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Infiltration

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Dirigeante de l'Equilibrium

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Ellenwen
Dirigeante de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: Infiltration | Jeu 25 Sep 2014 - 11:44



Trop de voix, trop de monde, trop de bruit. La pièce était emplie de mouvements, de sentiments, d'émotions qui la saturait, la débordait, l'isolait du monde aux alentours. Ellenwen les sentait aller, venir, murmurer, chuchoter. Les voix s'engouffraient en elle, sans qu'elle ne les contrôle. Elles levaient ses défenses, s'insinuait dans son esprit, le fouillait, le tordait, le déformait, l'amenait au bord de la rupture. Il lui semblait qu'elle tentait d'établir une connexion avec l'esprit d'un dragon sauvage en proie à la plus violente des colère. C'était brûlant. Coupant. Dur. Elle s'y blessait à chaque murmure, à chaque émotion. Elle ne pouvait que devenir un bloc au milieu de forces vives, pour lutter contre les murmures dont elle ne distinguait pas les mots. Dans un sursaut de lucidité, dans une pensée brève et dense, elle sut qu'elle ne pourrait comprendre leurs phrases. Ils n'étaient que des demi-être, des fantômes d'esprit, coincés entre deux mondes. Ni mort, ni vivant, ils n'appartenaient plus à un monde, ne pouvaient s'y rattacher, et leurs mots se perdaient dans les limbes, sans lui parvenir. Ne restait que les émotions, le sens profond, plus vif, plus vivant, qui parvenaient à s'exprimer à travers elle.

Seule, au milieu du vacarme, des mots qui parvenaient. Une petite voix, faible, mourante, qui parvenait à surnager. Une voix à laquelle l'elfe s'accrochait, comme un naufragé à une bouée. Elle entendait ses cris de détresse, ses hurlements. Une voix qui n'aurait pas dû être dans cette pièce, qu'elle n'avait jamais entendu auparavant. Elle pensait qu'ils étaient trois à être rentrés dans la salle. Elle apprenait qu'ils étaient quatre. Elle ouvrit les yeux. Dévisagea ses compagnons. Lut la panique qui se formait sur les traits du jeune voleur. Vit le mouvement frénétique de ses lèvres, pressentit les mots qui s'y bousculaient. Il tenait le médaillon à pleine main, comme un enfant, son bébé, son compagnon. Le quatrième. Ils avaient tous leur secret... Elle tendit son esprit vers celui qu'elle sentait. Elle avait à peine la force d'un mot, clair et net, mais elle lui lança avec toute la résolution dont elle était capable.

*Courage.*

Combattre lui avait redonné le goût du combat. Elle sentait que la tristesse qui l'écrasait, la réduisait à la folie, cédait peu à peu face à la rage qui lui montait du ventre. A l'envie de se battre, encore et encore. L'instinct de survie prenait le dessus, crispait ses mains, enfonçait ses ongles dans ses mains jusqu'au sang pour lui rappeler le corps qu'elle avait voulu tuer. Elle n'avait pas la force de parler, plus la force d'envoyer des mots qu'ils ne comprendraient pas. Elle ne pouvait qu'envoyer des sensations, des sentiments qu'ils feraient leurs.

Elle sentait que les fantômes qui les entouraient s'éloigner, attendaient, pleins de peur, de questionnement, de haine. Rassemblant son esprit autour de sa rage de vivre, elle leur envoya sa réponse, d'images et d'émotions. Elle leur fit ressentir le froid qu'il ressemblait, plus vif, plus fort, jusqu'à ce que toute chaleur s'éteigne, jusqu'à ce que la mort les prenne. Elle leur fit ressentir leur vulnérabilité, leur peur. La solitude lorsqu'ils auraient détruit ce qu'ils recherchaient tant. Ils seraient seuls. Un vide insondable. Incommensurable.

Et la réalité la rattrapa. Dans le silence des lieux, un son vibra, tordit l'espace. L'elfe le reconnut, en un instant. Le son d'une corde qui se tend, d'une flèche qui s'envole. Le mercenaire avait tiré. Droit dans le médaillon. Ses yeux s'écarquillèrent, sa bouche s'ouvrit dans un cri qu'elle ne put pas prononcer. Elle tenta de bouger sa main, de lever son bras, de le porter devant elle, de saisir la flèche qui lui passa devant les yeux. Elle vit ses doigts se refermer sur le bois, la flèche s'arrêter. Puis elle vit sa main, toujours à terre, la flèche continuer sa trajectoire.


- Noooooooooooon.

Le cri jaillit, pour de bon. Pour prévenir le voleur, prévenir le médaillon, prévenir elle ne savait trop qui pour qu'il stoppe le mouvement inéluctable.

Et une émotion la submergea. Une douleur incroyable. Une sensation de brûlure qui la dévorait, l'effrayait. La douleur des fantômes la submergea et la laissa à nouveau, crispée, l'esprit disloqué, perdu. Mais elle sut ce qui les blessait, les apeurait et les enflammait toute à la fois. Elle ouvrit une nouvelle fois la bouche, força sa langue à bouger, le souffle s'expulser. Dans un effort qui la laissa à deux doigts de l'évanouissement, elle parvint à prononcer :


- Le métal. Le métal les brûle et les rend furieux. Ôtez le métal.




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Laïaga
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Message Sujet: Re: Infiltration | Dim 28 Sep 2014 - 3:15


Les esprits ne comprenaient plus ce qu'il se passait : jusque là, les humains qu'ils avaient côtoyé avaient été incapables de communiquer avec eux et les torturaient sans vergogne. Cela arrivaient à leur parler mais pas trop, leur faisaient du mal mais ne semblaient pas le vouloir.
La plupart des âmes en peine qui erraient dans cette petite salle de pierre perdue dans les égouts de Dras n'avaient pas été brillants de leur vivant, et l'enfermement, la mort, la folie... tout cela ne les avait pas beaucoup aidés. Résultat, ils avaient du mal à comprendre ce qu'il se passait. La frénésie aveugle et idiote de la foule des morts était retombée quand le Mot – ils y pensaient avec une majuscule, spontanément – avait raisonné dans leurs esprits.

-Keldar ! Ils vont m'avaler toute ronde !

La voix raisonnait, l'humain babillait son charabia en retour ; comment est-ce qu'ils pouvaient se comprendre ? Qu'est-ce qu'il se passait, dans leur petit monde clos ?

-Répond, qu'est-ce que tu es ? reprirent les esprits de leurs voix confuses. Tu es comme nous, d'où vient toute cette chaleur ? Explique-nous !

Si leur frénésie était retombée, la colère qui avait commencé à naître était toujours là, primale, seulement bridée par leur incompréhension, et l'injonction qui avait fusé dans l'air tantôt, « arrêtez ». Et si c'était un des sorciers qui les avait créés qui avait parlé ? Ils ne reconnaissaient pas la voix, mais qui sait... et les sorciers étaient plus forts qu'eux, ils avaient payé pour l'apprendre.
Et puis soudain, la sensation de brûlure froide sépara une nouvelle fois la brume compacte que formaient les esprits. Ils sifflèrent et crièrent tandis que le carreau d'arbalète les traversait, que la flèche les déchirait. C'était du métal pour faire mal, ça, du métal qui voulait tuer, comme celui qu'utilisaient leurs anciens tortionnaires sur eux, et l'effet fut plus brutal qu'avant car cette fois certains esprits s'éteignirent purement et simplement, déchirés par l'acier. D'un même mouvement, ils tournèrent leur attention vers celui qui avait lancé la pointe ardente.

-Pourquoi ?

Leurs voix étaient redevenues un brouhaha. La tension et la colère grandissaient.

-Nous ne voulons pas vous faire de mal.

Les esprits se rassemblaient, comblaient le vide qui s'était formé, se concentraient pour la première fois sur le troisième intrus jusque là épargné.

-Nous essayons de vous préserver et voilà que vous nous tuez !

C'était celui qui déjà avait repéré Trésor plus tôt qui parlait. Il y avait du dégoût dans sa voix que les vivants ne pouvaient entendre. Il eut un mouvement d'humeur. Ce n'était pas arrivé depuis... quoi... des années, des décennies ? Des siècles ? Il eut un mouvement d'humeur et de son corps éthéré et informe, frappa Zell. Bien entendu il ne rencontra nulle résistance, mais il put plonger en elle et absorber voracement son énergie vitale, et la blesser.

-Vous êtes revenus terminer le travail ! criait-il, de plus en plus furieux. Nous achever !

Et il frappait encore et encore. Il n'y avait plus aucune retenue, plus de besoin de chaleur, ce n'était que l'envie de tuer qui animait l'esprit. Les autres étaient circonspects, incertains devant ce déchaînement... Partagés entre colère, peur, retenue, conditionnement...



   
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Keldar
Message Sujet: Re: Infiltration | Dim 5 Oct 2014 - 20:31



« On t’achève ? »

Il avait failli sourire à la plaisanterie. Et le carreau était parti. Ce qu’il y avait de bien avec les arbalètes, c’est que vous n’aviez pas le temps de comprendre ce qu’il vous arrivait avant d’être mort.  Vous n’aviez donc pas vraiment le temps d’avoir peur, et encore moins d’avoir mal. Or, Keldar avait peur, et bon Dieu qu’il avait mal ! De quoi il aurait dû déduire qu’il était en vie. Paradoxalement, il était à cet instant convaincu du contraire.

Le carreau avait été dévié par le médaillon et avait fini sa course dans le flanc du voleur. La précision du tir valait sans doute les louanges du monde de la balistique, mais Keldar n’avait qu’une envie : faire avaler son arme à ce gros con, par l’une ou l’autre entrée.

La flèche avait traversé sa peau, un peu sous son aisselle, suffisamment déportée pour éviter les côtes et les poumons. Ce qui n’enlevait rien au choc.

___________

*Trésor était pendue aux lèvres de Keldar, quand l’impact se fît entendre.

Elle n’en sentit pour ainsi dire presque rien, si ce n’est un bruit sourd qui se perdit dans la cacophonie ambiante. En revanche le silence du voleur ne tarda pas à la faire fondre en larmes, si bien qu’elle n’eût même pas conscience de la soudaine disparition des spectres.

Enfin, disparition… elle entendait toujours leurs voix, lointaines à présent.


- Vous êtes revenus terminer le travail ! Nous achever !

Elle n’en avait cure.

- Keldar ? … Keldar ? *

___________

L’intéressé était affalé par terre, le médaillon en main, son regard captivé par le mercenaire qui subissait maintenant l’assaut de la nuée.

- KEEELDAAAR !

L’appel le sortit de sa torpeur.

- Trésor ? Qu’est-ce qui leur arrive ? Que font-ils ?

L’ancêtre reprit :

- Le métal. Le métal les brûle et les rend furieux ! Ôtez le métal !

Trop d’informations en trop peu de temps. Le gamin n’arrivait plus à suivre. Il obéît mécaniquement, sans réfléchir. Il n’avait que deux objets en métal sur lui. Le morceau de ferraille dont il se servait comme crochet… et le médaillon. Il posa le premier au sol, à portée de main. Le second, il ne pouvait se résoudre à le quitter. Il le rapprocha de ses lèvres pour parler, tirant douloureusement sur sa blessure.

- Du calme, je suis encore là. Dis leur de s’arrêter et dis leur surtout qu’on veut leur parler, d’accord ? Leur parler ! Crie pour te faire entendre s’il le faut, je suis prêt, aïe… !

Il était à bout de souffle. Ceci dit le responsable en payait le prix fort au-delà de ses espérances.

Et maintenant, s’occuper de cette maudite flèche…

___________

*Keldar était en vie… ouf !

Et maintenant… qu’avait-il dit, déjà ? Ah oui : crier.


- STOOOOOOOOOOOOOOP ! POUUUUUUUUUUUCE ! *



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Zell Armn
Message Sujet: Re: Infiltration | Lun 6 Oct 2014 - 12:03


Le cri de la vieille, son geste – inutile – pour arrêter le carreau. Elle avait du coffre pour une grand-mère. Du coffre et un grain de folie : stopper le trait de sa seule main, ça réclamait des réflexe surhumain. A une si courte distance, même lui n’aurait pas pu le dévier.
Dans son cerveau, une idée se faufila lentement.
Une impression de déjà vu.

Les paroles de la vieille s’engloutirent dans un silence cacophonique.
Le métal, l’enlever, le mercenaire peina à donner du sens à ces paroles. Il n’avait pas froid. Il n’avait pas mal. Physiquement, il ne ressentait aucune douleur, aucune gêne. Sa main serra son arbalète. De la colère le traversa, une volonté de faire mal, peut-être même de tuer. Des émotions étrangères. Dans le brouillard, il avait cru un instant déceler une parcelle de vide, nette. Puis tout était à nouveau devenu étrange et trouble, indécelable et pourtant…

Une grimace déforma les traits de Zell, une chape d’épuisement écrasa soudain ses forces.
Son corps, dans un instinct de préservation, le priva de ses fonctions les moins vitales. Ses jambes ne le portèrent plus, il se laissa aller à genoux. Entre ses doigts, l’arbalète – pourtant légère – pesait une tonne. Si elle n’avait pas été attachée à son avant bras, il l’aurait laissé tomber. Au lieu de ça, c’était elle qui l’entrainait vers le bas.  Penché en avant, en appui sur ses mains, il ne bougeait plus.
Les mots de la vieille prirent du sens avec plusieurs minutes de retard.




    « On peut pas plutôt s’en servir pour les liquider ?! »


Même si sa faiblesse contre un ennemi invisible le rendait furieux, il n’avait pas pu mettre autant de rage dans ses paroles qu’il l’aurait souhaité. Sa voix rauque n’avait même pas trahi un semblant d’ironie, une ombre de colère. Ca avait tout au plus été un gargouillis douloureux.
Le métal leur faisait mal ?
Tant mieux !

Sur le point de s’écrouler, Zell obéit malgré tout à la consigne.
Sa main écarta de lui ses carreaux restants dans un geste las.
Puis défit lentement les lanières de l’arbalète de poing qui tomba devant lui dans un bruit sourd. Le silence autour d’eux lui sembla amplifié par ce son. Il secoua la tête, cherchant une réserve quelconque d’énergie. Un grognement furibond passa ses lèvres. La prochaine fois il se tirerait dessus directement, ça serait plus radical comme traitement.

Avec peine et sans remords, mais plein de bonne volonté, Zell s’étira presque en rampant vers ses deux compagnons. Autant pour s’écarter de ses armes que pour les rejoindre : grouper, ils avaient plus de chance.

Et puis il fallait le dire : il était incapable de vaincre ou combattre cet adversaire invisible.
Faiblement, il marmonna :




    « J’fais diversion ! »


Sachant que c’était exactement ça et qu’en attendant, les deux autres pourraient traiter avec l’adversaire ou trouver une idée géniale. Lui-même n’ayant aucune formation de négociateur, encore moins de génie. A l’entendre, l’idée venait de lui et tout était parfaitement contrôlé.





« En temps de paix, le mercenaire dérobe ; en temps de guerre, il déserte. »
Nicolas Machiavel







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Ellenwen
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Message Sujet: Re: Infiltration | Jeu 16 Oct 2014 - 15:02




Tout dérapait, Ellenwen le sentait. Tout échappait à son contrôle, à tout contrôle. C'était comme si personne ne parvenait plus à se maîtriser et laissait la situation se dégrader jusqu'au point de rupture final. La colère des esprits grondait, plus forte que jamais, à deux doigts de se répandre, de dépasser la volonté individuelle de ces êtres à demi vivant qui se trouvait pris dans un tourbillon de peur et de haine. Elle menaçait de détruire le peu de contrôle qu'elle avait réussi à y imposer jusqu'alors. A ses côtés, Zell rampait, perdu, dépassé, le regard dans le vague. Il venait se blottir près d'eux pour y trouver un peu de chaleur, un peu de soutien, écrasé par une fatigue qui se gravait sur ses traits. Quant à la douleur de Keldar, elle venait se briser contre son esprit, menaçant de le faire céder pour de bon.

A genoux sur le sol, Ellenwen se mordait les lèvres. La pression qui se brisait contre son esprit, menaçait de faire céder les défenses qu'elle avait patiemment érigées, l'affaiblissait, constamment. Il lui semblait qu'elle allait bientôt les rejoindre, quitter ce corps qui n'était plus tout à fait le sien, et aller rejoindre les formes blanchâtre qui les entouraient. Elle prenait conscience soudainement de l'énergie et de la volonté de se maintenir dans un corps qu'elle avait elle-même modifié, qu'elle ne maitrisait que partiellement, qu'elle ne comprenait qu'imparfaitement. C'était une tension mentale, un effort psychique, bien différent de la magie dont elle avait besoin pour ses métamorphoses.

Seul le médaillon... seul le médaillon résistait, à sa manière enfantine et péremptoire. Elle seule semblait parvenir à se faire comprendre des fantômes, comme si eux seuls parlaient la même langue, ou comme si seule sa voix leur parvenait. Elle seule pouvait les sauver.

L'hésitation d'Ellenwen fut brève. C'était sa vie ou sa morale. Et, pour l'occasion, sa vie passait auparavant. Dans un bref sursaut de volonté et d'énergie, elle laissa glisser son déguisement, le laissa s'effacer, retrouvant ses cheveux blonds, ses yeux bleus, ses traits émincés par la fatigue. Elle soupira de soulagement, laissant l'air filtrer entre ses lèvres avec une douleur revigorante. Elle regarda Zell, grimaça ce qui voulait un sourire puis transperça Keldar de son regard. Une nouvelle fois, elle força ses lèvres à se desserrer, serrant les poings, se concentrant sur sa douleur pour rester consciente.


- On s'en sortira. Elle resta un instant silencieuse. Désolée.

Et elle s'engouffra dans leurs esprits. Elle balaya leurs faibles résistances mentales, laissant couler en eux sa lassitude, sa douleur. Alors, seulement, elle sentit une nouvelle vigueur, sentit diminuer la pression que la colère des esprits faisaient peser sur elle. Elle dispersa son esprit pour le protéger des attaques.

*Désolée, jeune femme. Tu vas devoir me prêter ta voix.*

Elle investit alors l'esprit de la jeune femme du médaillon et se sentit happée dans un monde de magie. Une brusque frayeur la surprit, bloquant sa résolution l'espace d'un instant. Le médaillon était un piège, autant qu'un abri et le risque d'y rester coincée... Elle chassa la pensée lorsqu'une nouvelle attaque de fantôme fit trembler l'un de ses hôtes. L'urgence était ailleurs.

*Fermez la et réfléchissez un instant ! Vous allez faire quoi ? Nous tuer ? Par vengeance, pour le plaisir ? Et après quoi ? Vous resterez à regarder nos cadavres devenir poussière en continuant à tourner en rond, sans aucun espoir de rejoindre un monde ou l'autre ?*

Elle n'avait plus qu'à espérer qu'ils la comprendraient.




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Laïaga
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Message Sujet: Re: Infiltration | Mer 22 Oct 2014 - 0:48


-STOOOOP !

Le cri était faible, mais assez aigu et perçant pour que tous les esprits l'entendent. Tous sauf celui qui s'acharnait sur Zell Armn.

-POUUUUUUCE !

Zell rampait maintenant, essayant d'échapper à la froideur galopante qui l'envahissait. Mais la froideur était tenace et s'accrochait, gagnait du terrain : l'esprit frappait du pied et du poing sans discontinuer. Les autres le regardaient et ne faisaient rien, dépassés, ne comprenant plus vraiment, mais lui, il était inarrêtable.
Les autres avaient remarqué que les vivants avaient retiré le métal qui les blessait, et tout jeté à terre, mais lui, le vindicatif, trop pris par sa joie sauvage et brutale d'être enfin capable d'agir et de penser par lui-même pour réellement penser, ne vit qu'une chose : qu'il pouvait frapper et faire mal encore plus aisément. Le vivant rampait. Il allait lui prendre tout ce qu'il pourrait.

-Fermez-la et réfléchissez un instant !

C'était la même voix qu'un peu plus tôt, pas très forte, pas un cri comme celle, enfantine, qui avait raisonné, mais nette et tranchante. Même le furieux, le vindicatif, stoppa ses élans. La brume humanoïde qui poursuivait et s'accrochait à Zell se délita et s'éloigna de lui.

-Vous allez faire quoi ? Nous tuer ? Par vengeance, pour le plaisir ? Et après quoi ? Vous resterez à regarder nos cadavres devenir poussière en continuant à tourner en rond, sans aucun espoir de rejoindre un monde ou l'autre ?
-Et pourquoi pas ? fit la voix persifleuse. Au moins vous resteriez nous tenir compagnie....
-On vous entend, firent d'autres, leur colère latente éclipsée par la surprise heureuse que cela représentait. On vous entend !

Les esprits babillaient entre eux, chuchotant et murmurant, se demandant, mais comment donc était-ce possible ? Ils ne comprenaient pas.

-Vous nous entendez, vous ? demandèrent-ils enfin de leurs voix caverneuses qui semblaient se fondre en une seule.

La réponse était oui, pour chacun des intrus, au travers de l'esprit d'Ellenwen et de celui de Trésor, mais ils ne le savaient pas. Quand enfin ils comprirent, ce fut une cacophonie où certaines questions seulement ressortaient.

-Qu'est-ce que vous voulez ? Qui vous êtes ? Pourquoi vous nous avez fait du mal ? Pourquoi vous avez arrêté ? Est-ce que vous allez nous aider ? Est-ce que...

Et cela ne s'arrêtait pas.

-Ils ne feront rien... vous ne voyez pas qu'ils ne feront rien ? s'acharnait encore le vindicatif, furieux et obstiné.

Mais les autres ne l'écoutaient pas. Alors, dans ce qui ressemblait le plus à un rugissement pour des esprits désincarnés, il s'élança vers le médaillon, la plus vive de ces sources de chaleur et de vie, la main tendue, bien décidé cette fois à en tirer tout ce qu'il pouvait, à...
Mais les autres l'arrêtèrent. Un nuage de brume qui fonça sur le nuage de brume qui fonçait vers le médaillon que tenait Keldar. Des grognements chuchotés, et puis plus rien quand les esprits réussirent à contraindre le vindicatif, à l'empêcher de bouger et de parler. Alors ils regardèrent les vivants, et il y eut un silence. Qui prit fin sur la question la plus importante :

-Est-ce que vous allez nous aider ? répéta un des esprits, d'une voix plus petite encore que d'accoutumée.



   
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Keldar
Message Sujet: Re: Infiltration | Ven 31 Oct 2014 - 17:59



Keldar ne suivait plus rien. La brume volait de l’un à l’autre, se tordait, se divisait, s’agglomérait, le tout sans logique apparente.

Enfin, si… il y avait Trésor. Le seul lien avec ces entités de l’au-delà. Enfin… il y avait aussi la vieille. Ou plutôt la vieille qui voulait bien l’être. Keldar avait vu bon nombre d’escrocs user de ce genre de ruse, mais la vitesse avec laquelle le déguisement était tombé trahissait son origine sans détour. Si l’atmosphère n’avait pas été si agitée, il aurait même pu relever l’origine


- On s’en sortira…  Désolée.

Lui avait-elle parlé à lui ? Ou était-ce au mercenaire ? La salle semblait chavirer constamment, au gré des remous vaporeux, de sorte que le voleur sentait son cœur remonter dans sa gorge.

Et tout d’un coup… il ne se sentît plus. L’épouvante qu’il ressentait quelques instants plus tôtfût remplacée par… un autre genre de peur. Plus froide, plus… maîtrisée. A la sensation de son corps s’était rajouté autre chose. Il ressentait encore sa terreur initiale, bien qu’elle commence à refluer, mais il en ressentait une autre à côté… comme s’il était deux personnes à la fois, l’une faible et apeurée, l’autre forte et combative.

Quand il reprit le contrôle de ses yeux, ils étaient encore fixés sur la crinière blonde face à lui. Voilà qui expliquait sans doute son trouble. Avait-il vu la pointe d’une oreille dépasser ? Plus rien ne l’aurait étonné, au point où il en était. Il devait même se forcer à haïr le mercenaire. Il doutait que ça dure, mais il s’y accrochait quand même. La pointe fichée dans ses côtes aidait bien en cela. Et ce n’étaient pas deux ectoplasmes qui allaient l’en détourner.


- Est-ce que vous allez nous aider ?

Ah. Peut-être qu’un seul suffirait, après tout…

_________________________________

*Désolée, jeune femme. Tu vas devoir me prêter ta voix.

Trésor ne demandait pas mieux, même si elle ignorait comment. Elle eut vite la réponse : elle sentit l’arrivée de l’elfe bien avant de la voir. Les volutes des ténèbres ployèrent à son approche. Et après une succession de bruits inconnus, elle apparut, fendant la brume de son éclat. Il ne s’agît de rien de plus que d’une blancheur grandissante, jusqu’à ce qu’elle entre en elle. Et l’obscurité revînt.

Trésor ne fût pas surprise outre mesure. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle s’attendait à ce qu’elle ressentît ensuite.

L’échange fût bref. Une seule question resta en suspens. Toujours la même. La fillette ne put se retenir de lâcher :


- Oui, bien sûr.  Moi aussi, j’ai des problèmes qui ressemblent au vôtre. Keldar a dit qu’il allait m’aider. On pourra peut-être vous aider aussi, hein, Keldar ?

Il lui chuchota :

- Je crois que la dame voudrait parler aussi…

Si elle avait pu elle se serait plaquée les mains devant la bouche. Elle s’empressa simplement d’ajouter sans respirer :

- Oui-pardon-excusez-moi-je-ne-parle-plus.*



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Zell Armn
Message Sujet: Re: Infiltration | Mer 12 Nov 2014 - 15:22


Les esprits. Le voleur. Quelque part, une petite voix. Une petite fille.
Et la voix d'une femme.

Mais ses oreilles n’entendaient plus. Sa voix ne voulait plus parler. Sa bouche était sèche et ses mains moites. Le crâne brûlant, comme lorsque la peine se faisait trop grande. Lorsque l'on pleurait trop. Comme lorsque des émotions trop violentes...

La bouche entre-ouverte sur du silence.
Il chercha à se souvenir. D'elle.
Blonde. Les yeux si bleus.
Fatiguée ?
Une grimace distordue.

Le mercenaire ne remarqua même pas que la brume avait cessé de s’en prendre à lui. Que peu à peu ses forces revenaient, sa volonté avec… Son délicieux caractère avec. Mais l’idée se heurtait sans arrêt contre l’ardoise noire de sa mémoire. L’éponge était passée et repassée tant de fois sur ses souvenirs que la réalité ne parvenait pas à y trouver un écho. Il connaissait ce visage. Ces jolis yeux. Ces longs cheveux pâles. Sous son crâne, la mécanique de son cerveau surchauffait inutilement. Les rouages grinçaient les uns contre les autres, une fine poudre de rouille tapissant le sol de sa mémoire.
Les voix lui parvinrent, il n’y prêta pas attention.
Son prénom !
Ne le connaissait-il pas ?
Elle devait venir de quelque part !
Du passé ?
Une célébrité alagaësienne ?

Son œil unique cessa enfin de la fixer. Sa mobilité et ses forces revenues partiellement, l’ancien mercenaire se déplaça jusqu’au voleur. Autant laisser le médaillon et l’elfe s’occuper des esprits. Il rampa rapidement vers Keldar, comme un gros scarabée terne et sans reflet. Défit sa cape.
Qu’elle se débrouille la vieille !
Il sentait l’irritation le gagner.
Seulement il avait assez de bon sens pour ne pas s’emporter en pleine situation de crise…
Posant une main sur les côtes du voleur, il s’adressa à lui.




    « Navré c’était pour la bonne cause. Sers les dents ça va… »


De sa main libre il dégagea le carreau.
La pointe effilée prolongeait le bois sans déformer sa ligne. Elle n’avait pas la forme triangulaire qu’avaient les pointes des flèches et de la plus part des carreaux. Celui-ci était fait plus pour détourner l’attention que causer de gros dégâts. Aussi s’arracha-t-il du corps du voleur exactement comme il y était entré et sans le blesser d’avantage.




    « … Piquer. »


Zell posa le tampon que formait sa cape sur la plaie.
C’était superficiel, il survivrait le môme !
L’ex mercenaire tourna la tête vers…

Vers…

… ?

Se redressant, il saisit soudainement l’elfe par le poignet pour la tourner vers lui et pouvoir la regarder bien en face. Il n’osait même pas y croire… Il ne voulait pas…

Un chapelet de jurons fleurit passa ses lèvres et ses doigts se desserrèrent autour de la main de l’elfe.
Ses pensées rebondissaient comme un dragon hystérique enfermé dans un pot de confiture.





« En temps de paix, le mercenaire dérobe ; en temps de guerre, il déserte. »
Nicolas Machiavel







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Ellenwen
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Message Sujet: Re: Infiltration | Mer 19 Nov 2014 - 15:22


Garder le contrôle, ne pas se laisser distraire par les centaines de pensées qui fusaient dans les esprits qu'elle envahissait, qu'elle occupait. Elle avait sentit la surprise de Keldar. Elle se voyait par ses yeux, comme un étrange écho, elle voyait ses fines oreilles dépassés de la masse des cheveux bouclés. La douleur de son flanc pulsait dans son esprit, comme la sienne, lui donnait envie de toucher son corps et la plaie qu'elle savait absente mais ressentait si vivement. Trésor et son soulagement. Zell... trop d'émotions venaient de Zell. Trop de souvenirs qui flashaient dans leurs esprits avant même qu'elle ne puisse les identifier. Il semblait lutter contre eux, tenter de les enfermer à nouveau dans quelque placard de son inconscient, verrouillé et cadenassé. La voir, être forcé d'affronter une image qu'il semblait avoir banni, le remuait, de cela elle en était sûre.

Mais il fallait qu'elle se concentre. Elle ne devait pas s'occuper de ceux qui l'entouraient, elle ne devait pas réagir à tout ce qui les traversait et qui devait lui rester étranger. Seules les voix comptaient, ces voix si lointaines qu'elle parvenait pour la première fois à comprendre. Un immense soulagement l'envahit, se répandant dans les trois esprits qui la contenaient. Elle les comprenait. Elle entendait leurs besoins, elle entendait leur inquiétude, leur colère, leur angoisse. Elle était parvenue à établir un dialogue avec des êtres qui n'appartenaient pas au même monde. Elle songea, et ses trois compagnons songèrent avec elle, dans un éclair de triomphe, que Laïaga aurait été fier d'elle. Mais il y avait beaucoup de questions, peut-être trop, et pendant un moment, les questions l'envahirent à leur tour, la bousculèrent. Il y avait trop à dire, trop à penser à la fois pour qu'elle parvienne à aligner les mots et les organiser. Lorsqu'elle y parvient, chaque mot se détachait, lentement à mesure qu'elle essayait de répondre.


- Nous sommes des voyageurs. C'est un hasard si nous sommes là. Nous ne vous voulons aucun mal, je crois que c'est l'acier qui vous blesse.

Elle hésita un instant. Elle ne savait comment poursuivre, comment leur répondre. Pouvait-elle les aider ? Elle ne le savait pas elle-même. Elle ne connaissait rien à la sorcellerie. Rien de pratique dans tous les cas et les esprits semblaient être là depuis si longtemps que toute trace des sortilèges employés devaient avoir disparu. Mais avant même qu'elle ne prenne la parole, qu'elle ne puisse prendre position, une petite voix se fit entendre, si fort dans son esprit, qu'elle en sursauta. Elle avait presque oublié la petite fille, si ténue si discrète. Elle avait un optimisme profond, si profond qu'il semblait porter l'elfe, malgré l'intervention de Keldar. Ses pensées résonnèrent dans leurs esprits, brève mais souriante.

*Merci de votre espoir.*

L'espoir... le moteur du monde. Lorsqu'elle reprit la parole, elle était à nouveau assurée et sincère.


- Je ne sais pas si je peux vous aider. Je ne sais pas ce qui vous a enchaîné, ni pourquoi ni quand. Ma magie est puissante mais elle n'est pas infaillible et j'ai besoin de temps pour vous aider. Et ce temps, pour l'instant, je ne l'ai pas. Mes compagnons s'effondrent, lentement. Votre seule présence les tue et d'ici peu ils ne seront que des fantômes qui erreront parmi vous.

Elle tendit son attention vers le fantôme, encore déchiré par la colère et l'amertume. Lorsqu'elle reprit la parole pour lui, ses mots étaient tendus d'une colère identique, bien plus implacable que les frustrations enfantines qu'il déversait sur elle.

- Imbécile.

Elle s'arrêta à nouveau, laissant le fil de ses pensées courir, loin du monde, loin de son corps. Elle n'était plus, à son tour, qu'un pur esprit tendu vers un but, unique. Survivre. Lorsque Zell saisit son corps, la tourna vers lui, elle ne ressentit qu'une vague contrariété. Comme une marionnette de son, elle s'effondra dans ses bras alors qu'il posait le regard sur de grands yeux vides.

- Je peux vous faire la promesse, de revenir dans un an, jour pour jour, porteuse de votre libération. Je peux vous le promettre dans le langage de la magie, pour me lier à elle par ce serment. Dans un an, jour pour jour, je saurais les mots qui vous libéreront de vos chaînes, qui vous renverront au royaume que vous n'auriez jamais dû quitter. Je peux vous enseigner les mots pour me maudire, si dans un an je ne suis pas revenue. Mais laissez-nous partir, moi et mes compagnons. Je dois les soigner, leur éviter une mort certaine et étudier ce qu'il me faut savoir pour vous aider.




Devant l'indifférence générale, demain est annulé
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Laïaga
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Message Sujet: Re: Infiltration | Lun 1 Déc 2014 - 23:34


-Imbécile, fit la voix qui résonnait dans la pièce.

Mais il n’y eut pas de réponse. La colère bouillonnante de l’esprit était toujours là, toujours palpable et brûlante, mais silencieuse, contraint qu’il était par les siens de se taire, coupé plus encore qu’à l’accoutumée des sensations que possédaient un être vivant. Il n’était plus même capable d’interagir, ni avec le monde physique, ni avec les autres esprits. Pour lui, c’était la pire des tortures imaginables.

-Je peux vous faire la promesse, de revenir dans un an, jour pour jour, porteuse de votre libération.

Les esprits chuchotaient et se mouvaient tandis qu’ils écoutaient les mots de la femme. Ils semblaient justes et sincères, mais on leur avait tant menti, et on les avait piégés tellement de fois, qu’ils ne savaient plus faire confiance à autrui.

-Je peux vous enseigner les mots pour me maudire, disait-elle encore.

Elle avait dit qu’elle pouvait promettre en Ancien Langage. Beaucoup de choses avaient disparu dans la mémoire des esprits, mais la valeur d’une promesse en Ancien Langage restait gravée en eux. Ca, ils ne l’oubliaient pas. Alors ? Pouvaient-ils dire oui ? S’ils pouvaient la maudire, c’était une garantie suffisante, n’est-ce pas ? Ils chuchotaient et s’agitaient, mais ne s’approchaient plus des vivants.

-Une longue année encore… fit finalement un des esprits. Une longue année et vous viendrez nous libérer ?
-Est-ce que vous nous rendrez nos corps ? Mon père était pêcheur à Izilard, c’est pas loin de Teirm, il doit m’attendre depuis longtemps !
-Et moi…

Les réclamations continuaient ainsi, certaines réalistes et d’autres non. Pas tous les esprits, bien peu en fait, n’avaient compris qu’ils étaient perdus, qu’il ne leur restait plus d’autre choix que l’éternité de solitude ou la mort et l’oubli.

-Silence, fit l’un finalement d’une voix douce et lasse.

Il dut répéter ses mots plusieurs fois avant que les autres ne l’entendent et ne l’écoutent. Il ne parlait pas très fort.

-Mais nous savons comment nous libérer, dit-il enfin, après une pause théâtrale. Oh oui nous le savons. Les mots de métal nous retiennent et nous blessent dès que nous nous en approchons.

L’esprit, sa silhouette brumeuse luttant pour garder cohérence, s’avança un peu de Keldar et Zell, ignorant totalement Ellenwen, croyant que la voix était celle du médaillon du voleur. Il tendit une main qui ressemblait à un tentacule de vapeur, mais resta tout de même à bonne distance.

-C’est de l’Ancien Langage, écrit dans la pierre, regardez. Les mots sont sur le sol, vous pouvez les effacer, les détruire. Effacez-les.
-Oh oui, effacez-les !
-Oui !

Les esprits se remettaient à piailler d’excitation, désignant tour à tour différents endroits de la pièce. En se penchant, malgré la brume qui semblait baigner l’endroit en permanence et empêchait d’y voir plus loin qu’à deux mètres (et moins encore quand les esprits se rassemblaient), on pouvait voir des inscriptions coulées en plomb dans des rainures à même les pierres du sol. Les gravures étaient extrêmement fines, courant à la jointure du mur et du sol, entourant la pièce carrée d’une longue phrase, d’un sortilège en Ancien Langage.



   
L'heure de la faux a sonné
On n'arrête pas la grande horloge
Le vent divin l'a emporté
Pourtant cela t'interroge
N'as-tu rien à regretter ?

Spoiler:
 
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Keldar
Message Sujet: Re: Infiltration | Mer 10 Déc 2014 - 21:42



- … piquer !

La douleur l’aveugla instantanément. Le temps qu’il recouvre la vue, il ne savait plus où il était. Le tumulte des voix résonnait encore dans sa tête sans qu’il arrive à poser un sens sur les mots durant les premiers instants. Quand enfin il reprit pleinement conscience, il ne put que contempler les allées et venues désordonnées de la brume. Une éclaircie par endroit lui dévoilait un pan de mur ou de sol poussiéreux, mais rares étaient les inscriptions visibles. Puis le sens des mots lui revînt.

Il « suffisait » donc d’effacer ces signes pour briser le sort. Keldar comprît vite la difficulté de la tâche : du métal serti dans la roche. Une bonne masse permettrait sans doute d’en venir à bout, mais ils ne disposaient pas de tels outils ici. A moins que l’elfe n’ait un autre tour dans son sac, mais il avait du mal à se la représenter démolissant la pièce dans un divin courroux.

* Trésor était toute excitée. Ils avaient une solution, enfin !


- Vas-y, Keldar, efface les écritures !
- C’est du métal, Trésor, et il est incrusté dans les parois, je ne peux pas faire ça à la main. Il faudrait une masse, un marteau, quelque chose de lourd. A moins que nous ne disposions d’autres options que j’ignore…

Trésor l’entendait parler à voix haute afin d’être entendu de tous dans la pièce, bien qu’il régnât encore une agitation fiévreuse dans les esprits. Sa dernière réplique semblait destinée à quelqu’un en particulier, car un silence suivit, masquant sans doute un échange de regards. Etrangement, même les esprits avaient compris que la discrétion était de mise. C’était leur salut qui était en jeu, et ils entendaient bien lever toute barrière à leur libération. Trésor en était toute émue.

Elle ne pouvait s’empêcher de ramener les évènements à son propre sort, alors qu’elle s’en préoccupait finalement peu en temps normal. Bien sûr qu’il fallait qu’elle sorte, elle n’en faisait pas toute une histoire pour autant. Mais l’émotion des esprits avait trouvé un écho troublant dans son âme de petite fille. Ils règleraient cette affaire ce soir même, elle en était convaincue.*



"Peu de trésors courent après leurs voleurs"
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