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Le retour du nain

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Balgorf
Message Sujet: Le retour du nain | Jeu 19 Avr 2012 - 16:17


"- Hein ? Qu’est ce que ce QUOI ?"

C’est ce qu’on appelait généralement un réveil difficile. La journée commençait mal. Le lit venait de s’effondrer sous moi dans un craquement sinistre. Les planches brisées avaient supporté mon poids trop longtemps -Paix à leurs copeaux-. Malgré la position plus qu’incongrue dans laquelle je me trouvais, je décidais de finir ce qui restait de la nuit ici, allongé sur ce que l’aubergiste osait appeler un matelas de paille juché sur les restes du sommier trop vieux.

*Comme toi, vieux débris*

Cette pensée avait fusé toute seule et je la refoulais immédiatement. La nuit avait été courte et arrosée, se rendormir avec un mal de crâne ne serait pas facile. D’autant plus que la chambre aux murs moisis à de nombreux endroits puait. Et pas seulement à cause des locataires animaliers possédant entre deux et huit pattes avec lesquels je partageais cet espace. Mais aussi à cause d’un mélange d’odeurs de friture, de poisson et d’alcool, probablement aussi à cause de moi qui ne comptais plus les jours depuis mon dernier bain. Les semaines peut-être. Mais certainement pas un mois… quoique….
Enfin bref, j’avais beau batailler avec ma migraine, impossible de me rendormir dans cet état. Je décidais donc de me lever et je compris pourquoi le lit s’était écroulé. Hier soir, j’avais oublié de retirer mes jambes. Désormais assis en tailleur, je me mis la tête dans les mains, les coudes sur les genoux, me demandant comment j’avais pu oublier mes jambes métalliques pourtant si lourdes qu’elles avaient achevé le lit déjà sur sa fin de vie depuis un bon moment. Ayant pourtant l’habitude de les enlever pour m’endormir, l’alcool avait inhibé le restant de lucidité qui me restait alors que l’homme ayant offert des tournées toute la nuit partait. Je m’étais donc endormi tranquillement, avec mes jambes, sans me douter que le bois ne résisterait pas au poids. M’étant levé, j’appréciais désormais les dégâts, quasiment rien n’était récupérable. Tant pis, je négocierai avec l’aubergiste.

Descendant tant bien que mal les escaliers dont les marches usées et penchées ne faisaient rien pour m’aider, j’avais l’air d’un poivrot, titubant.

*Mais c’est exactement ce que tu es*

Cette pensée surprenante me fit sursauter au moment où mon pied métallique touchait la marche. Tombant à la renverse, je me dis qu’aujourd’hui ne serai vraiment pas mon jour. Heureusement, je me trompais…






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Jeu 19 Avr 2012 - 23:32


D'une simple traction sur les rênes, Garnyiss stoppa sa monture dans un nuage de poussière qu'une brise tiède eut tôt fait de disperser. Il avait chevauché des heures durant à la faveur de la fraicheur nocturne. Passer autant de temps dans le désert à la merci de ses vents ardents et des implacables rayons de l'astre solaire l'avait endurci mais pas au point de vouloir parcourir le Surda de long en large en plein milieu de la journée. Il cracha la poussière qui crissait entre ses dents avant de confier sa monture à celui qui faisait office de palefrenier dans l'auberge. Un jeune homme qui le lorgna pendant de longues secondes secondes, cherchant à voir se qui se cachait dans l'ombre du capuchon. Dans un soupir, le chef du Nomins Ageati sortit une pièce d'argent de sa bourse et la déposa dans la main du palefrenier.

" Traite-le comme un roi et tu auras le reste à mon départ.", ajouta-t-il avant de laisser le cheval à ses bons soins. Un denier regard vers l'homme et la bête qui s'éloignaient puis Garnyiss poussa la porte de la taverne.

Sans les voir, il sentit des regards converger vers lui, jauger le degré de menace ou d'intérêt qu'il pouvait représenter. Ils se détournèrent cependant très vite, tant il n'y avait rien de bien notable dans son apparence. Garnyiss y avait soigneusement veillé, troquant tout ce qui pouvait trahir son identité contre d'amples vêtements d'un bleu sombre, délavés par endroits et rapiécés en d'autres. Le tout en partie recouvert de poussière qui glissait sur le sol à chacun de ses pas. A croire qu'il n'y avait que par ici ! Plus envahissante encore que le sable du Hadarac. Et rien ne semblait devoir l'empêcher de se faufiler partout. Sans doute en retrouverait-il encore dans une semaine, songea Garnyiss avec un rictus.

Ses pas le menèrent finalement vers le comptoir qu'un génie de l'aménagement avait décidé de placer non loin de l'escalier qui menait à l'étage supérieur. D'autres que lui avaient visiblement eu la même pensée et occupaient la table la plus à l'écart. Quatre individus dont les contours étaient noyés par le noir de leurs capes. Tissés de nuit étaient leurs capuchons, tant et si bien que Garnyiss ne put distinguer leur visage mais il n'en conçu pas moins à leur égard un sentiment aussi indéfinissable que diffus. Comme réveillé par l'intérêt de son très cher vaisseau à deux pattes, Walsir pointa sa tête à la lisière de l'esprit de Garnyiss et détailla le quatuor à travers le prisme de la vision humaine.

* Des joueurs de carte ! *, s'exclama-t-il avec une pointe de triomphe dans l'esprit de Garnyiss, devançant les pensées de ce dernier.

En effet, l'un des quatre venait de sortir des profondeurs de son vêtement une paquet de cartes qu'il commença à mélanger, totalement indifférent à l'attention dont il était l'objet. Point de roi, point de reine ou une quelconque figure que l'on trouvait généralement sur les cartes mais des personnages qui fleuraient bon l'exotisme et l'inconnu. Les cartes valsèrent entre les doigts experts du joueurs en une valse hypnotisante...

Le bruit d'une lourde chute derrière Garnyiss le fit sursauter. Dans les profondeurs de son manteau, sa main se referma sur la garde de Tranchenuit en un réflexe qui lui avait maintes fois sauvé la vie. L'adrénaline retomba aussi vite qu'elle était montée quand il se retourna et vit ce qui avait suscité tel émoi chez lui. Un nain ! Rien de plus qu'un nain dont...

Les vigoureuses protestations de son odorat coupèrent court à toute observation sans même crier gare. Déjà, il organisait sa retraite sous les assauts furieux de relents d'alcools de plusieurs jours, comme si le nain en question avait préféré quelque infâme bibine au lieu de l'eau pour prendre son bain. Pensée immédiatement rectifiée au fur et à mesure que Garnyiss s'approchait du nain pour l'aider à se relever - puisqu'il était le plus près et que les tavernier ne semblait guère disposé à s'occuper de ce client en particulier, bien au contraire. A en juger par l'effluve parfumée qui se dégageait de ce dernier, il avait plutôt mariné dans son jus depuis un temps certain. A ce moment précis, l'homme bénit le large capuchon qui garantissait son anonymat : au moins ne le verrait-on pas plisser le nez...

" Allons donc !", fit-il en tendant la main au nain affalé," Je suis sûr que cet escalier est aussi confortable qu'il y parait."

" Ne me forcez pas à vous porter, je vous prie..."

* Oh si ! Garnyiss Bar'H'Ahin, chef du Nomins Ageati ramenant rentrant dans son fief portant son troisième mignon dans les bras !*, s'enthousiasma Walsir tout en ricanant par derrière. L'épisode avait visiblement marqué le dragon qui se plaisait à glisser dans les pensées de Garnyiss tout sortes d'allusions. Fort heureusement pour la réputation ce dernier, il était le seul à pouvoir les entendre, ce qui ne faisait que l'agacer davantage. Finalement, si le nain était trop imbibé, il serait bon continuer à cuver dans l'escalier pendant qui lui reprendrait sa route...

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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Ven 20 Avr 2012 - 11:13


Une fois arrivé en bas de ce fameux escalier, ma grande appréhension fut de savoir combien de marches j’avais défoncé à cause de mes jambes si lourdes. Elles devaient peser pas moins de quarante kilos chacune, ajouté au poids du nain que j’étais, le bobsleigh sur bois n’était décidément pas fait pour moi. Je me préparai à estimer les dégâts que j’allais devoir payer à l’aubergiste quand, je remarquai la salle. Le ramassis de crapules habituelles peuplait l’auberge. Mais un voyageur mystérieux se tenait près de moi. Il eut alors un geste aussi vif qu’impressionnant vers son arme et je sentis alors en lui un bretteur-né. Ca faisait longtemps que je n’en avais pas croisé. Je me redressai donc, pris la main qu’il me tendait et me relevai complètement.

- Je vous remercie.Dis-je.

Je me juchais sur le siège du comptoir et hélait le serveur :

- Ton meilleur café.Demandais-je tout en sachant que même le meilleur des cafés n’arrangerait pas mon mal de tête. Et de là à dire que le café servi dans ce bouiboui miteux avait quelque chose de bon, c’était beaucoup dire. En effet, je croyais avoir connu le pire des rations militaires mais c’était avant d’atterrir ici.

Puis je me tournai vers le voyageur toujours encapuchonné me demandant ce qu’il faisait ici. Je le regardai et en déduit qu’à vouloir paraitre le plus discret possible, il ne se rendait pas compte que toute l’attention de la salle était portée sur lui. Oh, pas ouvertement bien sur. On ne toise pas quelqu’un qui viens d’accomplir un geste aussi rapide vers son arme. Mais, tout en continuant tranquillement leurs occupations, tous les clients et les serveurs présents tenaient ce mystérieux voyageur à l’œil. Dans ce coin perdu où tout le monde se connaissait, quelqu’un qui essaye de cacher quoi que ce soit finit par éveiller les soupçons et la curiosité mal placée de ces fermiers et pêcheurs misérables en quête d’animation dans leur vie morose. Et je ne savais que trop bien de quoi le groupe des joueurs de cartes au fond de la salle était capables. C’étaient des voyous de bas étage sautant sur la moindre occasion pour faire les poches des voyageurs distraits ou isolés. C’était sur, cette racaille ne ferait rien dans l’auberge au milieu de nombreux témoins, ils étaient trop lâches pour ça. Mais je parierai que ce gars là se fera attaquer dans les jours suivants son départ. Tout escrimeur qu’il fut, il se prendrait une flèche entre les deux yeux et son compte serait réglé. Ce rapide réflexe vers la garde de son arme l’avait condamné. Il aurait pu s’en sortir au corps à corps mais désormais, ces brigands ne prendraient plus aucun risque avec lui.
Ca serai inégal et je détestai ça.
Il m’avait aidé à me relever, un geste suffisamment rare envers moi pour être noté. Je décidai donc de l’informer du danger mais je ne le ferai pas ici, pas la peine que ces voleurs sachent d’où vient l’avertissement. Je décidai donc d’attirer le voyageur dehors.

Je luis dis alors : -Vous tenez à votre cheval ?Je laissai un temps puis ajoutait. Parce que le gamin a tendance à leur refiler du foin moisi.Le regardant cette fois avec insistance, je lui dis. Il faudrait aller voir






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Jeu 26 Avr 2012 - 9:12


En fin de compte, la main du nain se referma fermement sur la sienne, mettant du même coup un terme à ce qui devait être l'attraction du matin pour bon nombre de clients.

" Mais de rien.", répondit-il au nain après que ce dernier l'eut remercié pour l'aide apporté. Ce même remerciement qui suscita une quinte de toux subie chez Walsir. A croire que le principal intéressé était en forme ce matin de suffisament mauvaise humeur pour juger opportun de la faire partager avec Garnyiss. Après tout, il n'avait guère été enthousiasmé par l'idée de cette petite "excursion" au Surda. Tout ce temps passé à se soustraire à l'attention d'éventuels observateurs trop curieux et à louvoyer entre les fausses pistes et les chausses trappes pour finalement se retrouver dans cette auberge miteuse à porter secours à un nain non moins miteux. De l'avis de Walsir, il était plus que temps de laisser tout cela en plan et de reprendre la route.

Que ce dernier eut tort ou raison importa peu sur le moment et Garnyiss pris grand soin de mettre une sourdine à toutes ces récriminations mentales. En partie pour le plaisir de faire rager l'insupportable dragon mais surtout parce qu'il n'avait nullement envie de reprendre la route de sitôt. Son gosier était si envahi par la poussière qu'il aurait pu boire cul sec le plus infâme des tire boyaux rien que sentir autre chose que le gout de la terre surdane et d'autres choses auxquelles il préféra ne pas penser.

Garnyiss laissa planer une dernière fois son regard sur ce qui allait former sa compagnie pendant les heures le plus chaudes de la journée avant de le reposer sur ce qu'il restait de l’escalier. Maintenant que le nain n'y était plus vautré, il pouvait contempler tout l'ampleur des dégats. Ce qui restait des dernières pendouillait lamentablement entre les rembarres. Le reste n'était plus que de grossiers copeaux de bois entourés d'une forêt d'écharde, comme si un dragon avait pris malin plaisir à monter à l'étage. Et tout ça à cause d'un nain ! Le monde semblait avoir un sacré sens de l'humour ces jours-ci...

* C'est parce qu'ils sont aussi denses que la pierre dont ils sont tirés... Et vu l'embonpoint de celui là, ça en fait de la masse !*, railla Walsir plus insupportable que jamais alors que Garnyiss se dirigeait à son tour vers le comptoir.

" Je prendrais un thé noir avec un sucre", commanda-t-il à son tour avant d'avancer la monnaie que le tavernier lui réclamait. Garnyiss grimaça légèrement devant ce qu'on lui servit, jeta un coup d'oeil vers le nain qui buvait son café puis déplaça cette auberge des plus accueillantes sur la liste de celles qu'il éviterait soigneusement à l'avenir.

" Vous tenez à votre cheval ?"

Mais bien sûr qu'il tenait à son cheval. Plus qu'à n'importe quel canasson fraichement dégotté dans quelque écurie perdue au beau milieu de la campagne alagaesienne. Et la réciproque était sans doute vraie puisque la bête ne passait pas son temps à essayer de mettre le plus de distance entre elle et lui, comme le faisaient certains de ces congénères dès que Garnyiss s'appro... Une petite minute ? Pourquoi cet intérêt aussi soudain pour sa monture ?

" Parce que le gamin a tendance à leur refiler du foin moisi."

* Héhéhé, quelle synchronisation ! Vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre !*

* Oh la ferme, toi !*
.

Et ô miracle, Walsir ne souffla pas sur les braises que Tiberias avait allumées sans se douter de l'identité de celui qui prendrait malin plaisir à rappeler cet épisode au bon souvenir de Garnyiss. Comme s'il avait subitement pris une bonne résolution, il s'efforça même de se faire aussi petit que possible dans la conscience du chef du Nomins AgeatI.

" Il faudrait aller voir…"

Ce fut le coup de grâce pour le vœu de silence de Walsir qui fit part à Garnyiss des raisons qui pouvaient pousser le nain à insister pour qu'ils aillent voir un étalon dans un endroit où il y avait du foin. Il finit néanmoins par se calmer pour de bon lorsqu'il sentit que son cher deux-pattes accordait une attention toute particulière au nain. Pas de celles après lesquelles les courtisans courraient désespérément après. C'était même plutôt l'inverse, tant ces rampants détestaient que l'on puisse lire sur eux autre chose que ce qu'ils espéraient désespérément de faire croire.

Aux yeux de Garnyiss, les préoccupations du nain semblaient sincères, quoique un brin disproportionnées pour une simple histoire de foin. Y avait-il une détestable anguille sous roche ou le nain cherchait-il juste à s'entretenir avec lui loin des oreilles avides de l'aubergiste ? Et si oui, pourquoi ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir, décida-il en se levant de son siège. Il posa avec une brusquerie délibérée le thé auquel il n'avait pas encore touché et foudroya le tavernier des profondeurs de son capuchon.

" Une rumeur sans fondement aucun, je présume,fit Garnyiss des d'un ton aimable avant d'ajouter d'un ton nettement plus froid.Mais on n'est jamais trop prudent. Les récoltes ne sont pas toujours bonnes dans la région…"

Sur ces mots, le chef du Nomins Ageati se dirigea d'un pas souple vers la porte qu'il ouvrir sans plus de manière. Presque immédiatement, l'air chaud et la poussière l'assaillirent sans la moindre pitié. Avec un soupir d'agacement, il quitta la fraicheur toute relative de la salle commune pour rejoindre l'écurie. Le garçon de l'écurie sursauta en dès qu'il le vit et s'empressa de passer devant lui en maugréant qu'il avait du travail à faire. Pendant quelques secondes, Garnyiss fut tenté de le retenir par le col et lui démontrer avec toute la diplomatie requise là où résidait vraiment son intérêt. Le garçon d'écurie n'eut malheureusement jamais l'occasion de voir la diplomatie garnyissienne à l'œuvre car ce dernier jugea qu'en fin de compte la chose n'en valait pas la même. Qu'il ait eu mis l'autre à ce point mal à l'aise était en soi une petite satisfaction. Mesquine certes mais vu que sa petite virée au Surda avait été avare de ces choses là, il n'allait tout de même pas cracher dessus.

La vue du nain près de lui eut tôt fait de le ramener à d'autres considérations plus importantes que la malhonnêteté du garçon d'écurie d'une taverne paumée. C'était pourtant là la raison officielle de son départ subit : le caprice d'un étranger de la ville qui n'avait pas le bon sens de comprendre que foin moisi ou pas, ça n'allait pas tuer son cheval. Alors, puisque le garçon d'écurie devait toujours trainer dans le coin…

" Oh, il semblerait que vous ayiez eu raison !", déclara-t-il à haute voix tout en y laissant poindre un énervement certain." Non mais regardez moi ça, maître nain !"

D'un discret signe de la main, il invita le nain à le rejoindre près de la mangeoire du box miteux où l'on avait parquet sa monture. Ce faisant, Garnyiss ne pu s'empêcher de se demander fugacement si le propriétaire n'avait pas eu la folie des grandeurs.

" Alors ?", demanda-t-il dans un murmure tout en guettant le moindre frémissement de l'air autour d'eux. Aucun des deux n'était né de la dernière pluie et jouer à ce genre de jeu de dupes n'était pas la tasse de thé de Garnyiss. pour donner bonne mesure à tout observateur curieux, il sorti un poignée de foin qu'il égraina sur le sol tout en gardant l'autre main prête à dégainer son arme si le besoin s'en faisait sentir.

Non loin de là, une porte claqua…










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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Lun 30 Avr 2012 - 1:01


Je pensais ces imbéciles trop peureux pour venir nous affronter en face à face mais apparemment, je me trompais. Ils n’allaient pas être déçus. S’ils voulaient la bagarre, ils allaient la trouver. Tout en pensant m’écarter d’eux le plus possible et prendre le temps d’avertir le voyageur d’un danger potentiel, je m’étais jeté dans la gueule du loup. Pendant que nous dissertions sans conviction autour de la qualité du foin, j’entendais ces brigands se répartir autour de nous, cherchant à nous encercler. La porte de l’auberge claqua, même le gosse des écuries avait compris ce qui se passait et était rentré en courant sans même prendre le temps d’être discret. Décidément, j’étais bien trop naïf de croire que nous allions nous en tirer à si bon compte. Quand le jeune homme me posa la question, je ne pu que lui répondre.

– Voyez vous-même ; il ne leur aura pas fallu beaucoup de temps pour voir que nous avions des choses à cacher et que j’allais vous prévenir. Ils ont voulu nous prendre de vitesse ces enflures. Dis-je avec un aplomb qui m’avait quitté il y a bien longtemps.

D’un geste du pied, je fis remonter jusqu'à ma main une fourche qui trainait par terre dans l’écurie. La soupesant, je réalisai à quel point mes armes me manquaient. J’espérai que ça ferait l’affaire. Enfin, bon, c’était mieux que rien. Chercheraient-ils à parlementer ou engageraient-ils les hostilités directement ? Une sensation bizarre m'envahit : probablement due à l’adrénaline qui se passait en moi à cet instant. Un mélange de tension et de concentration.
Apparut alors dans l’encadrure de l’unique porte de la grange, un homme avec un bandana sur le visage.

-Je veux tout ce que vous avez de valeur sur vous, mais d’abord, jetez vos armes, vous n’êtes que deux et nous sommes sept, vous ne vous en tirerez pas comme ça. Dit-il d’une voix faussement grave.

*Surement pour ce donner une contenance*Pensais-je.*Rien que du bluff*

Les joueurs de cartes n’étaient que quatre, il y avait au maximum, un autre gusse que je n’avais pas vu avec eux. Mais je ne pouvais en être totalement sûr. Je ne pourrai pas gérer ces types tout seul, j’étais trop rouillé pour reprendre le combat aussi rapidement. Mais en même temps, ce n’était pas après moi qu’ils en avaient directement. Cela fait des semaines que je loge dans cette auberge pourrie, ils auraient eu mille fois le temps de m’attaquer si j’avais eu une quelconque valeur pour eux. Le voyageur par contre devait les intéresser. En cas de confrontation, pour ne rien arranger, j’avais laissé mes arbalètes dans la chambre. Le tir unique de chacune d’entre elles aurait pourtant pu m’assurer un net avantage. Mais tant pis, cette fourche de fermier ferait l’affaire. Ne sachant si mon équipier de fortune était prêt, je le regardai et l’interrogeai du regard. Je lui laisserai donner le départ.

-Surtout, ne pas sortir de cette grange, ils ont probablement un archer dehors et ici, le nombre d’adversaires importe peu. chuchotais-je.

C’était la technique la plus classique, ils voudront à coup sûr nous faire sortir à découvert.






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Lun 30 Avr 2012 - 20:23


* Il faut croire que certaines choses sont insensibles à la discrétion, railla Walsir au sujet d'une plus que probable rencontre avec lesdites enflures. Garnyiss ne put que l'approuver et laisser échapper un soupir désabusé. Tout ce temps, il avait su esquiver toutes les curiosités indésirables, les question gênantes et voilà qu'il avait trouvé le moyen de se faire remarquer par une bande de coupe jarrets. Un rire nerveux manqua de le secouer lorsque il se rendit pleinement compte de l'ironie de la situation. Il était coincé dans une grande perdue au fin fond du Surda avec pour compagnie un nain armé de ses seules bonnes intentions et d'une fourche ramassée à la va vite. Magnifique, vraiment magnifique, songea-t-il tout en serrant sa main autour de la garde de Tranchenuit. Comme le disait si bien le nain, ils avaient été tout deux pris de vitesse sans nulles autres options que de trancher dans le vif du sujet ou de se retrouver avec rien d'autre que ce qu'ils avaient sur le dos. Et encore, il se pouvait tout aussi bien que le ou de "la bourse ou la vie !" se transforme miraculeusement en un et.

Déjà, les choses se précisaient sans la moindre amabilité et sur fond de menaces à peines voilées. Si le but étaient d'effrayer qui que ce soit, le coupe-jarret l'avait apparemment raté. Un simple coup d’œil au nain avait suffi à Garnyiss pour se rendre compte qu'il était prêt à en découdre en dépit de leur infériorité numérique. Quant à lui, il abordait le combat avec un froid détachement, à peine teinté de l'agacement de se retrouver en telle posture. en dépit de son bandana, il avait reconnu l'un des joueurs de carte qui avaient attiré son attention quelques minutes auparavant. Sans doute là en repérage et lui n'avait même pas été foutu de s'en rendre compte, pesta intérieurement le chef du Nomins Ageati tout en se résignant à devoir abandonner en partie son anonymat.

" Et il n'y a qu'une porte.",opina-t-il dans un murmure tout en observant les environs à la recherche de n'importe quoi qui pourrait s'avérer utile si leur petite affaire prenait des proportions inattendues. Garnyiss ne pouvait qu'être d'accord avec le nain au sujet d'un archer en embuscade qui essayerait de les tirer comme des lapins dès qu'ils feraient mine de sortir en plein air et de l'augmentation de leurs chances s'ils restaient ici. En revanche, s'il y avait un magicien un peu doué dans la bande, les choses s'avèreraient autrement plus délicates.

* Tranchenuit entre les deux yeux et on n'en parle plus !*, proposa Walsir, enthousiaste à l'idée de pouvoir se servir de l'épée comme d'un couteau de lancé dès que l'occasion se présenterait. De l'avis de Garnyiss, cette dernière ne tarderait guère à se présenter. La crapule qui les avait harangués avec tant de diplomatie commençait visiblement à perdre patience. Sa main se porta ostensiblement sur la lame nue qui pendait à sa hanche.

" Alors comme ça, on veut jouer aux héros.", leur fit-il, doucereux, caressant la garde de son épée avec un sourire mauvais." Très mauvaise idée, vos Seigneuries."

Avec un rire carnassier, il fit signe à ses compagnons restés à l'extérieur. En guise de réponse, Garnyiss dégaina Tranchenuit dans un bruit feutré mais ne fit pas un pas en direction du joueur de carte. Il était absolument hors de question de donner ne serait ce qu'une cible à un éventuel archer. En revanche, il pouvait forcer l'autre à quitter cette couverte
ure.

" Qu'y a-t-il donc ? Vous avez peur d'une épée et d'un nain armé d'une fourche ?", ricana-t-il à son attention." Ou est-ce que vous n'avez vraiment rien entre les jambes ?"

* Dans le mille !*

Walsir ne pouvait avoir plus raison. Même le bandana du bandit ne put dissimuler le rouge qui lui monta au visage. Garnyiss ressentit une satisfaction mesquine à ce spectacle et plus encore lorsque l'autre succomba pleinement à cette basse provocation. Avec un grognement rageur, il dégaina à son tour arme, des envies de meurtres dans les yeux. Un autre de ces compagnons ne tarda pas à faire irruption dans l'écurie, tout aussi sympathique que le premier.

Les deux échangèrent un rapide regard, comme s'ils s'étaient attendus à croiser le fer dès le début. Le dernier venu jeta un regard dédaigneux sur le nain et émit un reniflement méprisant à la vue de la fourche qu'il tenait.

" C'est une affaire entre hommes. Dégage de là le nabot ! Avant que ne te fasse plus petit que tu ne l'es déjà..."

Un ricanement gras ponctua ses mots, comme s'il venait de sortir une bonne blague. Leur hilarité ne s'éternisa cependant pas : ils s'étaient rapprochés du duo disparate et semblaient attendre que le duo disparate passe à l'attaque. Faveur que Garnyiss n'était nullement disposé à leur faire. Il fit signe au nain d'attendre tout en accrochant le regard des deux crapules. Ces derniers ne tardèrent pas à perdre le peu de patience qu'il leur restait. Sans un mot, le premier se rua à l'assaut de Garnyiss en brandissant son épée avec une certaine adresse. Tranchenuit para le premier coup dans une gerbe d'étincelle, juste avant que le second ne tente de couper le nain en deux dans le sens de la longueur au moyen d'un lourde hache...








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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Mar 1 Mai 2012 - 18:40


Cet imbécile m’avait insulté, et en était fier. Remarquons qu’il avait relevé la provocation plus qu’appropriée du voyageur à son égard. Ce qui ne laissait penser que son niveau de réflexion en ce moment devait avoisiner le zéro absolu. Il avait sorti la première chose qui lui était sortie par la tête. Son copain à coté de lui avait bien ri. Alors qu’ils se confortaient dans leur supériorité, cela montrait qu’ils étaient stressés. Un premier point pour nous. Mais il m’avait aussi proposé de partir. Une parole non négligeable pour un bandit. Il avait implicitement admis que malgré ma taille et mon arme de paysan, je restai tout de même un danger pour eux. Même en acceptant de fuir, je ne m’échapperai pas, je ne pouvais croire ces imbéciles suffisamment attardés pour ne pas essayer de nous diviser pour nous attaquer séparément. De toutes las façons, là n’était pas la question, je nous avais mis dans ce pétrin, je n’allais pas me défiler, même si mes talents de bretteurs déjà peux glorieux avaient connu un meilleur jour. J’attendais qu’un des deux camps se décide, calmement, dans la position de garde du lancier.

Je vis alors l’homme foncer sur moi, sa hache à double tranchant prête à m’ouvrir en deux. Je reculais et évitais le premier coup. Il m’aurait surement tué s’il avait atteint son but. Reculant toujours, j’évitais le deuxième coup. Je ne pouvais pas utiliser ma fourche. Impossible de parer avec du fer aussi usé et d’une aussi mauvaise qualité. Je connaissais suffisamment bien les propriétés métalliques pour savoir que le truc que j’avais entre les mains se décomposerait dès qu’il rentrerait en contact avec la lourde hache du brigand.

*Quel imbécile, je les ai sous estimés, ils nous ont séparé*

Ils avaient mis exactement le bon combattant contre le bon adversaire. L’épéiste expérimenté contre le voyageur qui se battait désormais comme un beau diable bien qu’il n’ait toujours pas enlevé son capuchon. Et le manieur de hache contre moi qui ne pouvais rien faire d’autre qu’esquiver des coups assénés avec tant de force par le colosse plus puissant qu’habile. Toujours reculant dans la paille, évitant de justesse chaque coup, je pensais que ça n’allait pas pouvoir continuer comme ça bien longtemps.

Pour une fois que Dame Nature m’écoutais, il aurait mieux valu pour moi qu’autre chose me traverse l’esprit. Je me senti tomber à la renverse, j’avais glissé sur un caillou et j’atterri les fesses dans la paille. Ma tête heurta le sous bassement de pierre qui constituait le bas du mur de la grange. Je saignais et j’avais mal. Mon heure était venue. Le grand brigand me regarda avec une cruauté qui frisait la folie. J’avais beau chercher du soutien derrière lui, mais je vis le voyageur qui combattait toujours, loin de moi. En prise avec des assaillants qui rentraient dans la grange. Le bandit s’en aperçut et m’adressa un sourire cruel, il leva sa hache au dessus de sa tête et l’abattit sur moi d’un geste puissant.

C’aurait été une fin bien triste au bout du compte. N’importe qui dans cette position aurait été désavantagé, mais c’est le fait d’être à terre qui me sauva. Un coup à la tête ou à la hanche en étant debout m’aurait tué. Mais dans cette position, mes jambes étaient totalement libres. En appui sur les coudes, je frappai dans la hache au moment ou elle s’abattait. Je croisai mes jambes au dessus de moi, rempart d’un acier infranchissable, travaillé dans Farthen Dur des mois durant était l’alliance d’un acier exceptionnel et d’un forgeron hors pair. Le brigand qui ne comprit pas ce geste ne s’arrêta pas dans son élan. Et son coup qui aurait dû briser les os de jambes normales s’arrêta net sur l’acier dans une gerbe d’étincelles colorées. Oh, ce coup brisa bien des os. Ceux de la main du brigand qui craquèrent dans un bruit sinistre.

Un hurlement de douleur se fit entendre. Mais il ne provenait pas de moi….






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Jeu 3 Mai 2012 - 14:42



* Et après on nous dit que les routes du Surda sont sûres…*, maugréa Walsir, plus pour lui même qu’à l’attention de Garnyiss. Ce dernier avait en effet déjà fort à faire pour rester juste au dessus du niveau de son adversaire tout évitant autant que possible la morsure de l’acier. Peut-être que la prochaine fois, il l’écouterait au lieu de s’obstiner à ne pas se promener avec une cotte de maille. Ou il pouvait aussi trucider les brigands et le nain et hop, plus de témoins pour aller raconter ce qu’ils avaient vu ! L’idée était alléchante mais Walsir ne jugea pas utile d’en faire part au Garnyiss. La chose allait à n’en point douter lui hérisser le poil en plus de lui donner l’envie de critiquer l’application de la chaine alimentaire dans les relations entre deux pattes. Et bon, ce n’était pas non plus le moment le plus approprié pour ce genre de débat à sens unique…

Le coupe jarret mettait du cœur à l’ouvrage, compensant par la violence de ses assauts leur manque de finesse. Peut-être plus habitué à détrousser des voyageurs qu’à tenir tête à la garde surdane mais il n’en demeurait pas moins un adversaire compétent. Un déserteur quelconque, songea Garnyiss en plaçant Tranchenuit sur la trajectoire du coup destiné à son épaule. Intéressant… Ainsi son adversaire songeait à le mettre hors jeu plutôt que de l’achever. Que ce soit par pur sadisme ou involontaire, c’était une chose qu’il allait finir par regretter. D’un bond en arrière, Garnyiss se désengagea. Poussières et paille voletèrent lorsque il se réceptionna…

* Et béh, on est pas dans la mouise… Hahahaha !*

Certaines choses se passaient allègrement de commentaires et la dernière remarque en date de Walsir se classait dans cette catégorie là. C’était même un tantinet désespérant de voir ce qui avait été un dragon imposant et avec des ailes, des écailles et tout le reste s’esclaffer parce que quelqu’un dont on ne citera pas le nom n’avait rien trouvé de mieux que d’atterrir pile poil sur le seul crottin que la garçon d’écurie n’avait pas nettoyé. Il y a avait des jours où l’on regrettait amèrement de ne pas être resté bien au chaud dans son lit et à composer avec des rêves qui ne risquaient de vous découper en fines rondelles ou de jouer à la poupée vaudou – ce n’était pas le genre de la maison.

Preuve que l’autoproclamée supériorité intellectuelle de Walsir sur les humains était pure poudre aux yeux, l’adversaire de Garnyiss ne releva même pas le chose bien au contraire. Il resta immobile quelques instant pour reprendre son souffle et constata avec un certain plaisir qu’il pouvait entendre la respiration rauque – et parfaitement simulée – de Garnyiss. Une infime partie de ce dernier espérait que le brigand finirait par abandonner devant la résistance de leurs adversaires et se carapater en deux temps trois mouvements avant que le bruit des lames s’entrechoquant n’alerte le guet de la bourgade – si tant est qu’il y en avait un. L’autre au contraire distinguait clairement l’étincelle meurtrière qui brillait dans les yeux du coupe jarret ainsi que les silhouettes qui venaient d’entrer. Des renforts hein ? A ce rythme là, le peu de patience qu’il restait à Garnyiss n’allait pas tarder à s’effilocher définitivement et alors…

En fin de compte, il allait peut-être couper lui même les derniers fils de retenue. A plusieurs mètres de lui, le nain était en fort mauvaise posture et déjà les nouveaux venus filaient sur lui, l’acier au clair. Oh et puis zut ! Quelques dizaines de secondes s’étaient écoulées depuis que Garnyiss avait rompu l’assaut. Trop peu pour que son premier adversaire puisse reprendre correctement son souffle. Trop peu pour que ses comparses puissent les rejoindre. La distance qui les séparait se réduisit à peu de chagrin en un clin d’œil. L’autre n’eut que le temps de lever son épée pour protéger sa gorge de Tranchenuit. A nouveau les deux armes se percutèrent avec un bruit sonore mais cette fois-ci, Garnyiss ne chercha pas à attaquer sous un autre angle, loin de là. La mine de son adversaire s’assombrit lorsqu’il se rendit compte que son seulement il ne pouvait pas repousser l’épée de sa cible mais qu’il n’allait pas non plus tarder à sentir l’acier de sa propre lame mordre dans sa chair. En quelques secondes, la peur l’envahit en même temps qu’un sentiment d’injustice. Il allait crever là alors que les autres étaient si près…

Un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres serrées lorsque la main libre de son adversaire se referma sur son poignet. L’enfoiré ! Comment est-ce qu’il…

« Lâche ça ! », lui intima l’enfoiré en question avec un ton doucereux qui ne présageait rien de bon. Il n’y avait pas eu de sinon mais le brigand ne pouvait que deviner la suite. Son sang qui jaillirait à gros bouillante dès que cette foutue épée noire le frapperait, à moins qu’il ne serve de bouclier humain contre ses camarades. Eux n’hésiteraient pas une seule seconde à la trucider. Il y prendrait sans doute un grand plaisir avant de cracher sur son cadavre. D’un autre coté, son adversaire pouvait décider de le tuer une fois désarmé, ce qui n’allait pas manquer d’arriver dans les prochaines secondes, qu’il obtempérât ou non. Le brigand pouvait déjà voir ses doigts desserrer leur prise sur la garde de son épée au fur et à mesure que l’afflux de sang s’y réduisait à néant. Bientôt, il n’aurait même plus l’occasion d’obtempérer…

Indifférent au dilemme qui faisait rage dans l’esprit du coupe-jarret, Garnyiss lui arracha brusquement l’épée des mains et se mit en garde juste à temps pour défier ce qui semblait être un défilé d’adversaires. Les plus futés d’entre eux – pas grand nombre donc – montraient un enthousiasme certain à l’idée de lui faire mordre la poussière mais à en juger les regards qu’ils s’échangeaient, ils étaient également confiants car plus nombreux. Logique, soupira intérieurement Garnyiss en se demandant combien d’hommes il allait devoir tuer pour enfin avoir la paix et laisser cette bourgade loin derrière lui avant de se retrouver avec toutes les bandes de brigands du coin aux basques.

*Tu aurais vraiment du demander au dragon de venir. Ils auraient déguerpi comme les blattes qu’ils sont !*, insista Walsir avec sa délicatesse coutumière.

Un hurlement de douleur retentit soudainement, quelque part sur la gauche de Garnyiss, là où le nain affrontait son adversaire. Une bref moment, le chef du Nomins Ageati craignit que son compagnon d’infortune eut rencontré là un sort fatal mais au lieu d’une marre du sang, le rapide coup d’œil qu’il jeta dans cette direction lui montra un bien étrange spectacle. Le nain, le dos contre le sol, les jambes levées tel un bouclier de fortune entre lui et son adversaire, lequel ne cessait de glapir de douleur, tout en regardant alternativement le nain et sa main qui présentait par endroit des angles pas tout à fait naturels. Ses camarades le fixèrent, incrédules, tentant certainement de rassembler les pièces du puzzle sans plus prêter d’attention à Garnyiss. Après tout, il avaient le temps de le voir venir s’il décidait de foncer dans le tas.

Cette perspective la, le principal intéressé l’avait pour l’instant laissée de côté. Oh ou, il pourrait s’occuper de ceux là sans trop de problème mais restait le soucis de l’effectif des malfrats. Au début, il avait naïvement pensé qu’il n’y avait que les quatre joueurs de carte avec éventuellement deux ou trois individus tout aussi recommandables à l’extérieur. Et voilà que d’autres s’étaient invités à la petite sauterie. Combien d’autres attendaient joyeusement leur tour à l’extérieur ? Garnyiss aurait bien aimé avoir un dragon sous la main pour répondre à cette question – qu’il l’admette enfin fit ricaner Walsir de satisfaction – et régler le problème. Mais voilà, il n’y avait que lui, un nain, quelques secondes avant que les joyeux lurons ne reprennent leurs esprits et une épée en trop. Ah, il oubliait aussi le cheval mais question utilité, il fallait repasser car la bête, visiblement habituée au fracas des armes – à moins qu’elle ne fût sourde – continuait à mâchonner placidement son foin.

Quoi qu’il en soit, la seule chose actuellement utile aux yeux de Garnyiss était l’épée qu’il avait soustrait à son premier adversaire – qui s’était dégotté un coin relativement sûr en attendant de voir comme les choses allaient se passer exactement. Pas franchement équilibrée mais il saurait faire avec, d’autant plus que les malfrats n’étaient pas si éloignés que ça. Il esquissa un sourire sardonique sous son capuchon. S’ils s’attendaient à ce qu’il leur fonce dessus ou prenne le thé en les attendant, ils n’allaient pas être déçus, en particulier celui qui avait retenu toute son attention. L’épée que Garnyiss avait emprunté fendit l’air en un arc de cercle, comme si ce dernier tentait d’impressionner ses adversaires en taillant dans le vide devant lui, à un détail près. Généralement, les escrimeurs évitaient de lâcher soudainement leur épée. Ils ne prenaient pour ainsi dire jamais les épées pour des couteaux à lancer, art que Garnyiss et Walsir approuvaient et dans lequel ils manifestaient un talent plus que certain. Preuve ne fut le deuxième hurlement qui retentit, mêlant ses accents lancinants aux premiers. L’épée avait toucher sa cible. Pas très proprement c’est sûr mais l’essentiel était fait. Garnyiss avait mis suffisamment de force dans ce lancer peu orthodoxe pour l’acier morde profondément dans la chair. Un rose rouge sang ne tarda pas éclore au niveau de son flan. La corolle écarlate se déploya sous le regard horrifié de ses camarades avant qu’il ne tombe à genoux sous l’effet conjoint de la douleur et de sa blessure. Il y eut un flottement dans les rangs réduits de brigands. Ils n’osaient pas quitter trop longtemps du regard ceux qui avaient du être leurs cibles mais leurs coups d’oeils répétés vers la sortie explicitaient leurs projets sans la moindre équivoque.

Ils tournèrent les talons à l’unisson pour se ruer vers la sortie, sans se soucier le moins du monde de laisser des camarades derrière eux. Il y avait pourtant bien trop d’ordre dans cette fuite précipitée pour qu’elle puisse vraiment être qualifiée de fuite. Non, c’était plutôt une retraite qui figurait sans doute dans quelque énième plan de secours. Désireux de ne pas connaître ce que signifiait cette retraite trop prématurée pour être honnête, Garnyiss aida le nain à se relever pour la deuxième fois de la journée. Il ne comprenait toujours pas comment l’autre avait pu se retrouver avec une main dans cet état et aurait bien voulu résoudre cette énigme au plus vite mais d’autres préoccupations plus terre l’assaillaient de toute part. Les brigands sortis, ils avaient tout deux gagné un bref répit mais pour combien de temps ? Les bonhommes savaient être aussi rancuniers que teigneux dans de telles circonstances et ils n’allaient sans doute pas laisser les choses en l’état. Sortir ? Vu leur nombre et comme l’avait souligné le nain, ils avaient sans doute placé quelque archer pour couvrir l’écurie. Sans doute plusieurs même, qui n’aurait pour seul but que de les transformer en poupée vaudou dès qu’ils quitteraient l’abri relatif de l’écurie.

[color-=lightgreen] « Rien de cassé ? »[/color], s’enquit Garnyiss auprès de son compagnon d’infortune, bien qu’il eut parié quelques pièces d’or que la réponse serait un non. L’intéressé n’avait pas eu le temps de lui répondre qu’une odeur vint titiller ses narines. Le chef du Nomins Ageati pesta intérieurement en reconnaissant les fragrances acres du foin et du bois en train de brûler. Se retournant, il ne put constater qu’un léger voile laiteux troublait la netteté des environs. Une tactique mille fois éprouvée pour faire sortir les rats de n’importe quel bâtiment susceptible de prendre feu et une preuve supplémentaire que les canailles étaient plus nombreuses qu’il n’y paraissait. Ceux qu’ils avaient affrontés n’étaient là que pour les occuper, réalisa Garnyiss dans une grimace. Il aurait du s’en douter dès qu’il avait vu les autres se pointer et montrer si peu d’enthousiasme à engager le combat…











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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Mar 8 Mai 2012 - 0:40


Je l’avais échappé belle, le gredin avait filé en se tenant la main sans demander son reste. Il avait même oublié sa hache.

*Bien fait pour lui*
Cette pensée puérile qui me traversa l’esprit était le signe d’une descente subite de l’adrénaline qui m’habitait jusqu’alors. En effet, j’avais bien failli y passer et je n’avais quasiment pas eu le temps d’avoir peur. Tout s’était passé si vite. Je me sentis trembler à cause de cette tension qui descendait et réprimais ce réflexe autant que possible. Je n’avais plus autant l’habitude des combats et me retrouver dans une position de désavantage aussi nette m’avais rappelé a quel point la vie est vulnérable. Il s’en était fallu de peu. Un seul coup bien placé, un coup de chance ou juste de la méfiance de la part du brigand m’aurait été fatal. Il avait juste à arrêter son premier geste et le coup suivant m’aurait découpé. Me sentant basculer dans le puits sans fond du choc post traumatique, que je ne connaissais que trop bien, j’inspirai un grand coup. Il fallait agir car nous n’étions pas encore tirés d’affaire. Je me relevais alors avec l’aide du voyageur. Il avait réussi à faire mordre la poussière à son adversaire et à passer l’envie aux autres de revenir.

-"Seulement quelques éraflures, rien d’irréparable." Répondis je à la question.
"Si c’est bien ce que je pense, on est mal barrés." Oh oui, le feu de bois était une odeur bien agréable en d’autres conditions. Mais ici, elle avait une toute autre signification. Nous avions deux choix : flamber dans la grange ou nous risquer dehors. Autant dire qu’aucun des deux ne me satisfaisait pleinement. La grange avait été incendiée depuis le toit de chaume, qui, par ce temps sec, faisait un excellent combustible. De même que le bois, vieux et usé qui constituait les parois de l’endroit. Mais je ne choisirai ni la première, ni la seconde option.

J’expliquais mon plan à mon nouveau partenaire alors que la fumée envahissait l’air, nous menaçant petit à petit de mourir d’asphyxie.

–"Ils ne s’attendent pas réellement a ce que nous sortions par la porte."Dis-je." Ni a ce que nous brûlions là dedans. Ces types là ont tout intérêt à nous dépouiller et à nous intérroger".
Toussant un bon coup à cause de la brume acariâtre, je m’interrompis le moment de m’appliquer un mouchoir sur la bouche. Je repris cependant :
"Ils veulent que nous passions à travers l’un des murs. Ils nous savent capables de ça. Tailler un trou à la hache et s’enfuir alors qu’ils regardent ailleurs. Ca ne marchera pas, ils nous attendrons de l’autre coté et nous serons faits".
Les quelques chevaux dans leurs box étaient affolés par le feu et frappaient dans les parois en bois, ne faisant que fragiliser un peu plus la maigre structure qui risquait de nous tomber sur la tête à tout moment.
"Notre seule chance est de combiner deux éléments qui, l’un sans l’autre n’auraient jamais marché". La fumée venait désormais me piquer les yeux. Je me frottais les paupières pour me faire pleurer et ainsi faire sortir la poussière. Alors que j’allais reprendre mon explication, une planche incandescente vint s’abattre à quelques mètres de moi. J’entendais les cris des brigands excités par l’incendie au dehors.
"La seule chose qu’on a à faire, c’est de leur faire croire qu’ils sont plus intelligents que nous."


M’approchant de la porte d’un box dans lequel un cheval furieux tapait et ruait, j’en déverrouillais l’ouverture et m’écartai brusquement avant que l’animal sorte, rendu comme fou. Il se mit à galoper droit vers la sortie de la grange. Je m’approchai de la porte et regardais comment fonctionnai mon test. Parfait, les brigands n’avaient pas abattu le cheval en voyant qu’il n’était pas monté. Ils l’avaient arrêté et après une rapide inspection l’avaient laissé partir car il était trop difficile à maitriser. Mon plan avait peut-être une chance de fonctionner après tout. Même s’il fallait composer avec l’inconnue animale.
"–Prenez cette hache et faites comme si nous voulions ouvrir un passage de l’autre coté". Dis-je au voyageur en montrant l’arme du voleur qui avait failli m’éventrer." Je me charge des chevaux. Ces crétins n’ont jamais vu les tribus des plateaux des Béors chassant le yack".Ajoutais-je pour moi.
Je ne savais pas quelle mouche m’avait piqué mais ce souvenir m’était revenu tout à l’heure aussi vivement que lucidement pile lorsque j’en avais eu besoin. Ces tribus de chasseurs des Béors subsistent en chassant les yacks des montagnes qui paissent en troupeau nombreux sur les plateaux d’altitude. Ces animaux très calmes individuellement sont très sensibles. Le moindre signe anormal les affole et lorsque le troupeau est parti, plus moyen de l’arrêter. Ces ruminants pacifiques deviennent une marée de laine brune écrasant tout sur leur passage, végétation comme animaux, voire quelques nains imprudents. Le seul moyen d’en isoler un petit groupe attaquable par les chasseurs est de se camoufler à l’horizontale entre deux poneys et de se glisser à travers eux discrètement.

C’était exactement la technique que je comptais utiliser pour nous faire sortir d’ici. Lâcher quelques bêtes surexcitées pour faire en sorte que le groupe d’assaillants ne nous remarque pas juste derrière, camouflés hors de leur champ de vision, sur le flanc de chevaux ne demandant qu’à prendre la fuite. Tout en créant une diversion faisant croire que nous tombons dans leur piège.






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Jeu 10 Mai 2012 - 18:01


La seule chose positive dans tout cela, c’est que le nain avait gardé la tête froide et qu’il n’avait presque plus rien de celui qui était vautré dans les débris de l’escalier quelque temps auparavant. S’être trouvé en si mauvaise posture l’avait rendu…

* Pleinement opérationnel ?, suggéra Walsir qui au mépris de la dangerosité de la situation présente persistait à ne pas vouloir comprendre ça risquait de sentir le roussi très tôt et pas forcément au figuré. Au lieu de cela, il avait choisit de poursuivre dans l’association d’idée qui reliait le nain à une quelconque créature mécanique qui n’aurait besoin que d’un petit peu d’huile dans les rouages après le fameux épisode « je me promène ni vu ni connu pour mieux me faire écharper par les coupe jarrets du coin ». Question rancune tenace, Walsir ne s’était jusqu’à présent trouvé nul maître en la matière. Toutefois, curieux de voir où le raisonnement du nain les mènerait, il dressa l’équivalent d’une oreille attentive.

La chose était visiblement prévue pour se finir en tir au pigeon ou en barbecue géant avec des pans de l’écurie en guise de brochette. Un programme fort appétissant auquel Garnyiss, à l’instar du nain, était peu désireux de participer, surtout avec un nombre de convives encore parfaitement nébuleux. Pourtant, les options que se présentaient à eux se comptaient sur les doigts d’une main et l’incroyable résistance de la grange face aux flammes n’était guère propice à l’élaboration d’un plan travaillé et infaillible.

* On pourrait…*, hésita Walsir, immédiatement interrompu par Garnyiss qui n’avait pas besoin de la suite de la phrase pour savoir quelle était l’alternative que le dragon avait amené sur le tapis. Les coupes jarrets ne seraient sans doute pas en mesure d’y faire face – s’ils l’étaient vraiment, la situation n’en serait pas arrivée là – mais les risques, jugea le chef du Nomins Ageati, étaient trop grands. Son contrôle sur ces… choses bien trop ténu pour qu’il se permette de leur laisser le champ libre alors qu’il y avait d’autres options.

A bien des égards, le nain commençait à lui plaire pour d’autres raisons que sa volonté de le prévenir contre la bande de coupe jarrets. En dépit des circonstances il raisonnait comme s’il avait l’éternité devant lui et élaborait sur le tas un plan qui avait de grandes chances de réussir – tant que les poutres ne décidaient pas subitement de leur fracasser le crâne. Garnyiss n’avait pas côtoyé suffisamment de nains en de telles circonstances pour savoir comment la plupart raisonnaient mais celui là avait l’esprit d’analyse proche de celui d’un tacticien. But, ressources à disposition, optimisation de ces ressources et prise en compte de tous les facteurs qui risquaient de leur couter la peau.

* Ou montreur d’ours, ç’aurait été utile, ça !*, ricana Walsir à la vue du cheval qui fila comme une furie vers le seul échappatoire à cet avant goût de l’Enfer.* Ca aurait occupé ces crapules plus longtemps que le canasson…

Il avait raison le bougre car le cheval avait mis moins d’une minute à rejoindre la liberté tandis qu’eux étaient restés coincés dans cette maudite écurie, à la merci des flammes et de la fumée âcre. Un air vivifiant à en croire Walsir mais Garnyiss était loin de partager cet avis. Le goût des cendres avait envahi sa bouche et son gosier était aussi desséché qu’à son arrivée à l’auberge, si ce n’est plus. Fort heureusement, sa cape et son capuchon le protégeaient des cendres mais il commençait tout de même à avoir plus chaud qu’il ne l’aurait aimé. Et dire que leurs espoirs reposaient sur les mêmes canassons qui avaient officiellement justifié ce petit détour par l’écurie ! C’était à dégouter n’importe qui de n’importe quel entité, dieu, concept ou force qui régissait ce merveilleux petit monde !

Garnyiss n’en rengaina pas moins Tranchenuit pour se saisir de la hache laissée elle aussi sur la carreau. A sa vue, il eu quelques doutes quand à la qualité de son tranchant. Salement ébréché, comme si son propriétaire s’en était servi comme d’une pioche. A cette pensée, les images défilèrent devant ses yeux en accéléré. Le cri de douleur du coupe jarret, l’état de sa main et le nain, ses jambes érigées en un bouclier de fortune. L’air de rien – ah, les miracles du capuchon ! – il jeta un cou d’œil aux jambes du nain, laissant à Walsir le soin d’enregistrer chaque détail pour y revenir plus tard à tête reposée.

« … Beors chassant le yack…. »

Minute, minute, que diable venaient faire les yacks dans cette histoire ? Le début de la phrase lui avait échappé mais la fin avait attiré son attention tant elle semblait incongrue dans une telle situation.

* Il va falloir potasser la culture naine très cher.*

Sans doute, car en ce moment, il ne voyait pas trop ce que la chasse au yack pouvait changer à leur situation, à moins de changer les coupe jarret en yack mais il ne fallait pas trop rêver tout de même. Ce nouveau mystère n’empêchait cependant en rien Garnyiss d’accomplir sa part du travail dans la démolition de l’écurie. Avec la régularité d’un métronome, le tranchant ébréché de la hache mordait dans bois avec enthousiasme, projetant des gerbes de copeaux un peu partout. A coup sûr, les autres avaient entendu le toc toc régulier et un nombre certains d’arc pointaient sans doute dans sa direction, avides de le transformer en porc épic dès qu’il pointerait le bout de son nez à l’extérieur. Et comme l’avait justement soulignés le nain, ils savaient sans doute qu’eux deux se douteraient de leur présence. Les coupe jarrets ne verraient donc absolument rien d’anormal à ce qu’il patiente un peu avant de perforer définitivement le dernier bouclier contre leurs flèches.

« Plus qu’un coup et le trou sera fait,, annonça-t-il, bien qu’à en juger par l’avancé de la chose il aurait sans doute fallu multiplier le nombre par cinq pour n’importe quelle personne normalement constituée. Garnyiss aurait donné chef pour faire partie de ces gens là mais pour le moment, il ne pouvait que se réjouir de la présence de Walsir. Un coup suffirait amplement, tout comme il suffirait d’un lancer d’arme dont Walsir était si friand pour achever l’une des poutres maitresse de la toiture.

Les flammes avaient certes mâché le travail et continueraient de le faire jusqu’à ce que le bâtiment s’effondre sur lui même, mais il serait bien beaucoup plus intéressant si la poutre venait à céder juste au moment où ils fileraient « en douce ». Avec toute la fumée, la poussière et les cendres incandescentes, il allait être autrement plus difficile de les repérer et à fortiori de les transformer en poupée vaudou. Garnyiss en fit également part au nain, tout en lui demandant de lui faire signe lorsqu’il serait prêt. Les chevaux n’allaient certainement pas attendre gentiment que les choses se fassent et il faudrait faire vite, mais c’était jouable…

« Quand tout ceci sera finit, il faudra quand même que vous m’expliquiez le rapport avec les yacks ! », fit-il sur le ton de la plaisanterie en guise d’inspiration avant le grand saut….










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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Dim 13 Mai 2012 - 19:21


On y arriverai jamais à temps, cette grange était trop instable, elle ne tiendra plus longtemps. En effet, les flammes léchaient le bois depuis quelques minutes et l’air devenait irrespirable, brûlant et chargé de suie. Je fus pris d’un moment de panique. Je n’arrivais plus à inspirer d’air. Chaque bouffée faisait renter de plus en plus de cendre dans mes poumons. Inspirant à grands coups saccadés, je toussai le plus possible pour dégager ma trachée. Pas moyen de faire ressortir cette poudre brûlante de ma gorge. Me rapprochant d’un trou dans les planches de bois miraculeusement épargnés par le feu, je sentis le courant d’air rentrant dans le bâtiment. Je décidais d’inspirer un grand coup puis de tenir en apnée jusqu'à ce qu’on soit sortis. Ca serait difficile, mais pas impossible. Mes yeux pleuraient tous seuls pour évacuer la fumée, et les larmes devenaient chaudes sur mes joues. Je luttais contre la panique, tentant de rester concentré sur ma mission. Je m’éloignai de la paroi. Repérant non loin de là les chevaux qui feraient notre salut. Le voyageur semblait avoir attiré une bonne moitié des brigands de l’autre coté de la grange. Il devait n’en rester qu’un ou deux du coté de la porte.

« Yep ! » J’appelais mon partenaire d’infortune. « C’est le moment. » Lui dis-je. « Faites comme moi et restez discret une fois dehors. »C’est là qu’arrivait le moment de vérité. N’arrivant pas à monter normalement à cheval, j’avais peu de chances de réussir à me hisser à l’horizontale sur un flanc et à passer sous le nez des brigands sans être vu. J’ouvrai le box de l’un des canassons de l’auberge, un cheval de trait pas trop haut et suffisamment massif pour me cacher entièrement. Une chance pour moi qu’il ait un harnais, car il n’était pas sellé et m’accrocher à sa crinière n’était pas possible. Je le pris par la bride. Il avait beau essayer de se débattre, il ne pouvait pas partir comme ça. Mes jambes de métal étaient suffisamment lourdes pour ne pas être déstabilisé. Ferme sur mes appuis, je tenais la bride du bourrin avec détermination. Le feu se propageant, il ne cessait de ruer et de hennir. Mais lorsqu’il comprit, au bout de trop longues secondes pour quelqu’un en apnée dans cette grange en feu, qu’il ne partirai pas sans moi, il se calma un peu, ce qui me permis de saisir son harnais.

Le cheval restait très agité. Je lui soufflai à l’oreille : « Désolé mon gros, mais tu dois me sauver la vie. » Sur ce, j’enroulais un pied dans sa queue et me hissai sur son flanc en tirant sur les sangles en cuir. L’animal, qui en avait vues de plus dures, restait tout de même handicapé par mon poids. Il se débattait encore, essayant de me faire lâcher prise, il lança une ruade, mais je tins bon. Il résista jusqu'à ce qu’une poutre incandescente lui tombe sur le dos, c’est alors qu’il partit comme une flèche. Ce qui manqua de me désarçonner. Raffermissant ma prise, j’essayai de me faire le plus léger possible pour ne pas me trahir lorsque je franchirai la porte vers laquelle fonçait ma monture. Je sentis alors l’air me manquer et mes muscles fléchir sous l’effort prolongé quand enfin, le cheval passa la sortie emportant avec lui des volutes de fumée noire. L’air libre et frais me fit aussitôt espérer. Nous ne mourrons peut-être pas aujourd’hui. Pour la première fois depuis quelques minutes, j’inspirai un grand coup. L’air abreuva mes poumons et soulagea ma gorge endolorie et brûlée. Mon cheval continuant sur sa lancée, je m’accrochais à lui.

Le type resté dehors pour surveiller n’arrêta pas l’animal qui avait l’air blessé et donc dangereux. Il ne me voyait pas, de l’autre côté. Désormais, s’il se retournait, je serai assez loin pour ne pas me faire rattraper. C’est alors que je pensais au voyageur qui devait me suivre. Je décidais de ne pas regarder en arrière, cela pourrait me déséquilibrer. J’attendis que la bête se calme et s’éloigne suffisamment loin de l’auberge. Elle sortit du chemin sur lequel elle galopait pour ralentir au trot dans une prairie. Elle finit au pas, et je me décidais alors à descendre. Désentrelaçant ma jambe de la queue, je lâchais ensuite le harnais et en touchant terre, je me pris les pieds dans une motte de terre qui me propulsa un bon mètre plus loin dans un buisson qui amortit gentiment ma chute mais qui le regretterai toute sa vie d’arbre écrasé par un nain de cent cinquante kilos.






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Sam 26 Mai 2012 - 16:41


Bon, ben quand il faut y aller, faut y aller. Telle fut grosso modo la pensée qui traversa l'esprit de Garnyiss lorsque les préparatifs furent achevés. Plus la délivrance s'approchait et plus il trouvait de raisons et de petits détails qui pouvaient faire capoter le meilleur plan à leur disposition. Les cheveux piaffaient au bout de leurs longes paniqués par les escarbilles brûlantes qui emplissaient l'air et faisaient remonter à la surface de forts mauvais souvenirs pour le chef du Nomins Ageati. C'était presque un miracles que le grondement des flammes et les craquements de la charpente à l'agonie ne soient pas submergés par un choeur de hennissements hystériques.

Bref ! Ce n'était malheureusement pas en revenant encore et toujours sur sa situation que celle de Garnyiss allait s'arranger. C'eut été sans le véritable miracle de la journée et sans nul doute trop demander à sa bonne étoile. La poutre en flamme qui s'écrasa dans son dos vint délicatement lui rappeler qu'il ferait mieux d'imiter son compagnon nain sous peine d'avoir d'autres problèmes qu'une énième absence de sourcils.

Petite noisette de beurre dans les épinards, Garnyiss avait sa propre monture. Contrairement aux autres canassons, ce cheval-ci avait connu la guerre, les sortilèges qui explosent de partout sur fond de fracas de fin du monde et de hurlements aux significations diverses et variées. La fréquentation de certains représentants de la gent draconnique contribuait également à donner à l'écurie en feu des airs de promenade de santé. Au contraire de ses camarades qui piaffèrent de plus belle lorsque Garnyiss s'approcha d'eux, la bête resta placide, se contentant juste d'adresser à son cavalier un regard lourd de reproches.

Le garçon d'écurie l'avait simplement attachée avant de lui donner son foin. Par négligence ou simplement parce qu'il n'en avait pas eu le temps, il n'avait même pas touché à harnachement. Une négligence qui évita à Garnyiss de chercher au milieu de toute cette fumée de quoi s'attacher à sa monture. Il resserra les boucles et le nœuds puis tira sur l'ensemble pour s'assurer de ne pas verser sur le côté le moment venu.

Lorsque le nain fut fin prêt pour la grande évasion, Garnyiss se débarrassa de la hache dans un lancer qui la fit pulvériser ce qui restait de l'une des poutres maîtresse. Un craquement plus fort que les autres suivit d'une véritable plus de débris enflammés salua le succès de cette tentative mais les deux principaux acteurs de cette bien mauvaise farce filaient déjà vers la liberté. L'un le pied enroulé dans la queue de sa monture, l'autre semblant avoir confondu étrier avec harnais pour jambe. La main crispée autour des rennes qu'il avait attaché aux sangles de la selles, Garnyiss constata avec soulagement que les autres canassons avaient choisi de prendre la poudre d'escampette dans le plus complet des désordres.

S'il avait vaguement grogné en voyant passer le premier cheval, le bandit glapit un juron bien sentit à la vue des chevaux qui fonçaient sur lui tandis que l'écurie s'effondrait. Le souffle charria fumées, poussière, cendres et escarbille. De quoi dissimuler un petit peu plus aux regard le chargement de certains équidés...

Un discret regard en arrière informa Garnyiss que pour l'instant personne ne s'était rendu compte du subterfuge. A moins que nul n'ai jugé nécessaire de les poursuivre après leur en avoir fait voir de toutes les couleurs. Autant de suppositions que le principal intéressé préféra laisser à l'état de supposition. Il n'avait en effet nulle envie de retourner trancher du coupe-jarret. Non, tout ce qu'il voulait en cet instant précis était regagner ses pénates et boire tout son content d'eau avant de piquer un petit roupillon.

En attendant, il fit suivre à sa monture le même chemin que celui suivi par le nain et finit par stopper au beau milieu d'une prairie parsemées de buissons épars. L'un d'entre eux avait visiblement suivi le même sort que l'escalier de l'auberge - au grand amusement de Walsir qui affirma que le lancer de nain serait bientôt le stade suivant de l'utilisation des catapultes.

* Pourquoi trainer des roches quand un nain ira tout seul sur la catapulte ?*, s'esclaffa mentalement ce dernier tandis que Garnyiss mettait pied à terre, heureux que tout ceci soit fini.

" Il semblerait qu'ils ne soient pas pendus à nos basques !", fit-il tout en époussetant ses vêtements sur plate de la main.

Devant l'ampleur de la tâche, il renonça vite fait et enleva carrément l'étoffe grise de cendre. Peu lui importait maintenant que le nain puisse connaître son visage ou pas. Après ce qu'ils venaient de traverser, il y avait fort peu à parier qu'il décide de lui sauter dessus toutes griffes dehors.

" Je suis désolé d'avoir été la cause de tant de tracas pour vous !, ajouta-t-il avec un sourire d'excuse avant ses poumons ne se décident à expulser toutes le cendres dans une quinte de toux.En tout cas - tousse - je vous dois une - tousse - fière - tousse - chandelle. Et ça a pas l'air de vouloir partir !"

Ces derniers mots furent noyés dans une nouvelles quintes de toux que Garnyiss préféra laisser passer plutôt que de se lancer dans une phrase incompréhensible. La crasse incrustée dans ses poumons lui arracha une quinte toux supplémentaire avant qu'il soit de nouveau en mesure de parler d'une voix quelque peu éraillée.

" Mais puisque nous avons dépassé le stade des cachotteries grâce à ce ci chaleureux accueil, nous n'en sommes plus à un nom près j'imagine... Je suis Garnyiss Bar'H'Ahinet je crois que vous avez évité au Nomins Ageati de nouvelles élections., ajouta-t-il avec un léger rire. Chose qui lui valut un ricanement de la part de Walsir quant à la spontanéité de cette présentation mémorable et surtout quant à la manière dont elle avait été amenée...

* Quelle rhétorique divine !*








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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Dim 3 Juin 2012 - 13:43


Me relevant du buisson tout écrasé -paix à ses brindilles- je m’essuyais le visage avec un mouchoir que j’avais sur moi. La couleur qu’il prit me fit alors prendre conscience de l’état dans lequel j’étais. Tout couvert de suie, la gorge brulée. Je réussis toutefois à répondre.

« Vous faites pas de bile, ce petit intermède m’a rappelé une époque que je croyais perdue et qui aurait pu le rester si le destin ne vous avait pas mis sur cette route. Voyez vous, je viens de me rendre compte d’une chose. C’est que ma vie aurait pu continuer indéfiniment comme elle se déroulait si vous n’étiez pas arrivé. Alors c’est plutôt à moi de vous remercier. En fait, ça parait bizarre à dire mais je vous dois quelques années de vie où j’aurai pu rester à m’abrutir dans cette taverne ou ailleurs dans le pays à vivoter, en réparant des moulins et des meules de couteliers contre une ou deux semaines dans une auberge.

C’est alors que le voyageur se révéla être le dirigeant d’un des clans les plus puissants de tout l’Alagaësia.

J’étais abasourdi, ou bien ce type était un menteur, ou il était bien plus dangereux que je ne l’avais estimé. Et même en supposant qu’il disait vrai, il avait quand même pris le risque de voyager sans escorte ce qui signifiait qu’il était assez sûr de lui pour ne pas craindre un quelconque danger lié au voyage, du type des brigands que nous avions rencontré ou autres péripéties du même type. Ce qui voulait dire que son numéro dans la grange était du bluff, rien que du bluff. Il n’avait pas été en danger un seul instant ! Ca ne tenais pas debout. Il était impossible que je lui aie sauvé la vie. En une seule phrase, ce type m’avait embrouillé au plus haut point. D’un point de vue logique, il avait utilisé une astuce que certains auraient pris pour de la magie : une phrase qui est fausse lorsqu’on la suppose vraie et vraie lorsqu’on la suppose fausse. « Vous avez évité au Nomins Ageati de nouvelles élections ». Si je suppose que c’est vrai, j’aurai donc sauvé la vie d’un chef se déplaçant délibérément sans escorte ce qui est impossible. Si je la suppose fausse, c’est que ce type ment et donc, que la phrase est vraie. Mais de toutes les façons, le Nomins n’a pratiquement jamais fait d’élections. Ses chefs se sont toujours renversés mutuellement les uns après les autres. Je venais de me rendre compte que malgré les apparences, ce Garnyiss, ou quel que fût son véritable nom me testait depuis notre rencontre.

Je devrai donc faire extrêmement attention pour découvrir qui est l’homme en face de moi. Je restai bien droit dans mes bottes en essayant de donner le change.

« Enchanté Garnyiss, je suis Balgorf et je suis forgeron enfin, je l’étais avant d’atterrir ici. » Je souris et je tendis alors ma main en avant dans un geste amical.






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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Dim 10 Juin 2012 - 16:46


" Au moins, ça n'aurait pas été une matinée de perdue pour tout le monde...", déclara Garnyiss dans un sourire mi figue mi raisin.

Lui n'en avait retiré absolument rien si ce n'est qu'une belle tripotée d'ennuis en plus de faire chou blanc sur toute la ligne. Où plutôt chou gris, ironisa-t-il en se rendant compte que, peu importe le nombre de fois qu'il s'époussetait ou secouerait ses vêtements, les cendres trouvaient toujours un moyen de s'accrocher à l'étoffe.

* D'où l'intérêt des écailles.*, sifflota joyeusement Walsir, comme pour bien remuer le couteau dans la plaie.* Regardez vous un petit peu vous autres bipèdes. Courir après la gloire, la fortune et d'autres chimères - bien que j'ai plus l'impression que ce soit l'inverse pour les chimères. Oh, on va se faire rétamer - enfin, si c'est la bonne expression, vous en avez tellement - alors rétamons les avant qu'il ne nous rétame. Non mais franchement, crapahuter comme un blaireau au Surda pour une histoire de convergence de faisceaux d'indices. Jouer les incognitos alors qu'avec une grande pancarte, m'est avis que tu l'aurais trouvé. Ou peut-être l'inverse mais les moyens ne sont qu'un détail...*

Et Walsir de poursuivre son monologue sans se soucier le monde que cela puisse exaspérer Garnyiss au plus haut point. Il était bien déterminé à faire ce que lui seul était en mesure de faire sans avoir à se soucier des répercussions, de l'étiquette, des questions de politiques ou de toutes ces choses dont les humains aimaient s'encombrer pour leurs interactions : faire la leçon au chef du Nomins Ageati et en même temps taper sur tous les petits travers et lubies de son cher bipède. Son petit plaisir sadique de la journée en quelque sorte.
Garnyiss aurait même pu rejoindre la relative sécurité d'Uru'Baen ou de Sil'Arn avec ce désagréable bruit d'arrière fond dans ses pensées mais fort heureusement pour lui, le nain se présenta et coupa par la même occasion le sifflet de Walsir. Avec un satisfaction des plus mesquines, Garnyiss savoura les hésitations du dragon qui peinait visiblement à raccrocher les roulottes aux chevaux.

* Au moins, j'ai une bonne intuition !*, railla-t-il sans obtenir d'autre réponse que ce qui ressemblait fort à un gnagnagna...

Dans le même temps, il serra chaleureusement la main de Balgorf en lui rendant son sourire.

" Balgorf ?, répéta-t-il alors comme s'il avait lui même du mal à croire que le hasard se fut montré de bonne humeur ce jour ci. " Je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un tel que vous dans un endroit aussi loin de tout..."

A vrai dire, Garnyiss se serait plutôt attendu à le trouver à Farthen Dûr, là où se réunissaient les plus talentueux des forgerons nains et non pas au fin fond du Surda. Curieusement, la description qui lui avait été donnée par des autoproclamés bricoleurs plus qu'enthousiastes à la mention des merveilles que pouvait faire le nain à partir d'une bouilloire et de bouts de ficelle. Le mac Gyver de l'Alagaësia lui avait-on affirmé, bien que le chef du Nomins Ageati n'ait jusqu'à présent pas tout à fait saisi ce qui se cachait derrière cette appellation.

" Enfin, il faut dire que l'on n'a pas tari d'éloge sur votre travail, poursuivit-il, comme sur un coup de poker,Ceci dit, bien que le lieu et le moment ne soient peut-être pas les plus appropriés pour une telle chose, nous pourrions avoir besoin de vos services. Oh, ça ne presse pas bien sûr, mais si jamais vous veniez à vous ennuyer à nouveau... Et bien, vous saurez à quelle porte frapper..."


[je sais pas trop comment amener la chose, j'avoue Mr. Green]







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Balgorf
Message Sujet: Re: Le retour du nain | Sam 16 Juin 2012 - 23:29


Des éloges sur mon travail ? Mais qu’avais-je pu donc bien faire pour mériter cela ? Les seules inventions que j’avais fini par fabriquer finissaient par faire presque autant de dégâts chez la personne qui la maniait que chez sa cible. Il faut dire que je n’avais jamais essayé autre chose que des prototypes. Ou alors, j’étais passé en phase de production sans finir de tester la machine tant nous étions pressés par l’armée qui menaçait de nous attaquer. En fait, aucune de mes inventions n’avait jamais été exploitée à son plein potentiel. Les plans n’étaient pas toujours finis, mais ces imbéciles de généraux avaient toujours essayé de me forcer la main pour pouvoir aligner fièrement leurs catapultes et montrer la supériorité de leur section à l’armée d’en face. En fait, je les trouvait pathétiques. Il n’avaient rien compris et se comportaient de façon immature. J’avais beau leur répéter que ce n’était pas à celui qui en aurait le plus (quel que fut la chose …) ils continuaient à se chamailler pour que je leur construise des catapultes.

Mais attends. Garnyiss venait de me proposer de rentrer à son service. Je n’en croyais pas mes oreilles.
« Ecoutez, il se trouve que je suis dans une période de ce que certains appelleraient : un chômage technique. » Dis-je. « Mon ancien employeur m’a laissé sans directives depuis des années alors, on peut considérer que mes services sont désormais à ceux qui pourront se les payer et le Nomins Ageati pourrait bien faire parti de ces personnes. »

Quoi qu’il en soit, je n’avais désormais plus aucune raison de ne pas le suivre. S’il s’avérait que ce Garnyiss était un charlatan, je pourrai prendre la fuite facilement sur le trajet. « J’accepte Garnyiss, ça sera un honneur de travailler pour vous, j’attendrai donc une première commande pour une campagne militaire ou autre en formant des assistants si ça ne vous dérange pas, je déteste travailler seul. » Je me passait une main dans la barbe. Une brume de suie grisâtre en tomba. Mon nouveau patron avait l’air content. Même si je ne savais pas encore la tâche qu’on allait me confier, je me réjouissait de pouvoir exercer mon métier de nouveau. Et qui sait, je pourrai peut être apprendre de nouvelles choses au contact du Nomins.

Je sortis donc de ma poche une aiguille et la frottais sur mon pantalon de laine. Je me rapprochais de la rivière pour la poser sur une feuille flottant dans une flaque d’eau stagnante et repérais ainsi la direction à prendre pour se rendre à la ville du Nomins la plus proche autrement dit Uru Baen. Je rangeai l’aiguille et profitai d’être à proximité du ruisseau pour plonger ma tête dans l’eau. Elle me fit le plus grand bien, lavant et assainissant la peau qui, bien que rugueuse et tannée comme celle de tous les nains, avait souffert des derniers épisodes. Me relevant, je tentais de retrouver des yeux les chevaux qui avaient du se trouver de quoi brouter non loin de là.

[Sur ce, je te laisse clore le sujet si tu veux pas raconter autre chose Mr. Green ]






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Le retour du nain

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