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D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark]

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Kellran
Message Sujet: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Mar 26 Juin 2012 - 17:28


En Outreterre

Il faisait sombre, noir dans le bâtiment. Aux alentours, nul bruit si ce n’était le soufflet violent de sa respiration, les battements assourdissants d’un cœur appesanti par la douleur, le chagrin, la honte et le désespoir. Soufflet… battements…
Oui.
Il leva péniblement ses paupières et plissa les yeux devant la lumière rouge des braises alimentant la forge. Il se souvenait maintenant, avoir atteint l’un des lieux qu’il connaissait pour s’y terrer en attendant… en attendant quoi ? Par les esprits, comme le sien pouvait être embrouillé. Ses doigts vinrent racler contre la roche, tâter l’extérieur de la couche sur laquelle il s’était laissé tomber puis un soupir s’échappa de sa bouche. Il se sentait nauséeux, épuisé, vidé de sa substance. Malgré tout, il trouva la force de se laisser glisser en dehors du petit promontoire de pierre servant de lit et le regretta la seconde d’après. Le monde tournoya follement autour de lui, dansant avec les lumières colorées qui apparaissaient et disparaissaient de son champ de vision en dessinant des arcs-en-ciel pétillants et fugaces, narquois. Le crépitement des braises lui assaillit les oreilles avec la force d’un ouragan déchaîné dans un corridor étroit.
Mort… mort… Allait-il mourir ici, loin du soleil, loin du ciel, loin de… de qui ?
Myad.
Ce nom souleva une vague de chaleur dans le creux de son ventre, sensation pas vraiment bienvenue alors que son crâne bouillait déjà à la manière d’un volcan prêt à entrer en éruption. Mais la signification profonde de ce que ce nom faisait ressurgir comme souvenirs lui donna l’énergie de se remettre sur ses jambes malgré les violents vertiges qui le tenaillaient toujours. Il baissa les yeux sur ses mains, serrées sur le bord d’un établi pour avoir un appui stable, et déglutit péniblement en les voyant blanches comme de l’os. Parmi les Elfes, il avait toujours suscité la curiosité de part sa peau bronzée, brunie sous le soleil de la Crête d’abord, du désert ensuite. Les « passants d’entre les arbres » avaient rarement l’occasion de traîner au soleil tant la frondaison des seigneurs de la forêt pouvait se révéler épaisse. Et voilà qu’il était plus pâle qu’aucun d’entre eux, pâle comme la mort elle-même. Un concours de voix le fit sursauter et se terrer dans les ombres comme un animal apeuré. A l’extérieur de la forge, un petit groupe discutait de l’identité de leur nouvelle souveraine. Le son diminua rapidement, pour laisser place à un nouveau silence chargé de menaces. Kellran posa une main sur son torse, sous le pectoral droit, en frissonnant de sentir sous ses doigts la petite mais profonde entaille qui suintait de pus. Il ne se souvenait plus quand il avait reçu la blessure. En vérité, il ne se souvenait plus de grand-chose. Mais ce nom, ce nom pouvait le ramener vers la lumière.
Myad…

Adossé contre un mur, le dos nu collé à la roche tiède des souterrains, l’Elfe peinait pour ne pas s’évanouir car il savait que cela marquerait sa fin. Depuis combien de temps agonisait-il, solitaire silhouette dans une armurerie en ruines ? Une heure, un jour, un an ? Certainement pas un an, sans quoi il serait mort de faim et de soif, bien avant que le poison ne l’achève. Au moins avait-il retrouvé certaines de ses facultés de réflexion, léger point positif dans son malheur. Il avançait dans ses recherches, redessinant mentalement les fondations de sa vie à partir des personnes qui en faisaient partie. D’autres noms s’étaient ajoutés au premier, et plusieurs visages flottaient aux limites de sa conscience. Myad… Delva… Ellenwen… Il lui avait fallu du temps pour reconstituer ce qui l’avait amené dans cet endroit puant et ténébreux, pour revenir sur l’identité de ceux qui l’avaient accompagné dans son périple. Cinq combattants, une quête, un royaume. Tout ça pour quoi ? La mort, la douleur, la peine. Qu’en était-il de Max, son vieil ami ? Avait-il survécu à son combat ? Avaient-ils déjà atteint la surface ? La beauté de terres florissant sous le soleil, de montagnes qui s’élèvent glorieusement vers les cieux infinis. Myad était-elle en sécurité loin de l’Outreterre ? Il sentit la rage consumer ses dernières forces tandis qu’il revoyait la femme de ses rêves prisonnière de la toile géante, blessée et vulnérable. Ce répugnant pays avait bien failli la lui arracher, elle qui rendait pour lui les astres plus éclatants, les arbres plus forts et plus verts, l’eau plus limpide et pure comme du cristal. Elle était sa lumière mêlée d’ombre, l’aboutissement de tout ce qu’il aimait, drapée dans une cape de mystère. D’autres souvenirs se rappelaient maintenant à sa mémoire défaillante, une rencontre des plus incongrues dans un palais luxueux, l’apparition fugace d’une peau d’argent sous la teinte pêche, des yeux vipérins d’un rouge hypnotique vibrant de curiosité et de passion, une baignade dans le lac près de la capitale impériale pour refroidir d’intenses sensations.
Delva… Yenlui… Myad.
Le corps de l’impératrice contre le sien, unis dans la prolongation de l’amour entre leurs dragons, fidèle reflet de leurs propres sentiments naissants l’un envers l’autre. Récemment, l’aveu brûlant était tombé. « Je t’aime », lui avait dit la demi-drow en lui offrant un torque qui était bien à l’abri dans son havresac. Des mots qui ne représentaient pas suffisamment forts ce qu’il ressentait, et pourtant il voulait désormais les chanter à tue-tête à la face du monde, cracher sur les on-dit et les rumeurs.
Jouant avec la mort, l’Elfe comprenait véritablement la profondeur de ses sentiments à présent. Une découverte si violente que son esprit sombra dans les brumes, laissant derrière lui une dernière demande, une dernière question.
Mon amour. Rêve éveillé. Lune de ma vie. Te reverrais-je ?

***

Le marteau frappait sur le métal avec acharnement, une folle motivation, un désir sauvage né de la folie. La barre crachait des étincelles à chaque choc, protestant contre le traitement qui lui était infligé, sans succès. Il modelait avec ferveur l’œuvre sortie de son imagination, jetant sans cesse des coups d’œil vitreux aux différentes créations d’origine drow exposées sur les tables en face de lui. L’esprit enfiévré, il s’était abandonné à ce qu’il faisait de mieux : analyser armes et armures pour décortiquer leur technique de fabrication. Il avait une vision, la vision d’une arme meurtrière qui ferait trembler d’effroi ceux qui auraient le malheur de l’affronter. Souriant comme un gamin, le corps couvert d’une pellicule de sueur mêlée de cendres, ses cheveux blonds assombris par la saleté, il levait et abattait sans cesse son marteau, plongeait dans la fournaise le métal martelé puis recommençait, formant à la force de ses muscles des ébauches de qualité sans cesse croissante. Peu à peu, au travers de son esprit enfiévré, naissait la connaissance instinctive de la technique de forge drow. Déjà, des épaulières pointues aux courbes viriles s’empilaient sur un établi, côtoyant des plaques d’armure et des casques ornés de lames agressives. Il se dit fugacement qu’au moins deux jours avaient passé mais il n’en avait cure. Plus d’interrogation, plus de tristesse ou de souvenirs dérangeants. Nulle boisson, nulle nourriture pour l’artiste au sommet de son art. Pas de repos non plus, car lorsqu’il serait prêt, il forgerait enfin l’arme parfaite.
- Le voilà, siffla soudain une voix de serpent dans son dos.
Il se retourna, tirant machinalement ses poignards de leur fourreau mais n’en eut pas le temps car un coup violent lui enfonça l’estomac, éjectant de ses poumons l’air qu’ils contenaient avec un râle de condamné. Au même moment, une masse s’abattit sur son crâne, l’envoyant rejoindre les ténèbres d’une bienfaisante inconscience.
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Espionne du Cam Serarna

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Djenka
Espionne du Cam Serarna
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Dim 1 Juil 2012 - 19:01


Le soleil se levait à peine sur l’Outreterre, qu’un de ses rayons s’infiltra dans la spacieuse chambre de la Reine, se posant sur ses sombres paupières. Enfin, la lumière qui pénétrait les souterrains était un terme plus exact. Pas de réel soleil dans cette citée où les ténèbres règnent.
La seconde d’après, les sourcils de la jeune femme se froncèrent, accompagné d’un petit gémissement. Vivement, elle tourna le dos à la fenêtre, en remontant le drap blanc au dessus de sa tête, en râlant. La nuit avait été si courte, pourquoi devoir se lever aussi tôt ? Elle avait rejoint sa chambre quelques heures plus tôt seulement, après avoir débattue avec quelques unes des puissantes femelles qu’elle appréciait, de la meilleure manière de retrouver et punir les rebelles mâles qui avait sévit dans la cité, désormais plus discret. Cependant, après des heures de discussions, pas de réelles décisions. Et voilà que la journée recommençait, avec ses nouveaux problèmes. Devoir choisir ses conseillères, prêtresses, ordonner de nouvelles tenues dignes de son rang, une nouvelle armure, et une pour Dark aussi tant qu’ils y étaient. Que d’ennuyantes tâches. Elle n’avait qu’une envie, prendre ses armes, et rechercher ses foutus mâles dans la cité, et leur trancher la gorge. Déjà un problème en moins qui serait résolu.
Avec un soupir, elle se releva, faisant glisser le drap sur son corps nu tandis que déjà, on frappait à sa porte.

-Votre Majesté ? L’eau pour votre bain. Les Mères Matrones arrivent dans quelques heures
-Tu peux entrer, je suis réveillée

Une jeune esclave, d’une quinzaine d’année tout au plus, entra dans la chambre d’un pas mal assuré, déséquilibrée par les sceaux d’eau fumants qu’elle portait. Djenka l’avait choisie elle-même. Enfant de basse naissance, elle n’avait ici aucun avenir. Maintenant, elle deviendrait l’elfe noire qui s’occupait personnellement de la Reine. Cette dernière vint l’aider, en prenant de ses bras un de des deux sceaux. Elles traversèrent ensuite une porte blanche, entrée de la salle de bain annexe à la chambre royale. Epuisée, la petite déposa son sceau d’eau non loin de l’immense bassin, et se chargea de déverser dans celui-ci des flacons entiers d’huile parfumée. La dragonnière, toujours nue, la regarda faire quelques secondes, et alla se chercher une robe blanche perlée d’or, avant d’ouvrir son immense coffre à bijoux. D’un geste maladroit, elle fouilla dedans à la recherche de ceux qu’elle voulait. Un collier de perle ocre, des boucles d’oreilles aux émeraudes, et la dizaine de bracelet qu’elle mettait habituellement, orné d’autant de pierres différentes. Tout ceci en main, elle referma le coffre dans un bruit sec, et ses yeux se déposèrent sur sa couronne. Même si elle n’aimait pas la porter, elle devait avouer qu’elle était magnifique. Un diadème d’or blanc, orné d’onyx, couleur de sa dragonne, pour rappeler au peuple qu’elle n’était pas qu’une Reine, mais également la dragonnière drow de l’Alagaesia.

-C’est prêt Ma Reine

Sans répondre, l’elfe se saisit du diadème de ses dents, les mains déjà pleines, et rejoignit Melya. La servante, voyant sa maitresse encombrée, se jeta sur elle pour se saisir du vêtement et des bijoux. La laissant faire, Djenka se dirigea vers la baignoire fumante et colorée, sentant plusieurs parfums différents. Le mélange était doux et délicat. Prudemment, elle rentra ses orteils dans l’eau, pour les ressortir vivement. Très chaud ! Comme elle aimait après tout. Lentement, elle s’immergea entièrement dans l’eau, sous les yeux inquiets de la petite

-Tu peux disposer Melya. N’hésite pas à revenir si tu as quelque chose d’important à me dire
-Bien Votre Altesse – dit-elle en s’inclinant avant de quitter la pièce à reculons

Enfin seule. Elle plongea sa tête dans l’eau, ignorant les picotements de sa peau, et se détendit. La journée serait longue. Comme toutes les heures, elle tâtonna dans son esprit, à la recherche de la présence de Dark. Toujours rien. Elle ne sentait la dragonne uniquement quand celle-ci ressentait de fortes émotions. Aveuglément, elle envoya des vagues d’amour à sa moitié, encore et encore…

-Ma Reine ! Ma Reine !

Se réveillant en sursaut, Djenka regarda tout autour d’elle paniquée. La servante, qui l’était encore plus qu’elle, arrivait en courant. La reine se releva dans son bain devenu plus froid, et saisi un drap de bain doré pour s’enrouler dedans

-Calme toi, que t’arrive-t-il ?
-Un messager Majesté !
-Et bien, qu’a-t-il dit ?
-Que les mâles désirent vous parler… -finit-elle la voix tremblotante

Ses yeux se rétrécirent de colère, pour ensuite se poser vers le parchemin que la petite tenait entre ses mains, avant de le saisir. Un sceau inconnu. Un sceau rebelle. Et dire qu’elle comptait s’occupait d’eux aujourd’hui. Que voulait-il, ces fichus hommes désobéissant, mais avant tout dangereux.

-Brisingr-murmura-t-elle

Le sceau prit feu, et lentement, le message s’ouvrit. La seconde d’après, la feuille tomba sur le sol, en volant, alors que la dragonnière retenait son souffle, les yeux pleins de peur.
Kellran.


.
Dark & Djenka



Merci Amayläe & Abysse Mr. Green[/i]
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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Lun 2 Juil 2012 - 17:41


Plus de douleur, plus de tristesse, plus de souvenirs. Rien que le vide béant de l’absence et de l’oubli. Qu’il était bon de mourir, de se débarrasser de ce poids comme l’on vide son pot de chambre dans un fossé. Il flottait dans un océan de ténèbres et de lumière mêlées, néant miroitant de couleurs tantôt sombres tantôt aveuglantes, mais jamais agressives. Il ne sentait ni la contrainte pesante de la gravité ni les limites atroces d’un corps si restreint. Il se sentait exister sans être, vivre comme une conscience supérieure, détachée des basses concessions du monde. Ainsi c’était cela, être un esprit libre.
Libre…
Es-tu enfin libre, petit bipède ?
La voix d’Iliani retentit, glas funèbre dissipant son bref sentiment de paix. Les ombres colorées s’agitèrent, fuyant une présence qui n’était pas censée y être. Un rayon de lumière traversa l’océan chaotique, traçant un couloir d’où sortit un long cou sinueux, une gueule garnie de crocs, de grands yeux dorés. La dragonne s’ébroua, libérant son corps écailleux de cette lumière parmi les lumières.
Viens-tu me rejoindre dans la mort ? Que le poison des drows achève son œuvre et te libère de toute obligation ?
« Oui… »
Laisser derrière toi l’amour, l’amitié, la chaleur de tes proches.
De sanglantes images de batailles teintèrent les ondes colorées, des guerriers luttant en duel pour leur vie, des armées en marche pour la conquête et la destruction, ses souvenirs de la mort de sa première dragonne. L’océan devint rouge, rouge de sang et de haine.
« La douleur, la tristesse, l’injustice… tout se résume à souffrir pour quelques rares instants de bonheur. »
Un champ de mort s’imposa dans son esprit, avec ses lances brisées plantées dans un sol souillé de viscères et de cadavres pourrissants, garde-manger de corbeaux avides au sourire sadique. Un incendie soudain ravagea ce qu’il restait de cette vision apocalyptique, réduisant en cendres les ruines d’un lieu détruit. Puis la vie reprit ses droits, de nouvelles plantes s’élevèrent, des fleurs, des arbres, formant un refuge idéal pour quelques animaux.
Parfois, les pires catastrophes engendrent les plus beaux renouveaux. Derrière chaque malheur se cache un potentiel infini de futurs heureux. Ma mort t’a peiné, mais elle t’a également apporté de nombreux bienfaits. Pense à Delva qui est maintenant mère, pense à Myad que tu n’aurais peut-être jamais rencontré. La souffrance et la tristesse sont indissociables du bonheur car sans quelques larmes, jamais tu ne savoures les sourires qui te sont offerts.
L’océan bourdonna de colère, ses teintes virant au cramoisi strié de noir. Des éclairs balafrèrent le paysage spirituel en rugissant, dessinant dans le vide les contours d’un monde nu, rocheux, parcouru par des silhouettes graciles aux armures pointues.
« Cette manière de penser justifierait les pires atrocités. Etre satisfait de souffrir pour mieux savourer la chance d’être heureux ? Détruire pour mieux reconstruire ? Mourir pour goûter aux joies de la vie ? »
Il y eut un coup de tonnerre semblable au poing qui s’abat sur une table, avec en fond sonore le cliquetis de chaînes qui se secouent. Il se sentit pesant, une sensation de brûlure sur son ventre invisible, un malaise incertain vrillant son crâne.
Réveille-toi… la vie n’est pas un long fleuve tranquille. C’est de l’ouragan que naîssent la force et la détermination, c’est de la lutte que surviennent l’honneur et le sang-froid. Ces quatre attributs que tu as fait tiens ne sont que les prémices à un destin plus grand et plus complexe encore. Bientôt, tu comprendras que tes pensées ne font que t’entraver. Bientôt… en attendant, réveille-toi.

- Réveille-toi !
Une gifle mémorable le força à ouvrir les yeux en sursaut. Les chaînes qui s’enroulaient autour de ses bras et de ses jambes claironnèrent en suivant le mouvement, frottant contre sa peau avec irritation. Le Fils du Soleil cligna des paupières, torturé par la soudaine lumière crue éclairant la pièce. Des torches étaient disposées à intervalles réguliers sur les murs, révélant une salle simple taillée dans la roche, meublée chichement de tables en bois et de couchettes à même le sol. De nombreuses personnes se déplaçaient, plongés dans leurs tâches personnelles sans se préoccuper de lui. Trois autres en revanche le contemplaient pensivement, variant les expressions faciales de l’amusement au dégoût profond. Trois drows vêtus pour la bataille. Trois mâles…
- La sieste est terminée, ricana le drow amusé en faisant craquer ses doigts nus. J’espère que tu as fait de beaux rêves ?
Les deux autres ne réagirent pas, gardant leur visage fermé et leurs lèvres pincées de répugnance. Leur compère les regarda quelques secondes en souriant puis continua :
- Je m’appelle Ekthel. Je dirige et j’inspire les mâles désireux de se libérer du joug de la tyrannie de Lolth. Et ces deux-là, ce sont mes fidèles protecteurs et conseillers… je ne te dirai pas leurs noms, car ils te tueraient pour te punir de ce savoir.
Le drow éclata de rire, sa main volant jusqu’à ses longs cheveux noirs tranchant sur sa peau mauve pâle. Magnifié par une sublime armure d’ébonite couverte de piques, son regard argenté brillait de cruauté. Dans son dos trônait une épée bâtarde à la lame incurvée au moins aussi grande que lui. Plusieurs dagues pendaient à sa ceinture, terriblement menaçantes malgré leur taille réduite. Slyth était l’une d’elles.
- Je me suis permis de récupérer ton arme. Une telle œuvre ne mérite pas de sombrer dans l’oubli, n’est-ce-pas ?
Kellran ne réagit pas. Il tourna son regard vers les deux gardes du corps, analysant leur posture, leur attirail. Celui de gauche portait une panoplie d’armes diverses allant de l’épée courte à la hache en passant par la masse d’armes. Une balafre courait de son front au bas de son menton en suivant une trajectoire qui frôlait son œil gauche et l’arête de son nez. Plusieurs plaques d’acier s’enchevêtraient sur sa cotte de mailles, formant un ensemble disparate mais très efficace pour arrêter une lame. L’Elfe reconnut une des épaulières qu’il avait forgées dans le tas. Celui de droite, plus discret, était vêtu d’une toge blanche comme sa chevelure contrastant avec le mauve soutenu de son épiderme. Ses yeux violets exprimaient la puissance de son esprit et la force de sa détermination. Deux gantelets de fer noir garnis de griffes acérées cachaient ses mains. D’instinct, le Fils du Soleil reconnut un Sorcier et il ne put dissimuler une grimace de répulsion.
- Il n’a pas l’air de t’apprécier, mon pauvre ami, siffla le chef des rebelles avec un amusement renouvelé. Montre-lui donc à quel point tu peux être sympathique quand tu le désires.
Une pression intolérable pesa sur son esprit, aiguisée à la manière d’un pieu cherchant à traverser le cuir. L’Elfe grogna sous la douleur, sa conscience cherchant à s’enfuir loin de cette torture. Il savait que le Sorcier ne pourrait rien faire de plus, qu’il ne pourrait pas pénétrer dans ses souvenirs pour y trouver la moindre information. Ce n’était que de l’agression gratuite, une manière de lui montrer qui était le patron.
Pour le moment…
- Tu es un être plein de talent, l’Elfe, susurra Ekthel d’une voix lancinante, hypnotique. Je comprends pourquoi notre nouvelle Reine a fait de toi son chien de compagnie.
Brusquement sérieux, devenu froid comme la glace, le chef des rebelles se tourna vers ses compagnons :
- Envoyez un message à notre chère souveraine. Qu’elle sache que son laquais elfique est notre prisonnier. Si elle veut le revoir vivant, elle aura intérêt à accepter une entrevue avec moi… seule, et dans ce lieu que j’ai choisi.
Le trio recula, échappant à l’ouïe de leur prisonnier qui en profita pour contempler sa prison. En plus de ses trois tourmenteurs, il dénombra une bonne vingtaine de drows mâles en activité. Deux portes en fer forgé, ouvertes, donnaient sur d’autres salles au moins aussi remplies. Partout, des râteliers chargés d’armes de toutes sortes, des armures empilées sur le sol, des casques, des boucliers et l’effigie du Dieu mâle des Elfes Noirs, l’ennemi de Lolth. Des caves par dizaines, par centaines, divisées en alcôves, remplies de rebelles armés jusqu’aux dents.
Myad avait sous-estimé le danger que représentaient les mâles…

Les chaînes grincèrent en suivant le mouvement de l’Elfe, cherchant sans la trouver la position qui lui permettrait de se sentir plus à l’aise. Il avait vite compris que ces chaînes, en plus d’entraver ses mouvements, l’empêchait d’employer la magie. Des joyaux aux couleurs maladives étaient sertis entre les maillons, pulsant doucement au contact d’un esprit capable d’en appeler à la magie. Il avait aussi remarqué qu’il se sentait beaucoup mieux, sans nausées ni fièvre. Un bandage enserrait la blessure suppurante d’où suintait le poison qui avait bien failli lui faire traverser le voile de la Mort. Un soupir inaudible fit vibrer ses lèvres tandis qu’il prenait conscience de la chance qu’il avait eue.
- Il aurait été malvenu que tu nous files entre les doigts avant que nous ayons bénéficié des avantages de ta capture. Mon Sorcier s’est fait un plaisir de sauvegarder ta misérable existence.
Ekthel afficha un sourire serpentin, plein de fausse compassion. Un rictus de haine déforma ses traits, si vite qu’il était presque impossible de s’y adapter en temps voulu. Il enfonça sa main comme une lame dans le ventre de l’Elfe, précisément à l’endroit de sa blessure. Le Fils du Soleil sut alors que le Sorcier s’était contenté de supprimer le poison dans ses veines ; il n’avait pas refermé la plaie.
- Sais-tu ce que tu as fait ? En aidant cette femelle à récupérer le trône, tu as restauré une tyrannie que nous pouvions annihiler grâce au chaos de la rébellion.
L’Elfe Noir fouailla dans la plaie, vicieusement, jusqu’à ce que le Dragonnier se torde de douleur et que du sang ne tache le bandage. Attaché comme il l’était, les bras pendus au plafond de la salle et les pieds liés sur le sol, il ne pouvait rien faire pour se défendre.
- Tu viens de la surface dicter leur vie aux Elfes Noirs, une race plus intelligente et plus puissante que tu ne le seras jamais. Comme un bon larbin, tu t’attaques à ceux que ta maîtresse désigne. Cela te plaît d’être un esclave sous les ordres de cette chienne ?
Il s’approcha, son souffle chaud de viande et de sang agressant l’oreille de l’Elfe :
- A moins que ce ne soit pour cette bâtarde désormais orpheline, ce monstre dont tu quémandes l’affection ?
Les yeux du Fils du Soleil s’écarquillèrent de rage. Le chef des rebelles sourit :
- Quand nous en aurons fini ici, nous n’oublierons pas celle qui a apporté tant de malheur sur nos cités, crois-moi. Alors, les terres sous le soleil apprendront à craindre les guerriers d’Outreterre. Cela me plaira de chasser une Impératrice. Mais d’abord…
Le drow enfila ses gantelets d’ébonite, fit craquer les jointures d’un mouvement de ses doigts :
- Nous allons nous occuper de la Reine. Qu’elle vienne ou non à ton secours n’aura aucune importance, seul le jeu sera différent. Au moins sauras-tu si elle tient à ta vie avant de la perdre.
Ekthel frappa, envoyant son poing percuter la tête de son prisonnier qui sombra de nouveau dans l’inconscience.

Devant le palais, une étroite rivière de sang s’écoulait dans les rainures de la roche, traçant un motif qui n’avait de logique pour personne. La source de cette rivière - deux corps débarrassés de toute vie – tapissait l’allée menant à l’entrée du bâtiment en affichant un spectacle marquant. Les deux femelles drows, nues, les cuisses écartées de manière obscène, étaient tailladées de manière experte pour se vider de leur sang lentement. L’une d’elles avait dans la bouche un rouleau de parchemin enfoncé jusqu’à la gorge et lié avec les tendons de la malheureuse. Ce message, une fois ouvert, annonçait ceci :

Ma très chère reine,

Au nom de tous les mâles libres d’Outreterre, j’aimerais vous souhaiter mes plus sincères félicitations pour votre accession au trône. De par votre nouveau statut dans notre belle société, je vous invite à venir discuter avec moi de certains points divergents dans nos opinions sociales et politiques. Bien entendu, vous viendrez seule et non armée comme il se doit en tant qu’invitée. Je vous attends au troisième sous-sol, dans les caves abandonnées, quartier nord. Peut-être y retrouverez-vous votre animal de compagnie. Vous savez, celui qui a des cheveux blonds et se balade torse nu comme si de rien n’était. N’oubliez pas : seule et sans armes. Sans quoi l’Elfe mourra.
A très bientôt,

Ekthel, seigneur des mâles libres.


(HRPG : A partir de là tu as le choix, venir seule sans armes, venir seule mais armée, ou venir carrément avec des troupes. Tout est à nos risques et périls après tout xD pour le lieu, comme tu l'as lu, ce sont des caves souterraines reliées entre elles par un ou plusieurs accès, autrement dit une sorte de labyrinthe de pièces rectangulaires remplies de rebelles drows. Si tu as des idées, n'hésite pas, je te laisse libre *-* et si tu as des questions, par mp Razz)
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Espionne du Cam Serarna

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Djenka
Espionne du Cam Serarna
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Jeu 12 Juil 2012 - 19:17


- Fais venir les Mères Matrones dans la Salle du Trône ! Immédiatement !
Effrayée, la petite s’échappa de la chambre à grand pas. D’un geste furieux, Djenka envoya valser sa royale robe, et se dirigea vers ses immenses placards. Oubliée la belle tenue, place à celle qu’elle utilisait habituellement pour chasser. D’ailleurs, c’est ce qu’elle allait faire, chasser des mâles, et les tuer. En ouvrant une des portes, elle eut la surprise de constater que son habituelle tenue de cuir avait été remplacée par une nouvelle, d’une toute autre qualité. Délicatement, elle la saisit, et la posa sur son lit. Elle était magnifique. D’un tout autre cuir, noir, qui semblait indestructible. Il émanait la magie. En quelques secondes, elle la mit sur elle, et ne put retenir un petit cri d’admiration. D’une souplesse hors du commun, il n’empêchait aucun mouvement, même les plus complexes. Léger, il ne la ralentissait nullement.

-Je vois que vous appréciez mon présent Majesté. J’en suis heureuse
-Jzalyr – salua-t-elle en se retournant – Je suis rassurée de te voir ici si vite

La Mère des Eeknarog était sa principale amie et conseillère. Elle lui faisait confiance, autant pour son sens des affaires que pour des histoires plus sombres.

-Oui, il me plait beaucoup. Je t’en remercie
-Le cuir est très dur, presque impossible à transpercer. Derrière, vous ne craignez presque rien. Et je n’ai pas oublié votre ancienne fonction pour le prince. Sur les brassards, quelques imperceptibles poches pourront accueillir vos poisons et les plus petites de vos lames. Si je me fie aux cadavres joliment positionnés devant le Palais, je me doute qu’une menace est arrivée ?
-Des cadavres ? – questionna la Reine d’une voix furieuse
-Deux femelles. Pas beau à voir. Les rebelles je suppose ?
-En effet. Descendons à la Salle du Trône

Sans répondre, la Mère qui lui avait permis d’être ici aujourd’hui la suivit, en restant toujours légèrement derrière elle d’une manière respectueuse. En silence elle rejoignirent la spacieuse Salle du Trone, où se réunissait habituellement le peuple entier pour écouter la Reine lorsqu’elle avait une annonce à faire. Aujourd’hui, seule six Mères, représentantes des plus importantes maisons, étaient là pour l’écouter. Toutes s’inclinèrent à son arrivée, en l’acceuillant des habituels « Ma Reine », « Votre Majesté », ou encore « Reine Djenka »

-Mes filles, Mères, je suis navrée d’avoir eu à vous convoquer d’une manière si rapide, mais j’ai reçu ce matin un message des rebelles. Du chef des rebelles semble-t-il
-Ils ont un chef maintenant ?
-Du n’importe quoi ! Ils vont finir par devenir dangereux !
-Comment osent-ils prétendre à un quelconque pouvoir ?
-Je ne peux répondre à vos questions, mais il faut agir. Ils retiennent en otage un ami à moi, de la surface, et menace de le tuer, enffreignant donc toutes les règles d’hospitalités de notre peuple. Ils me demandent une audience, et je dois me rendre à leur repère, seule, et sans arme

Comme une seule personne, les Mères feulèrent toutes de surprise et de crainte

-Vous ne pouvez y aller. Ils sont devenus fous, ils vous tueront, et vous le savez autant que nous
-Ceci dit, vous n’avez d’autre choix si vous voulez retrouver votre ami vivant. Nous ne les avons que trop sous estimés. Qu’allez-vous faire ?

A cet instant, la dragonnière sentit l’attention de l’Araignée Supérieure - d’habitude endormie dans son demi-sommeil tout en surveillant la cité – se porter sur elle, sa soif de sang demandant gentiment à la Reine de la laisser dévorer tout les mâles.

-Je vais y aller. Seule, et sans armes. J’emporte avec moi la bague des Dragonniers drow, et celle du Prince Athor, elles recèlent toute deux assez d’énergie pour soigner le peuple entier au bord de la mort
-Sans compter votre diadème, n’oubliez pas que les onyx sont également des pierres d’énergie que nos mages ont gentiment remplis des jours durant
-Oui, je ne l’oublie pas, merci. Pendant ce temps, j’aimerais que vous fassiez une chose pour moi. Envoyez vos mâles dans les rues, qu’ils traquent le moindre rebelle, et me les ramènent vivants, ici, prisonniers. Je les tuerai publiquement.
-Bien votre Majesté – répondirent-elles à l’unisson

La Reine se leva, et sortit du Palais, les femelles à sa suite. Un grondement sourd et sauvage s’échappa de sa gorge lorsqu’elle découvrit le cadavre des deux femmes, qui avaient probablement agonisé toute la nuit

-Ils mourront pour ça. Melya, demande aux gardes de s’occuper de leurs corps, et de retrouver les familles. Elles auront droit à de belles funérailles une fois vengées.

Elles dévalèrent les nombreuses marches, et chacune des Mères partit en direction de sa Maison, une tâche à accomplir. Seule Jzalyr et ses fils restaient près d’elle

-Où veulent-ils que vous les retrouviez ?
-Dans les caves abandonnées du quartier Nord. Evidemment, nous ne sommes jamais parties fouiller là-bas
-Ne commencez pas à vous ronger de remords. Votre elfe reviendra probablement vivant. Athor n’était peut-être qu’un imposteur pour moi, mais je dois avouer qu’il vous a bien former à tuer, et à survivre. J’espère que cela suffira. L’Araignée est-elle éveillée ?
-Oui, elle attend mon signal. Je préfère attendre encore un peu
-Comme bon vous semble ma Reine. Bonne chance – finit-elle en s’inclinant avant de lui tourner le dos, les mâles à sa suite.

Désormais seule, Djenka inspira un bon coup, et prit la direction des caves. Elle ordonna à tout les drows qu’elle croisait de rentrer chez eux, comme le faisaient probablement les autres Mères. Valait mieux que personne ne prennent de risque inutile en attendant la fin de cette histoire, et l’élimination des rebelles, jusqu’au dernier. Après dix bonnes minutes de marches, elle se retrouva dans le quartier nord, et la minute d’après, devant l’entrée des caves. A peine eut-elle pénétré les sombres couloirs, que deux rebelles, probablement de simples sentinelles, vinrent à sa rencontre, dans le but de l’amener à leur chef

-Je suis votre Mère, chiens errants, vous ne m’amènerez nulle part !

Pour accompagner ses mots, elle en tua un d’un geste, en lui brisant les cervicales, et la seconde d’après, le deuxième était assommé, sa tête décorant les murs de pierre d’un sang sombre. Le chef rebelle l’avait sous estimé. Elle n’était pas la gentille jeune drow, adoucie par la surface, qui ne s’en prenait pas à un innocent. Elle était un prédateur, et tuer avait été toute son enfance.
A pas prudent, les sens en éveils, elle s’avança dans le tunnel sombre. Elle s’attendait à tomber sur de nombreux pièges visant à la blesser, mais pas à ça. Le tunnel s’ouvrait sur un couloir perpendiculaire, qui s’ouvrait lui-même sur d’autres entrées. Un labyrinthe. Elle pouvait en avoir pour des heures. Exaspérée, elle soupira, avant de se diriger sur sa gauche. Prudemment, elle abaissa les murailles de son esprit, et fut tout de suite assaillie par un mage, qui l’attendait probablement. Elle chancela sous le coup, se protégeant d’instinct, avant de riposter violemment. Il était puissant, mais elle avait un dragon dans sa tête. Elle viola l’esprit de l’homme, dépensant plus d’énergie que nécessaire étant donné la distance, et s’extirpa violemment de son esprit pour retourner dans son propre corps, laissant le mâle sans forces. Ekthel savait qu’elle était là. Mais maintenant, elle savait comme le rejoindre rapidement. Elle n’était pas la proie, elle était le chasseur. Et devait donc aller au devant du danger, le chasser, et l’éliminer. Elle s’appuya quelques secondes contre la paroi froide du souterrain, et puisa de l’énergie dans sa bague noire. Hors de question d’y arriver sans force.

Après cinq minutes de marche, des bruits de pas. Ou plutôt de course. Elle s’arrêta, prête à les accueillir. Il leur fallut dix bonnes secondes pour la rejoindre, ou plutôt la trouver. Ils étaient plutôt grands – du moins plus qu’elle- et massifs. Ils posèrent leurs regards sur elle, et un sourire carnassier apparut sur les trois visages. Grimaçant de dégout, Djenka s’avança à leur rencontre, l’œil pétillant. Un bruit de lame sortant de son fourreau lui indiqua qu’ils étaient armés, contrairement à elle. D’un murmure, elle protégea faiblement son corps contre les lames qui dévieraient donc. Les trois hommes, comme un seul, se mirent à courir, épée au poing. Elle fit de même dans leur direction, bondissant au dernier moment pour leur passer au dessus de la tête. Elle se retourna rapidement, envoya son pied voler contre la nuque du premier, avant de s’accroupir pour éviter un coup d’épée du deuxième. Le troisième eut plus de chance, et lui entailla le bras. Vexée, elle bondit sur lui, le renversant, et lui ouvrit la gorge après s’être saisie de son épée. Armée, elle se retourna donc vers le dernier, qui n’était plus très sur de lui.

-Je te laisse une chance de rester en vie. Mène-moi à ton chef en évitant les autres rebelles. Si tu refuses, je me servirai moi-même en violant ton esprit, ce qui te laissera à l’état de légume.

Après quelques secondes de silence, l’homme baissa sa lame, et sa tête. Satisfaite, elle le désarma sans douceur, et plaça la pointe de son épée dans les côtes du rebelle. La Reine le poussa à l’épaule, l’invitant à démarrer la marche.
L’homme semblait savoir très bien ou il allait, mais ne se pressait pas. Agacée, Djenka enfonça l’épée dans sa chair.

-Je sais très bien ce que tu es en train de faire. Mais même si ils avaient des heures entières pour se préparer à mon arrivée, ça ne serait pas suffisant. Avance
-Il tuera votre elfe, vous n’avez d’autre choix que de nous laisser prendre le pouvoir
-Un mâle au pouvoir reviendrait à laisser le peuple s’autodétruire. Vous n’êtes que des incapables. Maintenant ferme la, je n’ai pas besoin des conseils d’un rat se terrant dans les souterrains dans l’attente de son heure de gloire.

Il obéit, et avança plus rapidement.
Une dizaine de minutes plus tard, il ralentit. Ils étaient arrivés. A une centaine de mètre, la lumière d’une pièce. Elle se rapprocha de son otage, et lui tint la gorge, en avançant à pas prudent. Elle avait probablement évité plus d’une vingtaine de mâle pour venir. Comment ferait-elle pour repartir ? Elle décida de chasser cette préoccupation de son esprit. Fallait-il encore repartir un jour…
Elle pénétra dans la pièce, l’homme toujours sous son pouvoir, et découvrit le chef. Ca ne pouvait être que lui. Il semblait dégager une aura de puissance et d’autorité autour de lui, chose étrange chez les hommes drows. Comment avait-il put enrôler autant de mâles ?
D’un coup de pied dans le dos du rebelle, elle l’envoya valser. Il s’écrasa sur le sol aux genoux de son maître, dans un grognement de douleur

-Me voilà Ekthel. Tu remercieras pour moi ce gentil toutou qui m’a guidé jusqu’à toi sans encombres. Maintenant je suis là. Que me veux-tu ?

Elle se força à ne pas regarder Kellran. Pour le protéger, elle devait feindre d’être indifférente à son sort. Feindre qu’elle n’était venue que par fierté, par envie de conflit, et de les tuer tous.
Cependant, elle ne put s’empêcher de frôler l’esprit de son ami, qui semblait plus faible et torturé que jamais. Délicatement, elle l’effleura d’une vague de douceur et de sécurité. Elle le sortirait de cet enfer dans lequel il était venu pour aider. Elle le ramènerait à Delva, à Myad, à son peuple.


.
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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Jeu 9 Aoû 2012 - 17:26


(Désolé du retard, pas d'inspi T.T ici ça va mieux Razz)

Te souviens-tu ?
La question résonna dans le vide de son âme, reprise en échos dans cette caverne infinie et sombre. Te souviens-tu ? Rappelle-toi…
« Me rappeler quoi ? »
Le pauvre Dragonnier, perdu, n’avait même plus la force de réfléchir. Il n’arrivait plus à penser, encore moins à faire appel à sa mémoire ; réveiller ses souvenirs était un supplice, un périple digne des grands héros d’antan. Il ne flottait plus dans le flou, il coulait, loin sous les flots de l’abandon et de la perdition. Il en sentait le fluide glacé se répandre le long de ses membres, figer son corps, aspirer son énergie. Il aurait aussi bien pu être enfermé dans un bloc de glace, subir la brûlure affreuse du gel en sentant sa vie lui être retirée irrémédiablement. Un rugissement lointain, assourdi, fit trembler sa conscience. Il eut soudain l’impression d’arrêter de couler, au contraire il se sentait remonter, fendant les flots, enveloppé dans une douce chaleur. Il creva la surface de cet océan de perdition, prit une grande bouffée d’oxygène, toussa.
Fais un effort, petit Elfe, c’est ta dernière chance. Rappelle-toi ta promesse, tu t’en souviens ?
Le souvenir ressurgit, bluffant de réalisme. Entouré des quatre chamanes sous cette immense tente en dôme de peaux, dans ce pays lointain où il avait vécu un exil étrange et réparateur, il récitait des paroles aussi fortes qu’un serment en ancien langage :
« Je suis le gris impitoyable d’un monde en noir et blanc. Je suis le monstre qui combat les monstres. »
Il s’en rappelait en frissonnant. Cette promesse, ce vœu, ce serment qu’il s’était f ait, celui de combattre à jamais les Ombres et autres créatures malfaisantes de nature, de débarrasser le monde de ces êtres ténébreux en usant de toutes les méthodes possibles et par tous les moyens. Il s’en rappelait. Il était le Fils du Soleil, l’astre lumineux dissipant les ténèbres. Il était…
Tu n’es que la flamme de la bougie qui repousse les ombres d’une petite pièce, asséna la voix d’Iliani, sans aucune douceur ni pitié pour son ego qui en prit un coup. La dragonne apparut, silhouette de fumée blanche sur fond noir, ses yeux dorés froids comme la glace. Elle secouait la tête à la manière draconique, montrant son désaccord, sa déception.
Tu t’es proclamé gris parmi le blanc et le noir. En réalité, tu agis comme le chevalier blanc qui lutte contre la noirceur dans un monde gris. Tu fais fausse route, Dragonnier. Tu t’illusionnes de belles paroles, mais tu te vautres dans ton erreur flagrante.
Aux côtés de la dragonne, d’autres silhouettes surgissaient du néant. Il y avait là un Kellran adolescent, vivant chez les Urgals ; il y avait un jeune adulte en quête de vengeance, Kellran le guerrier au service des Vardens, pour ses amis ; Kellran jeune marié, rayonnant près de son épouse ; l’Elfe brisé, sous le pseudonyme de Whedon, le Faucheur. Les silhouettes se dématérialisèrent, tourbillon de fumée éphémère.
Tu as sans cesse basculé entre le bien et le mal, entre le noir et le blanc. Tu n’as jamais fait preuve de neutralité. Tu plongeais d’une quête à l’autre, d’une cause à une autre. Tu as toujours désiré te battre pour ce qui était juste… tout en oubliant que la cause véritablement juste est celle de ta vie, et la survie de tes proches.

- Elle approche, Seigneur. Seule, comme vous l’aviez prédit.
Ekthel acquiesça sans rire, même s’il jubilait intérieurement. La faiblesse des émotions était une arme jouissive, surtout contre une Elfe Noire aussi puissante que leur nouvelle Reine. Pauvre petite, si inexpérimentée. Elle ne ferait pas long feu sur le trône en étant affublée de telles tares. Mettre ainsi sa vie et sa position en jeu pour sauver un pauvre serviteur, un stupide être de la surface, la classait automatiquement dans la liste des ennemis facilement manipulables. L’œil brillant d’excitation, il se tourna vers le Sorcier et désigna le prisonnier d’un mouvement du menton :
- Réveille-le. Qu’il assiste au spectacle.
Le drow posa une main sur le front de l’Elfe, ses doigts crochus exerçant une pression experte sur les tempes qui gonflèrent douloureusement. Kellran se réveilla en sursaut, ses cheveux blonds noircis par la sueur de la douleur. Il jeta un regard hagard aux alentours puis sentit la nausée lui crisper l’estomac. Il vomit une bile liquide, acide, qui lui brûla la gorge. Ekthel ricana.
- Te voici bien faible. Je te pensais plus résistant, pourtant… Décidément, les êtres de la surface me feraient presque pitié. Sorcier, offre donc à notre ami un regain d’énergie.
Le Sorcier grimaça un rictus de dégoût en reposant sa main sur le front du prisonnier. Il laissa s’écouler une infime parcelle d’énergie entre eux puis coupa le contact. Le Fils du Soleil aspira une brusque goulée d’air en hoquetant, son esprit s’éclaircit légèrement. Il secoua la tête et leva des yeux inexpressifs vers le chef des rebelles. Autour d’eux, une fébrile activité transformait la salle en fourmilière. Les mâles s’armaient, enfilaient leurs armures d’un air résolu, prêts à participer au tournant de leur existence en Outreterre. Chacun savait ce jour comme celui du futur ; soit ils gagnaient, soit ils mouraient. En quelques minutes, deux dizaines de guerriers s’alignaient le long des murs, formant une haie d’honneur pour leur souveraine tant attendue. Ekthel supervisa les opérations d’un air satisfait tandis que le Sorcier, paupières closes, marmonnait des phrases inintelligibles à ses côtés.
- Elle arrive, annonça-t-il finalement. L’un de nos guerriers la guide vers nous, soumis à sa volonté.
- Ainsi la chienne a exhibé les crocs, sourit le chef des rebelles.
Derrière eux, Kellran retrouvait doucement l’usage de sa réflexion, et les informations accumulées surgissaient en lui avec une saveur aigre-douce. Il devinait que ses ravisseurs parlaient de Djenka. La nouvelle reine d’Outreterre se jetait dans la gueule du loup… pour lui. Pourquoi ? Même s’ils avaient passé quelques jours ensemble, leurs relations n’étaient pas vraiment amicales. Il y avait entre eux un respect mutuel renforcé par l’amour commun qu’ils vouaient à Myad. Hormis cela, rien ne liait la drow au Dragonnier. Si, par sa faute, Djenka devait mourir alors que venait de lui échoir le trône, il porterait sur lui ce nouveau fardeau de conscience. Tout ce qu’ils avaient accompli, réduit en cendres à cause de sa stupidité. Il lui fallait se libérer de ses chaînes et prêter main-forte à sa nouvelle amie. C’est en repérant ses armes - empilées en tas sur le sol près du balafré qui lui servait de chien de garde - que Kellran eut la solution.

Djenka apparut finalement dans l’ouverture d’une des arches menant aux salles voisines. Elle tenait en respect un grand Elfe Noir de la pointe d’une épée, et le poussa sans ménagements devant Ekthel. Le visage de la reine était un masque de colère et de dégoût, l’expression de l’autorité dans toute sa splendeur. Elle était prête à étriper chacun des mâles drows présents dans les souterrains, cela ne faisait aucun doute.
- Me voilà Ekthel. Tu remercieras pour moi ce gentil toutou qui m’a guidé jusqu’à toi sans encombres. Maintenant je suis là. Que me veux-tu ?
Le chef des rebelles, le Seigneur des mâles libres, afficha son plus beau, son plus effrayant sourire. Sans même jeter un œil au mâle qui était prostré à ses pieds, il lui écrasa la gorge d’un mouvement de jambe.
- Merci, souffla-t-il ironiquement. Voici le seul remerciement offert à ceux incapables de sacrifier leur vie pour notre cause.
Il s’inclina ensuite bien bas, imitant à la perfection le geste servile de respect envers un supérieur hiérarchique. Ses yeux argentés, glacés, ne quittaient pas la Reine. Les deux gardes du corps, le Sorcier et le Balafré, n’esquissèrent pas un geste. Tout cela n’était qu’une mascarade, une pièce de théâtre cruelle et inutile. Mais Ekthel aimait se moquer de ses victimes.
- Je vous remercie d’avoir daigné vous déplacer, votre Altesse. C’est pour moi un tel honneur. Maintenant que vous voici parmi nous, les négociations peuvent commencer.
En parfaite synchronisation, les guerriers entourèrent Djenka, leurs armes dégainées, prêtes à frapper au moindre geste. Le Balafré, en retrait, tenait maintenant une masse d’armes en métal drow noir, hérissée de pointes. Le Sorcier s’avança ; son regard violet dévoilait toute la puissance de son pouvoir. Des ombres informes l’entouraient, voletant autour de lui comme une cape immatérielle. De sa voix, rauque, il menaça :
- N’essayez pas d’employer la magie. Je veillerai à vous stopper le temps que l’on vous transperce de part en part.
Son ton, l’aura vibrante de pouvoir autour de lui, tout indiquait qu’il ne plaisantait pas. Ce Sorcier, tout drow qu’il fut, ou peut-être parce qu’il était drow justement, pouvait sans conteste tenir tête à un Dragonnier, surtout loin de son dragon. Djenka était en bien mauvaise posture.

Kellran était tendu comme une corde d’arc. Il ne voyait qu’à moitié le spectacle, s’en préoccupait à peine. Il avait senti le contact de l’esprit de son amie, ses vagues d’apaisement et de réconfort. Elle le soutenait autant qu’elle pouvait en cette occasion. Djenka feignait ne pas s’inquiéter pour lui, mais cette ruse ne fonctionnait pas avec Ekthel, il le savait. Si la Reine était venue seule, c’était exclusivement pour lui. Sinon, elle aurait amené ses fières guerrières. Ekthel n’était pas dupe, il était intelligent, trop même. Il y avait cependant un avantage à tirer de lui ; il n’y connaissait rien en magie. Ou pas suffisamment pour remarquer la faille laissée par les chaînes emprisonnant son prisonnier. Si qui que ce soit pouvait accéder à son esprit, cela signifiait qu’il n’y avait aucune entrave l’empêchant de toucher lui aussi au travers de son esprit. Bien sûr, le Sorcier avait veillé à protéger les esprits des drows présents de son emprise autant que de celle de Djenka. En revanche, personne n’avait pensé à ses armes… ses poignards. Ceux-ci, magiquement liés au Fils du Soleil, lui étaient accessibles, remplis à ras-bord de l’énergie qu’il y avait stockée. Que pesait alors la chaîne sensée le priver de son énergie corporelle ? Rien.
Il tissa le lien entre son esprit et ses armes, se prépara mentalement à faire appel à elles. Il lui fallait agir vite ; dès qu’il commencerait à puiser dans l’énergie des poignards, la chaîne chercherait à aspirer celle-ci tout comme elle aspirait celle de son corps entravé. L’Elfe enserra l’un des joyaux de la chaîne entre son pouce et son index puis murmura « Force » en ancien langage. En une seconde, il eut broyé cette pierre malfaisante entre ses doigts. Il coupa le flot d’énergie, attendit quelques secondes puis recommença, et recommença encore, et encore. Personne ne prêtait attention à lui, tous les Elfes Noirs se concentraient sur leur souveraine. Lorsqu’il eut fini, il ne resta rien des joyaux suceurs d’énergie ; par chance, les chaînes liant ses pieds n’en étaient pas dotées. Alors, empoignant à pleines mains les maillons, il répéta le mot magique et tira d’un coup sec, brisant le métal qui protesta d’un crissement.

- Vous êtes en mon pouvoir, siffla Ekthel, toute fausse courtoisie envolée. Veuillez déposer vos armes au sol avant que mon second vienne les chercher lui-même, fit-il en désignant le guerrier balafré.
Le chef des rebelles attendit que la Reine obtempère, puis il se gaussa :
- Après des siècles de soumission, les mâles vont enfin prendre leur revanche et régner en Outreterre. Les événements récents sont la preuve que nulle femelle ne peut diriger une nation. Je serai donc celui qui héritera du trône après vous avoir tué. Mais avant…
Il eut à nouveau ce rictus effrayant, son regard concupiscent s’attardant sur le corps de Djenka.
- Avant, je compte m’amuser un peu avec vous, comme je me suis amusé avec vos deux messagères.
Il tira Slyth de sa ceinture et fit un pas vers la Reine quand le claquement de la chaîne résonna dans la salle souterraine. Ekhtel se retourna brusquement, imité par le Balafré. Le Sorcier, discipliné, recula pour garder dans son champ de vision autant Djenka que son chef. La vision de Kellran, ses bras ornés de chaînes brisées, scindant à mains nues les entraves de ses pieds, les laissa paralysés l’espace de quelques secondes. La lueur dorée dans les yeux de l’Elfe témoignait de son énergie revenue et de la force de sa colère. Il récupéra son fauchard, se mit en position de combat. Le chef des rebelles, alors, hurla :
- Tuez-les, tous les deux !
Et les drows attaquèrent.

(Les vingt guerriers drows vont devoir mourir. Tu peux également attaquer le Sorcier, mais il est suffisamment puissant pour nous repousser et prendre la fuite avec son chef dans le labyrinthe. Je prévois que Kellran tue le Balafré, sauf si Dark veut s’en charger elle-même. A toi de voir.)
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Espionne du Cam Serarna

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Djenka
Espionne du Cam Serarna
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Jeu 11 Oct 2012 - 22:50


Lentement, le chef des rebelles releva la tête pour daigner la regarder. Son air satisfait énervait Djenka au plus au point, qui n’avait désormais qu’une envie, lui agrandir son sourire en deux coups de dague. En s’avançant vers elle, il tua le drow à terre. La Reine ne lui accorda pas un regard, de toute façon, elle aurait du le tuer plus tard. Une chose de moins à faire. Puis, le mâle s’approcha, et s’inclina, avec ce même sourire.

-Cesse tes courbettes ridicules, esclave. Son Altesse n’a pas la réputation d’être clémente envers les chiens qui mordent la main qui les nourrit.

D’un mouvement, ses hommes l’entourèrent, armés comme si d’un clignement de cil elle pouvait tous les tuer. Amusée, elle sourit. Au final, ils n’étaient réellement qu’une meute de chiens errants, rassemblés autour du plus fort d’entre eux. Ils le craignaient, et le suivaient dans l’espoir de retrouver une vie plus glorieuse que celle des souterrains. La plupart devaient certainement déjà regretter leur choix. Après tout, aucune femme n’était censée devenir Reine lors du commencement de la rébellion, rien ne les empêcherait de prendre le pouvoir. Et voila qu’une jeune dragonnière, entrainée toute sa vie par le Prince, s’emparait du Trône. Voila qui contrecarrait tous leurs plans. Elle n’avait rien à craindre d’eux. Ils n’étaient pas entraînés pour ça, ils n’avaient que l’avantage du nombre. En bon assassin, elle ne mit que quelques secondes à les compter, les évaluer en fonction de leur arme, leur physique, et leur puissance mentale, quasi inexistante pour la plupart. Elle était persuadée qu’avec Kellran, les deux dragonniers pouvaient tous les tuer.
Mais le problème était là. L’elfe était enchainé, et faible. Discrètement, elle se risqua à le regarder. Il était certes sans force, mais elle le savait complètement attentif à la situation

Un drow s’avança alors, et toute l’attention de Djenka fut reportée sur lui. Un sorcier. Puissant, bien plus puissant qu’elle ne l’aurait voulu. Un grondement sourd s’échappa de sa gorge alors que ses yeux se firent meurtriers. Elle n’aimait pas ses pouvoirs. Comme s’il était utile de le préciser, il lui conseilla de ne pas utiliser la magie. Elle était courageuse, mais pas folle au point de tenter quelque chose. Bien que liée à une des plus puissantes créatures, sa magie s’était développée plus tard, ne s’étant liée à Dark qu’un an après son éclosion, à cause d’un conflit de dragon sauvage. De plus, sa dragonne n’avait que quelques années, et Djenka se savait incapable de rivaliser avec ce Drow. Kellran lui, aurait peut-être put. Sans qu’elle comprenne pourquoi, sa magie était beaucoup plus puissante qu’elle ne devrait l’être. Delva était très jeune, or, il semblait posséder une magie comme s’il était dragonnier depuis des années. Mais une nouvelle fois, lui ne pouvait rien faire. Elle était seule, avec une récente magie, qui bien que puissante, ne suffirait pas.

-Contrairement à toi, on ne m’a pas enseigné que la magie. Je suis capable de vous tuer sans me cacher derrière mes sorts.

Une nouvelle fois, elle regarda Kellran. Cette fois-ci, elle remarqua quelque chose de différent. D’apparence, l avait toujours l’air d’un otage maltraité. Cependant, elle sentait un flux d’énergie circuler, tout faiblement, en son sens. Elle se détourna de lui. Elle ne savait pas ce qu’il faisait ni comment, mais il semblait avoir trouvé un moyen de recouvrer quelques forces, et il fallait à tout prix que personne ne le remarque

-Je te conseille de ne jamais te trouver face à mon dragon Sorcier. Tu découvriras alors ce qu’est vraiment la magie.

Oui, mais si elle mourrait aujourd’hui, il y avait peu de chance que Dark puisse la venger. Et puis de toute façon, en ce moment même la dragonne était bien trop loin pour pouvoir l’aider. Une fois, alors que Djenka combattait un Ombre, Dark avait en quelque sorte pris possession du corps de la drow, et avec sa propre magie draconique, avait repoussé l’ennemi. Mais ce n’était arrivé qu’une fois, alors qu’elle était en danger de mort. Et elles étaient à moins de cinq cent mètre l’une de l’autre. Là, la dragonne était en surface, et ne pouvait même pas savoir ce qui arrivait à sa drow.
Ses armes seraient ses seules alliées

-Veuillez déposer vos armes au sol avant que mon second vienne les chercher lui-même

Docilement, elle les posa son épée sur le sol, à ses pieds. Elle était bien plus agile que n’importe lequel d’entre eux, et quoi qu’il arrive, son épée serait de nouveaux entre ses mains en cas de besoin avant qu’ils ne puissent bouger. Tel un chat sauvage, un serpent meurtrier, elle avait depuis bien longtemps appris que son corps était son arme la plus puissante et fidèle, autant pour séduire que pour tuer, l’un étant souvent la motivation de l’autre.

-Après des siècles de soumission, les mâles vont enfin prendre leur revanche et régner en Outreterre. Les événements récents sont la preuve que nulle femelle ne peut diriger une nation. Je serai donc celui qui héritera du trône après vous avoir tué
-Les mâles ne reigneront jamais. Vous en êtes incapables. Le peuple s’autodétruirait en moins d’un siècle. Vous n’êtes que des hommes vexés de votre condition. Stupides que vous êtes ; malgré notre domination féminine, je comptais rendre cet usage plus doux à votre égard. Dommage que votre mort soit si proche
- Avant, je compte m’amuser un peu avec vous, comme je me suis amusé avec vos deux messagères.

Djenka se pétrifia. Non, elle n’avait pas peur de lui. Mais elle revoyait les deux femelles, ou plutôt leur cadavre. Souillés, humiliés. Elles qui n’avaient probablement rien fait de mal en plus…
Un puissant claquement la sortit de ses pensées. Elle ne chercha pas à savoir ce que c’était. Ils détournaient tous le regard. En une seconde, son épée se retrouva entre ses mains, puis tranchant la gorge du drow le plus proche. Un corps s’écroula sur elle, la faisant chanceler. Un corps. Elle se retourna vivement. Kellran ! Décidemment, il avait plus d’un tour dans son sac. Lui adressant un bref sourire, mi fier, mi carnassier, elle bondit en l’air, assoiffée de sang, l’acier de son épée rencontrant joyeusement les peaux sombres des mâles. Son poignet se glissa à sa ceinture, et la seconde d’après, Djenka envoyait à l’Elfe de la surface une gemme d’énergie, au cas où le combat serait rude

-Tuez-les, tous les deux !

Comme s’ils n’étaient qu’un seul homme, les dows se jetèrent sur eux. Les yeux dorés de la Reine croisèrent ceux du Sorcier

-Bouge pas, pas de magie !

C’était la première fois de sa vie qu’elle utilisait La Voix. Elle n’avait même pas fait exprès à vrai dire… Sans attendre de voir si cet antique pouvoir était encore efficace, elle fit un pas en écart évitant de justesse l’épée d’un drow. Elle para d’autre coup, s’accroupit, et à l’aide de son poignard apparu dans sa paume, en rendit trois hors d’état de nuire, les mollets en sang
Sans savoir comment, elle se retrouva dos à dos avec Kellran. Le fils du Soleil n’émanait plus comme avant. Toujours cette puissance, mais là, il semblait aussi avide de mort que la dragonnière. Lui qui était pourtant un rayon de soleil dans ces sombres souterrains…
Comme s’ils s’étaient entraînés ensemble depuis des années, les deux elfes étaient efficaces, tuant et blessant à chaque secondes. Un jet de dague dévié, une épée parée, un poignard esquivé. Les mâles ne leur laissaient pas une seconde de répit. La fluidité de la Reine lui permit d’avoir le moins possible de blessures, mais sans pour autant les esquiver toute. Une joue sanglante, une brulure cuisante dans le dos, probablement une épée qui l’avait effleurée alors qu’elle n’était plus dos à dos avec Kellran. Elle ne savait même plus ou il était, ni Ethkel.
Elle les sentait là, c’était suffisant.


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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Lun 29 Oct 2012 - 17:49


Le fauchard siffla, annonçant la mort. Vif comme le cobra, Kellran décapita le drow à portée de son arme, dans un geyser de sang qui l’aspergea à moitié, teintant de vermeille sa peau pâle. D’une rotation, il asséna le même traitement à deux autres guerriers, tranchant leur armure avec autant de facilité que s’il s’agissait de terre cuite. Le métal se brisa, tomba au sol dans une pluie grise, noire et rouge. L’Elfe inversa sa prise sur l’arme, frappa violemment un nouveau drow à la tempe, de la hampe de son fauchard.
- Tuez-les, tous les deux !, hurla Ekhtel à pleins poumons, réveillant ses troupes abasourdies par le soudain retournement de situation.
Son prisonnier s’était libéré, porteur d’une énergie tirée du néant, et déchaînait sur eux la fureur d’un carnage sanglant. Incroyable ! Enragé, le chef des rebelles s’approcha de son Sorcier :
- Comment s’est-il libéré ?
Le ton, ouvertement accusateur, devint sifflement.
- Mets la chienne hors d’état de nuire, ou tu le regretteras !
Le Sorcier acquiesça, regardant son maître disparaître. Une grimace horrible déforma ses traits. Bien sûr qu’il le regretterait ; s’il n’empêchait pas la Reine d’utiliser ses pouvoirs, elle le tuerait sur place, lui et tous les autres mâles rebelles. Tout ça à cause de ce stupide elfe ! Le Sorcier l’avait détesté dès le premier regard, plus encore lorsque leurs esprits s’étaient touchés. Il avait senti un être perdu, une bête acculée, privée d’assurance, ce qui le rendait d’autant plus dangereux et imprévisible. Imprévisible ! Comment cet énergumène avait réussi à se libérer des chaînes dévoreuses de vie ? Comment ? COMMENT ?!

Le Sorcier fit face à la Reine, qui avait récupéré ses armes et taillé un chemin dans la masse des rebelles. Joignant les mains, son regard enflammé par l’énergie, il commença l’énoncé d’un sort destiné à la priver d’équilibre, mais la Reine avait remarqué son ennemi.
Bouge pas, pas de magie !
La Voix résonna, aussi fort que le tonnerre. Le drow sentit son corps s’immobiliser, ses nerfs figés, ses membres mués en pierre, son esprit s’engourdit, plongé dans un océan de vide horrible. Ne pas bouger. Ne pas utiliser de magie. L’ordre était clair, limpide, puissant. Il s’insinua dans tout son être, le privant de volonté. La Voix. Ce cruel ascendant possédé par les femelles pour dominer les mâles sous leur pouvoir. Il en était le pantin. Non, non ! Une gemme remplie à ras-bord d’énergie lui passa sous le nez, venant se loger dans la paume tendue de l’Elfe qui acquiesça un remerciement. Kellran additionna cette source imprévue avec celles de ses poignards, et se sentit beaucoup plus fort, plus résistant. Un rictus carnassier se plaqua sur son visage. Tendant le bras en arrière, il le relâcha d’une brusque poussée, faisant décrire à son fauchard un arc de cercle. Il termina sa course dans le ventre d’un drow à 20 pas. Le Dragonnier remplaça son arme perdue par ses poignards, récupérés sur le chemin et plongea leurs lames dans la chair et le sang. Une épée siffla à son oreille, menaçant de lui couper le bras. Vif, il esquiva, sans avoir le temps de riposter. Désormais, il faisait face à des guerriers concentrés, en grand nombre, bien protégés. Quatre l’entouraient, prêts à en découdre. Celui qui lui faisait face s’élança, abattit sa masse en direction de sa tête ; Kellran l’intercepta, brisa le poignet de son ennemi puis, d’un coup de pied, lui brisa le genou. Il fit un pas de côté pour éviter l’assaut dans son dos, ne laissant comme cible à l’attaque que sa première victime, dont le crâne fut fendu en deux par une lame d’acier noir. Au contact qu’il sentit derrière lui, le Fils du Soleil reconnut celle qui était venue le sauver. Djenka, fidèle à ses talents, se révélait digne de son rang de Dragonnière. A deux, protégeant mutuellement leurs arrières, ils faisaient un massacre dans les rangs drows. Les mâles s’acharnaient sur eux comme une meute de loups sur un rhinocéros. Leurs griffes, leurs crocs ne pouvaient percer la carapace de cuir de la bête mise en colère. Avec ses lames, Kellran déviait chaque attaque, employant la force de ses adversaires pour la retourner contre eux. Il utilisa cette technique – efficace autant qu’économe en énergie – jusqu’à ce qu’un ennemi digne de ce nom se présente devant lui. Le Balafré, sorti de l’ombre, s’avança, exhibant épée dans sa main gauche, hache dans la droite. L’épée luisait de rouge, comme si elle était constamment inondée de sang frais. Elle semblait sans cesse appeler le combat, hurler son désir de mordre. La hache, vicieuse, était d’un gris-noir uniforme ; seul le fil de la lame était presque vert, d’un vert sombre et dégoulinant. D’instinct, l’Elfe sentit le danger qui émanait de ces deux armes. Heureusement pour lui, ses poignards étaient des armes de Dragonnier, insensibles aux attaques magiques, indestructibles, infatigables. Il rompit le duo avec Djenka, désirant écarter de la Reine la présence de ce guerrier autrement plus mortel que les autres mâles présents.
- Je savais que j’aurais l’occasion de te faire face, annonça le Fils du Soleil avec hargne.
Le Balafré ne répondit pas. Il se contenta de lever ses armes, dans une attitude de défi. Sous son armure de plaques, sa carrure de boucher faisait jouer les anneaux de mailles. Au même moment, avec une synchronisation parfaite, les duellistes se jetèrent l’un sur l’autre.

Le Sorcier sentait le pouvoir de la Voix s’amoindrir au fil des secondes. La haine qui brûlait dans ses yeux violets menaçait de consumer quiconque s’approchait trop près de lui. Par chance, le centre des combats s’éloignait de son corps. Sans guerriers pour le protéger, le Sorcier se serait retrouvé sous l’emprise de la nouvelle Reine, laquelle n’aurait pas manqué de le décapiter d’un revers de lame. Incapable de bouger ni d’employer la magie, il était aussi inoffensif qu’un nouveau-né. Du coin de l’œil, le drow discerna le Balafré qui tenait tête à l’Elfe. Physiquement, il était parfaitement à même de vaincre leur ennemi, mais il n’aurait aucune chance sans soutien spirituel. Le Sorcier se plongea dans une transe méditative, et perça la faille laissée par les ordres de la Voix. Il n’emploierait ni gestes ni magie, car son esprit n’avait besoin ni de l’un ni de l’autre pour agir. Se libérant des entraves de son corps, il fusa vers Kellran, soumettant les défenses mentales de l’Elfe à un assaut violent et cruel.
Le Fils du Soleil ressentit cette attaque telle une lance de glace dans sa tête. Déconcentré, brièvement déconnecté de la réalité, le dixième de seconde nécessaire pour renforcer ses défenses mentales permit au Balafré de percer ses défenses physiques. Le tranchant de la hache fit gicler son sang, traçant un sillon rouge sur son ventre nu. Le Dragonnier serra les dents. La blessure lui brûlait atrocement, le vidant de ses forces. Elle eut cependant l’avantage de le rendre plus lucide, et d’accroître sa rage de manière phénoménale. Puisant dans l’énergie de la gemme, il murmura en ancien langage le mot qui lui permettrait de vaincre physiquement ce boucher aux armes meurtrières.
- Détermination.
Le Balafré recula, sentant une nouvelle menace planer sur sa vie. Son adversaire, après avoir chuchoté quelque chose d’incompréhensible, devenait soudain moins facile à atteindre, beaucoup plus rapide, presque impossible à arrêter. Non, il était véritablement impossible à stopper. La charge de l’Elfe lui fit l’effet d’une charge de lion furieux. Le Balafré l’accueillit de son épée de sang, laissant le soin à l’arme d’aller chercher le chemin jusqu’au fluide vital. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque l’Elfe, croisant ses poignards pour contrer, brisa l’arme d’une poussée. La lame avait pourtant été ensorcelée par le Sorcier lui-même, chargeant de son pouvoir des sorts destinés à empêcher la moindre défaite. Peu importe ! Il lui restait toujours sa hache. Il l’abattit sur le Dragonnier, le forçant à reculer, le martelant de coups de bucheron, récupérant le terrain perdu… et s’arrêta en sentant un objet froid et dur se planter dans ses côtes, entre deux plaques d’armure.
- Non, réussit-il à souffler avant que la lame du poignard ne trouve le chemin de son cœur et s’y enfonce.
Kellran libéra son arme et mit fin à l’appel de la détermination. La hache malsaine qui l’avait blessé gisait à ses pieds, ayant perdu son éclat maléfique. Visiblement magique, elle puisait dans son manieur l’énergie d’activer les divers sorts dont elle était porteuse. L’Elfe n’avait pas le temps d’enquêter sur l’utilité de ces sorts, d’autant plus que l’arme, sous ses yeux, s’émiettait, réduite à de la poussière de métal qui s’envola. Haussant les épaules, le Dragonnier retourna dans la mêlée, aider son amie en détresse.

Le Sorcier siffla entre ses dents. Son attaque avait échoué, le Balafré était mort, et bientôt, la Reine et son toutou anéantiraient les derniers résistants qui se dressaient entre lui et un plongeon dans les abysses. Mobilisant toute sa volonté, le drow força son corps au mouvement. D’abord un doigt, une main, le bras. L’emprise de la Voix se faisait moins présente, le pouvoir s’effilochait, disparaissait. Il ne restait plus que cinq mâles encore vivants lorsqu’il réussit enfin à reprendre le contrôle de son corps. Avec des gestes hésitants, fébriles, il se détourna et s’enfuit par l’un des accès, suivant le même chemin que son maître. Le combat n’était pas encore fini !
Kellran et Djenka achevèrent les derniers rebelles de la salle et virent le lâche qui leur tournait le dos, s’enfonçant dans les ténèbres d’un couloir adjacent. Nulle trace d’Ekhtel, le chef des rebelles avait du précéder son Sorcier dans la fuite. Le Dragonnier jura, en arrachant son fauchard du corps sans vie de sa victime.
- Suivons-le. Il nous mènera à son maître.
Sans se préoccuper du sang qui empoissait son torse, il se mit à la poursuite des drows restants.

(Nous n’avons pas tué tous les drows. D’autres rebelles se cachent dans les salles souterraines. Pour atteindre Ekhtel et le Sorcier, il faudra leur passer sur le corps. Chaque salle est connectée à la suivante par une porte ou un couloir. Je te laisse la liberté de décrire comme tu veux la poursuite, je m’occuperai de décrire Ekhtel et le Sorcier une fois que nous les aurons rattrapés. Si quelque chose ne te convient pas, n’hésite pas à m’en faire part. Si tu veux des précisions ou que tu n’as pas d’inspiration, je peux également changer ma réponse ^^)
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Espionne du Cam Serarna

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Djenka
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Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Jeu 1 Nov 2012 - 19:13


Un coup d’œil par dessus son épaule, lui révéla que Kellran se battait contre le Balafré, et que ça pourrait bien mal tourner. Malheureusement, elle était elle-même prise avec quatre mâles, bien plus faibles certes, mais qui semblaient tout faire pour l’éloigner de l’elfe. Elle lui faisait confiance, il s’en sortirait. Ou du moins, elle l’espérait…
Esquivant une nouvelle fois un coup – elle avait plutôt l’impression de passer son temps à sauver sa vie que d’ôter celle des autres – elle roula à terre, pour ne plus être encerclée. Mauvaise idée, elle était désormais acculée contre un mur.
D’un murmure, des racines sortirent de terre, et entravèrent les chevilles des hommes, qui paniqués, se mirent à tenter de s’en extirper, et deux d’entre eux tombèrent à terre. Restant tout de même à distance, elle renouvela le sort, deux racines venant alors s’enrouler autour de leur cou, les étouffant. Lâche certes, mais efficace. Un des deux survivants avait réussi à se détacher de ses chaines. Vivement, elle envoya sa dague dans le cœur de celui encore emprisonné, et para l’attaque du dernier de son épée.
Il n’en restait plus beaucoup. Celui qu’elle avait en face d’elle était bien plus grand, et assez musclé. Bien, elle jouerait sur son agilité. De sa démarche fluide, elle lui fila entre les pattes à chaque coup qu’il porta, pour au final, se retrouver derrière lui. Elle bondit sur son dos. Tel un animal enragé, le mâle se débattit, et écrasa la Reine contre la paroi d’un mur, mais celle-ci ne le lâcha pas, malgré un gémissement. Se servant de l’appui du mur, elle plaça ses mains sur la tête de son adversaire, et d’un mouvement sec et violent, lui brisa la nuque, dans un horriblement bruit de craquement d’os. L’homme s’affalant sur le sol, elle retomba souplement sur ses jambes.

Une soudaine énergie retint son attention. Kellran. Elle le chercha du regard, et ne trouva que le Sorcier, fier et concentré. Il s’était délivré de la Voix, et s’attaquait à l’esprit du dragonnier. Ce mâle semblait aussi puissant qu’il l’avait dit, et Kellran ne pouvait à la fois combattre avec son corps, et son esprit. Par conséquent, le Balafré commença à prendre l’avantage. Inquiète, Djenka s’accroupit, se saisit de sa dague coincée dans le corps d’un elfe à terre, et commença à courir en direction de son ami, quand un autre homme s’abattit sur elle. Il ne semblait pas armé, mais sa force était colossale, et empêchait la dragonnière de se relever. Il lui jeta son poing au visage. Sonnée, elle demeura quelques secondes sans rien faire. Il en profita pour la ruer de coup, dans la poitrine, le ventre. Un sourire carnassier commença à se dessiner sur les lèvres du mal, ce qui ne signifiait rien d’un bon pour la dragonnière. Elle remua au dessous de lui, et ses longues jambes vinrent souplement s’enrouler autour du cou de l’elfe noir. Surpris, se dernier se redressa légèrement. La Reine en profita, et désormais libérée du haut du corps, l’égorgea de sa dague toujours présente dans sa main droite. Avant de mourir, l’homme hoqueta, et déversa sur elle une marre de sang chaud et sombre. Elle détourna légèrement la tête, et repoussa le corps de son ancien adversaire.

Plus un bruit. Ils étaient tous morts, il ne restait plus dans le souterrain que Kellran, et l’odeur du Sorcier qui s’amenuisait au fil des secondes.

-Suivons-le. Il nous mènera à son maître.

La Reine acquiesca d’un mouvement de tête, avant de recracher le sang qu’elle avait en bouche. Elle n’était nullement dégoutée, les drows se nourrissaient de sang après tout, mais là, elle en avait plus qu’assez de tout ça. Elle avait senti, gouté, versé plus de sang ces derniers jours qu’en toute une vie d’assassin. Petite vie, certes, mais tout de même.
Elle se retourna vers l’Elfe avant de s’engouffrer dans le souterrain. Il semblait en forme, même s’il ne ressemblait pas au Kellran qu’elle avait rencontré en Alagaesia, quelques minutes avant leur départ pour l’Outreterre. Un maigre sourire au lèvres, elle se contenta de lui dire d’un air quelque peu triste

-Je suis désolée pour tout ça. Pour tout ce qu’il s’est passé depuis que nous avons pénétré ici.

Désolée qu’il ait du être mêlé à la mort de Nyara, d’Athor, à la souffrance de Myad, à son couronnement, mais surtout, que les Drows aient violé la loi du principe d’hospitalité en l’enlevant.
Sans attendre de réponse, elle pénétra dans la noirceur du couloir qui s’offrait à eux. Kellran la suivait, imperceptible. Elle n’aurait pu rêver meilleur compagnon pour cette chasse. Il était aussi prompt et silencieux qu’elle, et semblait également né pour donner la mort. Elle avait énormément à apprendre de lui, elle le savait. Elle n’était encore qu’une enfant dans ce monde après tout.
Après seulement quelques secondes de marches, elle entendit une respiration, non loin. Elle s’arrêta, légèrement accroupie, et regarda le dragonnier. Lui aussi l’avait entendu. Ils étaient au moins deux.
La dague au point, Djenka trotta, toujours de plus en plus vite, pour finalement sortir du couloir en courant, de sa démarche féline, dégainant son épée, en tuant un avant qu’il ne puisse se retourner, pendant que Kellran faisait la même chose d’un autre mâle. Une flèche vint se planter dans le haut son épaule gauche, qui lui arracha un grognement de surprise et de douleur. Avant qu’elle ne se retourne, son ami l’avait déjà achevé. Ce troisième, elle ne l’avait pas sentit ou entendu. Elle cassa la flèche encore dans son épaule, pour mieux se saisir de la pointe, qu’elle arracha de sa peau avec un feulement mécontent. Elle s’accorda tout de même quelques secondes pour se soigner, un bras entravé pouvait plus d’une fois être synonyme de mort ridicule.

Avant de repartir, elle se risqua à étendre son esprit, comme elle l’avait fait pour venir. Oui, elle les voyait… Elle mémorisa le chemin le plus court pour arriver au chef des Rebelles, et repartit dans sa propre tête. Effleurant légèrement l’esprit de Kellran, toujours aussi discret et protégé, elle lui transmit ce qu’elle avait sentit, et ensemble, ils repartirent, vers l’unique chemin qu’avait offert cette large ouverture. Elle s’arrêta au passage vers le troisième drows, s’agenouilla, et s’empara de son arc ainsi que de son carquois. Ca pouvait toujours être utile après tout.

Nouveau couloir, nouveaux ennemis. Fière de sa nouvelle trouvaille, elle encocha une flèche, et banda son arc. Kellran passait déjà devant elle pour s’occuper des mâles, lorsqu’une flèche vint siffler à son oreille, pour venir se planter dans la gorge d’un drow. Beaucoup plus amusant comme ça ! Cependant, au bout de la troisième flèche, dont une de perdue, plantée contre la paroi rocheuse, elle s’en lassa. Elle avait été élevée pour égorger, pas pour tuer à distance. Elle rejoignit son compagnon en quelques foulées, dague au poing, et sauta sur le premier mâle qu’elle croisa. Vive comme un serpent, elle esquivait, blessait, tuait. La Reine n’était pas non plus invincible, et un bon nombre de blessures tailladaient joliment ses bras et son ventre. Superficielles, elle ne s’en préoccupa pas, déjà trop vexée d’avoir réussi à se faire toucher.

Deux galeries de souterrains et une dizaine de drows plus tard, elle savait ou ils en étaient. Enfonçant sa dague dans le cœur d’un mâle blessé à terre pour soulager ses souffrances, elle planta ses prunelles dorées dans celles de l’Elfe, et d’un ton neutre, déclara

-Ils sont les prochains.

Elle se redressa, essuya l’arme sur son bras, la débarrassant du sang, et se tourna d’un pas décisif vers ce dernier couloir


.
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Merci Amayläe & Abysse Mr. Green[/i]
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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Ven 23 Nov 2012 - 17:30


Le couloir était sombre et humide. Des gouttes d’eau tombaient du plafond de pierre, rythmant le silence de « ploc, ploc » insistants. Nulle torche pour éclairer le chemin, aussi s’enfonçaient-ils dans les ténèbres. Le couloir allait en s’étrécissant, jusqu’à laisser à peine la place de marcher à deux de front. Kellran leva les yeux, surveilla le plafond dessinant un arc brisé au-dessus de sa tête. De l’eau s’écrasa sur ses cheveux, dégoulina le long de son cou, lui arrachant une grimace de dégoût. Même l’eau lui semblait porteuse de poison, ici. A sa gauche, Djenka lui souriait tristement, s’excusant de ce qui lui était arrivé. De l’enlèvement, de la torture ? Pas seulement. Elle s’excusait également de ce qu’il s’était passé avant, de toute leur aventure en Outreterre. Comme si la nouvelle reine désirait porter sur ses épaules le poids de leurs malheurs. Kellran hocha de la tête ; il avait compris. Même s’il n’était pas d’accord, il acceptait les excuses de la jeune Dragonnière. Ce n’était pas pour elle qu’il avait fait tout cela. Cela, Djenka le savait sûrement. Mais au final, peu importait !

La drow était une véritable chasseresse. Agile, silencieuse, elle se mouvait dans l’obscurité comme une ombre sur un mur noir. Le Dragonnier devait déployer des trésors de discrétion pour atteindre son niveau. Il n’avait pas pour habitude d’aller au combat en employant la surprise. Lui était un guerrier adepte des duels honorables, des mêlées sanglantes, des conflits ouverts. Traquer des rebelles dans les souterrains, tout faire pour frapper le premier, en priant pour qu’ils ne se glissent pas sur leurs arrières pour les égorger d’un coup de dague, n’était pas dans ses habitudes. Kellran renâcla intérieurement : il avait là des lacunes graves à combler. Le monde n’était pas fait que de conflits au grand jour, de duels sur l’honneur. Il lui fallait être capable de penser comme un chasseur, d’être invisible comme un assassin. Par chance, l’agilité elfique lui conférait un avantage certain. Et son ouïe améliorée…
Il s’arrêta en même temps que la reine drow. Devant eux, à quelques mètres à peine, lui parvenait le son d’une respiration, presque infime. Quelqu’un, ou plus probablement plusieurs personnes les attendaient. Ekhtel et le Sorcier ? Il y avait peu de chances, mais Kellran ne pouvait prendre le risque d’étendre son esprit et ainsi révéler sa position. Avant qu’il ait eu le temps de choisir, Djenka s’élança, parcourant aisément la distance qui les séparait de leurs ennemis. Le Fils du Soleil la suivit, couvrant ses arrières d’un regard alerte. Ce qu’il eut le temps de voir lui glaça les sangs. Son esprit enregistra trois elfes noirs, deux postés à la sortie du couloir, le troisième à l’entrée d’un autre boyau, porteur d’un arc prêt à servir. L’exigüité du lieu rendait les cibles d’autant plus faciles à abattre. Kellran dégaina ses poignards et agit de la seule manière possible : d’un bond, il transperça le gorgerin de fer du guerrier à sa portée. La corde de l’arc chanta. L’Elfe poussa le cadavre qui s’affaissait déjà au travers de la trajectoire du projectile ; trop tard pour arrêter la flèche, son réflexe eut le mérite de dévier la course du dard mortel qui se logea dans l’épaule de la reine, laquelle réagit d’un grognement. L’archer lui fit écho, ses mains pressées sur son ventre d’où sortait le manche d’un des poignards du Dragonnier, avant de s’effondrer, mort.

Kellran soupira. Il avait évité le pire, mais il n’en était pas fier. Un siècle auparavant, il était capable de neutraliser trois tueurs en l’espace d’une seconde, sans gaspiller une goutte de sueur. Une telle situation ne l’aurait en rien inquiété. Le Dragonnier perdait de son talent, à moins qu’il ne s’agisse du poids des ans ? Il alla récupérer son poignard et le serra nostalgiquement entre ses doigts. Ces armes l’avaient suivi depuis qu’il était parti en chasse des meurtriers de son clan. Détruites, reforgées, affinées, enchantées, les lames étaient chargées d’histoire, elles ployaient sous le poids du sang qu’elles avaient fait couler. Comme lui, elles se faisaient vieilles. Comme lui, elles allaient devoir changer pour rester en vie. Le Dragonnier se tourna pour regarder comment allait son équipière. Professionnelle, Djenka soignait rapidement sa blessure pour éviter d’être handicapée par la douleur. Fugacement, celle de Kellran se rappela à lui ; il porta une main à son torse et jura silencieusement, en proie à une sensation de brûlure violente. La douleur disparut aussi vite qu’elle était venue, laissant l’Elfe en proie à une certaine inquiétude. Mais il n’était pas temps d’observer en détail la plaie que, déjà, ils s’engageaient dans le nouvel accès. Celui-ci était plus large, avec un plafond en ogive, des murs couverts de moisissure. Sous les pieds de l’Elfe, des os craquaient, enfoncés dans une boue brunâtre exhalant une odeur fétide. D’anciens égouts, présuma Kellran, en ressentant la légère pente du sol destinée à mener les eaux usées à destination. Quelque part, un bruit d’écoulement, le couinement de rongeurs affamés… les cris de tueurs sortant des ombres. Le Dragonnier s’engagea comme un bélier. Il ne devait pas laisser aux drows une chance d’employer leurs arcs. Malgré quoi, l’un d’eux eut le temps de tirer. Kellran dévia le projectile qui se planta dans le mur à sa droite, cilla lorsqu’une flèche lui frôla la joue en volant, non pas vers lui mais vers les drows, et sourit sauvagement en entendant le gargouillis de l’archer ennemi. La précision de Djenka était à la hauteur de ses autres talents ; elle avait abattu le plus dangereux de leurs adversaires dès le début. Les autres sortirent leurs armes - épées, poignards, masses – qui ne les protégèrent pas de l’arc de la reine. Un autre s’effondra encore avant que Djenka, lassée, ne rejoigne Kellran, déjà en lutte avec quatre adversaires aux aspects menaçants. Ils n’étaient pas très bien équipés, mais une arme contondante n’avait pas besoin d’un très grand soin pour être mortelle. Un morgenstern siffla à côté de l’Elfe ayant esquivé de justesse, suivi d’une masse à pointes rouillées qui rencontra la lame de son poignard. Le Fils du Soleil accueillit ses agresseurs d’un coup de pied en plein ventre pour l’un, d’un retour de lame pour l’autre. Ils reculèrent, le nom de Vhaeraun aux lèvres.

Kellran se souvenait des récits de Myad. Vhaeraun, le dieu protecteur des mâles drows, un dieu cruel, maléfique, avide de destruction. Quelle misère que de chérir un tel dieu car il était le seul qui se souciât des mâles. Les manches de ses poignards chauffèrent. D’instinct, l’Elfe s’écarta, sentant la lame d’une épée frôler son bras. Il adressa un remerciement silencieux au sort qui le prévenait des attaques dans le dos, faucha les jambes du lâche et lui trancha la tête dans un combo parfaitement exécuté. La chaîne du morgenstern s’enroula autour de son bras, la boule du fléau lui écrasa le biceps, les pointes déchirèrent sa peau en lui arrachant un rugissement de douleur. D’un coup sec, il tira le drow vers lui, envoya son crâne percuter celui du guerrier qui recula sous le choc, le ramena une nouvelle fois vers lui et dessina une bouche sanglante sur son ventre, d’où se déversa un rouleau d’intestins. Le combat dura longtemps ; ils passaient de l’un à l’autre, avançant, avec chaque fois un mâle pour leur barrer la route. Parfois côte à côte, parfois séparés, ils nettoyaient la galerie. Finalement, plus un bruit. Autour de lui, il ne restait que des cadavres. La boue était désormais vermeille, le sang n’ayant rien amélioré à l’odeur de charogne qui régnait déjà. Ils atteignaient le point d’arrivée de leur course. Plus qu’un couloir à traverser, et ils rattraperaient leurs cibles, acculées. C’était tout du moins ce qu’espérait Kellran, flairant le piège. Mais ils ne pouvaient rien faire d’autre que d’avancer.
Ils sont les prochains.
Le regard doré de la drow accéléra les battements de cœur de l’Elfe, dont le visage se para d’un sourire carnassier. Il avait lu dans ces yeux-là une soif de sang au moins égale à la sienne. Il acquiesça avec gravité, passa une main sur son bras endolori en murmurant une formule de guérison, délaissant la plaie de son torse, qui ne l’entraverait pas dans le combat à venir, secoua ses lames couvertes de sang pour en évacuer le plus gros.
- Ils ont eu le temps de nous préparer un accueil digne de ce nom. Prudence.
La reine en était certainement arrivée à la même conclusion. Le dernier couloir n’était qu’un goulot d’un mètre de large, haut de deux, fermé d’une porte en acier noirci. Il avança avec prudence jusqu’à l’obstacle : rien. Projetant son esprit, il rechercha des signes d’envoûtement : rien. Un sifflement d’amusement s’échappa des lèvres du Dragonnier. Il érigea autour de lui un bouclier suffisamment large pour boucher le couloir puis récita les paroles destinées à forcer l’ouverture de la porte. Un torrent de flammes se déversa par l’ouverture, rugissant à la manière d’un dragon enragé. Le feu, violet-bleu, le percuta violemment, l’obligeant à reculer de deux pas. Il y avait derrière cette attaque une source de magie puissante, très puissante même, capable de déployer une énorme quantité d’énergie. Le Sorcier, cela ne pouvait être que lui. Se sentant reculer à nouveau, Kellran libéra un peu plus de sa propre puissance pour renforcer son bouclier. Si le rempart entre la porte et lui tombait, l’entièreté du couloir et de la salle adjacente – où se trouvait Djenka – serait avalée par les flammes destructrices. Heureusement, le flot se tarit enfin, soulageant l’Elfe d’un poids qui devenait dur à porter. Inconsciemment, il avait fermé les doigts sur ses poignards, qu’il dégaina en pénétrant dans la salle où les attendaient Ekhtel et le Sorcier, debout l’un à côté de l’autre.

Le chef des rebelles ne souriait plus, ses yeux d’argent brillaient d’un éclat glacé. Engoncé dans son armure d’ébonite, il arborait une carrure typiquement elfique, fine et musclée, le corps d’un tigre mangeur d’homme. La poignée de son épée dépassait derrière son épaule. Le Sorcier avait noué ses cheveux blancs en queue de cheval, libérant son champ de vision. Ses traits tirés, la sueur froide perlant sur son front, indiquaient son usage récent de la magie. Sa toge blanche arborait plusieurs séries de traces laissées par la boue, sa course dans les couloirs, une éventuelle chute dans sa précipitation peut-être. Ses mains, protégées par leurs gants de fer noir, étaient serrées en poings vengeurs.
- Ils ont échoué, marmonna Ekhtel d’une voix qui n’était plus du tout charmeuse. Bande d’incapables, que les araignées de Lolth leur dévorent le cœur dans les tréfonds du Chaos !
Kellran tira de sa poche la gemme offerte par Djenka et absorba ce qui restait d’énergie, en prévoyance du combat. Embrassant la pièce du regard, il remarqua, sur le mur du fond, une sculpture haute de trois mètres représentant un visage masculin aux traits fins, à l’expression sauvage, cruelle et sadique. D’étranges cornes ornaient le sommet de son crâne, surgissant d’une chevelure longue et rebelle. La sculpture, en relief, était faite de granit craquelé, noir. Kellran renifla ; le noir était du sang séché, en grande quantité. Sans que son visage ne trahisse quoi que ce soit, il entra en contact avec la reine des drows :
« Ekhtel cache bien son jeu, il ne faut pas le sous-estimer. S’il a réussi à se faire obéir du Sorcier, qui semble le craindre, c’est qu’il est plus puissant. »
Leur discussion mentale fut interrompue par la suite du monologue d’Ekhtel, dont les iris s’étaient soudainement dilatés, au point de rendre ses yeux presque noirs. Surgi du néant, un nouvel esprit tortura leurs perceptions, faisant peser un poids phénoménal sur leurs consciences de Dragonniers. Ni la Voix, ni aucune forme d’attaque mentale ne fonctionneraient contre lui. Le Fils du Soleil vacilla quand ses défenses mentales furent saturées d’agressions. L’esprit du rebelle était colossal ; le Sorcier faisait figure d’enfant en comparaison. Kellran espérait qu’il n’en irait pas de même pour lui.
- Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez en vous dressant sur mon chemin, cracha le chef des rebelles en sortant son épée du fourreau. Je vous tuerai tous les deux et vos âmes serviront Vhaeraun pour l’éternité.
« Occupe-toi du Sorcier ! Je retiendrai Ekhtel le temps que tu puisses me soutenir. »
Il avait à peine eu le temps d’exposer sa stratégie que l’épée de l’Elfe Noir percutait ses poignards. Et sa force physique ne pâlissait pas devant sa puissance mentale.
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Djenka
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Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Jeu 24 Jan 2013 - 17:09


Kellran pris les devant, et s’infiltra en premier dans cet étroit couloir. La drow le laissa faire, et lui tourna le dos, en position défensive, au cas où un elfe noir oublié par là décidait de venir leur rendre une petite visite. Ils auraient pu en affronter des dizaines d’autres à eux seuls, mais qu’en serait-il face à un sorcier, et un dirigeant mâle ? Cet homme la dégoutait. Qui était-il après tout ? Elle était certes jeune, mais n’avait aucun souvenir de l’avoir déjà vu dans la cité. A quelle maison appartenait-il ? Qui était sa Mère ? Jamais elle n’aurait de réponse, elle ne comptait pas en faire un prisonnier.
Elle entendit non loin les pas de l’Elfe pâle s’éloigner peu à peu. Elle rengaina ses dagues, aucune menace de drow. Prête à suivre le dragonnier, elle se retourna, et rabattit des mèches rebelles derrière ses oreilles. Elle expira lentement, espérant ainsi rejeter toutes ces peurs. Courageuse, elle l’était, mais pas stupide. Ces elfes étaient puissants. Elle roula des épaules, et avec la détermination d’un chasseur, s’engouffra dans le couloir.
Un énorme bruit et souffle la poussa à terre. Furtivement, Djenka roula sur le sol, et revint dans la petite pièce circulaire. Assise sur le sol, contre le mur, elle se risque à jeter un coup d’œil vers la source de ce boucan. Elle ne voyait rien d’autre que des éclats de lumière. Jurant dans sa langue natale, elle se releva au même moment ou tout cessa. Elle le sentait encore en vie, c’était le principal. D’un geste lent, elle dégaina son épée, appréciant le souffle de l’acier se libérant de son fourreau, tel un signal annonciateur de mort. Ce n’était certes pas l’arme appropriée dans un souterrain, mais elle saurait en tirer avantage.
Discrètement, tel un souffle l’effleurant, Kellran lui parla. Il n’était plus seul. Telle une ombre, invisible, Djenka se raccrocha à ce contact, sans pénétrer les défenses de l’Elfe, pour voir ce qu’il se passait là-bas. Simultanément, elle avançait à pas feutrés. Oui, ils étaient là, tout deux, plus puissants que jamais. Ethkel ne semblait nullement effrayé par le dragonnier, et le sorcier, quant à lui, semblait légèrement fatigué, mais satisfait. Peut-être avait-il encore une bonne réserve de magie en lui…
Elle accéléra, et pénétra dans la salle, au même moment ou le chef des Rebelles se rua sur Kellran, qui lui cria de s’occuper du sorcier. Elle virevolta, et se retrouva face à ce dernier, qui ne semblait que trop heureux de s’occuper de sa Reine.
En premier lieu, elle protégea son esprit, de la manière la plus efficace qu’elle le pouvait. Bien que le Prince Athor l’avait formé durant des années, elle préférait largement affronter ce mâle sans avoir à subir d’assauts mentaux perpétuels. Cependant, lui, semblait déterminé à l’attaquer sur ce terrain là. Alors que la jeune dragonnière bondit sur lui, épée au poing, elle fut arrêtée net par une attaque mentale, qui la déstabilisa. Elle feula, améliora ses défenses mentales, et planta ses yeux d’or dans ceux du Sorcier. Elle aussi savait utiliser la magie. Elle rassembla ses forces, et à son tour, se jeta sur les barrières mentales de son adversaire. Bien que très puissante, l’homme était affaibli par Kellran, et Djenka réussit tout de même à fissurer ses défenses. Rien de bien glorieux, mais ca suffit à détourner l’attention sur Sorcier. Elle en profita, et planta son épée dans le ventre du drow, qui s’enfonça profondément. Elle la ressortit rapidement, et cette fois-ci, visa la gorge. L’épée dévia, après avoir percuté le bouclier corporel remit en place.
Très bien. Elle allait l’épuiser. Sa magie était peut-être actuellement plus puissante, mais Djenka avait suivit un entrainement hors du commun, et son endurance n’avait d’égal à Goterada. Elle continua donc à l’assaillir de puissants coups d’épées, et parallèlement, son esprit en faisait de même, s’attaquant aux barrières mentales du sorcier, comme un dragon en attaquerait un autre. Un jet de flamme par ci, un coup de crocs par là, et hop, on se retire.
Il semblait moins doué à l’épée qu’elle. Elle parvenait de temps en temps à porter des coups assez puissant, pour le déstabiliser, et que celui d’après ne rencontre aucun bouclier. Mais c’était rare. Et contrairement à elle, il n’hésitait pas à utiliser la magie pour l’attaquer, en envoyant des boules de feu, des rafales d’air pour la repousser, ou autres imaginations. Elle n’osait pas, préférant garder sa magie, et ses forces, pour plus tard.
Cette stratégie sembla fonctionner, plus rapidement qu’elle ne l’escomptait. Bien entendu, elle commençait à avoir également de nombreuses entailles, et se fatiguait un peu. Mais le Sorcier lui, commençait sérieusement à être agacé des petites piques de la Dragonnière. Il jeta son arme à terre, ferma les yeux, et décida de diriger le combat de la manière la plus avantageuse pour lui. Djenka sourit. Dans l’état actuel des choses, elle pouvait se mesurer à lui.
Comme l’avait après Vanyali à Dark, il y a des années, la drow imagea ses barrières mentales comme un immense miroir. Le Sorcier attaqua une première fois, une attaque puissante, mais qui, comme le principe le voulait, se retourna contre lui. Cependant, il ne compris pas vraiment. Il pensait que c’était tout simplement son adversaire qui riposta. Il ne s’en rendit compte que deux attaques plus tard, après s’être fortement affaibli, par sa propre puissance
Un sourire satisfait aux lèvres, la Reine s’avança vers lui, à pas lent. Elle s’immisça dans son esprit amoché, tel un serpent, et l’humilia. Elle viola ses souvenirs, ses pensées, ses idéaux. Douloureuse épreuve pour le Sorcier, qui était alors aussi nu qu’un nourrisson, subissant autant physiquement que mentalement la torture de Djenka
« Ca m’embête de te tuer. Ta magie aurait pu m’être bien utile. Remarque, je peux toujours m’emparer provisoirement de ta puissance, pour achever ton chef. Si seulement tu daignais obéir… »

Elle se plaça derrière lui, plaçant son épée à la verticale à la base de nuque. Une pression, et s’en était fini de lui.

« Mais tu sais ce que l’on fait aux chiens qui mordent la main qui les nourris. On les tue. »

D’un geste sec, elle enfonça sa lame, qui pénétra dans le corps du mâle, dans un geyser de sang. En même temps, Djenka s’empara de l’énergie de l’homme, ce qui l’acheva. Pratique mauvaise, mais qui pourrait lui sauver la vie…
Nettoyant sa lame avec les vêtements du défunt, elle se retourna pour voir comment allait son compagnon, dont elle ne s’était même pas préoccupée ces dernières minutes


.
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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Lun 4 Fév 2013 - 21:24


Kellran souffrait. Tous les muscles de son corps protestaient contre le traitement qui leur était infligé. Et quel traitement ! Il était tout simplement dépassé. Les coups d’Ekthel, puissants, fusaient rapidement, son épée serpentant comme la queue d’un dragon. Rapide, fort, et inépuisable. Déjà, l’Elfe saignait de plusieurs plaies aux épaules, sur le flanc, au visage. Sa joue tailladée le cuisait, un sang rouge s’en écoulait, lui chatouillant le cou. Il sentait son énergie s’échapper à toute vitesse alors que le chef des rebelles ne montrait pas une once de fatigue. Inépuisable…
L’épée apparut sur sa gauche, il pivota, la para de son poignard et sentit son bras s’engourdir sous le choc. Il profita de l’occasion pour frapper, mais l’épée s’était déjà dégagée pour bloquer dans un crissement métallique de mauvais augure. Kellran recula, mettant une saine distance de sécurité entre son ennemi et lui. Il lut dans les yeux devenus noirs d’Ekthel une soif de tuer inextinguible. Il lut en lui le mal à l’état pur, sa haine des femelles tyranniques et des habitants de la surface. L’Elfe Noir ne désirait qu’une chose : en finir avec Djenka et Kellran, pour enfin s’asseoir sur le trône de l’Outreterre.
- Tu faiblis, chien. Serait-ce la plaie que t’a infligée mon garde du corps qui te met dans cet état ?
Le rictus moqueur du drow fit frissonner Kellran. Son esprit s’attarda sur la blessure balafrant son torse et fut surpris d’y trouver une forte activité magique. Celle-ci se comportait comme une bête affamée, partant de sa source, rongeant chairs et énergie tel un acide. Le Dragonnier sentit une vague de faiblesse l’envahir. Il comprit qu’il n’était pas réellement inférieur à Ekthel, mais qu’un poison influençait ses capacités. Et cela l’effraya.

Ekthel savourait le sentiment de désespoir qui envahissait lentement son adversaire. Il goûtait du bout de la langue la peur qu’il inspirait par ses paroles. L’arme du Balafré avait parfaitement joué son rôle ; bientôt, l’Elfe se tiendrait à ses pieds, quémandant sa pitié. Il glissa une main à sa ceinture, empoignant un masque fait d’ébonite – comme son armure - au faciès cruel surmonté de deux cornes. D’affreux tentacules s’animaient dans le dos du masque, appelant un porteur. Il en couvrit son visage avec un soupir extatique, savourant la caresse des tentacules emprisonnant son crâne dans leur étau charmeur.
- Maintenant, tu vas mourir, soupira le drow en levant son épée.
L’Elfe Gris ne put esquiver l’attaque. Il vit son ennemi le regarder au travers de cet horrible masque, puis l’épée lui transperça le torse, perfora son poumon gauche, passant non loin du cœur. Un flot de sang s’échappa de sa bouche, suivi d’un râle douloureux. L’Elfe tomba à genoux, des larmes coulant de ses yeux écarquillés de souffrance. Seul un réflexe inconscient, né de duels innombrables, l’avait poussé à se décaler légèrement, à sortir de la trajectoire du coup et à préserver son cœur de la lame. Mais cela ne changerait rien ; il était vaincu.

C’est ainsi que Djenka les vit lorsqu’elle se retourna, après son combat contre le Sorcier. Kellran, de profil, à genoux devant l’Elfe Noir, l’épée de celui-ci traversant son corps de part en part, brillante de sang. Elle cria peut-être, ou hurla un mot, une menace, un sort qui échouerait… Le Dragonnier ne l’entendait plus, il n’écoutait que les battements de son rythme cardiaque affolé, les sons de son souffle saccadé, de sa respiration sifflante. Sa vue se troubla, sur une dernière image du masque horrible d’Ekthel. Il ne reverrait plus Myad, ni ses amis de toujours. Il n’admirerait plus les paysages stupéfiants de Du Weldenvarden, les cimes enneigées de la Crête, les sommets inaccessibles des Beors. Et Delva ? Il ne sentirait plus jamais le contact de l’esprit de sa dragonne, si doux, si chaud, rempli d’amour et de tendresse, et de cette lueur malicieuse qui la rendait irrésistible. Il avait déjà failli mourir une fois dans ces souterrains. Pourquoi était-il resté ? Pourquoi avoir joué avec la mort ?
- A ton tour, petite reine. Ensuite, je m’occuperai de la bâtarde, cette soi-disant Absolue que tant des nôtres craignent. Et quand je l’aurai soumise, tous comprendront que seul mon règne est absolu.
L’Absolue… la bâtarde… Myad…
« Non. »
La voix du Dragonnier gronda comme le tonnerre dans l’esprit des deux autres êtres vivants présents. Sa présence sembla gonfler, envahir toute la salle, comme celle d’Ekthel quelques instants auparavant. Le drow voulut enlever son épée ; une poigne de fer l’en empêcha, emprisonnant son poignet avec violence. Tous trois étaient maintenant immobiles. Le regard de l’Elfe devint d’une clarté insoutenable. La peur de mourir, la colère née de l’échec lui rendaient des forces chaque seconde, soutenaient son esprit, le portaient comme un bélier qui alla s’enfoncer dans les défenses mentales d’Ekthel. Le drow grogna de surprise, vacilla. Il voulut, comme auparavant, enfoncer les défenses mentales de l’Elfe mais se heurta à une défense impénétrable, plus dure que le diamant. Kellran attira à lui l’esprit de Djenka, fusionna avec lui, le protégea de la même manière qu’il protégeait le sien. A deux, ils contre-attaquèrent.
Boum. Le bélier spirituel frappa, fissurant la muraille ; un filet de sang coula du nez de l’Elfe Noir, le faisant grimacer.
Boum. La fissure s’élargit, laissant entrevoir un monde de ténèbres, fait de mal à l’état pur.
Boum. Ekthel hurla, projetant sur Kellran et Djenka toute la noirceur de son âme. Sa forme mentale était celle d’un mâle musculeux au corps d’ébène, au crâne cornu et aux doigts ornés de griffes.
« Vous ne pouvez pas me vaincre ! » hurlait le drow devenu hystérique. « Le Seigneur Vhaeraun me protège. Je suis l’élu, le porteur du Masque Noir. Je vous écraserai tous ! »
Des souvenirs s’échappèrent de la fissure, saturant l’esprit des deux Dragonniers.

***
Ekthel, plus jeune, nu et agenouillé devant une statue de Vhaeraun, quelque part dans les souterrains les plus profonds de l’Outreterre. La statue est baignée de sang, elle luit dans les ténèbres d’un éclat vermillon. Des femelles drows, pour la plupart de basse naissance, l’entourent, enchaînées et humiliées, le visage en sang, la bouche bâillonnée. Certaines pleurent, d’autres jettent des regards haineux au mâle qui les dénigre. Soudain, Ekthel se lève et empoigne une épée bâtarde au moins aussi haute que lui. Sa chevelure noire vole autour de sa tête, flotte sur ses épaules avec grâce. Il tournoie, soulève et abat la lame avec souplesse, maniant l’arme massive comme si de rien n’était. Des arcs sanglants dansent dans les airs, nés de la pointe de cette épée pour mourir sur la statue de Vhaeraun qui se met à fumer, à vibrer, assoiffée. Ekthel danse au rythme des cris étouffés et des corps qui s’effondrent, des têtes qui tombent, des soupirs agonisants, du chant de sa lame. Lorsque sa danse se termine, il patauge dans une mare de sang épais et sombre, et se délecte de l’odeur de la mort qui plane dans l’air. Les yeux de Vhaeraun rougeoient dans la pénombre. Le sang s’évapore, forme une brume qui se colle à la statue comme de la glace écarlate. La voix du Dieu des mâles drows retentit alors.
« Brise la statue. »
L’épée s’abat sur la statue qui explose en mille morceaux. En-dessous, une réplique de la statue à la taille d’Ekthel porte une armure d’ébonite. Mais ce que voit le drow avant tout, c’est le masque noir du Dieu dont il est l’élu, l’enfant, l’héritier.
« Prends ce qui te revient, et brise toutes celles qui vénèrent ma pire ennemie. »
Ekthel s’incline. Il est désormais l’arme de Vhaeraun.

***

Kellran libéra toute sa rage et se propulsa en avant. Il percuta Ekthel de plein fouet, le repoussa et sa main se referma sur le manche d’une arme à la ceinture du drow : Slyth. La dague trouva le chemin jusqu’au Masque Noir, y laissa une profonde entaille que l’Elfe mit à profit. Rassemblant ses dernières forces, il frappa du poing le masque qui éclata. Un sifflement strident vrilla son esprit, le faisant à nouveau tomber à genoux. Devant lui, les morceaux du masque se tortillaient, les tentacules séchaient, réduits en poussière. L’esprit d’Ekthel reflua, perdit toute sa puissance. Sans le Masque Noir, il n’était plus qu’un guerrier drow fanatique sans pouvoir.
« Tue-le, Djenka. Il est… désarmé. »
La douleur le submergea brusquement. Du sang dégoulina du coin de ses lèvres. La plaie de son torse noircissait à vue d’œil, car il n’avait plus l’énergie de lutter contre le poison. L’Elfe s’effondra sans voir le dénouement du combat.
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Djenka
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Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Dim 10 Fév 2013 - 20:06


Vaincu. Kellran était vaincu. Une haine sans nom envahit la jeune Reine, une envie de vengeance. Il s'était battu pour quelque chose qui ne le concernait même pas, et voilà qu'il périssait pour une cause, dont il était opposé. Non. Elle ne laisserait pas la mort l'approcher de plus près. Il devait se relever, et continuer sa vie, rejoindre les personnes qui l'attendent, loin d'ici. Tel un animal, la drow gronda, se focalisant uniquement sur Ethkel, qui s'approchait désormais d'elle. Elle ne lui survivrait pas, elle le savait. Il avait en lui une étrange puissance, dont elle ne pouvait faire face. Tant pis, toutes ses dernières forces seraient consacrées à sa vengeance, à la vaine tentative de vaincre ce parasite.
Elle n'avait pas le choix. S'il accédait au trône, il soumettrait toutes les femelles, et en tuerait plus de la moitié. Elle avait un peuple à protéger, ses enfants à sauver.

«A ton tour, petite reine. Ensuite, je m’occuperai de la bâtarde, cette soi-disant Absolue que tant des nôtres craignent. Et quand je l’aurai soumise, tous comprendront que seul mon règne est absolu.»

Un rire machiavélique s'échappa de la gorge de Djenka, un rire fou.

« Va donc approcher l'antique magie qui habite la gardienne, va gouter à sa puissance, tu n'en ressortiras jamais en...
-Non !»

Surprise, la drow recula d'un bond, épée au poing. L'elfe pâle se relevait, et semblait avoir retrouvé assez d'énergie, pour rejeter la mort, et protéger sa bien-aimée de cette menace de mort. L'amour était ainsi plus puissant que l'instinct de survie. Elle le senti rassembler ses forces, dans l'espoir d'une dernière attaque.

« Arrête ! Tu vas te tuer »

Déjà, Ethkel s'approchait de lui, pour l'achever. Sans comprendre pourquoi, Djenka fut paralysée, incapable d'aller aider son ami. Vivement, la poigne de Kellran s'empara du bras du Chef rebelle, et presque simultanément, son esprit alla s'écraser contre le sien, avec une force dont elle ne l'aurait soupçonnée. La seconde d'après, Kellran l'attira, l'enveloppa, comme seule Dark savait le faire, pour ne faire qu'un. En sentant la détermination de l'Elfe, la peur de Djenka fit place la colère, l'envie de tuer. D'une même pensée, il attaquèrent l'esprit de leur ennemi, comme s'il n'existait au monde plus que cette manière de se battre, délaissant leurs corps pour n'être que plus efficace. Une contre attaque, un deuxième assaut
Elle entendit hurler, mais n'en comprit mots. Elle n'était plus là, elle n'était plus elle-même. La seconde d'après, un flot d'image envahit son esprit, sans qu'elle ne puisse le contrôler.

Elle comprit alors, que depuis presque toujours le rebelle se préparait à détroner les femelles, et les persécutait depuis bien des années. Et jamais elle ne pourrait le vaincre. Il était son égal, l'Elu d'un Dieu, mais bien plus armé qu'elle. Alors que désemparée, elle s'appretait à mourir au nom de sa Déesse, de son peuple, Kellran bondit. En l'espace de quelques secondes seulement, il dépouilla Ethkel du cadeau de Vhaeraun.

« Tue-le, Djenka. Il est… désarmé. »

Oui, il était désormais à sa merci... Il servirait d'exemple, pour tous les rebelles, pour quiconque la défierait. Elle allait l'écraser comme l'insecte qu'il était désormais, son protecteur l'ayant abandonné. Djenka s'approcha de lui, savourant la peur qui se lisait alors sur le visage du mâle, sentant la mort l'envelopper.
Bruit de chute. Kellran était au sol, dans un état plus que critique.
Bruit de pas. Ethkel reculait rapidement, dans un espoir de fuite, ou de renfort

« Deloi, Malthiane !»

Le sol trembla sous leur pieds, et d'immense racines vinrent s'enrouler autour des jambes du drow, jusqu'à son genoux. En essayant de fuir, ce dernier ne réussit qu'à tomber. D'un mouvement du poigner, la dragonnier fit s'enrouler de nouvelles racines autour de ses bras.
Elle se jeta alors au sol, tenant Kellran dans ses bras. Son poul ralentissait de manière alarmante, un filet de sang dégoulinait de sa bouche. Son corps lachait prise.

«Non, pas maintenant - gémissait-elle - Tout est fini, tu vas retourner en Alagaesia, tu es attendu là-bas...»

Elle posa ses paumes sur son torse, et psalmodia en drow. Ses sortilèges sombres n'y faisaient rien...
Folle de rage, elle se releva, et s'approcha du mâle qui gigotait à terre. D'un simple mot, elle fit se resserrer les liens

« Comment le guérir ?! Ou est l'antidote à ton poison ? »

Maintenant qu'il n'était plus protégé par son masque, il était, autant que n'importe quel mal, soumis à la Voix.
C'est donc pleine de désespoir, qu'elle savait qu'il ne mentait pas, quand il lui répondit :

« Il n'y en a pas
- Quel est ce poison ?! »

Avec ses nombreuses formations d'assasins, et donc ses connaissances en alchimie, elle trouverait un moyen de fabriquer un antidote, et peut-être dans les temps !

« C'est le Sorcier qui s'en chargeait. Ton ami va mourir, je ne sais absolument pas ce qu'est ce poison »

Le drow se mit à rire, visiblement amusé par la situation. Furieuse, elle s'empara de son visage, et d'un coup sec, le tua. Elle n'aurait pas du, il aurait pu servir, mais qu'importe.
Elle trottina vers son ami, et le prit dans ses bras. Elle le déposa sur son épaule gauche, et se mit à courir. Il fallait le sortir d'ici. Parallèlement, elle contactait son alliée sombre, l'Araignée. D'une seule image, elle lui dit de faire comprendre aux Prêtresse d'aller à l'entrée du souterrain. Elles sauraient quoi faire pour le sauver

« Tiens bon, tu es plus puissant que ça, nous le savons tout les deux »- supplia-t-elle

Il était en train de mourir. Elle sentait son énergie s'échapper de lui, peu à peu. Toujours dans ces fichus souterrains, en quête de la sortie, Djenka se rattacha à l'esprit du dragonnier. Elle fit défiler des images de Delva, de Myad, des forêts d'Alagaesia, d'Ellesmera. En faisant tout ceci, elle lui donnait de son énergie. Chaque fois qu'il en perdait un peu, l'énergie de Djenka se déversait en lui. De cette manière, ils y arriveraient.
Une lumière. Ils étaient arrivée. Un angle droit, un couloir a traverser, et ils sortirait de là. Ou du moins, c'est ce qu'elle pensait...
Le poison se fit alors plus fort, plus insistant, comme s'il voulait achever le corps ennemi. Le sort qu'elle avait fait la liait à Kellran, et d'un coup, il aspira plus de la moitié des forces de Djenka. Sous le coup, elle trébucha, les faisant tomber tout les deux. Le poison la tuerait avant de tuer Kellran. Elle voyait déjà sa vue se brouiller. Elle sentait ses forces disparaitre. Elle connaissait ses limites, dans moins du sept minutes, elle serait morte.

« Pretresses....»

Un faible et inaudible murmure. Peu à peu, les ténèbres l'enveloppèrent. Elle s'évanouissait. Juste avant de sombrer dans l'inconscient, un effroyable rugissement parvint à ses oreilles. Quel doux son. Dark... Oui, c'était bel et bien l'unique chose à laquelle elle voulait penser en mourrant


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Kellran
Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Mar 19 Mar 2013 - 18:17


L’Elfe flottait dans le vide. Encore. Décidément, il visitait de plus en plus souvent le pays de l’inconscient ces temps-ci. L’Outreterre devrait être renommée le pays de l’inconscience. Car il fallait être inconscient pour y pénétrer. Car il fallait être inconscient pour en sortir. Il pensa à Max, et à Abysse. Les pauvres, tous deux mal en point, tous deux inconscients lorsqu’ils quittèrent l’Outreterre. Et lui aussi quitterait sûrement ce pays, mais les pieds devant selon toute probabilité. Il avait fait de son mieux… Sa fierté était d’avoir réussi à briser l’horrible masque du rebelle avant de s’évanouir. Son regret était de ne pouvoir l’achever au côté de Djenka.
Et si…
Et si Ekthel avait encore un atout dans sa manche ? Et si, malgré la destruction du masque, était-il encore suffisamment puissant pour tenir tête à la Reine fatiguée ? Il ne pourrait pas la sauver. Elle mourrait à cause de lui, à cause de sa stupidité, parce qu’il avait été suffisamment inconscient pour rester en Outreterre et se faire capturer par une bande de rebelles. La Reine nouvellement installée sur le trône ne savourerait jamais la hauteur de sa position, par sa faute. Il aurait gâché tous les efforts mis en œuvre par Myad, la gardienne de son cœur…
Gardienne…
Djenka l’avait appelée ainsi. Gardienne. Et Ekthel ? L’Absolue. Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Etrangement, ces mots faisaient résonner des souvenirs, au plus profond de lui. Mais lesquels ? Il n’arrivait pas à s’en rappeler. Des flammes s’allumèrent dans son esprit. Il s’énervait. Tous ces secrets, tous ces mystères le mettaient en colère. Et il se rendit soudain compte que sa vie n’était qu’une série de mystères dans lesquels il plongeait tête baissée par altruisme, par générosité, par amour. Ses connaissances, ses amis étaient des mystères, vivants porteurs de danger et d’inconnu. Lorsque le passé rattrapait l’un d’eux et menaçait de le submerger, Kellran était là pour le soutenir, pour l’épauler, pour risquer sa vie. Il était le chevalier blanc des causes lointaines, prêt à mourir pour une histoire dont il ne tirerait aucun bénéfice. L’Outreterre n’était que la dernière en date. Que lui importait le peuple drow, finalement ? Y gagnerait-il de la reconnaissance, du respect, de l’amour ? Avait-il sauvé le monde ? Et si ses actes avaient contribué à la création d’un futur pays tyrannique, d’un futur ennemi de l’Alagaësia ? Qui était-il pour se mêler d’événements qui le dépassaient ? La seule vie dont il avait à se préoccuper, hormis la sienne, était celle de Delva, sa dragonne. Il ne pouvait pas risquer deux vies sur un coup de tête.

Trop tard, lui disait une petite voix dans son esprit. Trop tard, tu vas mourir, ici, dans ce monde sombre et humide, loin de tes proches, de tes amis.
« Djenka est mon amie, désormais. »
Bien sûr. Il avait l’art de se lier avec les têtes couronnées. Tomber amoureux d’une impératrice, être le meilleur ami d’une reine elfique, et maintenant le chevalier servant d’une reine drow. Et de tels amis méritaient bien une aide de sa part, non ? Il ne savait plus. Il était perdu. Quelle action était juste, laquelle égoïste, laquelle vertueuse ? Il se sentait las, vidé. Le gouffre noir de l’infini s’ouvrait à ses pieds, tentateur. Il n’avait qu’à s’y jeter pour obtenir la paix tant désirée.
Tiens bon, tu es plus puissant que ça, nous le savons tous les deux.
Des images défilèrent devant lui, de sa dragonne, de sa bien-aimée, de Du Weldenvarden et de la capitale elfique où il avait vécu. La forêt… chez lui. Ces images fusionnèrent, devenant un amalgame confus d’une vie qui n’existait pas, qui pourrait éventuellement naître et prospérer. Myad, Delva, Yenlui et lui, vivant ensemble dans la forêt, fondant une famille. Plus de politique, plus de combats, juste une vie de famille tranquille et d’amour partagé. Oui, il en rêvait. Que cela lui semblait doux. La faible possibilité de ce destin ne l’empêcha pas d’y croire, d’espérer, de l’éloigner du gouffre de l’infini. Il ressentit un sursaut d’énergie qui revigora son esprit aussi bien qu’il maintenait son corps dans un état viable. Mieux, ses pensées redevenaient lucides, rapides comme l’éclair. Il sut que Djenka avait survécu, que c’était elle qui le maintenant en vie, et donc que toutes ses inquiétudes étaient infondées. Djenka agissait comme une véritable amie, risquant sa propre existence pour celui qui l’avait plongée dans le danger. Et soudain, la source se tarit. Kellran eut l’impression de plonger une nouvelle fois dans le vide. La Dragonnière drow n’avait pas assez d’énergie pour les supporter tous deux. Sans doute était-elle tombée dans les pommes. L’Elfe grogna. Tous ces efforts, pour rien. Ils allaient mourir ici, lui à cause du poison, elle parce que le sort l’obligeait à lui transférer jusqu’à la dernière parcelle de son énergie.

Un rugissement de rage mental le fit brusquement ouvrir les yeux. Ils étaient encore dans les souterrains, mais plus à l’endroit où ils avaient combattu les rebelles. Djenka avait certainement tout fait pour rejoindre la zone habitée, donc ils ne devaient plus être très loin de la sortie de ces infâmes tunnels. Effectivement, la jeune reine drow s’était effondrée non loin de lui, le visage pâle comme si elle avait vieilli d’un siècle en peu de temps. Le Fils du Soleil sentit le sort qui les liait agir impitoyablement, ne se préoccupant pas de tuer un être pour maintenir péniblement en vie un condamné. L’Elfe voulut bouger mais dut se rendre à l’évidence, il était trop faible, beaucoup trop faible pour cela. Il baissa les yeux sur la blessure qui signait son arrêt de mort et ferma les yeux, sachant qu’il ne leur restait qu’une solution pour survivre. Il ouvrit la bouche et, y mettant les quelques réserves d’énergie offertes par Djenka, murmura en ancien langage :
- Honneur.
Le mot activa l’un des sorts gravés sur la lame du poignard de l’Elfe. Immédiatement, la magie se mit en action, purifiant le sang du Dragonnier, annihilant toute forme de poison meurtrier. Le sort consumait également à toute vitesse son énergie, menaçant à chaque seconde de le renvoyer dans l’inconscient, cette fois pour toujours. C’était une course contre le temps, la lutte entre le sort et le poison. Kellran se sentit partir, son âme tirée vers les ténèbres éternelles. Il soupira. Tout ça pour rien…

Des voix féminines l’entouraient, déblatérant des phrases sans queue ni tête. A l’ouïe, il en discernait au moins cinq, voire plus. Des mains se posaient sur son corps, tâtaient son torse, frôlaient son front, palpaient ses bras et ses jambes. Était-ce cela, la mort ? Une succession de caresses et de chuchotements dans le noir ? Un doigt fit coulisser sa paupière, le faisant sursauter et se redresser brusquement. L’instant d’après, il se penchait sur le sol et vomissait une bile amère, constituée de sucs gastriques et d’une absence flagrante d’aliments solides. Et pour cause, il n’avait pas mangé depuis des jours.
Les femelles drow reculèrent, susurrant des remarques de dégoût et de surprise. Kellran avait la tête qui tournait, des crampes d’estomac et une vive douleur sur le torse dont il devinait la provenance. Il regarda sa blessure : elle saignait toujours légèrement mais il n’y avait plus ni pus ni chairs nécrosées. Le sort avait fonctionné ; il était toujours vivant. Il leva la tête vers les femelles, qu’il identifia comme des prêtresses de Lolth, des fidèles de l’Araignée :
- Où est Djenka ? demanda-t-il sèchement, tant l’inquiétude de n’avoir survécu que grâce à la mort de la reine lui faisait perdre le contrôle de son humeur.
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Espionne du Cam Serarna

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Djenka
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Message Sujet: Re: D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark] | Lun 10 Juin 2013 - 21:55


Finalement la mort, ça n'avait rien de si effrayant. Au contraire, Djenka se complaisait dans cet étrange état de paix, où ses sens semblaient brouillés, son cerveau plus lent. Elle était incapable de penser correctement, rien n'avait de sens ici. Elle se sentait flotter dans les airs, voler, comme un jeune dragon sans soucis, libre de tout.
Mais elle était loin d'être libre, pour ça, il aurait fallut qu'elle soit seule. Ils étaient trois, et la présence de Kellran et de Dark en elle la dérangeait. Heureusement, ils étaient silencieux, et surtout inactifs. Elle laissa son esprit s'envoler, toujours plus haut, plus loin de cette prison de chair si vulnérable. Un mince sourire apparut sur son visage épuisé lorsque sans le savoir, elle se rendit compte qu'elle n'aurait plus à se préoccuper de rien.
C'en était fini de ce monde si tourmenté, égoïste. Elle était si jeune, et pourtant elle avait l'impression d'avoir vécu des centaines d'années. Choisie à l'âge de 5 ans sans raison apparente pour subir un entraînement intensif à combattre, espionner, tuer, pratiquer la magie par un Prince et sa Dragonne. Devenir la seule et unique héritière d'une puissante famille à la suite de la destruction totale d'une cité drow, engendrée par l'incarnation de la Gardienne Absolue. Voir un œuf de dragon éclore sous ses paumes, pour voir ensuite un clan de dragon sauvage l'enlever avant le premier contact. La retrouver. Tomber amoureuse. Se faire briser le coeur. Tuer son père. Se faire haïr de sa meilleure amie qui s'avère être sa demi-soeur. Accéder au trône et veiller sur un peuple instable et en guerre. Mourir en protégeant les siens d'une rébellion meurtrière. Epuisante et courte vie.
Si elle avait pu se rendre compte de quoi que ce soit, la jeune drow aurait pu être soulagée de cette mort prématurée. Désormais, rien ni personne ne l'importunerait.

- vhnjgkblmol

Un murmure, presque inaudible se fit tout de même entendre dans un coin de sa tête. Elle grogna faiblement, mécontente d'avoir été dérangée. Peu à peu, les ténèbres semblaient l'envahir de nouveaux. Elle tenta de se débattre, et c'est alors que des picotements apparurent dans tout son corps. Non, ce n'était pas son corps à elle. Mais ce n'était pas agréable. Et brusquement, son esprit sembla faire une chute de plusieurs centaines de mètres, pour atterrir brutalement dans le corps de la Reine, allongée sur le sol de la caverne.
Un faible gémissement s'échappa de sa bouche sèche lorsqu'elle eut à nouveau conscience des nombreuses douleurs et assaut que son corps avait subis. Elle ouvrit une paupière, lentement. Son iris doré distingua Kellran, près d'elle. Il était là. Elle n'était pas seule.

- Ils sont ici !!

Comme des centaines de chevaux galopant, des bruits de pas pressés se firent entendre, au milieu d'éclats de voix paniqués. Des drows s'accroupirent près d'elle et de son ami, chose qu'elle n'appréciait pas. Lorsqu'elle sentit qu'on écartait Kellran, elle resserra son bras autour de lui, et feula de rage. Malheureusement, elle ne fit que le bruit d'un chaton apeuré, et d'autres bras la saisirent. Elle se sentit soulevée, le poids de sa longue chevelure vers l'arrière de sa tête. Elle soupira de résignation, et laissa pendre son bras droit dans le vide.
Elle ouvrit faiblement ses paupières lorsqu'elle sentit la lumière sur son visage. La cité éclatante et les nombreux mouvements des drows eurent raison d'elle, la dragonnière plongea de nouveau petit à petit dans cette douce inconscience. Et puis après tout, personne ne lui en voudrait de baisser les bras

*Ne nous tue pas Enfant de l'Ombre* - gronda une voix dans son esprit

Un faible regain de vitalité se fit alors sentir. Dark, elle était là...
Non, elle ne pouvait abandonner. Comment avait-elle pu l'oublier, celle qui partageait sa vie, son corps et son esprit ? Récemment, elle avait été si seule dans ce monde, que sa relation avec la dragonne s'était intensifiée, elles n'étaient vraiment qu'un. Et pourtant, ce séjour en Outreterre les avait séparées, et donc affaiblie. Mais elle est venue la sauver.
Rien ne pouvait plus lui arriver, maintenant que Dark était avec elle.



- Madame, l'elfe s'est réveillé.

Sans répondre, la vieille elfe noire se releva. Elle n'aurait pas pensé qu'il reprendrait conscience avant la Reine, elle n'aurait d'ailleurs même pas pensé qu'il puisse survivre. Elle caressa délicatement le sombre visage endormi de Djenka, et à pas léger, quitta la chambre de Sa Majesté. Le guerrier avait été placé quelques pièces plus loin, dans les appartements royaux, pour éviter les déplacements inutiles des guérisseurs.
Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, Kellran était à demi assis sur son lit, une expression dure sur le visage. Il ressemblait à un fauve emprisonné, prêt à bondir.
D'un simple geste agacé de la Jzalyr fit sortir toutes les drows. Elle referma la porte derrière elles, et s'approcha lentement du mâle, qui semblait suspicieux. Un animal menacé était bien plus dangereux que s'il n'était en confiance. Elle se hâta donc de le rassurer

- La Reine se trouve a quelques mètres, dans une chambre voisine. Elle est désormais hors de danger. Elle se repose

Comme si elle rendait visite à un simple invité, la Mère Matronne se dirigea vers la table en verre, et prit une assiette pleine de victuailles. Quelques fruits, de la viande, et du fromage. De son autre main, elle saisit un gobelet en or blanc, qui contenait une malodorante mixture, mais qui permettrait au guerrier de cicatriser plus vite.
Elle s'approcha de lui, de sa démarche fière, et posa tout ceci sur la table de chevet.

- Tu sembles te régénérer facilement jeune elfe. Je te connais guère, mais j'imagine que dans ton monde, tu as l'habitude de maltraiter ton corps de la sorte - fit-elle remarquer d'un ton sec

Cet étrange monde où les mâles devaient être courageux, protéger et diriger les leurs. Quelle étrange concept !
Dans un assourdissant bruit de battement d'ailes, la dragonne sombre atterrit souplement sur l'immense terrasse qui encerclait le Palais Royal. Elle rabattit lentement ses ailes, et s'approcha à petit pas de Kellran, ses serres tintant sur le sol en marbre. Elle ignora totalement la Matronne, et approcha sa gueule triangulaire du mâle. Délicatement, son museau effleura le sien, avant de s'écarter d'une dizaine de centimètre. Elle planta ses yeux d'argent dans ceux de l'Elfe, avant de s'adresser à lui, la voix pleine de respect

* Tu hantes ses songes Dragonnier. Elle t'y représente comme le sauveur de l'Outreterre *

La dragonne posa ensuite son regard accusateur sur Jzalyr. Elle n'aimait pas particulièrement les drows, bien trop fières et orgueilleuses. La Matrone soutint quelques secondes le regard du reptile, avant d’acquiescer.

- Il est vrai que tu as rétabli l'équilibre dans notre peuple. Nos jugements envers les mâles, et surtout envers les elfes doivent être revus. Les drows de Goterada te seront éternellement reconnaissant, et une aide viendra toujours à toi si tu la demandes, Kellran, Sauveur d'Outreterre

Elle s'inclina respectueusement devant l'elfe, et sans dire mot, quitta la pièce. Les elfes noirs étaient rarement à l'aise en présence de dragon, et avaient l'habitude de s'éclipser rapidement.
Dark se mit alors à observer attentivement le petit elfe. Qui était-il réellement ? Elle ne comprenait pas pourquoi il attirait autant de loyauté. Djenka était parti à sa recherche sans réfléchir, et la dragonne savait également que Myad pourrait donner sa vie pour lui. Qu'importe, sa dragonnière était en vie grâce à lui, elle n'avait nullement besoin d'autres explications.

* Que compte-tu faire désormais, Fils du Soleil ? On ne peut reprendre le cours normal de sa vie après un voyage en terre drow*

Elle avait guetté le retour de la petite troupe, de longues journées durant. Elle sentait la présence des autres dragons, mais jamais l'un d'entre eux ne s'étaient exposés, tous préférant rester cachés les uns des autres, attendant patiemment le retour de leurs moitiés. Puis, lors d'un bel après-midi, l'effroyable rugissement plein de peine et de douleur de Yenlui s'était fait entendre, à des kilomètres à la ronde. L'heure d'après, trois des bipèdes étaient de retour, dans un état plus que pitoyable.
Quelques jours étaient passés, sans que Djenka ne donne signe de vie. Et c'est alors que la dragonne avait senti un horrible sentiment de peur, qui ne pouvait venir que de sa dragonnière.
La seconde d'après, elle était en route pour Goterada, pour découvrir que sa drow venait tout juste de frôler la mort.




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Dark & Djenka



Merci Amayläe & Abysse Mr. Green[/i]
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D’où je viens, où tu vas, dans le monde d’en bas [PV Dark]

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