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Les jeux de la corruption

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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 15 Oct 2014 - 13:57


Nous étions donc là, tapis dans une chambre vide, les échos des combats flottant autour de nous et entre nous comme des fantômes étranges. Je ne pouvais m'empêcher de me souvenir que quelques instants plus tôt, mon poing volait vers son visage, son pied fusait vers mes jambes. Nous nous étions déchirés, nous nous étions haïs, tendus que nous l'étions par nos buts, par nos espoirs, par les ordres qui nous gouvernaient. Pourtant, une dizaine de minutes plus tard, alors que son espoir s'envolait avec le magicien, que les miens se réalisaient, nous nous retrouvions presque comme deux vieux amis discutant dans le secret d'une chambre. Curieux. Je le regardais, gravant son visage dans ma mémoire.

- Comment veux-tu que je te trahisse ? Pourquoi le ferais-je ? Tu n'es intéressant pour personne, à part pour toi-même.

Je haussais les épaules. Ce n'était qu'un simple voleur des runes qui s'inquiétait pour son sort, même s'il semblait être un voleur des rues porteur d'un médaillon bien peu ordinaire. Un médaillon qui devait puer la magie à dix mètres pour un initié aux arts magiques. J'aurais pu le rapporter aux Jegers, j'aurais dû le rapporter aux Jegers. Après tout, ils y seraient forcément intéressés, eux qui traquaient toutes les manifestations de la magie. Mais que m'importait à moi, cet étrange objet ? Il ne me menaçait pas. Il ne pouvait toucher les pouvoirs qui étaient les miens.

- Pourquoi tiens-tu à visiter tous les mages ? Ils seront tous traqués et si l'on te trouve auprès de l'un d'eux, tu seras traqué sans pitié. C'est beaucoup de risques pour un simple médaillon hurlant, non ?

Non que je m'y intéressais vraiment... mais nous devions attendre le calme avant de pouvoir oser le moindre mouvement et de regagner nos sphères de vie respectives, si éloignées l'une de l'autre. Autant ne pas s'ennuyer, non ? Mais à qui mentais-je ainsi ? Je me sente tendue par une curiosité sans limite. Quelque chose m'éloignait enfin du quotidien de meurtres et de drame qui était le mien. Il me semblait qu'une soudaine lassitude me revenait. Je m'étais battue, pour obtenir ce que je voulais. J'avais menti, triché, volé, torturé et je n'en gardais aucun remords. Mais je vivais désormais dans un monde de mensonges qui me gardait sans cesse dans un qui-vive éreintant.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Ven 17 Oct 2014 - 12:37



*Tiens, la voilà qui se mettait à poser des questions, maintenant ! Tu n’es intéressant que pour toi-même, mais tu occupes.*

Remarque, ils avaient le temps. Et peut-être que la vérité lui ôterait ses pulsions cleptomanes, qui savait…


- Ce médaillon hurleur, comme tu l’appelles, contient une petite fille qui y est emprisonnée depuis dix bonnes années à l’en croire. Si tu étais à sa place, tu aimerais peut-être qu’on te délivre, non ? Et puis c’est bougrement plus excitant que le vol à l’étalage, tu peux me croire ! Enfin, je me serai bien passé de l’« excitation » occasionnée par ta présence, là-dessus aussi, tu peux me croire ! Quoique, puisque tu tiens tant à ce qu’on se connaisse, tu sais lire, non ? Pourquoi n’irais-tu pas trouver la solution à mon problème dans tes bouquins ? Vu la quantité qu’il y en a, elle doit bien se trouver dans l’un d’eux !

Amusante, la manière dont elle était passée du déni ouvert à la curiosité, aussi feinte soit-elle. Le genre de fille qui n’était pas très tranquille, comme lui disait son parrain en son temps. Cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus pensé, tiens. Presque depuis sa mort, en fait. C’était étrange, les souvenirs qu’il vous restait parfois. Mais bref…

Il ne s’attendait pas franchement à ce qu’elle s’empare des volumes pour l’assister, mais au moins savait-elle de quoi il retournait. D’ailleurs, il lui fallait un nouveau plan d’action. Les mages n’étaient plus si courant en ville, et même ces exceptions se dérobaient au regard des autorités et de leurs espions. Et il fallait qu’il sorte d’ici au plus vite.

Un nouveau coup d’œil dans la cour lui appris deux choses : d’abord, au rythme où ça allait, la fille aurait la réponse à toutes ses questions et même plus avant qu’ils puissent bouger le gros orteil ; ensuite, il aurait bien besoin de ce repos vu la course-poursuite qui l’attendait. La nuit n’était pas si avancée, heureusement, car l’aube verrait sans doute une nouvelle perquisition dans la demeure. Ils devraient forcément détaler avant.

Et se faire repérer… Il ignorait quelle importance les gardes accorderaient à sa personne, mais vu l’ampleur de l’affaire, il ignorait si le refuge des Bas-Quartiers suffirait bien longtemps. Il lui faudrait peut-être quitter la ville, sans argent et sans but.


- Dis-moi, puisque tu sembles t’enticher des sorciers aussi vite que moi : à ma place, où irais-tu  pour résoudre mon problème ? Je veux dire… tu dois bien connaître quelqu’un qui pourrait m’aider ?



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 22 Oct 2014 - 10:10


Une fille enfermée dans un médaillon ? C'était la première fois que j'entendais parler d'une situation de ce genre et, pourtant, la fréquentation de la cours du seigneur Raphaël et de sa cohorte de mages plus ou moins doués m'avait familiarisé avec la magie et sa pratique. J'avais entendu parler de l'ancien langage, de l'obligation de le maîtriser pour maîtriser les arcanes du pouvoir. J'avais vu quelques sorts parfois, tout en m'en tenant à distance, aussi éloignée que je l'avais pu. J'avais vu quelques brisingr lancés et des flammes jaillir. Mais une fille enfermée dans un médaillon... cela allait au delà de la perversité de toutes les formes de magie que j'avais pu voir... en dehors de celle qui avait déformé mon corps et mon esprit. Je regardais l'objet avec curiosité, maîtrisant à grand peine l'envie de le prendre à nouveau, de le manipuler, de le secouer, pour faire sortir le petit être qui y était enfermée. Je voulais savoir ce qu'elle ressentait, privée du contact avec le monde, enfermée à l'intérieur d'elle-même, privée de la maîtrise de son corps. Pendant un instant, j'eus l'impression d'être redevenue humaine, d'avoir perdu mes étranges pouvoirs qui faisaient de moi une déesse ou un monstre. J'eus l'impression de compatir pour la vie jetée là par les hasards du destin.

- Elle doit être bien solitaire, dans ce médaillon.

La phrase m'échappa, malgré moi. Puis la dureté me revint. Un pli se creusa entre mes sourcils que j'essayais d'effacer du la paume de la main. J'avais presque oublié ce qui m'avait amené ici, presque oublié la menace qui planait sur ma tête et celle de mon seigneur. Je n'étais pas venue là pour baguenauder, échanger des banalités avec un simple voleur des rues, tout chevaleresque qu'il soit. Je savais qu'il l'aurait été beaucoup moins s'il avait vu au delà de l'enveloppe de peau qui maintenait la force qui me parcourait, me déformait.

- Il n'y aura rien pour toi dans ces carnets. Rien de ce que tu espères. Ce ne sont que des carnets de voyage et d'expériences et, crois-moi, je sais qu'il n'y en a aucune sur une fille dans un médaillon. Mais libre à toi de regarder dans les livres qui restent. Je n'en prend que deux, il en reste des centaines.

Je regardais à nouveau par la fenêtre. Les rues restaient encore éclairées par le mouvement des torches, résonnaient encore du bruit de lourdes bottes sur les pavés. L'agitation diminuait, graduellement, les lueurs s'effaçaient, mais il me faudrait attendre encore quelques dizaines de minutes avant de pouvoir retourner parmi les ombres de la nuit et de m'y fondre, retrouver la prédatrice que j'étais. Je regardais le jeune voleur et sentis une nouvelle vague de malaise m'agiter. Cela faisait des années que je ne m'étais pas autorisée cette intimité, que je n'avais pas laissé tomber le masque que je posais sur mon visage. J'étais une comédienne née, j'avais joué tous les rôles pour me tirer du ruisseau dans lequel j'étais née. Pourtant, en ces dernières minutes, mes paroles résonnait d'une vérité qui me dérangeait. Je ne pouvais m'empêcher de prononcer ces mots, presque intimes.

- A ta place, j'arrêterais de chercher. Les mages sont recherchés et si tu restes dans leur sillage, tu seras bientôt recherché à ton tour. Il ne fait pas bon d'être l'ami des mages par les temps qui courent et il le fait pas bon non plus de côtoyer la magie. Nul ne peut connaître ses effets.

J'en savais quelque chose, songeai-je amèrement.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Dim 2 Nov 2014 - 11:35



- Elle doit être bien solitaire, dans ce médaillon.

Keldar fût surpris du ton pensif de la jeune femme. La compassion ne lui seyait pas si mal, mais elle s’en départi aussitôt.

« Il ne fait pas bon être l’ami des mages. »

Comme s’il n’en avait pas conscience ! Cela faisait des mois qu’il n’en avait pas vu un se pavaner dans les artères de la cité. Quant aux effets de la magie, il se demandait s’ils n’avaient jamais été vraiment prévisibles. Combien de fois lui avait-on parlé d’apprentis qui s’étaient brûlés tout seuls comme des grands ? Il fallait juste trouver les plus doués, rien de plus.

Elle n’avait pas vraiment répondu à sa question, en attendant, mais ce n’était pas très grave. Il trouverait.


- Tu me dis d’arrêter de chercher. Tu tiens donc à ce qu’elle reste prisonnière de ce fermoir quelques siècles de plus ? Je ne suis l’ami d’aucun mage, je ne devrais pas trop attirer l’attention des soldats. J’éviterai juste de croiser ton chemin à l’avenir. Cet homme qui a abattu le sorcier, il était avec toi, n’est-ce pas ? Vous faites tous les deux parti des chasseurs de mages, c’est entendu. Je veillerai à ne plus vous avoir dans mes jambes. Maintenant, n’aie crainte, je ne resterai plus longtemps dans la cité. Vous y avez fait un trop bon travail.

Il sonda une nouvelle fois les alentours de la baraque. La cour semblait dégagée. Seule l’entrée était encore surveillée, mais aucune relève n’avait eu lieu et les plantons devaient être exténués. De manière assez étonnante, la présence de l’importune commençait à l’agacer. Il n’avait jamais beaucoup apprécié les mises en gardes, aussi justes fussent-elles. Et débattre de l’abandon de sa quête ne conduirait à rien, il était trop buté pour ça.

- Bien. A moins que tu ais autre chose à rajouter, je vais te quitter. Puisse nos chemins ne plus jamais converger.

Il se leva ce disant et passa dans le couloir. Il marqua un temps d’arrêt pour s’assurer qu’aucun son ne provenait de l’intérieur, puis se dirigea vers l’escalier.



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 12 Nov 2014 - 9:37


(dis moi si tu veux que je finisse pas de suite et que j'édite =) )

- Il y a des sorts bien pires que d'être enfermé dans un médaillon, protégé par un bout de métal solide et la volonté farouche d'un jeune voleur des rues.

J'en savais quelque chose. Seul mon seigneur m'avait jamais épargné mais je savais ne pouvoir attendre de lui aucune protection. Je lui devais la vie et je savais qu'il pourrait la prendre quand il le souhaitait. Je la lui avais offerte. La petite fille, tout aussi perdue qu'elle devait être, bénéficiait des avantages d'une amitié solide, elle.

- Tu es bien inconscient.

J'aurais pu le tuer, pour avoir compris mon rôle au sein des Jegers. J'aurais dû le tuer pour avoir vu mon visage et, peut-être, avoir pressenti ma vraie nature. Je le regardais. Non. Le jeune puceau n'avait pu sentir les forces débordantes qui m'envahissaient, qui amplifiaient mes perceptions et ce soir je n'avais pas envie de voir le sang couler encore. J'avais eu ma dose de fureur, de douleur et de violence.

- Ne recroise pas ma route.

Ce fut les dernières paroles que je prononçais. Les dernières qu'il dut entendre avant de se faufiler hors de la pièce et de disparaître dans le noir. Je restais longtemps, assise, à écouter le bruissement de ses pas et le silence qui lui succéda. J'étais venue pour tuer, pour voler, et j'avais épargné la vie d'un inconnu. Je ne savais trop qu'en penser.

Pendant quelques longues minutes, je remâchai mes pensées, passant en esprit tous les événements de ce soir. Il me semblait que mon esprit, mes instincts et mes sensations ne m'appartenaient plus, qu'ils se noyaient dans une masse incompréhensible. Mon corps répondait sans que j'en ai conscience, mes mouvements se faisaient avant même que je ne les commande. J'étais mal à l'aise et le jeune voleur n'avait pas arrangé les choses. J'avais presque envie de le revoir, pour comprendre. Mais le revoir, c'était le tuer.

Je me levai enfin et fis jouer mes muscles pour en chasser la douleur et l’endormissement. Puis, enfin, je me glissai à mon tour dans le noir et quittai la maison.


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