanc bleuté tandis que le mot fatidique sortait de ses lèvres. L'odeur d'ozone ne s'était pas encore dissipée qu'un chœur de murmure répéta la prophétie des temps anciens. Puis aussi soudainement qu'elle avait disparu, la lumière revint et fit étinceler le sourire dégoulinant de satisfaction de Bayrön.
Sourire qui s'estompa quelque peu lorsqu'il se rendit compte qu'aucun des gardes n'avait sourcillé ni même changé de couleurs de teint. Au contraire, ils affichaient tous un regard pour le moins blasé, en dignes hommes de peu de goût et parfaitement incapable d'apprécier à sa juste valeur le souci qu'il avait apporté à sa mise en scène. Pendant un bref moment, Bayrön en vint même à élaborer des plans pour accélérer la relève et avec un peu de chance, tomber sur un être cultivé.
Peut-être pour plus tard, rectifia-t-il en se rendant compte que question éclairs, les yeux du chef du Nomins Ageati s'y connaissaient également. Encore plus coincé que ses soldats, nota Bayrön, alors que les mots de son interlocuteur fusaient sèchement dans une atmosphère soudainement électrique.
" C'est une menace ?
- Oh non !, nia le héraut des dieux anciens avec véhémence tout en retirant prestement ses jambes de la table pour se dresser sur ses pieds. Puis, pointant un doigt accusateur :
- Garnyiss Bar'H'Ahïn, l'homme qui n'a cessé d'échapper à la mort encore et encore. Y a une sacrée bande de frustrés et tout ceci est ma foi fort divertissant."
Le héraut des temps anciens s'étant affranchi de la domination de ses dieux en y allant de son commentaire, il était libre de redevenir l'inébranlable Bayrön. Souriant presque innocemment à la pensée de la bombe qu'il venait de lâcher. Avec un petit peu de chance, Garnyiss mordrait à l'appât qui venait d'être agité sous non nez, tout frétillant de sous entendus et de révélations croustillantes.
" Aussi divertissante que l'évasion de Sin'Saïan ?"
Raté ! Bayrön ajouta mentalement une barre à la forêt qui décomptait toutes les fois où le chef du Nomins Ageati n'avait pas mordu à l'hameçon. Peut-être flairait-t-il là quelque embrouille et – le fourbe ! – avait décidé de ne pas jouer son jeu. Une autre fois peut-être, quand l'opportunité se présenterait de la prendre par surprise.
- Je n'y suis pour rien là dedans. La preuve, il ne m'a même pas proposé de prendre la poudre d'escampette avec lui. Mais je ne lui en veux pas. Il s'est sans doute rendu compte que je m'amusais follement ici…
- Vous vous êtes rendus pour vous amuser ?"
Un salve d'applaudissement accueillit les mots de Garnyiss. Bayrön arrivait même à rendre les applaudissements ironiques
" Allons, vous n'êtes pas en train de me dire que vous avez cru que je m'étais rendu parce que j'étais encerclé par un nombre certains de magiciens et hommes d'armes prêts à trucider si je faisais ne serait-ce qu'un seul pet de travers ? Oh, apparemment si. Vous me voyez désolé de briser ainsi vos illusions. Vraiment désolé.
- Vous serez encore plus désolé si vous persistez dans cette voie.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Soyons sérieux quelques instants voulez vous ? ",proposa Bayrön tout en faisant pour la première fois faire disparaitre son sourire insolant de son visage. Puis son regard délaissa les deux gardes en faction devant la porte pour accrocher celui de Garnyiss.
"Il se trouve que j'ai une offre à vous faire.
- Vous m'en voyez ravi d'avance.
- Oh ! Vous cachez vraiment bien votre jeu alors. Mais passons, je ne voudrais pas vous faire perdre davantage votre temps.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- La liberté de circuler dans le territoire du Nomins Ageati sans avoir la soldatesque aux trousses, un kilo de bananes et QUE VOUS NE FOIRIEZ PAS AVEC CETTE DRAGONNE ! – Bayrön se racla la gorge, indifférent aux regards interloqués dont il était la cible. Certains des gardes avaient toujours la main sur la garde de leurs armes, pris se surprise par son soudain éclat - Haem, je me suis un petit peu emporté on dirait. A moins que ce ne soit les vieilles habitudes qui reviennent. Il n'y a pas plus vivifiant que toute cette neige qui dévale les pentes dans un grondement de tonnerre à un seul mot de votre part. Et le sol qui vibre sous vos pieds. Ah ! Il n'y a pas plus divin massage des voutes plantaires…"
Le silence pesant qui avait pris l'habitude de prendre ses quartiers lors des interrogatoires de Bayrön ne fut nullement gêné de prendre ses aises. Pendant une petite minute, le temps sembla même s'arrêter, permettant à qui le voulait d'apprécier pleinement les mines médusées qu'affichaient tous les Nominsiens présents. Au point qu'aucun parmi eux ne parvenait à reprendre pied dans cette conversation que tenait plus du monologue interrompu par quelque inopportun personnage que du réel dialogue.
Mais c'était ainsi, Bayrön chamboulait toutes les lois de la logique sur son passage, à son plus grand amusement. Toutefois, conscient que ce silence ne valait en terme d'approbation muette, Bayrön poursuivit, comme si de rien n'était.
" En échange quoi, je suis près à vous aider dans la capture ou l'élimination de vos prédécesseurs, suivant leur bon sens à distinguer une situation sans échappatoire.
- Et en quoi ces personnes vous intéressent-elles autant ? Si j'ai bien compris, vous vous êtes plus ou moins acoquiné avec elles par le passé, lui répondit froidement Garnyiss, peu enclin à laisser Bayrön être en état de faire plus ou moins ce qu'il voulait sur le territoire du Nomins Ageati. Vu le foutoir – il n'y avait pas d'autre terme – que sa présence avait déclenché dans la capitale Léonienne et les conséquences de celui-ci, mieux valait que ce mauvais plaisantin soit en contact d'un minimum de personnes.
- Jusqu'à ce que votre retour fracassant fasse tout échouer, asséna Bayrön encore plus froidement que Garnyiss. Il commença à marcher en cercle, forçant Garnyiss à faire de même pour ne pas quitter son regard. A grands gestes et d'un ton éloquent, l'Infâme entrepris de se disculper des accusations que l'on avait si injustement et si cruellement portées à l'encontre de son innocente personne.
" Un véritable coup de maître avec une sortie explosive tout en panache. Bref ! Disons qu'entre certains gugus et moi, c'est une très longue histoire d'amour. C'est qu'ils ont essayé de me tuer à Dras Léona !! A moins que ce ne soit Sin'Saïan… Ce garçon est trop brillant pour ne pas susciter de jalousies, vous savez. Et têtu comme une mule aussi mais j'imagine que vu le niveau de la majorité d'entre vous, il doit plus ou moins avoir l'habitude de pouvoir n'en faire qu'à sa tête sans rencontrer la moindre opposition digne de ce nom. Alors très cher, qu'est-ce que vous en dîtes ? , finit-il par demander, s'arrêtant brusquement et se retenant difficilement pour ne pas faire de grands yeux à Garnyiss pour – officiellement – l'amadouer.
- Que je fais y réfléchir…
- Voilà qui n'est pas sage de votre part, remarqua Bayrön, laissant sa déception s'afficher dans toute sa splendeur sur son visage. Pendant un instant, sa bouche se tordit et ses yeux brillèrent étrangement. Puis, sur un sourire amusé :
- Je pourrais m'éclipser sans le moindre bleu et offrir une bouteille de porto à Sin'Saïan que vous et vos hommes seriez encore à vous regarder comme deux ronds de flanc.
- Estimez-vous heureux que je ne sois pas sage. Car cette même sagesse me conseillerait de mettre un terme à votre existence vu la menace que vous représentez.
- Joli plan ! Vraiment très joli plan ! A un petit détail près : vous ne pouvez pas me tuer. Pas même dans vos rêves les plus fous !
- Même si je vous coupe la tête et vous transperce le cœur ?, proposa Garnyiss comme il aurait proposé d'aller se faire une bouffe. Et pourtant, il y avait au fond de lui une étincelle de doute qui ne demandait qu'à s'épanouir pour peu que les mots magiques fussent prononcés.
- Quel manque d'imagination, vraiment ! De la part de quelqu'un comme vous, je me serais attendu à une exécution un peu plus inventive.
- Jeté dans les fontaines de lave du Nomodutom vous siérait-il-mieux ?
- C'est un progrès, j'admets. Vous pourriez tuer n'importe quel ombre, n'importe lequel de ces êtres avec lesquels vous frayez jour après jour. Vous pourriez même faire brûler le chef de l'Alliance. La flammèche retournera alors au feu comme la poussière retourne à la terre.
- Quel rapport avec le chef de l'Alliance ?
- Aucun. Vous pourriez le tuer à petit feu. Mais moi... Oh, je suis bien au delà de tout cela
- Seriez-vous partant pour une démonstration ?
- Oseriez-vous porter la main sur un Dieu ?
- Un Dieu ? Vraiment ? Alors dans ce cas, j'ai peur que vous n'existiez point, rétorqua Garnyiss avec un sourire carnassier qui ne démonta en rien Bayrön. Bien au contraire, ce dernier redoubla d'ardeur, sa voix allant même jusqu'à prendre des accents hystériques.
Homme de peu de foi, incapable de voir la vérité même quand elle se dresse devant lui ! Les Dieux existent ! Pas ces couillons qui doivent chaque jour se plier aux désirs tordus de la bande de crétins qui leur sert de fidèles. Ils peuvent bien crever tous autant qu'ils sont ! Mais malheureusement pour vous, j'appartiens à la deuxième espèce. De celle qui marque l'histoire en lettres de sang. Marchant à vos coté sans, parfois, que vous ne vous en rendiez compte. Si présents et ancrés dans ce monde que vous ne pouvez les détruire. Pas sans réduire à néant l'œuvre du Peuple Gris ! Voyez vous, je ne suis pas un gobelin. Je ne suis pas un quelconque prestidigitateur ni même un moine. Je suis un mot, une idée, un concept ancré dans chaque esprit de ce monde et nul ne peut tuer une idée. Sauf si bien sûr, vous réduisez le cerveau de chaque personne en une bouillie grisâtre parsemée d'éclats blancs osseux. Et à la fin, vous devrez vous même mettre fin à vos jours ! "
Sa tirade achevée sur un ton dramatique, Bayrön repris exagérément son souffle sous le regard pesant de ses hôtes. Ces derniers ne semblaient nullement craindre d'encourir une quelconque ire divine, et encore moins venant de sa part. Comme à peu près la majorité de la population Alagaësienne dont l'esprit trop étriqué ne saurait s'ouvrir à la réalité des choses. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir leurs propres dieux, même s'ils ne s'appelaient pas ainsi, même si parfois il leur arriver de croiser des obstacles insurmontables telles qu'une peau de banane malencontreusement déposée là par le plus fortuit des hasard.
D'ailleurs, en parlant de cela :
" Une banane ?", proposa Bayrön en faisant apparaitre d'on ne sait où une banane qu'il tendit vers le Chef du Nomins Ageati avec un sourire innocent.
- Sans façon.
- Vous avez tort,- Bayrön alla s'asseoir sur la table et commença à eplucher le fuit jaune. - C'est excellent pour la santé.
- Si vous le dîtes.
- Oh, je peux le dire en ancien langage même mais ça n'aura aucun effet sur la banane puisqu'il n'y a pas besoin d'y croire et d'énoncer cette vérité en ancien langage pour rendre une banane excellente pour la santé. - Puis, tout en entamant sa banane et en mâchonnant - Le peuple Gris était une bande de fieffés imbéciles pour avoir mis un tel pouvoir entre les mains du premier crétin venu. Trouvez une bande d'autres crétins, faites leur croire que la banana est aphrodisiaque et regardez la nature humaine à l'œuvre. Entendez l'ancien langage propager la vérité de cette bande de crétins. Et paf, vous finirez défoncé après mangé une banane ! C'est dommage que… Oh quoi encore ?"
Des coups discrets venaient d'être frappés à la porte, interrompant net Bayrön dans son envolée lyrique. Ce dernier laissa échapper un long soupir et fit disparaitre le sourire qu'il avait abordé tout le long de la conversation.
" L'appel du devoir ! Je dois vous laisser."
A peine Bayrön eut-achevé sa phrase qu'il mordit à pleine dent dans sa banane, ignorant totalement le chef du Nomins Ageati qui sortait en toute hâte. Pour un peu, Bayrön aurait même entendu quelque part les trompettes annoncer l'arrivée de celui qui allait chevaucher les ailes de l'une des plus terribles tempêtes que l'Alagaësia allait connaitre. Il y en avait qui allaient avoir du boulot pendant que lui se la coulerait douce – enfin, façon de parler.
Le destin avait frappé à la porte. Six coups discrets avant de s'engouffrer dans la porte grande ouverte et de jeter un regard curieux à Bayrön. Mauvaises nouvelles ! Une délégation de Sil'Arn dans la place. Arrivée en un seul morceau, cela tenait du miracle ou d'un danger si pressant que pour une fois chacun avait mis de coté ses rancunes personnelles.
L'on réunit en toute hâte les responsables militaires qui à l'unanimité convinrent d'une assistance militaire en faveur de Sil'Arn. Comme l'avait demandé la délégation, qui insista pour que ce soit la compagnie du vert capitaine qui s'y colle. Question de politique intérieure ajouta-t-on. En filigrane, on veut être défendu par des gens de chez nous. Pourquoi ? Officiellement, un étranger ne ferait qu'attiser la défiance.
La décision fut entérinée mais après que la délégation eu pris congé pour se remettre de ses émotions, il fut discuté de sujet autrement plus sensibles. Si les dragons commençaient à lancer des raids contre une cité qui avait tout fait pour ne pas attiser leur fureur, alors le pire était à craindre. Loin de toutes les oreilles indiscrètes, les chefs militaires du Nomins Ageati planifièrent une opération destinée à rayer la dragonne et ses séides du Hadarac. Pas dans l'immédiat car il fallait d'abord mettre la pression sur les magiciens qui n'étaient pas au front pour mettre la bête au point.
Dans le même temps décision fut prise d'intensifier les recherches sur les ex dirigeants du Nomins Ageati, afin d'éviter toute mauvaise surprise venant de ce coté là. Et puis, peut-être qu'on trouverait là un moyen d'occuper Bayrön de manière utile.
Ainsi, pendant que la verte compagnie se dirigeait vers Sil'Arn avec à sa tête un capitaine étonnamment sûr de son succès, Garnyiss Bar'H'Ahïn faisait ce qui était devenu une routine préalable à tout entretien avec Bayrön. Une petite séance de relaxation avant d'endurer la véritable torture pour les nerfs que représentait toute conversation avec lui.
La porte franchie, il trouva Bayrön comme il l'avait quitté à ceci prêt que ce dernier avait trompé le temps en amenant d'on ne sait où un régime de banane. Entre deux bouchées du jaune fruit, il fut convenu que l'Infâme devrait aider le Nomins Ageati à remettre la main sur les membres du Conseil des Dix en échange de sa liberté et de sa non classification dans la catégories de personnes à trouer à vue. L'on exigea également quelques phrases en ancien langage pour limiter les dérapages qui ne manqueraient pas d'arriver. Alors seulement, les choses reprirent leur court normal, précipitant Garnyiss Bar'H'Ahïn, comme l'avait prévu Bayrön, dans les abîmes insondables de l'estime que lui vouaient certaines personnes.
Le temps quant à lui poursuivait sa course éternelle, insensible au remous qui agitaient le monde. Les dragons se firent plus insistants sur les frontières du Nomins Ageati, testant les forces et les faiblesse des humains. Sans cesse repoussés, sans cesse revenant, telle les vagues de la marée montante. Par delà la tempête qui obscurcissait l'horizon oriental, les nouvelles continuaient toutefois d'arriver. L'on y aurait aperçu une agitation bien que nul ne sache en déterminer la cause. L'on parlait de choses qui n'auraient jamais du exister et de baronnets qui soudainement prenaient de l'importance. Mais jamais l'on y faisait mention des dragons comme si ceux-ci avaient subitement décidé que seuls les royaumes occidentaux méritaient leur attention. Ou que nul danger ne viendrait de l'Orient. Pourquoi ? Aucune des puissances Alagaësiennes ne le savait et si fort que fussent certains soupçon, nulle n'aurait l'occasion de le découvrir. Les sables auraient tôt fait d'engloutir la terrible vérité.
[i] Des mois passèrent ainsi, chacun apportant son lot de mauvaises nouvelles. Jusqu'au jour où l'une d'entre elle surpassa toutes les autres. Un raz de marée de stupeur qui déferla sur toute l'Alagaësia. Vroengard en cendre ! Le coeur de la dragonnerie anéantie par ceux là même sans qui elle n'aurait pu exister. L'orgueil des races qui allaient sur deux pattes réduite en poussière qui rougeoyaient encore quand les mots s'échouèrent auprès des dirigeants Alagaesiens.
L'on aurait pu croire que la perspective d'être réduit à l'état de gibier sur patte aurait pu amener les puissances rivales à s'entendre. Ô espoir, elles en vinrent à se réunir, à partager les informations qu'elles détenaient mais au moment où il fallait décider, le soufflé retomba lamentablement. L'ombre de Nuit ne suffisait pas noyer les autres qui remontaient subitement à la surface en bulles nauséabondes. Le Surda vint s'inviter dans la conversation puis Teirm, Narde, Dras Léona et bien d'autres. Toutes choses du passé dont les dragons rebelles ne manqueraient pas de faire table rase et qui pourtant se dressait en écueils pour une coalition. Les esprits ne cessaient de s'échauffer et l'on en serait sans doute venu à d'autre mots plus dévastateurs n'étaient les invités surprises.
Ils surgirent à l'horizon, au détour d'un nuage piquant. Arc en ciel de couleur qui eut tôt fait d'étendre son ombre jusqu'aux alentour de Gil'Ead. Des ordres fusèrent, peinant à se faire entendre par dessus les rugissements des dragons. Pensez vous ! Ils croyaient devoir débusquer quelque gibier dans une caverne étroite et voilà qu'ils tombaient sur un troupeau vociférant. Buffet à volonté !
Manque de pot, le buffet tenait plus de la colonie d'oursin décidée à planter ses aiguillons partout que du troupeau de mouton affolé. Les sortilèges fusèrent de toute part, les flèches mordirent cruellement les ailes des dragons qui s'approchaient de près. Il n'y avait que du côté du Nomins Ageati que l'on avait trouvé le moyen de ne rien faire comme les autres.
En effet, là où les dirigeants et représentants des autres clans allaient fièrement au combat, des mots dévastateurs aux lèvres ou portés par la fureur de leurs compagnons à écailleux, Garnyiss était subtilement mis à l'écart du combat par ses propres hommes. Il eut même droit à un " Ce sont les ordres monsieur !". Une manière polie de lui signifier que le chef du Nomins Ageati était passé on ne sait quand au statu de personne qui n'avait rien à faire ici hormis mettre sa vie inutilement en danger. D'autres gens étaient capables de prendre sa place là où les combats faisaient rage. Des magiciens capables de se défendre contre le souffle des dragons si ces derniers décidaient qu'il était temps d'agir stratégiquement.
De tells sous-entendus ne manquèrent pas de déchainer l'ire d'un autre dragon qui s'il n'avait rien pour cracher du feu avait quand même une grande gueule. Gueule qui éructa des propos qui ne seront pas relatés ici pour préserver la fierté de l'espèce draconnique. D'ailleurs les personnes visées n'en surent jamais rien, ce qui n'était pas le cas de leur chef. Et lorsqu'enfin il se rangea à l'avis de ses soldats, il faillit être submergé par la richesse des images choisies par Walsir pour illustrer tout ce qui, selon lui manquait aux humains. Ce dernier continua de pester contre tout ce qui ne lui plaisait pas, même lorsque les dragons se montrèrent suffisamment dangereux pour provoquer un déluge de sorts meurtriers de la part de la garde rapprochée de Garnyiss.
Bien que taxés de la plus infâme des incompétences, ces hommes là se montrèrent tellement efficaces que le chef du Nomins Ageati n'eut même pas l'opportunité de dégainer son arme. En revanche, son humeur se révéla massacrante quand les dragons furent tous anéantis et que les négociations reprirent pour s'achever sur la formation d'une coalition. Une bonne nouvelle qui ne parvenait cependant pas à cacher la précarité de cette entente toute nouvelle. Que se passerait-il si elle venait à mordre la poussière ? Il fut gentiment demandé aux esprits mesquins de ressortir cette question un peu plus tard, lorsque les armées se mettraient en branle pour le cœur ténébreux du Hadarac.
Pour l'instant, le futur ne se composait que de chiffres. Nombre de bouches à nourrir, de mains à équiper, de corps à protéger et tant d'autres qui ne cessèrent de se bousculer Place des Coûteliers. Le plan envisagé par les dirigeants du Nomins pour mettre un terme au règne de Nuit fut relégué au rang de plan de secours si les sables venaient à engloutir à jamais les forces des quatre clans réunis.
°o. Ellipse .o° Chute de Vroengard Puis la nouvelle tombe : Vroengard a été détruite, mettant tout le monde dans une posture plus que fâcheuse. Garnyiss se rend en catastrophe à la réunion sur l'Isenstar accompagné d'une petite armée au cas où. De plutôt mauvaise humeur, vu que tout lui tombe dessus en même temps. Sil'Arn tient toujours, personne, hormis ceux en ses murs ne sait trop comment  Viennent les dragons qui se font décimer dans la foulée. Garnyiss se retrouve mis à l'écart par ses propres hommes – limite au " tu es notre chef, tu n'es pas magicien, tu es un piéton alors voilà ". Récriminations de Walsir mais sans incidences. Lorsque le calme revient, la patience de Garnyiss est plus qu'échaudée mais les négociations finissent enfin par aboutir. Après, réunion d'état major à la place des couteliers pour mettre les choses au point. L'armée du Nomins étant déjà mobilisée, il s'agit plus d'organiser la logistique qu'autre chose. Dans le même temps, l'opération visant à anéantir Nuit est mise en suspens mais les magiciens qui supervisaient la mise au point des moyens sont priés de poursuivre leurs efforts.
Une ou deux semaines plus tard, deuxième coup de massue, à l'Est cette fois-ci. On y aurait vu un des membres du Conseil des Dix et de ce que laisse filtrer le message, ce n'est pas beau ce qui ce qui s'y passent. D'autres rapports ne tardent pas à s'ajouter à celui-ci, faisant état d'une menace montante dans l'Est sans plus de précision. Un détachement est envoyé en toute discrétion afin de rassembler plus d'information. Les semaines passent avant les hommes envoyés ne reviennent, en piètre état. Du peu qu'ils sont parvenus à collecté et de leur expérience, il apparait que la cible a trouvé le moyen de rendre leurs sorts inopérants dans une zone qui s'élargirait, sans que les siens s'en retrouve affectés. Toutefois, dès que ces sorts sortent de cette zone, ils sont réduits à néant. Le détachement aurait également aperçu Bayrön trainant dans le coin, comme s'il avait le feu aux trousses. Devant la tournure des évènements et le fait que le temps risque fort de jouer contre eux, Garnyiss décide de monter un groupe chargé de mettre un terme à la menace. Vu que lui ne dépend pas de la magie et qu'il a Walsir à ses cotés, il représente une menace plus grande que de premier abord. Au terme de discussions houleuses, il parvint à ranger son état major à son avis. Deux jours plus tard, Bayrön fait sa réapparition, sérieusement amoché et de fort mauvaise humeur, sortant à Garnyiss que s'ils y vont comme des fleurs, ils vont se faire rétamer. Il appuie ses propos par une petite démonstration et une remarque du style. " Non en fait, même une bande d'Allianceux arriveraient à vous démolir… C'est dire "
En conséquence de quoi, pendant un ou deux moins, ils vont se préparer et le moment venu, le détachement et Bayrön partent vers l'Est par voie des airs grâce au bombardier transporteur de troupes nouvelle génération qu'est Flaïnor. 3 mois après la chute de Vroengard Arrivés à destination, ils se rendent compte que la bourgade n'est plus qu'un vaste champ de ruines fumantes. Des rescapés affirment qu'ils ont vu l'apocalypse se déclencher sous leurs yeux. Des rumeurs affirment toutefois que la Puissance qui s'était établie dans la ville se serait réfugié dans la ville capitale d'un Duché au nom imprononçable. Petite séance d'infiltration qui se solde par des découvertes qui n'en sont pas vraiment pour les gens locaux. Ainsi le duc serait protégé de toute tentative d'assassinat par un curieux artefact taillé en forme d'écaille dans un matériau blanc bleuté constamment givré et des gardes du corps impressionnants.
Le jeu du chat et de la souris se finit par une baston sur les toits de la ville avec Flaïnor en appui aérien qui a la chance d'avoir une vision globale de la situation. Le magicien résiste, forçant les gens du Nomins à se retirer momentanément. Finalement, Flaïnor atomise le château du duc avec un gros caillou lâché de bien, donnant ainsi un beau coup de pied dans la fourmilière. Garnyiss en porfite pour être largué par Flaïnor dans la foulée et finit par atomiser l'artefact d'un coup bien placé de Tranchenuit. Le magicien est enfin vaincu, neutralisé et les Nominsiens reprennent la route en sens inverse, profitant de la durée du trajet pour récupérer et interroger leur prisonnier histoire de lui extorquer toutes les informations qu'il possède. Ce dernier finira par lâcher que de toute façon, la Nuit viendra toujours. Que quels que soient les moyens mis en œuvre pour l'emprisonner, par sa seule présence, la dragonne effilochera tout ce qui a été fait avec l'ancien langage
Un mois et de généreuses brouettes plus tard Retour de la petite troupe à Sil'Arn qui tient toujours. Les alentours sont parsemés de cadavres de dragons et d'arbres qui s'agitent furieusement mais bon, il laisse passer. Le prisonnier est laissé sous la garde et Mr Green et ses hommes pendant que Flaïnor est équipé pour le combat. Pendant tous ces préparatifs, sont également mis au point les derniers détails pour piéger Nuit, indépendamment de ce qui sera mis en œuvre – parce que bon, le Nomins et la confiance voilà – et fera office de prison sur la prison. Une fois que tout le monde est prêts, c'est parti pour la dernière phase Chambardement final avec Nuit Retour de Garnyiss dans le Hadarac lors de l'affrontement final. Forcément, vu qu'il est un piéton incapable de lancer des sorts il fait mumuse avec Flaïnor (en mode largage sur dragon sauvage avec un matos d'alpiniste mais pour dragon histoire de pas être largué au moindre mouvement du dragon sauvage. Bon, après charge à lui de planter son épée là où il faut. Bon sur le coup, ça implique que Flaïnor soit en mode armure ambulante et couvert par une batterie de magiciens pour pas se faire dézinguer en récupérant Garnyiss)
Après la chute de Nuit, les gens du Nomins restent sur le terrain et une fois que tout le monde est parti, se dépêchent de mettre en place la deuxième prison avant de mettre les voiles. Trop de magie résiduelle et quand ils partent, les choses commencent déjà à sa gâter, présageant du no man's land que deviendront les alentours. Évidemment, à leur retour proprement dit, mauvaise surprise à cause du SEL. Les capitaines en garnison à Uru'Baen affirment avoir laisser filer compte tenu du peu de ressources humaines disponibles et de l'incapacité de communiquer avec les troupes dans le désert (trop d'intérférences). A la fin, Garnyiss peut enfin pioncer normalement… _________________    " Stark, il nous faut un plan d'attaque ! - J'ai un plan : on attaque !" |
|  | | | | Garnyiss [ravalement de façade en cours] | |
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