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Journal d'un Seigneur

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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Journal d'un Seigneur | Mer 23 Avr 2014 - 8:06


Dans les ruines du grand château où siégeaient bien des hommes, plusieurs reliques ont déjà été pillées par les survivants du Grand Massacre. Un livre reste cependant à trouver dans les décombres, à découvert, près de quelques pierres et des restants de bois.



"16ième jour.

Entretenir un mémoire a souvent effleuré mes pensées, mais trop souvent ai-je vraiment voulu parler avec ma propre tête pour ignorer encore plus les cris d'appel de mon cœur saignant. En effet, je me sens seul, extrêmement vulnérable. L'horrible magie que je contrôle est en soi un cadeau me permettant de survivre à bien des affronts, mais corrompt mon âme, et je m'en rend compte... À la suite de mon entrevue avec Sire Trawson - son nom m'échappe - je n'ai pu contrôler irrépressible envie de fracasser ce vase, de démolir quelque chose de fragile, et je m'en trouve très inquiet. Pour ma propre santé mentale, peut être l'écriture d'un journal me sera bénéfique, les jours me le diront. J'essaie de profiter pleinement du temps de paix qui m'est alloué, maintenant que j'ai floué l'Empire des hommes en leur faisant croire que j'étais un chevaleresque gardien du monde et de ses richesses. Une grande partie de moi croit toujours que je suis ce brave homme, que je suis l'ultime champion du bien, mais mon armement est hautement contradictoire à cette pensée, et arracher l'âme d'hommes, d'Urgals, de bandits ne convient pas à mon désir d'aider tout le monde.

En fait, je ne sais plus comment m'identifier moi-même. Je sors tous les jours de la grande forteresse de Gil'ead pour aider les mendiants, pour appuyer les artistes, pour apprécier les ménestrels, mais lorsque je rentre, je me sens enragé par un désir d'arrêter leur vie. Cette rage est complètement hors de sens, et pour un homme terre-à-terre tel que moi, l'inquiétude est fondée. Néanmoins, je ne dois pas m'asseoir dans cette peur, et la laisser m'entraîner vers le bas. Un futur que j'espère lumineux se présente à moi et je serai à mon meilleur pour l'accueillir. C'est en gardant la lumière dans mon esprit que je pourrai faire face à tous les démons qui vagabonde au sein de mon corps, et qui tente de corrompre mes entrailles.
(Plusieurs pages suivantes sont détruites ou illisibles.)

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63ième jour

Le sentiment de faiblesse qui me hantait ces derniers mois semble vouloir s'effriter dans le passé. J'en suis heureux. On me remarque plus souriant, plus confiant, et c'est une vérité, par ailleurs. J'apprécie de jour en jour mon petit café matinal qui m'appuie alors que je lis les diverses missives ennuyantes qui sont parcourues à mon égard. La Forêt est tranquille, les peuple sylvain semble calme. J'en suis heureux car ce calme se répercute aussi dans mon esprit, et la zénitude est quelque chose qui est important pour que mon système nerveux fonctionne comme il se doit. Lorsque quelque chose m'énerve - comme quand Trethil a échappé de l'eau froide dans mon dos avant-hier, je n'en ferai aucun détail - je fais systématiquement les efforts pour chasser toute tension de mon corps. L'exercice de la relaxation fait des miracles que jamais dans mes plus obscures moments je ne saurai dénier.

Ce soir, je dînerai à nouveau avec les autres nobles. La discussion sera palpitante... Enfin, je vais attraper un fleuret et pratiquer certains mouvements avant de commencer la journée, elle n'en sera que plus facile après le bain.

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64ième jour

Quelle surprise! Ma vie prend une tournure plutôt délicate, mais d'une façon agréable. Je me suis offert cette nuit à un exercice dont je ne me savais pas à nouveau capable ; la sexualité. On m'a présenté à cette esclave, Moïra - qui est d'une beauté qui même moi m'a fait vacillé - et je n'ai pu m'empêcher de la conduire en haut. Maintenant, j'ai la tête fraîche, je me penche sur mes actes. Est-ce moral? Est-ce juste? J'espère que l'écriture m'aidera à mieux cerner les failles d'une réponse à ces questions. J'ai même cru ressentir de l'amour? J'avais trouvé cette Abysse bien attirante lorsque je l'ai rencontrée il y a de nombreux mois, mais c'était une attirance plus fraternelle qu'émotive, vraiment.

Ma défunte femme, paix à son âme, ne cesse d'hanter mon esprit, et ce depuis toute mon existence au final. Impossible pour moi de complètement chasser son doux visage de mes pensées à nouveau prises d'assaut par le doute. La chasser de ma tête lors de mes séances de méditation et de relaxation est toujours l'étape la plus ardue, et n'importe quel adepte de cette pratique sait qu'il est impératif d'être maintenant, ici et tout de suite lorsque la concentration se porte sur la respiration et son rythme.

J'essaie de me mettre dans sa peau... comment réagirait-elle si je la rencontrerais au ciel? Si je lui demandais? Lisa était une personne tendre et pure, elle... elle ne saurait être fâchée contre moi pour refaire ma vie, non? Et... ma fille? Non! Je ne peux pas. L'idée même que j'ai eu une fille est trop traumatisante, et à l'instant même où j'écris ces lignes, je sens l'ombre se manifester le long de mes bras. Je dois prendre une pause, pour respirer...

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70ième jour

J'en suis enfin venu à une conclusion, Lisa ne m'en voudrait pas. Je suis enfin en paix pour ce qui est de ma femme, et je sens que cette décision a grandement aidé ma cause psychologique. J'ai longuement scruté le ciel à la recherche de son visage, pour le consulter, j'en ai également parlé à ma nouvelle conjointe, qui se montre d'une bienfaisance très véridique que j'apprécie beaucoup. Je crois que Moïra peut être pour moi la nouvelle Lisa, et cette dernière l'accepte. Je suis heureux.

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79ième jour

Damnation, je me suis fâché contre moi-même encore aujourd'hui, en voyant une petite qui m'a fait trop penser à... à elle. Ma fille, celle que j'ai froidement assassiné d'une longue lame, lame qui a transpercer son âme et l'a arraché à ce monde. Celle qui après avoir été mise au monde perdit sa mère d'une façon cruelle, et qui de manière encore plus horrible perdit son père, alors que celui-ci vendait son âme aux Démons.

Lorsque j'ai vu la petite, j'ai été pris d'une migraine qui a exigé ma fuite, puis j'ai dévasté l'intérieur de mon ancienne demeure. J'ai prétendu que l'évènement était accidentel, mais même si mes mensonges peuvent traverser les barrières de tout le monde, ils ne peuvent briser les miennes. J'ai détruit la cuisine à coup de masse, fit exploser l'étage du haut. Je n'en reviens pas de la destruction qu'à put causer un événement si anodin! Je dois me concentrer à nouveau sur ma respiration. Ma fille est ma faiblesse, c'est le gros maillon faible de toute mon existence, et moi qui croyait que c'était ma femme...

Je n'en ai pas parlé à Moïra, elle ne doit pas savoir... Myad la Drow le savait par contre, et j'espère qu'elle a emporté ce secret dans sa disparition, car je n'endurerai pas qu'on me rappelle à nouveau qui est responsable du trépas de cette adorable jeune fillette, qui aurait donné naissance à de jeunes hommes si fringuants, à de jeunes femmes si fortes... Peut être en parlerai-je un jour à ma servante, au fil des années. Je crois plutôt lui donner quelques indices lorsque je me sentirai parfaitement en maîtrise de moi... Hélas! Mon élan de confiance en prend un grand coup aujourd'hui, et c'est à nouveau la tête pleine que je gagne la couette. Pauvre Moïra devra se divertir seule cette nuit, car il faudra plus que de longues jambes et une poitrine généreuse pour sortir ce triste chapitre de ma tête...

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95ième jour

Elle m'a trahit!!! J'écris pour garder mon calme, mais je fume! Je rage! Je la tuerais de mes propres mains! J'arracherais l'âme de son immonde carcasse et la garderait sur terre pour voir son corps souffrir!
(des coups de crayons violent marque le reste de cette page, mais la suivante est intacte)
Je vais essayer de dormir et de respirer. Je vais pratiquer quelques techniques que j'ai volé aux Elfes pour garder mon calme,  de postures et d'étirements. Fixer une lumière vive, telle celle d'une flamme, et se concentrer ensuite dans le noir sur la tache qui se forme lorsque je ferme les yeux. Je ne crois pas que tuer Moïra ne me procurera satisfaction après tout. Je dois trouver la source de tout ceci et y répondre de façon diplomatique. Je suis le Seigneur de la forteresse de Gilée après tout. J'ai encore un profond désir de croire en la lumière en moi, mais je sens l'ombre tirer de toute ses forces sur mon esprit... Je combattrai tant que je le pourrai. Je suis un Champion du Bien... Je suis un Champion du Bien..."

Les pages continuent, mais sont vide. Là est la fin du journal. Il fut rempli environs au quart, laissant une bonne quantité de pages vierges. Le bouquin est plutôt petit, assez facile à entrer dans une sacoche, et ne pèse rien.



Crédit :
Delyanna pour l'avatar
gokcegokcen (deviantart) pour l'image de base de la signature
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