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Le défi lancé à Mastaï

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Ysèra
Chef de Guerre des Filles de Mastaï
Message Sujet: Le défi lancé à Mastaï | Jeu 5 Juin 2014 - 19:46



La retraite fut sonnée au Surda pour les vingts et quelques hommes et femmes qui réussirent à fuir la colère des rebelles. D'ailleurs, lors d'une fuite à pieds sur plusieurs kilomètre, le stress est là. Korann l'avait accompagné jusqu'à la ville sombre, loué soit son âme pour telle loyauté. Bringnolf s'en était sorti aussi, mais le groupe s'étant dispersé, Ysèra n'avait pas eu de nouvelles d'un bon nombre de ses hommes... La mission s'était avérée se conclure en un désastre. Elle n'était pas bien fière d'elle.

Enfin, il fallait savoir tourner la page pour ne pas miner la confiance. Elle se savait responsable de la perte de plusieurs hommes déjà, mais connaissait déjà l'âcre odeur de l'échec. Il ne l'avait pas détruite avant, et ne le ferait pas maintenant.

Reginleif fut assignée à rejoindre Urû'Baën : elle allait y vivre quelque temps en remplacement d'un officier tué près de la faille. Elle était en route avec Dalmur et Garthar. Les deux étant frères, ils portaient une certaine ressemblance, gaillards aux cheveux noirs, au gros nez et aux yeux aimables. Le plus vieux, Dalmur, était certes plus gros, mais les deux se valaient au combat, et c'était des visages amicaux. Ysèra leur raconta son expédition dans le Surda, non sans une certaine honte. Elle s'attribuait moins de respect à elle-même que les deux frères lui en donnèrent ; le respect envers une Chef de guerre était une chose que partageait pas mal tous les Fils de Mastaï. Eux-même racontèrent leur histoire... La route entre les deux grandes cités procéda.

Ils passèrent un boisé sec, aux arbres d'un bien mince diamètre. Certes, en dehors du sentier c'était dense, mais la route principale était bien propre. L'humidité de la journée passait tranquillement, il avait plu beaucoup en matinée mais ça s'était dégagé d'une traite en début d'après-midi. Ils n'entendirent pas les bruits dans les feuilles, trahis par le fort vent.




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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Sam 7 Juin 2014 - 20:10



Le jour d’après, mes jambes commençaient à ralentir, percluses par les lieues avalées depuis Dras Léona. Les petons se faisaient lourds et seraient bientôt douloureux, tant que je me surpris à espérer trouver les portes urûsses ouvertes afin de faire mon répit dans un tripot local. Pensez-vous ! Moi ! À Urû’baen ! Je devais être bien désespéré pour penser remettre ma sûreté entre les griffes bleues de ces renards orientaux. Le prince avait aspiré à quelques alliances avec ces gens des dunes mais, hélas, les vicissitudes impitoyables du destin avaient jeté ces ambitions à l’eau, avant même qu’un partenariat officiel n’ait été agencé. En ces termes-là, le nostrois que j’étais ne valait guère mieux qu’un autre léonien aux yeux de ces gens. Et si la révolte du prince contre l’Empereur avait pu m’attirer quelques sympathies, sa fuite face à l’envahisseur - qui causa la décimation des forces surdano-léoniennes, exposant du même coup la grande cité Urû’baen à l’avide conquête - avait dû laisser un goût bien aigre dans leur bouche.

Bref, la visite était des plus dangereuses mais la paresse de mon corps fourbu s’immisçait en mon esprit fatigué par milles espoirs moelleux et fantasmes reposant. Si bien qu’après des lieues de prudentes résolutions, j’envoyais tout voler d’un coup de tête téméraire et décidait non seulement de passer la nuit dans ce guêpier mais également d’y voler une nouvelle monture. C’était là mon argument clé contre ma conscience pesante, car qui disait cheval disait vitesse et l’imprudence flemmarde du séjour se transformait en un risque courageux pour rejoindre au plus vite les bannières du Saint Pistre.

Cette nouvelle détermination me fit marcher à bon rythme jusqu’à ce que la cité soit en vue, couronnée d’épaisses colonnes de fumée noire : on se battait dans la ville ! Cette fois la paresse fut proprement giflée par ma raison. S’aventurer dans une ville conquise était une chose, poser le pied sur un champ de bataille en était une autre. Les affrontements urbains étaient souvent les plus sauvages. Je pris donc le parti de suivre la route jusqu’à la croisée dominant le plateau.à l’est de la cité. Le chemin s’y bordait d’une pale futaie de bouleaux aux troncs noyés dans l’épaisseur de feuillus fourrés. Une cachette parfaite pour scruter la cité au loin tout en restant à l’abri : les routes bordant les conflits étant rarement sûres.

Usant de cette agilité insolente acquise auprès de maître Brolupet, je grimpai dans un des arbres blancs, atteignant bien vite la cime que je m’improvisais nid-de-pie, ma carcasse dissimulée par l’épais manteau verdoyant. C’est de ce guet naturel que je surpris le trot de trois cavalier suivant cette route dont je venais de m’écarter. Trois cavaliers portant les couleurs sanguines de la premières armées. Or qui dit cavalier dit chevaux et j’en avais bigrement besoin.

Ils avançaient à une allure encore tranquille mais la vue des noires fumerolles s’élevant de la ville urûsse ne manquerait pas de les alerter. En cet instant mon esprit analysa froidement la situation. Ils étaient trois mais je me trouvais dans une position dominante. J’avais l’effet de surprise et cet arc que j’avais ramassé la veille sur le cadavre d’un aventurier de grand chemin. Hier j’avais vaincu seul une demi-douzaine de ces vilains embusqués. Cette fois-ci il n’y avait que trois ennemis et l’initiative était mienne.

Je n’ai pas hésité bien longtemps avant de bander l’arc et de sortir une flèche. Mon perchoir m’offrait une vue plongeante sur la route, je pourrais cueillir un des ces gaillards au passage. Peut-être même deux. Tuer le troisième ne serait alors pas bien compliqué, à moins qu’il ne parvienne à s’enfuir pour chercher de l’aide. Mais vu le peu d’ordre qui semblait tenir la cité proche, je doutais sérieusement qu’on me donne la chasse.

L’air résonna bientôt du martellement des sabots. Le groupe s’était lancé au galop, probablement après avoir vu le nuage sombre. Le bois de l'arc grinça alors que je tirai sur la corde, flèche encochée. Mon poste se trouvait presque à la sortie du petit bois. Peut-être que, trop pressés d’aller quérir les nouvelles de la cité, les premiers cavaliers ne remarqueraient pas la disparition du dernier si j’attendais assez pour lui lâcher mon trait. Cela valait le coup d’essayer.

Je retins ma respiration au moment où le trio déboula sous mes pieds. La pointe de la flèche suivit leur mouvement avant de finalement fuser, libérée dans un discret claquement de corde. Elle cueillit le cul de patrouille à la gorge, se vissant dans ces chairs que le cimier n’abritait pas. L’homme tomba de sa monture et le destrier, bien dressé, s’arrêta aussitôt.

J’encochais immédiatement une deuxième flèche et tendait l’oreille. La végétation lui voilait la sortie des fourrés aussi ne pouvait-il se fier qu’à son ouïe pour deviner le comportement des cavaliers restant. Le bruit sembla d’abord s’éloigner mais la satisfaction du spadassin ne fut que de courte durée quand il les entendit approcher de nouveau. Les salopards revenaient sur leur pas.

Mon carreau était prêt mais ne partit pas tout de suite. Un des cavalier mit pied à terre pour aller inspecter le cadavre. Je portai aussitôt mon attention sur l’autre. Tuer la cible montée était une décision naturelle et pourtant mon bras se paralysa en découvrant sa cible. Une gamine ! Une gamine avec une tête d’ange et des cheveux d’un roux délavé. Même les novices du demi-pipet n’étaient pas si jeune et pourtant l’arène de la chair était autrement plus plaisante que celle du sang et des os brisés.

« Merdre. » Laissais-je glisser entre mes dents serrées - trop bas cependant pour que les autres puissent l’entendre.

Ma visé navigua d’une silhouette à l’autre, ralentie par ces réticences absurdes. * Il faudra tuer les deux quoiqu’il arrive * me disais-je, comme pour me rassurer alors que la pointe de la flèche s’arrêtait sur la jouvencelle en une dernière hésitation. Le type à pied se releva aussitôt du corps en braillant, me faisant légèrement sursauter alors même que je lâchais la corde. Mon geste troublé altéra le trait qui se ficha dans l’encolure du destrier qui se cabra de douleur et tomba à terre. Je me débattis aussitôt avec le carquois pour saisir un nouveau carreau tandis que les deux survivants échangeaient des paroles indistinctes à ma hauteur. Mes gestes durent attirer l’attention de l’homme qui se précipita aussitôt vers mon perchoir, brandissant une hache à l’éclat acéré.

J’eus à peine le temps de lâcher un troisième trait - qui se ficha dans l’humus sans rencontrer la moindre chair - que le gaillard était au pied de mon mat, armant ses bras solides pour y mettre le premier coup de lame. Le tronc était encore épais et vivant, je ne doutais pas qu’il survive au premier assaut du ladre improvisé bûcheron. Quelle ne fut pas ma surprise quand la hache le trancha net en un seul et puissant coup. L’arbre s’affaissa aussitôt et je ne dû mon salut qu’à entremêlement de branche qui amortit sa chute et m’épargna un impact douloureux.

Je me relevai en jurant et vidait mon ceinturon de ses précieuses locataires avant de me mettre en garde, l’épée brandie et la dague cachée dans mon dos. La fillette s’était relevée de la chute de son cheval et s’était armée d’une lance avant de rejoindre son compagnon, lequel leva sa hache en défi et me lança un regard moqueur.

« Tu peux rire vermine, lançais-je en lui servant mon sourire canaille, mais même ta catin de fillote ne saura te garder de mes coups ! Allons approche, fumier ! Cafard ! Sagouin ! Attaque-donc vilain métèque ! »

Le combat s’engagea alors avec une intensité rare. Le guerrier semblait plutôt vivace malgré son large gabarit. Néanmoins sa hache d’arme restait lente et je parvenais assez facilement à me soustraire de ses attaques. La fille se révéla bien plus agaçante, se servant de son allonge pour me harceler sans prendre de risque. Je parvenais à repousser leurs assauts mais ces derniers s’enchaînaient trop vite pour que je puisse espérer contre-attaquer. Les insultes se tarirent et les rictus se crispèrent dans la tension de la lutte et peu à peu l’issue se dessina dans mon esprit.

Il allaient m’avoir à l’usure. Déjà entamée par ma longue marche, mon endurance finirait bientôt par me faire défaut et je ne serais alors plus assez vif pour me garder de leurs attaques. La hache me fendrait sans peine si la lance ne me poinçonnait pas avant. Que n’aurais-je donné pour une diversion ! Il me fallait en finir vite si je voulais survivre à cette aventure, or je n’avais pas la moindre ouverture pour ce faire.
Nous étions entourés de bouleaux et pourtant, je distinguais une curieuse odeur de sapin.


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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Dim 8 Juin 2014 - 21:46


Ce fut alors qu'une hache fusa sans crier gare de l'ombre du sous bois. Manche en bois de sapin et large couperet orné de runes brillant autant par leur absence de pouvoir que leur utilité ornementale. Le moindre regard aurait indiqué qu'il s'agissait là de la hache d'un Premier Homme mais pour le moment, elle se réduisait à un projectile fendant les airs aussi bien qu'il fendait les chairs. Avec le tintamarre du combat non loin, nul ne l'entendrait arriver. Nul ne la verrait arriver à moins d'être dans le bon angle et d'avoir un champ de vision bien dégagé…

Pour courir, Garnyiss avait couru. Dès l'instant où l'autre avait commencé à changer, il avait tourné les talons sans demander son reste ni même jeter un regard en arrière. Quoi que ce fût, il n'avait pas voulu prendre ce risque. A entendre l'explosion molle dans son dos et l'inhumaine voix tonitruante brailler son nom, tout peu glorieux qu'il était, ce choix là lui avait vraisemblablement sauvé la vie. Sa fuite n'avait pas tardé à l'emmener dans les ruelles familières, loin des bataillons de Premiers Hommes qui convergeaient vers la cause de tout ce chaos pour l'anéantir. Ceux qu'il avait croisés ne lui avaient guère porté d'attention, trop concentrés qu'ils étaient sur l'affrontement qui les attendait. Attendre la même chose de ceux en faction aux portes de la cité ne lui avait guère paru sage sur le coup, aussi le mercenaire avait-il pris son lot de précautions.

Un rapide tour dans un âtre l'avait rendu tout de suite moins reconnaissable. Tranchenuit plaquée contre lui, un large manteau avait alors parachevé son déguisement de fortune avant qu'il ne se mêle à la foule des habitants terrifiés. La panique ambiante avait alors grandement joué en sa faveur et les gardes s'étaient vite montrés incapables de contenir tout ce beau monde. Jouant des coudes et des pieds, Garnyiss s'était ainsi frayé un chemin jusqu'à la sortie de la ville. Quelques minutes plus tard et les renforts auraient bloqué cette échappatoire mais le mercenaire ne devait jamais le savoir.

A peine avait-il été hors de vue qu'il s'était dirigé vers le Sud-Ouest, espérant contourner le Ramr pour mieux remonter au Nord et rejoindre les profondeurs labyrinthiques de la Crête. Là, il aurait le temps de laisser les choses se tasser et décider de la marche à suivre pour lui-même. Se faufiler parmi les patrouilles qui convergeaient vers Uru'Baen n'avait pas été une mince affaire. Plus d'une fois, cela s'était joué à un cheveu près mais il estimait s'en être relativement bien tiré. Le seul Premier Homme qu'il avait croisé avait promptement rejoint son dieu et sa hache, les mains du mercenaire…


Ainsi la fuite de Garnyiss du pays des choux le mena-t-elle non loin du théâtre d'une échauffourée musclée. Il se guida au son du métal s'entrechoquant jusqu'à apercevoir de quoi il retournait au juste. Deux combattants s'acharnant sur un troisième en fort mauvaise posture sous le regard placide de deux chevaux. N'auraient été les deux équidés, le mercenaire aurait passé son chemin, plus qu'échaudé par les récentes frasques de sa curiosité. Au lieu de ça, son regard s'attarda sur le duo : un homme armé d'une hache et une lancière qui se débrouillait fort bien en dépit de son apparente jeunesse. Garnyiss grimaça à la vue de leur équipement. Des Premiers Hommes, encore et toujours, réalisa-t-il en sentant monter un profond agacement. Et bien, ça n'allait pas être leur jour de gloire à ces deux là..

Il soupesa la hache qu'il avait empruntée tantôt. La lancer dans le tas ? Mauvaise idée, une chance sur trois de la planter dans la mauvaise carcasse tant ces trois là avaient la bougeotte. Restait la seconde option, qui ne manquerait certainement pas de faire son petit effet. Les vols de haches n'étaient, après tout, pas suffisamment communs pour ne susciter qu'une froide indifférence.


Avec un sifflement de mauvais augure, elle frôla les combattants et alla se ficher dans le tronc juste à côté avec un claquement sonore. Dans le même temps, Garnyiss déboula du sous bois avec la plus grande des subtilités, l'épée au clair et fort décidé à en découdre.

" Désolé, elle était un p'tit peu lourde pour moi, elle m'a glissé des mains !", lâcha-t-il avec un rictus moqueur avant de franchir en quelques enjambées l'espace qui le séparait des combattants. Sans attendre une quelconque réponse il s'immisça dans la bataille.

 
[Je sais pas trop si Yséra ou son camarade se détache pour aller accueillir Garnyiss, du coup j'avance pas plus dans l'action ]







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Ysèra
Chef de Guerre des Filles de Mastaï
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Lun 9 Juin 2014 - 6:55



Quelle ne fut pas la surprise de Dalmur, l'ainé du duo de mâle, lorsqu'il fut accueilli par une absence de réponse de la part de son frère alors qu'il lui demandait son avis quant aux colonnes de fumées noires. Rapidement, les cavaliers rebroussèrent chemins pour découvrir leur frère étendu au sol, mort raide. Ysèra resta montée, se mordant les dents, elle ne put que regarder de gauche à droite, préparant son écu. Le grand homme cria de rage en inspectant son cadet, et la jeune femme fut surprise à son tour quand sa monture sembla être prise d'une folle douleur. Un second trait avait malhabilement touché l'animal plutôt que celle qui alla bientôt lourdement chuter contre le sol, de son côté gauche. Elle grimaça de peine.

Légèrement sonnée, Reginleif reprit pied en s'aidant de sa lance, et suivit non sans peine Dalmur qui semblait avoir détecté le brigand faisant assaut. Fou de rage, avec l'adrénaline, le gaillard détruisit l'arbre servant de refuge au malandrin avec une force herculéenne. La Fille de Mastaï secoua la tête, fit faire à son bras endommagé quelques réchauffements, puis agrippa lance et bouclier. Cette dernière pièce d'équipement à poignée centrale vaut son pesant d'or pour une mince et agile tirailleuse qui se déplace beaucoup en combat, et qui considère le jeu de pieds comme étant la base de tout affront. Son cousin, attaché d'une courroie, était moins mobile et plus restrictif dans les mouvements, quoique plus solide grâce au support de l'épaule.

Dalmur était plus rapide qu'elle, et s'était déjà élancé sur le voyou avec vigueur, vagabond qui montra rapidement ses dents en sortant de son cuir deux lames bien prêtes à être utilisées. Les embusqués se regroupèrent mais leurs lourdes armures les gênèrent beaucoup dans le sous bois. Autre désavantage : Ysèra n'avait pas besoin de la portée apportée par sa longue tige métallique. Dans un dense sous bois et contre un adversaire visiblement sans talents magiques, agile, aillant une courte portée, il ne suffisait à l'agresseur que de la dévier avec sa dague, appuyer dessus de son pied et le champ était libre pour que l'épée transperce la fillette. Se trouvant beaucoup trop vulnérable à la contre-attaque, et gênée par son coéquipier fou de rage, elle eut tôt fait de se replier de quelques pas et de se concentrer pour un tir. Profitant d'une attaque du Premier Homme enragé par la mort de son fraternel, Ysèra jeta avec puissance sa lance vers le nuisant archer, mais le rata d'extrêmement près, littéralement entre le bras et le torse. L'arme d'hast alla cogner dans le roc dans un fort "toc". Bizarrement, malgré son appellation, une lance n'est pas supposée être utilisée comme arme de lancer, contrairement à la javeline, mais la rouquine voulait beaucoup plus avoir sa propre épée à la main droite. Cent-dix centimètres, bien droite, l'acier retentit alors qu'il quitta le fourreau, mais c'est là que le sapin siffla.

Elle eut le souffle coupé, les yeux ronds, alors que la mort venait de manquer son cou d'environs un mètre. Sa tête se tourna d'elle même sous les craquements de branche causés par le nouveau venu. Dalmur constata qu'ils étaient maintenant à deux contre deux et recula donc pour rejoindre Ysèra.


- Je crois qu'il me visait, dit-elle de sa voix haletante, sous le choc. C'est pas bon! On les prend à un contre un chacun de notre côté

- Tu me laisses l'archer, je vais lui exploser la face!

Le costaud hurla avec la force d'un ours contre la menace originale avant de le charger de sa massive arme. La rouquine ne put que se tourner vers Garnyiss et lui faire face, bouclier à la gauche, épée longue à la droite. Elle ne comptait pas passer dix minutes à se défendre : elle avait horriblement chaud, était déshydratée, et voulait que ça se termine au plus vite pour pouvoir enterrer Garthar et lui offrir le repos qu'il méritait.

[J'ignore comment combat Garnyiss du coup je n'ose pas vraiment aller plus loin. Libre à vous de faire progresser l'affront selon votre loisir]



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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Mer 11 Juin 2014 - 13:12



[J'ai pris quelques libertés pour faire avancer l'action, si ça pose problème j'éditerais.]


Le combat se suspendit en un silence surréel tandis que les trois combattants tentaient de comprendre ce qui venait de se passer. C’est à ce moment là qu’un agreste animal sortit du sous-bois, la crinière pâle, la truffe taillée et le croc apparent. Une étincelle d’espoir brilla faiblement dans mon rendu fou par l’excitation du combat. Cette beste là ne portait pas la couleur des primes armées. Si cette intuition se révélait mauvaise, je ne donnais pas cher de ma peau. Heureusement, la mignarde sembla donner raison à ce jugement en tournant ses armes vers le bougre alors qu’icelui rejoignait la mêlée avec panache.

Mais que faisais-je ? J’avais prié le ciel pour une distraction et maintenant que le destin me prodiguait ses faveurs je restais plus immobile qu’un idiot face à une énigme. Sitôt mes esprits repris, j’allongeai une fente traître pour surprendre le ladre à la gorge. Mais le joueur de hache parvînt à réagir avec une vivacité surprenante et s’écarta d’un pas avant de faire tomber la guillotine. Fort heureusement, mon élan me permit de rouler avant que la lame de m’esquinte. J’étais à terre mais l’arme se coinça das quelques racines boueuse et son propriétaire peinait à la dégager. Je sautais aussitôt sur mes pieds pour lui porter l’estocade fatale mais il lâcha le manche de son arme pour se protéger avec ses bras.

L’Arceani aurait dû rentrer dans ses membres comme dans du beurre et trouver son chemin jusque quelques points létaux à poinçonner mais, en fi de cela, la pointe se frotta à une peau dure comme la pierre et ripa sur le biceps dans une gerbe d’étincelle. Surpris je chus sur le solide gredin et nous nous affalâmes tous deux sur l’humide humus. Je lâchai mon épée dans la culbute et un coup de poing me cueillit à l’atterrissage. Je roulai sur le côté et l’autre se jeta sur moi pour serrer ma gorge entre les deux battoirs qui lui servaient de paluches. Je tendis ma main libre pour lui saisir l’oreille gauche et tirait fermement dessus. Le gorille grogna mais ne relâcha pas son étreinte. La douloureuse pression le força néanmoins à tourner à peu la tête, orientant son visage vers la droite ; côté duquel ma main daguée portait un coup sordide qui traversa l’oeil du lascar avant d’atteindre sa cervelle.

Le visage du barbare se figea et mon asphyxie s’arrêta. Je pris quelques secondes pour reprendre mon souffle avant de repousser le cadavre - dieux qu’il était lourd ! - pour me relever et observer l’autre combat qui résonnait toujours du fracas des lames.
Mon providentiel allié dominait l’affrontement à n’en point douter mais la jouvencelle jouait prudement de sorte que le combat s’éternisait. Peut-être comptait-elle retenir ainsi son adversaire en attendant que son camarade vienne la soutenir. Me tournant le dos, elle ne devait pas connaitre l’issue de notre corps à corps acharné et l’inconnu l’harassait d’un flot constant de feintes et d’assauts, ne lui laissant nulle occasion de regarder derrière elle.

Un mauvais sourire illumina ma trogne ensanglantée. Je crachais un jus écarlate avant de regarder autour de moi. Mon arc s’était brisé dans la chute d’arbre mais la lance de la rouquine gisait encore non loin. Cruelle ironie qui toquait à ma porte pour que je la présente à cette innocente rosière !

Je saisis l’arme à deux mains et la soupesai brièvement avant de m’approcher silencieusement des duellistes - en prenant grand soin de rester dans l’angle mort de la damoiselle. Parangon de lâcheté et de sournoiserie, j’attaquai sèchement, plantant le fer dans l’arrière de sa cuisse menue, un peu au-dessus du genoux. La pointe traversa la chair musculeuse, arrachant un cri à sa victime. Je ne m’arrêtai pas là et, d’une pression vers le bas, la forçai à poser genoux à terre avant d’enfoncer la lance plus loin encore, jusqu’à ce quelle se plante dans le sol.

« C’est comme ça qu’on s’en sert petiote. » Susurrais-je avec l’insolence du vainqueur.

Mon sauveur avait interrompu ses attaques et observait tranquillement, épée à la main. Je relevais la tête vers lui pour le remercier quand le bras de la blessée se détendit, sa lame fendant l’air à un cheveu - qu’elle coupa d’ailleurs - de mon crâne. Bigre ! Sii j’avais eu une once de réflexe en moins, ma tête aurait été allégée de moitié ! Foutue putain !

Comme la lance la clouait littéralement au sol, je pus saisir son bras avant qu’elle ne me lance une nouvelle attaque. Je tordis son poignet jusqu’à ce que la sauvageonne laisse choir son épée.

« Garce ! » Sifflai-je avant de lui dévisser le cou d’un solide coup de pied qui creva sa lèvre et fit saigner son nez. Je repassai derrière elle et retirai la picque sèchement, sans prévenir, arrachant un nouveau râle à la fille. Puis, dans un élan de pitié - ou d’agacement ? - j’abrégeai sa souffrance en l’assommant d’un coup de hampe.

Contemplant son corps inerte, je lâchais à l’adresse de l’autre survivant :

« Pas étonnant qu’ils soient sauvages avec de telles harpies dans leurs coteries ! »

Je jetais la lance à mes pieds et tendit la main vers l’étranger, essayant de détacher mon mes yeux de sa lame toujours découverte pour le regarder dans les yeux :

« Ernst Bastezic, dis-je, à qui donc dois-je la vie ? »

Car c’était certain, sans ce bougre là, c’en eut été fait de moi !





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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Sam 14 Juin 2014 - 17:15


" Garnyiss Bar'h'Ahïn ", se présenta à son tour l'intéressé avant de serrer vigoureusement la main que l'autre lui tendait. A défaut d'avoir une connaissance parfaite l'un de l'autre, avoir en commun des individus désireux de vous hacher menu forgeait tout de même quelques liens. Les manières et le franc parler de Bastezic lui gagnèrent même la sympathie de Garnyiss. Il rengaina Tranchenuit, jeta un regard peu amène aux corps étendus sur le sol.


" Ils n'ont pas eu la même chance que vous… "


Et ils n'auraient pas l'occasion de le regretter, ajouta-t-il pour lui-même. Ce Bastezic avait décidemment fait du bon boulot. Il ne manquait plus qu'à faire disparaitre les deux cadavres du chemin avant de décamper - un petit tour derrière l'un des fourrés tout proches suffirait - et s'occuper de l'unique rescapée du trio. Maintenant qu'elle était inconsciente et blessée, le mercenaire ne se sentait pas le cœur à l'achever une bonne fois pour toute.


Elle s'était bien défendue, il devait le reconnaitre, mais au final, elle ne devait la vie qu'aux bons soins de Bastezic. Lui-même n'aurait pu se payer le luxe de la mettre hors d'état de nuire par d'autres moyens qu'une mise à mort. Pas de témoins, pas de fardeau encombrant sur la longue route qui l'attendait. Tout cela, ce serait à son camarade du moment de s'en charger dans le plus pur respect des traditions des Premiers Hommes. Après tout, ne s'était-il pas emparé de sa vie dès l'instant où il lui avait transpercé la cuisse ?



" Occupez vous de la fille pendant que je vire ces deux là du passage. Tenez ! ", fit-il en lui jetant son manteau élimé dans les bras," Ca devrait faire l'affaire en attendant une corde potable…"


Au pire, ça ferait un bâillon plus que convenable des fois que la demoiselle décide de se réveiller et de rameuter tout le monde. Sur cette pensée, Garnyiss commença à tirer un cadavre derrière un fourré particulièrement touffu puis le second, laissant son comparse vaquer à ses occupations.









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Ysèra
Chef de Guerre des Filles de Mastaï
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Lun 16 Juin 2014 - 0:50


Se défendant du mieux qu'elle ne le put contre les taillades et les multiples attaques de son nouvel agresseur, jamais elle ne vu s'approcher l'autre gaillard derrière elle. Elle jouait du bouclier de son mieux, mais le talent de son adversaire additionné à la fatigue du voyage lui donnait peu de chance...

Et Reginleif, la lance, traversa ma cuisse. Je sentis sortir de ma gorge un cri strident alors qu'une intense brûlure me prit comme victime. J'eu à peine le temps de retourner ma tête qu'on me forçai à genoux, mais bizarrement, mes mains étaient encore très serrées contre mes armes. Mon bouclier était toujours devant moi, ma lame, à ma droite, je laissai mon bras partir vers mon assaillant, c'était mon dernier espoir, joint à un cri de rage que j'exprimai à la suite du décès de mes deux amis.

Lorsque l'archer s'empara de mon bras, je sentais ma force m'abandonner, et alors qu'il me forçait à lâcher mon épée, mes yeux devinrent vides ; j'avais... perdu. Encore. J'étais défaite.

La lance se retira et je serrai les dents. Un étourdissement violent vint me prendre d'assaut, tel celui causé par mon précédent échec contre les elfes, au nord. En plus, je subis un autre coup qui me fit perdre la carte, mon corps était maintenant paralysé par la souffrance, et mon bouclier chuta lourdement contre le sol alors que tranquillement, ma tête flanchait sur le côté. Puis la douce noirceur vint me prendre, et je cessai d'avoir mal, pour un temps. J'étais par le même moyen délivrée temporairement du lourd fardeau d'un deuxième échec consécutif, qui sans aucun doute me ferait bien plus mal qu'aucune blessure physique ne pourrait le faire. C'était... comme si le seigneur Mastaï me punissait pour mon premier échec. L'une des pires tortures pouvant être faite à une fille dévouée vers son Dieu, c'était de ne pas se sentir aimée par celui-ci.



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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Ven 20 Juin 2014 - 6:43



J’ai jeté un vague regard aux cadavres, sans réellement les voir. Le nom de mon sauveur ne m’était pas inconnu. Bar’h’Ahïn. Garnyiss Bar’h’Ahïn. Comment pourrait-on oublier un nom pareil ? Et pourtant je n’arrivais plus à me souvenir où je l’avais entendu ! Ces syllabes orientales puaient le sable, puaient les dunes, puaient l’est et le désert. Il avait beau m’avoir sauvé la mise, je ne pouvais m’empêcher de me méfier : il ne serait pas mienne fortune que de tomber de Charybde en Scylla.

« J’aime à penser que la chance est un don qui se cultive, répliquais-je avec un sourire féroce, et que nos compétences arme à la main ne sont pas complètement étrangères à celle-ci. »

Bigre ! Je les avais presque oubliées ! Mes belles, mes amours, mes amantes. Mes fidèles Arceani. Je fis aussitôt quelques pas, le regard braqué au sol pour y retrouver l’éclat mortel de ces chefs d’œuvre. Mais l’autre ne me laissa pas chercher bien longtemps, me jetant cape et injonction avant de se pencher sur les cadavres. J’attrapais le vêtement usé d’une main et mon regard oscilla un instant entre le corps étendu et ma zone de recherche. Avec ce que je lui avais mis dans la jambe, elle n’allait sûrement pas cavaler la donzelle. Je me fis néanmoins violence et tournait le dos à mes armes pour m’approcher de la silhouette inconsciente.

Je n’avais pas touché l’artère mais cuisse n’était pas avare de sang. Je grognai et déchirai une lanière de tissu assez longue avant de l’enrouler autour du membre blessé, en amont de la plaie. Je sentis mes joues rougir légèrement alors que mes doigts s’affairaient si près de son entrejambe mais la réalité sanglante dans laquelle je me trouvais prit vite le pas sur les
fantasmes lubriques que vouent les soudards à leurs prises féminines.

Je serrai sèchement le nœud pour finir le garrot et faisait rouler le corps sur le ventre avant de tirer deux nouvelles lanières de la cape de mon compère. Je m’en servis pour lui lier fermement les poignets et les chevilles. Une dernière pièce de tissu me servit à attacher le reste de la cape après que j’y eut enroulé la fille pour entraver un peu plus ses mouvements. La capuche du vêtement retombait miraculeusement sur sa tête pour cacher ses cheveux un peu trop remarquables. Un risque de moins pour le voyage.

Le voyage, oui. Car pendant que je parachevais mon ouvrage, une idée s’était sournoisement insinuée dans mon esprit. Une pensée un peu folle, un peu suicidaire mais pas complètement dénuée de sens : j’allais l’emmener avec moi. N’imaginez pas que je m’étais pris d’affection pour son corps menu couvert de sang. À vrai dire, la mort aurait probablement été un avenir préférable au sort que je lui réservais. Car si je parvenais à la ramener jusqu’aux armées nostroises ce n’est pas un beau lit qui l’attendrait mais une table de torture et les soins attentifs des bourreaux du prince.

Une ou deux minute plus tard, la fine lame de mon épée se glissait silencieusement dans son fourreau. Mon sauveur grimpa un peu dans mon estime en m’apportant la dague que j’avais égarée dans l’œil d’un des ladres qu’il avait planqué. Je le remerciai avant de désigner d’un geste les deux chevaux qui attendaient toujours leurs cavaliers.

« Alors ami, lançai-je, lequel voulez-vous ? »



[HRP : Désolé post un peu vite-fait, j'ai pas mal de taff ces jours-ci. À moins qu’Ysè ne trouve de quoi faire un post dans son inconscience, je suggère qu’on saute son tour cette fois-ci. On devrait pouvoir partir peu après, elle pourra se réveiller sur la route.]




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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Lun 23 Juin 2014 - 21:52


Des branchages de l'hiver dernier en guise de tumulus. Un petit coup d'oeil circulaire pour vérifier que les lieux avaient l'air aussi innocents qu'avant l'arrivée des deux bougres. Le résultat était loin d'être parfait mais qu'importe. Le temps que l'on découvre le pot aux roses et il serait loin d'ici, les poches lestées des menues richesses dont il avait délesté les deux cadavres. Quelques poignées de piécettes, deux trois breloques d'aspect anodin et au final, rien de franchement bien folichon. La dague de Bastezic aurait-elle plus de valeur à elle toute seule que Garnyiss n'en serait pas étonné.


Un dernier regard sur les lieux puis le mercenaire revint sur ses pas, prenant grand soin de marcher là où ses bottes laisseraient le moins de traces. A son grand plaisir, il constata que son camarade d'infortune n'en avait pas profité pour faire cavalier seul, bien au contraire. L'unique survivante gisait sur le sol, soigneusement empaquetée et saucissonnée comme une paupiette. Une comparaison fort peu appétissante à la lumière de sa récente et macabre découverte mais Garnyiss y survivrait, quoi qu'en pense son estomac et quitte à changer de sujet. Ah oui, la dague ! Il la rendit à son propriétaire, aussi propre que l'avaient permis quelques passages dans les vêtements des cadavres.



" Va pour le pie ! ", choisit-il lorsque Bastezic lui demanda quelle monture il prenait.


Garnyiss n'était pas un expert en chevaux mais les  bêtes lui semblaient de condition semblable, toutes deux aptes à endurer les lieues qui le séparaient des contreforts de la Crète et du refuge tout relatif qu'il espérait y trouver. Sans doute Bastezic avait-il ses propres plans à lui, une destination où emmener la captive dont il semblait vouloir s'embarrasser. Les hypothèses s'échafaudaient tandis qu'il jetait un coup d'œil machinalement aux sangles et autres joyeusetés qui l'empêcheraient de verser au sol. Espérait-il en tirer une quelconque rançon ? Des renseignements peut-être mais pour qui ? Autant de question qui l'amenèrent à demander directement auprès de l'intéressé le destin qu'il réservait à sa prisonnière.



" Simple curiosité, mais où comptez vous l'emmenez ?  ", s'enquit-il tout en aidant Bastezic à hisser ladite princesse sur sa monture." Si c'est au Surda ou dans le Hadarac, c'est ici que nos chemins se séparent. J'ai eu mon compte de Premiers Hommes et de sales bestioles pour le moment…"








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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Jeu 23 Oct 2014 - 1:07



Tout sympathique que puisse sembler mon sauveur, je n’étais pas gaillard à ranger mes secrets dans l’oreille d’un inconnu. Lorsqu’on pratique une profession comme la mienne, la méfiance devient rapidement une seconde nature - une confiance excessive conduisant bien trop facilement au péché d’orgueil. Je n’allais donc pas dire la vérité à ce rude bonhomme et néanmoins je ne pouvais me résoudre à le confondre dans une invention complète – sans savoir si cette appréhension venait du fait qu’il m’avait sauvé la vie ou de ses airs de vieux de la vieille que mes babillages ne perdraient pas. Je me résolus donc à tenter le demi-mensonge, cette astuce formidable qui sacrifie un peu de l’invention au profit d’une plus grande crédibilité. Accompagnant mes mots d’un vague geste du bras en direction du nord je lâchais d’un ton morne :

« On dit que la rébellion trame ses affaires dans l’nord. J’connais des gens par là-haut, je peux trouver à crécher et me servir de la donzelle pour monnayer quelques informations. Peut-être même que je pourrais la vendre, elle, directement. Bref, c’t’un investissement. De toute manière il y a plus rien qui me retienne dans ce bas pays, ça grouille de rouges. Ces mêmes rouges qui assaillent le sud. Je suis moyennement tenté par la vie dans les dunes, alors ‘voyez, le nord ça reste la solution la plus douce pour ma vieille carcasse. »

Mon geste du bras en direction du nord avait dû conférer un aplomb rare à mes salades. Le fait est que cet homme providentiel se mit en tête de faire route avec moi. Je n’ai trouvé aucune manière polie de le rembarrer alors on est parti ensemble sur les chevaux volés, la minette entoilée jetée sur la croupe de mon canasson en une position inerte et loqueteuse qui n’était pas sans rappeler la grâce toute paysanne des sacs à patates.

Notre équipée prit grand soin de s’éloigner des routes et des sentiers, aiguillant nos bêtes vers le couvert des végétations feuillues bordant le fleuve pour échapper à l’acuité pernicieuse de quelques patrouilles ennemies. C’était là un parcours difficile pour nos montures et la relative sécurité que nous apportait ce détour s’accompagnait d’une inévitable perte de temps. Nous avions cependant de quoi nous distraire en la personne de notre prisonnière qui commença à redonner signes de vie quelques heures après notre percutante rencontre.

Son agitation ne fut que de courte durée car, tout étouffés qu’ils soient par son bâillon, je jugeais ses gémissements trop audibles tant que nous n’avions pas atteint le fleuve. Un coup sec dans le creux que j’estimais être sa nuque suffit à la calmer et son éveil suivant se fit dans de bien meilleures conditions, quelques heures plus tard, au bord de l’eau.

« Allez on se réveille ma p’tite. » Lançais-je en appuyant ma botte sur sa jambe blessée.

L’effet ne fut pas immédiat mais un dernier coup de semelle suffit à égayer mon ouïe de gémissements étouffés. La douleur, la détresse et aussi la fureur, la haine ! On pouvait lire tant de chose dans ce spectre salivaire ! Un esprit imaginatif y aurait certainement trouvé quelques stimulants fantasmes mais, ayant un invité, je fis meilleur étalage de mes bonnes manières.

« Ferme-là, lançais-je en chassant d’un geste sec la capuche qui la couvrait, je vais te donner à boire bécasse ! »

Oh bons dieux vous auriez dû voir ça ! Ses yeux me lançaient des éclairs. Je pense que si un regard pouvait toucher quelqu’un, elle m’aurait étripé sur place. J’en étais à retenir mon souffle en approchant ma main de son bâillon pour l’en délivrée. Elle m’aurait mordu la main comme un clebs que j’aurais pas été surpris !


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Ysèra
Chef de Guerre des Filles de Mastaï
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Lun 27 Oct 2014 - 4:43


Les bosses, les bosses... Le confort ne fut guère de la partie alors que le duo confirmait son avance nordique. Les bêtes filant a une vitesse appréciable, Ysé eut tôt fait de reprendre ses esprits, mais les reperdit aussi tôt. Puis, comme Bastezic l'eut finement deviné, nombreux furent les sentiments meurtriers qui accompagnèrent ses gémissements alors qu'il pressait sa botte contre son pansement de fortune.

On lui retira ce qui lui cachait la vue, et son visage fatigué parlait de lui-même, ses yeux étaient de feu. Ses cheveux délavés traînaient sur le côté de sa tête, tandis qu'elle remarquait que celui qu'elle avait combattu de face faisait également partie de son escorte. Ses poignets étaient attachés devant elle, ses chevilles également ; c'était clair, elle ne pourrait fuir cette situation sans assistance. Tout espoir d'échappatoire ne résidait qu'en la possibilité de voir apparaître un bataillon allié.

Elle comprit dans le langage local que le bandit voulait l'abreuver, chose qui adoucit ses ardeurs ne serait-ce qu'un tantinet - assez pour lui imposer une certaine docilité. Toujours en le fusillant du regard, elle toussa lorsqu'on lui retira son bâillon. Déjà déshydratée, c'est avec la gorge très sèche qu'elle prit une pouffe d'air et l'action l'étouffa.

Des mots voulurent quitter sa gorge, mais aucun ne sortirent. Où était donc Mastaï? Pourquoi une telle punition? Pour l'instant, boire était sa priorité absolue. Profaner et maudire le nom des deux vauriens aller passer au second plan pour le moment. Ainsi, elle resta docile, se contentant de garder son regard haineux fixé sur celui qui l'avait lâchement mise à terre, la respiration bruyante et haletante.
[Je ne m'impose pas de minimum de mot dans le but de permettre un avancement constant des évènements =)]



Crédits : Ellenwen
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Garnyiss
Message Sujet: Re: Le défi lancé à Mastaï | Dim 2 Nov 2014 - 22:28


« Vous vous êtes fait une nouvelle amie, on dirait… », ironisa Garnyiss à la vue de leur prisonnière qui continuait à guigner Bastézic d’un regard pour le moins meurtrier. Pas la moindre once de gratitude pour l’eau mais au moins ne s’était-elle pas époumonée à avertir ses petits copains. Enfin, pour le moment…


Il mâchonna une nouvelle bouchée de pain sec, repensant aux mots de son comparse, à des lieues et des lieues de là. Les rebelles, hein ? Voilà qui expliquait deux trois trucs sur son empressement à se lester d’un fardeau aussi coopératif…  Et avait titillé ses propres intérêts par la même occasion. Non pas pour se reconvertir dans un quelconque trafic juteux de prisonniers mais bel et bien pour avancer ses pions à lui. Qui n’avait pas besoin d’épées en plus ces temps-ci ? Accompagner Bastezic serait l’occasion de tâter le terrain côté rébellion et peut-être même négocier quelque affaire loin des monstruosités fortes en gueule.


« Espérons pour vous qu’elle sera un petit peu plus raisonnable quand vous la présenterez à ses nouveaux amis de la Cam. », ajouta-t-il, non sans un regard en coin vers leur prisonnière.


Après tout, en matière de rebelles, ces gens là étaient tout désignés. Si elle comprenait un traitre mot d’Alagaësien, leur captive ne manquerait pas de réagir à cette nouvelle – même si elle devait sans doute s’attendre à quelque chose de cet acabit. Ca, ce serait sans doute intéressant. Peut-être le serait-ce encore plus si son comparse venait à le détromper…








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