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Dans l'ombre des corbeaux (2P2S)

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L'Aléa
Maître du Jeu
Message Sujet: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Ven 13 Juin 2014 - 20:59




Dans l'ombre des corbeaux


Avec Hally, Korann et Ascagne sur le chantier des rives occidentales de l'Isenstar


Le corbeau toucha terre aux premières lueurs de l'aube. A peine posé, il lissa consciencieusement ses plumes avant de se dandiner vers l'objet de toutes ses convoitises. Les objets, plutôt. Il y en avait deux ou trois, leurs chairs blafardes et boursouflées exposées aux éléments, leurs yeux encore ouverts contemplant sans le voir l'azur des cieux. Tous Alagaësiens, tous rêvant d'évasion et ramenés à la réalité à grands coups de hache lorsqu'ils avaient mis leur plan à exécution.

Cette manne providentielle, le corbeau la devait à l'une des brillantes idées d'Arwed. Plutôt que de faire enterrer ces crétins d'Alagaësiens, il avait forcé leurs petits camarades à trainer les corps jusqu'au relief non loin, là où chacun pourrait bien voir les nuées de charognards. Par vent d'Est, les remugles de charogne venaient titiller les narines sur le chantier mais qu'importe. Ce rappel du destin soldant  toute tentative de rébellion valait bien ce petit désagrément.


Loin  de toutes ces considérations, le volatile sautilla sur la carcasse la plus récente et piocha dans les meilleurs morceaux avant que ses congénères ne viennent lui disputer ces deux petites boules fort goûteuses. Grand bien lui en pris car l'air ne tarda pas à résonner de croassements rauques et de bruissements d'ailes. Le reste du vol fondit sur les corps martyrisés tandis que le corbeau solitaire filait vers le chantier et son activité grouillante. Sans doute y trouverait-il d'autres friandises à picorer. Deux paires d'yeux le suivirent avant de se reporter vers le sud.


" On dirait bien qu'la vermine va encore s'agiter aujourd'hui ! ", soupira Arwed. Les corbeaux solitaires n'étaient jamais de bon augure.

- C'est Harald qui va être content !", ricana l'un de ses subordonnés avant de se tasser sous le regard noir que lui lança son supérieur.


La réputation du gaillard, aussi solide que douteuse, s'était répandue comme une trainée de poudre parmi la garnison du chantier. En temps normal, Arwed aurait laissé filer la chose comme il l'avait fait depuis l'arrivée de la colonne d'esclaves mais ce jour-ci n'était pas comme les autres. La Première Epée avait décidé d'envoyer des émissaires inspecter l'avancement des travaux sans plus donner de précisions. Mu par sa fierté personnelle, il avait décidé que tout devait être irréprochable pour leur arrivée, tant du côté de la main d'œuvre que de celle des hommes dont il avait la responsabilité. Le moindre faux pas éclabousserait à coup sûr sa réputation et les excès possibles d'Harald en faisaient malheureusement partie.

Lorsque les émissaires arrivèrent, Arwed se tenait prêt à les recevoir, quelques un de ses hommes triés sur le volet en guise de comité d'accueil. L'épine dans son pied dénommée Harald avait quant à elle été reléguée dans une zone un petit peu plus à l'écart.


Perché sur une hampe, le corbeau observait tout ce remue ménage avec la plus grande des attentions. Un croassement sonore se fit l'écho de sa perplexité grandissante.



Dernière édition par L'Aléa le Sam 23 Aoû 2014 - 19:56, édité 4 fois
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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Lun 16 Juin 2014 - 2:15


Le ciel est gris… un gris sale, cendreux. La poussière des routes à laissé place à la boue à moitié sèche des larges sentiers qui menait vers notre destination. On ne doit plus être très loin du chantier. J’ai été assigné à l’escorte d’une poignée de dignitaire en route pour le grand chantier aux abords de Gil’ead, avec trois autres Jegers et placé sous l’autorité de l’Inquisitrice Sonya la Sombre. Certains de ces dignitaires sont des amis proches de la Première Epée, pas étonnant que cinq Jegers aient été détachés en plus d’une escorte de cent cavaliers légers parmi les meilleurs de nos armées et deux cent cinquante guerriers vétérans à pieds. Les routes ne sont pas sûres. L’escorte à déjà repoussée deux embuscades, sans pertes de notre côté, avec de lourdes pertes pour les embusqués…

Rogun, Skald, et Anja sont les trois autres chasseurs. Rogun est un grand roux  glabre. Il est d’un naturel taciturne mais fonce doit au but quand il ouvre la bouche. Si je respecte sa franchise, ça ne m’empêche pas de le détester, il me mérpise pour ce que je suis, un sang-mêlé, et je lui rend son affection à grand coups de poing. On en est venu au poing le lendemain de notre rencontre. Skald Le Fou un gaillard entre deux âges au regard bleu rêveur, de long cheveux blonds cascadent jusqu’entre ses omoplates, un visage taillé au burin encadré pour une barbe blonde fournie, un sourire jovial toujours plaqué aux lèvres, un peu plus petit que la moyenne et un sacré bavard, mais pas forcément avec ceux qui lui font face.... C’est un malin et un Chasseurs expérimenté à ne surtout pas sous estimer. Anja est la recrue prometteuse rattachée au groupe, femme aux cheveux acajou, un peu plus grande que moi. C’est une tueuse froide, rien qu’à contempler son regard gris acier, ça se sent. je n'ai rien de spéciale contre elle et je n'ai pas souvenir de lui avoir fait un quelconque affront. je ne l'ai rencontré qu'avant le départ et on s'est traité avec une indifférence mutuel bienvenue.

J’ai eu l’occasion de voir Brygnolf et le reste de mon ancien groupe d’éclaireur alors qu’il était en perm’ à Dras Leonna. Aujourd’hui Bjorn dirige sa propre unité, toujours sous le commandement de Brygnolf. ç a fais bizarre de l'admettre, mais j'était heureux de revoir cet imbécile ultra-rigide. Freya est encore là et Morag a recruté de nouveaux « talents » autrement dis, de nouveaux inadaptés à former et à manipuler pour en faire des guerriers. Et Brygnolf ? Il a pris la place de la chef à la tête de la troupe, une fois celle-ci regroupée, et a défié un autre chef de guerre. Aujourd’hui, il mène cent cinquante guerriers tous prêts à mourir pour lui vers le Sud et Aberon. Tous les revoir m’a fais plaisir, on a put aller boire dans les tavernes et se saouler, courir la gueuse et à jouer nos soldes à loisir...

Je suis sortit de mes pensées par Skald qui me met un coup de coude.

- Hey petit frère… redescends du royaume des rêves, on arrive.

Je vois le chef de colonne faire signe de l’arrêt. La colonne stoppe la marche d’un coup, dans une discipline parfaite. Autour de nous… des esclaves au travail… des cadavres laissés à l’air libre, pour le plus grand régale des protégés de Badb.
Autour de nous… des esclaves : hommes et femmes, humain pour la plupart. Leurs dos et leurs membres sont marqué par le fouet. Leurs regards sont vide, vitreux… déjà mort d’esprit pour la plupart et si j’en juge par les morsures de fouet maintenant purulentes de certains, le corps ne tardera pas à suivre. Je capte pourtant quelques regards haineux tourné vers nous. Certains pensent se révolter. Ça se lit dans leurs regards, ils n’ont rien à perdre. Devant, les émissaires mettent pieds à terre. Ils sont accueillis par un Chef et une garde d’honneur. Ils discutent un moment. J’espère pouvoir patrouiller plutôt que de devoir subir les salamalecs des huiles. Le signe de reprendre la marche est donné, on se dirige surement vers les baraquements… si on doit se taire pendant les bavasseries des émissaires, les guerriers, en hommes et femmes libres, ont le droit de parler pendant la marche, un droit que Skald met un joyeux poing d’honneur à exercer :

- Tu veux que je te dise petit frère, cet endroit est et sera un bourbier. Balgruuf et Skobjorn sont d’accord ! (lance-t-il, un sourire aux lèvres)

- Je t’ais pas attendu pour le remarquer.

- Oulà… le fauve à les griffes sortit ce matin… t’as pas titillé le bouton de rose d’Anja cette nuit ? (il tourne la tête abruptement vers gauche, je suis à sa droite) QUOI ?!? tu sais pas ce qu’est un bouton de rose Bal ?!? mais t’es con ou ignare ?!? ou puceau peut être… hahahahahaha (il se retourne vers moi) Alors ? c’est pour ça que t’es morose ? (il se fout gentiment de ma gueule, mais méchamment d’Anja, puis lance dans le vide) ta gueule Bal ! y’a que moi qui peut le charrier comme ça ! (il se retourne vers moi) Alors Kor, pourquoi cette humeur de chien ?

- La poussière, la poussière et la boue, mon ami, quant à Anja…. Pas besoin de me glisser sous ses couvertures, (j’assène la réplique avec un sourire goguenard)  j’ai sauté suffisamment de putains à Dras Leonna pour pouvoir soutenir une sanction d'abstinence  d'un bon mois ! (Skald se marre)

- T’en fais pas petit frère ! t’aura pas besoin de t’abstenir ! Tu la sauteras dans le mois ! Elle à l’air méchante comme ça mais elle a le fond d’une fille d’auberge… (il hurle à plein poumon, sans crier gare) ET ELLE A LA CUISSE AUSSI LEGERE QU’UNE PLUME !! (et il rit à gorge déployée. je suis sur de sentir le regard meurtrier d’Anja sur nous, Mastaï… pourquoi moi ?) hein, t’es pas d’accord Sko ? oh aller !! tu sais que j’ai raison Sko ! hein que j’ai raison ? hahahahahahaha !

Son visage est indéchiffrable. Est-ce le visage d’un gamin qui vient d’apprendre une blague très drôle ? Ou celui d’un homme dément ? Je ne pourrais le dire. Ce que je sais : Skald est fou, objectivement fou. Il appelle deux gars, Skobjorn et Balfruuf, qui ne sont pas là, une fois je l’ai vu dire : « fais gaffe Bal, je t’ai à l’œil » à un mur de brique. J’ai entendu dire qu'il avait fait le débarquement, mais qu’il avait perdu ses deux amis d’enfance dans l’histoire et qu’il est comme ça depuis, j’ai aussi entendu d’étranges rumeurs sur lui. il est devenu fou…mais il répond à la discipline, il est capable d’élaborer des plans de traques parmi les plus subtils que j’ai vu et de formuler d’excellente idées. Evidement, il déteste Anja pour son caractère froid et distant, elle le lui rend bien… avec en plus mon aversion pour ce crevard de Rogun, La Sombre Sonya va avoir du boulot pour maintenir la cohésion de ses Chasseurs. ça va être dur de faire travailler ensemble des gens qui se déteste. Ça doit être sa mission du reste.

Je reporte mon attention sur le chantier. Ça et là des pans de mur sont déjà levés, d’autre sont en construction… cet endroit sera un bourbier sans nom, qu’il devienne un glorieux bastion ou un charnier de honte, seules les Ailes du Destin, portées par le vent violent de la guerre nous dirons ce qu’il en sera dans l’avenir, mais en attendant ce sera un bourbier... Pour l’instant… je ne pense plus qu’à deux choses : un repas chaud pour me remplir la panse et une paillasse pour dormir…


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       
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Infiltrée du Cam Serarna

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Hally
Infiltrée du Cam Serarna
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Sam 21 Juin 2014 - 14:50


Au milieu de ces corbeaux, un faucon. Mais qui faisait attention à eux ? A part une jeune femme perdue au milieu d'homme tous plus grand et plus brutes les uns que les autres, personne. 

C'était perdue dans sa contemplation que Hally faisait avancer son cheval. Elle avait tenu à chevaucher sur l'un des siens. Elle ne préférait pas prendre des chevaux qu'elle ne connaissait pas encore, on ne sait jamais. Ceux là, elle les avait elle même entraîné avant d'aller en mission, pour se remettre dans le dressage, et leur apprendre deux trois trucs. Eirik aussi en montait un ...

En parlant du loup, elle sentit son regard. Quand elle daigna enfin tourner la tête, elle vit qu'il semblait inquiet, elle lui sourit.

Hally imaginait une dague enfoncée dans son coeur, Katniss était rassurée qu'il soit là.

Quand elle avait appris qu'il partait pour un temps indéterminé vers un genre de camp de travail ou chantier - elle n'avait pas réussi à tout comprendre dans leur langue - où les alagaësiens étaient les travailleurs forcés, elle avait usé de tout son charme pour qu'il accepte qu'elle l'accompagne. Elle avait tout fait, et pour la première fois, elle avait même osé utilisé la magie. Une nuit, alors qu'il dormait profondement, elle était entré dans son esprit pour le faire changer d'avis.
Le lendemain, il lui annonçait qu'elle viendrait avec lui. Elle serait l'alagaësienne qui lui appartenait.

- Comme ça ils comprendront que quand ils obéissent et coopèrent, ils peuvent avoir une bien meilleure vie.

Pour la peine, il lui avait même offert une robe. Il fallait qu'elle soit belle, et que tous les esclaves voient qu'elle était heureuse avec les Premiers Hommes. 

Ah si il savait ...

Le bustier était en cuire, décoré de plumes blanches également, tandis qu'un magnifique tissu en coton blanc couvrait toutes ses jambes. La robe était magnifique. Et pour la peine, il lui avait même procurer du maquillage pour qu'elle noircisse le contour de ses yeux, que son bleu ressorte encore plus.

Katniss avait été enchantée, elle lui avait même sauté dans les bras pour le remercier. Hally l'aurait bien étranglé avec le magnifique tissu qu'il venait de lui donner.

La voila, une semaine plus tard, à chevaucher au milieu de tous ces hommes qu'elle haïssait plus que tout.  

Hally sut quand ils furent arrivé. Outre le comportement plus ... tendu de son "amant, elle le sentit. Et au fur et à mesure qu'ils entraient dans le chantier, elle commençait même à voir. 
Un carnage, une boucherie. Hally ne pouvait compter le nombre de morts, le nombre d'alagaësiens sur le point de mourir ... 

L'espionne aurait tuer tous ces sales chiens de fils de Mastaï si elle le pouvait. Leur crever les yeux, leur couper les couilles, et pour finir les pendre par les pieds avec une simple ouverture dans le cou, histoire qu'ils sentent bien la mort les enlacer ! Tous, tous autant qu'ils étaient. 
Leur glacer le sang, ou faire ébouillanter leur corps de l’intérieur. 

Sa mâchoire se serrait, ses mains également. Elle sentit des larmes de colère lui monter aux yeux, mais elle devait les retenir. Elle tourna la tête à l'opposé de Eirik. Il ne devait pas voir son visage.

Elle se sentait tellement stupide dans sa magnifique robe blanche.

Elle se pinça les lèvres, puis quand, quelques secondes plus tard, elle réussit à se contrôler, elle releva le visage et se redressa. Elle devait être l'alagaësienne fière d'être au milieu des Premiers Hommes.



Merci Maya !
Montrons que nous préférons mourir debout plutôt que de vivre à genou. 
Si la mort vient me prendre aujourd'hui, je suis prête.

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L'Aléa
Maître du Jeu
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Sam 26 Juil 2014 - 18:54


Le corbeau s’ennuyait ferme sur son perchoir. Le brillant-qui-coupe n’était pas de sortie cette fois-ci, ruinant ses espoirs d’une pitance plus dodue que les habituelles carcasses faméliques. L’air ne lui sembla pas moins se tendre lorsqu’Arrrôôed se porta à la rencontre des nouveaux venus, l’échine raidie comme s’il savait pertinemment qu’une meute de loups affamés l’attendait au tournant. Pas un seul moment il ne détourna le regard du dominant de la troupe fraichement débarquée, ignorant royalement les autres. Les deux échangèrent quelques propos à voix haute,  l’un souhaitant la bienvenue à l’autre sur ce modeste chantier et s’enquérant de leurs conditions de voyage, le second lui répondant que rien de notable ne s’était déroulé et qu’il lui tardait d’avoir un premier topo sur la situation avant de prendre ses quartiers.

De tout cela, le volatile ne comprit pas un traitre mot. Son attention, à vrai dire, s’était posée sur la silhouette de blanc vêtu et ses yeux délicieusement azurés. Les éructations d’Arrôôed le firent sursauter et battre des ailes pour rétablir son équilibre sur fond de croassement de protestation…

Arwed accorda un regard inquiet au corbeau qui se trémoussait en hauteur. Devait-il y voir le signe d’une réussite dépassant ses plus fols espoirs ou, au contraire, une déchéance si totale que seule la mort l’en délivrerait ? Il inspira profondément, priant Mastaï pour que son malaise passe inaperçu aux yeux acérés des émissaires qui pourraient en tirer de mauvaises conclusions. Rien n’était parfait en ce bas monde mais nul ne pourrait lui reprocher d’avoir fait son possible et même au-delà pour édifier ces fortifications. Oh bien sûr, les alagaësiens préféraient la souffrance à la coopération mais il ne pouvait rien changer à leur orgueil et nul ne l’en blâmerait pour ça.

Tout du moins l’espérait-il secrètement lorsqu’il laissa glisser son regard sur l’escorte des émissaires et ordonna à quelques-uns de ses hommes d’escorter ceux qui le souhaiteraient vers leurs quartiers. Trois recrues de l’année sortirent des rangs pour les guider à travers les méandres des échafaudages, tentes et baraquements.



«  Tu vas avec eux. », indiqua-t-il à l’esclave alagaësienne avec un accent qui rendit ses propos tout juste compréhensibles. La place d’une esclave n’était pas dans les pattes d’Arwed et encore moins à la suivre comme son ombre lorsqu’il s’entretiendrait avec les émissaires de Epée. Quel que fût l’avis de son maître sur la question, Arwed avait toute autorité sur ce chantier-ci et n’entendait pas se laisser contester sur un sujet tel que celui-ci. Et l’autre ne prendrait sans doute pas le risque de le défier pour une simple esclave…



Ainsi, pendant qu’Arwed discutait chiffres et logistiques en termes obscurs avec les émissaires, leur escorte fût-elle amenée devant des tentes à l’écart du plus gros des chantiers et tout aussi confortables que celles des soldats embrigadés sur place.


« Hey, v’là de l’a compagnie dans not’ palace ! »


Ca, c’était Harald, revenu bien plus tôt qu’escompté de sa besogne et l’air particulièrement satisfait de lui-même. Il guigna la compagnie et lorgna tant qu’il put la jeune femme.

« J’tends des rican’ments alors j’m’suis dis que j’pourrai j’ter un œil et v’là c’que trouve ! D’vez pas avoir froid dans l’sud ! »


Ignorant les mines dépitées et indécises des recrues, il partit d’un rire gras avant de noyer son hilarité dans une lampée de vodka.


«  Alors, vous l’trouvez à vot’ gout not’ palace, vot’ majesté ? », railla-t-il tout en effectuant une parodie de révérence devant l’intéressée. Et Harald de repartir de son rire détestable et de balancer son outre aux nouveaux venus.


« Pas la peine de tirer cette tronche. Je n’suis pas une de ces donzelles alagaësiennes qui tiennent pas l’alcool ! Et vous pouvez m’appeler Harald au fait !  »

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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Jeu 21 Aoû 2014 - 22:11


On  est reçus au camp par une sorte d’ours mal léché hurlant des blagues graveleuses  et des imprécations scabreuses sur la Poupée en Robe Blanche de l’émissaire Eirich… Eirick…Eric… l’émissaire.

On nous assigne à des tentes. Une fois dans la tente qui est assignée au Jegers, je me laisse tomber sur ma paillasse et m’endors.

Je suis réveillé assez brutalement par la voix calmement glaciale d’Anja.

- Debout.
- C’est pas toi qui donne les ordres, (je me retourne dans mes couvertures) fous moi la paix !
- Sonia veut qu’on accompagne la délégation sur le chantier.
- C’est le boulot des cavaliers (je réponds sèchement)
- Sonia à joué des coudes pour qu’on soit dans l’escorte.
- Et merde… (je me lève et commence à m’habiller)
- Ça m’emmerde autant que toi.
- Rogun et Skald ?
- Dans les collines.
- Magnifique…

Je finis d’ajuster mon baudrier. C’est en arme et armure que je sors de la tente, à la suite d’Anja. Et on rejoint La Sombre. Elle est en train de discuter avec un autre émissaire, à son insigne je dirais qu’il travaille à la logistique. Je me demande comment elle compte se servir de nous pour son plan de carrière… l’ours mal léché d’hier soir sert de guide du chantier. Les huiles montent selle, les gardes restent à pieds. Anja et moi somme juste derrière Harald Le-Mal-Léché, en tête de colonne. En plus d’être mal léché… l’ours est bourré par-dessus le marché. Je ne sais pas qui est son chef mais il veut perdre sa tête, c’est clair.

Ça parle, ça parle, ça parle. Ils savent faire que ça. Questions, réponses, d’autres questions, de nouvelles réponses, des menaces sont formulées, des répliques acides les accueilles, des remarques inquiète… bref… une discussion de gens qui n’ont plus rien de guerriers.

La visite se poursuit. Nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans un abyme de souffrance et de désespoir. Mais qu’espéraient-ils à vouloir nous résister ? Ceux qui se sont soumis vient libre ceux qui ont résisté ont échoué, à eux de prouver qu’ils peuvent être libre par la suite par leur travail ici. C’est mal engagé pour eux…

Penser est le seul truc qui fait passer le temps pendant cette foutue visite ne semble pas vouloir se terminer. C’est bien la première fois que je suis parmi les gens présentable d’un groupe et j’aurais aimé être classé non présentable histoire d’aller me payer une randonné sanglante dans les collines. Puis ils se jettent sur nous… armés de pelles, de pioches, de truelles, de pierres, et de tout ce qui leur passent sous la main. J’ai à peine le temps de dégainer mon épée que je me retrouve presque submergé par une marée d’esclave enragés. J’en abats un d’un revers de lame, puis un autre. J’en envois trois des plus au sol d’un coup de taille circulaire. Au dessus du bruit des combats, j’entends le rire d’Ours-Mal-Léché. Je suis à sa gauche, Anja à sa droite. on tient la tête de colonne à nous trois pendant que la douzaines de garde protègent les émissaires, eux même en train de distribuer la mort comme des friandises depuis le dos de leurs montures.

Je tue, je blesse, je mutile, je n’ai pas le temps de savoir. Ils sont sous nourris, sous équipé et souvent sous entrainé, ce n’est pas un combat honorable, c’est un massacre ni plus ni moins. Je perpètre un massacre dans le but de remplir mon devoir envers ceux dont on m’a confié la tâche. J’estime que j’en ai jeté au sol au moins une bonne douzaine, et pourtant ils continuent à arriver…


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       
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L'Aléa
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Sam 23 Aoû 2014 - 19:51


Quoi de plus curieux que la logique de ces deux-pattes roses ? Quelques instants encore, ils s’activaient encore en silence et voilà que l’un d’entre eux commence à parader gauchement pour démontrer sa supériorité. Les autres devraient suivre, songe le corbeau, par ailleurs fort bien placé pour assister au spectacle de mâles rivalisant les uns avec les autres. Pas de chance pour lui, les autres rosâtres  ne semblent guère d’humeur à batailler ce jour-là. Ils piaillent bien mais aucun d’entre eux n’est en mesure de rivaliser avec un H’rooald plus tonitruant que jamais. Où sont donc les mâles battus et à la vie s’écoulant en gros bouillons écarlates de leurs plaies béantes ? La désillusion est cruelle pour le corbeau qui ne se gêne pas d’invectiver les rosâtres.

En pure perte. H’rooald braille tellement qu’il domine même ses propres croassements. S’il s’était intéressé un tant soit peu aux intrigues de ces spécimens-ci, le charognard se serait réjoui de voir la tête d’Harald, prompte à tomber s’il arrivait quoi que ce soit fâcheux. La chose, malheureusement, échappe  totalement au volatile. Les rosâtres vont continuer leur petit manège et il n’en sortira rien de bon à picorer. Que de temps perdu alors qu’il aurait pu se percher à la meilleure place dans les arbres dépenaillés. De dégoût, le corbeau vise soigneusement le sommet touffu d’un rosâtre avant de prendre son envol.



Un attroupement retient alors son attention, l’éclat inimitable du gris-qui-tranche et les accents à la fois si familiers et exaltants, promesse d’un festin à venir. C’est qu’on se bat en contrebas, même si cela n’a rien à voir avec la clameur des batailles rangées où le gris étincelle sur des lieues et des lieues. Dans un bruissement d’aile, le corvidé change son cap pour tournoyer autour des belligérants.

Même pour lui, l’issue ne fait guère de doute. Il ya ceux aux chairs dénuées de la moindre protection et les autres. Oh, il y a H’rooald aussi et sa hache, animée d’un enthousiasme débordant. Un petit peu trop débordant car son tranchant semble vouloir tout aussi bien décaniller ses alliés et ses ennemis au rythmes d’insultes toutes plus variées les unes que les autres. A l’entendre, les alagaësiennes ne seraient bonnes qu’à mettre bas à des avortons et que le sang de Mastaï lui-même n’y changerait rien.

Les esclaves encore debout rugissent de plus belle sous l’insulte. Les yeux prêts à jaillir de leurs orbites, l’écume aux lèvres, les survivants se jettent littéralement à la gorge de la tête de colonne. D’en haut, le corbeau en voit même se ruer sur le gris-qui-tranche de leurs tortionnaires pour mieux s’agripper aux pommeaux, gardes et manches. Même dans la mort ils s’obstinent à ne pas desserrer leur prise, laissant le champ libre aux autres pour blesser leurs adversaires.


L’un des nouveaux arrivant se retrouve ainsi pris au piège, un rosâtre hirsute armé d’un caillou tranchant prêt à ouvrir sa gorge d’un sourire sanglant. Un second armé d’un gris-qui-tranche si petit qu’il en est à peine visible. Ni une, ni deux, le corbeau se fend d’un croassement sonore à la vue de cette attaque ô combien déloyale. Une tempête de plumes ébouriffées, de griffes acérées et de bec tranchant s’abat en piqué sur le premier, déchirant son visage et ses yeux sans la moindre pitié. Aux hurlements du malheureux répondent des dizaines de croassements moqueurs.

Ils sont là, qui perché sur une tente proche, qui tournoyant paresseusement au gré des courants d’air. Des avatars de ténèbres drapés, aux yeux avides et étincelants. Les hurlements cessent enfin pour laisser la place à un silence de mort. Même Harald est muet comme une carpe, sa béant sous l’effet de la stupeur



Qu’ils soient d’esclave ou de maître, tous les regards sont désormais fixés sur le Premier Homme et le corbeau qui le guigne avec un intérêt non dissimulé. Le temps s’étire interminablement l’espace d’un battement de cœur. Un de plus, et le corps s’affalera comme une poupée de chiffon désarticulée mais pour l’instant, le Destin semble suspendu à un fil dénommé Korann.

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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Mar 26 Aoû 2014 - 22:28


On est littéralement submergé. Des esclaves tombent de tout les côté, mais il en arrive encore. Mes bras se retrouvent coincés, alourdis par le poids de deux esclaves assez costauds bien décidé à m’immobiliser pendant qu’un troisième tente de me voler mon bien le plus précieux : ma lame d’acier bleu. J’arrive à peine à bouger alors qu’un quatrième baiseur de chèvre s’avance vers moi un caillou dans les mains. Et là… l’impossible : un corbeau se jette sur l’esclave au caillou ! Quoi ?!? La prise des esclaves s’est relâchée de surprise. Je me dégage en jouant des poings et des coudes. Je dégage une dague cachée dans gant droit et tues les deux qui me retenait. Je passe mon acier en travers du torse du cadavre marchant qui tenait le rock. Le corbeau, me regarde avec intensité. Comme pour les autres autours de moi le temps semble s’arrêter. Autour de nous, la clameur des « combats » à laissée place au concert de rire et de cris affamés des protégés de Badb.

On dirait qu'il n’y a que le chant des corbeaux, mais il ya quelque chose d’autre... Badb est parmi nous en ce jour… j'en suis sur ! La révolte va être maîtrisée alors qu'un groupe de renfort arrive déjà pour mater l'insurrection. Alors que mon regard est de nouveaux rivé à celui du corbeau, je vois ce que je n’aurais pas du voir, d’un angle trop haut pour que je puisse le voir normalement : une dague… j’entends une voix à la fois douce et cruelle, sensuelle et glaciale résonner dans mon esprit : « Elle sera votre perte : tue- la». Echouer ? Défaite ? La simple idée que ce concept d’alagaësiens puisse s’appliquer à nous, enfant de Mastaï… me met dans une rage noire. Comme dans le surda, je me laisse envahir par la rage, je laisse le voile de sang descendre sur mon regard.

Alors que les esclaves éberlués sont maitrisés par nos guerriers qui ont repris leurs esprits par reflexe, je me lance en hurlant le plus puissant cri de guerre que je connaisse dans la masse des esclaves, qui s’écartent terrorisés ou tentent de s’interposer. J’ai pris mes repères. Je fonds sur  ma proie, l’acier au clair. Et je la vois qui commence à courir. Elle court, pas assez vite pour moi, mais des esclaves commencent à essayer de me barrer la route. Je ne ralentis pas, devenu un ouragan de sauvagerie guerrière, je me fraye un chemin sanglant dans la masse avant de rattraper la porteuse de dague. J’entends derrière moi les cris d’insulte, autant à mon égard qu’à celle des esclaves d’Harald. Je saute sur la révoltée…

Le voile de sang se déchire. Je suis entouré de mes frères d’arme. Je maintiens fermement l’espionne au sol. Les mots résonnent encore dans mon esprit : « tue-la ». Oh oui je la tuerai, mais d’abord je vais lui tirer les vers du nez. Je veux savoir pour quel est son objectif et pour qui elle travaille. Les corbeaux continuent à tourner dans le ciel, mais ils sont plus calme, comme si une tmpête venait de passer, je me tourne vers deux guerriers et leur ordonne, la voix encore empreinte de fureur :

- Foutez-moi cette salope au trou et veillez à l’enchaîner comme il faut. Sonia voudra la questionner. (Anja arrive à ce moment, je la salut simplement) Anja…
- Korann, Sonia est morte, quatre esclaves l’ont jetée au sol et l’on massacrée à coup de pierre.
- C'est pas vrai ?

Elle hoche la tête. c'est vrai... PUTAIN D'ALAGAESIENS !! Harrald arrive à ce moment là, il n’adresse aucun regard scabreux à la silhouette gracieuse d’Anja. Il commence à me hurler dessus. J’entends Harald me hurler dessus sans l’entendre. Une fois sa tirade terminée, il me met une titanesque claque dans le dos accompagné d’un rire gras et d'une blague graveleuse à propos de ma vigeur, de ma petite taille et de mon épée, pour lui ça va être l’occasion de boire jusqu’à s’en mettre ras la gorge, le veinard. je peux pas dire que j'appréciait Sonia, loin de là, mais Sonia La Sombre est tombée. Il va falloir savoir qui lui succèdera à la tête des Jegers assignés au chantier. Anja n’a pas assez d’expérience, Skald est fou et Rogun… s’il devient chef, il va s’arranger pour me faire renvoyer à Dras Léona de préférences les pieds devants et pas sur qu'il ait la descence de m'accordre de redescendre allongé sur mon bouclier. C’est un bon chasseur, donc un enculé vicieux. Autrement dis… Je vais devoir prendre la tête pour rester ici… on se seraient bien passés de ça...je me serais bien passé de ça…


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       
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L'Aléa
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Dim 31 Aoû 2014 - 19:33


« Krooaa !»,proteste le corbeau alors que son piédestal s’affale mollement, coupant court à la quasi communion avec le rosâtre aux yeux si envoutants. Quel dommage s’ils venaient à s’éteindre trop tôt, n’est-ce pas ? Surtout maintenant avec tous ces agités qui ne manqueraient pas de piétiner ceux à terre et de réduire leurs visages en une bouillie sanglante. Tout comme ils seraient capables de le réduire en rondelles dans un accès de fureur.

Le volatile se hâte de rejoindre ses frères avant que la mêlée ne reprenne de plus belle. Pas assez vite cependant pour éviter que le noir violacé de son plumage ne se mouchette d’écarlate luisant. C’est qu’ils débordent d’un enthousiasme nouveau là-dessous, tant pour semer la mort que la recevoir. Ah non, remarque le corbeau, il y en a qui semblent avoir un brin de jugeote et tentent de se profiter de la cohue pour se carapater. Erreur aussi fatale que stupide ; les éléments font les meilleures cibles, comme ne tardent pas à le trouver le bruit sourd de carreaux qui s’enfoncent dans les chairs.



Aussi subitement qu’ils avaient commencé, les cris cessent et le corbeau descend à nouveau en cercles paresseux. Au milieu de l’attroupement, il distingue enfin l’élu de son cœur, dont les yeux scintillent tels deux soleils jumeaux.


« Kroo’Kraar-toc-toc ! », le hêle-t-il sans que son croassement n’atteigne ses oreilles. H’rooald braille décidément trop fort pour cela, au point que le corbeau envisage l’idée de lui arracher la langue une bonne fois pour toute. Curieusement, il a l’impression qu’on le laisserait faire. Sans doute l’encouragerait-on en ce moment même si les rosâtres savaient lire ses pensées.

Au lieu de cela, ils s’activent autour de la proie de Kroo’Kraar, la bâillonnant et l’enchainant sans ménagement. Quelques coups dans l’estomac et la voilà pliée en deux, incapable de résister davantage.



« Et plus vite que ça ! », grogne Arrôôed, fraichement débarqué avec les quelques renforts rosâtres.


Il jette un regard glaçant sur la proie que l’on entraine au loin avant de fendre les ranges de ses hommes. L’un d’entre eux murmure quelque chose à son oreille. Lui hausse les épaule puis se dirige d’un pas décidé devant la meute de Kroo’Kraar.


« Elle chantera », assure-t-il au groupe avec un sourire de très mauvais augure.


Pas l’ombre d’une excuse, de remords ou même de tristesse dans son attitude, comme presque toujours quand un rosâtres de par delà les étendues scintillantes cesse de respirer. A c roire que pleurer devant le Grand Silence est une faiblesse impardonnable chez ces individus là.


« Et vous pourrez l’entendre à votre gré », poursuit-il sur un ton qui ne laisse définitivement rien présager de bon pour l’intéressée. Autour de lui, les soldats s’affairent pour tirer les cadavres à l’écart. Ceux des leurs sont acheminés vers des tentes où ils attendront que soient célébrées de dignes funérailles. Les autres vers un tas en dehors du gros des tentes et constructions. Sans doute grossira-t-il une fois qu’il n’y aura plus rien à tirer d’une certaine demoiselle.



Celle-là même dont le regard tuméfié ne tarde pas à se poser sur des visages tous moins amènes les uns que les autres. Elle sait parfaitement ce qui l’attend entre les mains de ces salopards. Elle le savait à l’instant où ses lèvres avaient esquissé un murmure d’approbation, voilà ce qui lui semble une éternité de cela. Personne ne viendra la sauver des promesses portées par ces regards haineux mais elle n’en ouvre pas moins les hostilités. Ils veulent qu’elle crache le morceau ? Eh bien, elle va cracher !


Et l’alagaësienne de le faire à la face du Premier Homme le plus proche d’elle…

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Korann
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Jeu 4 Sep 2014 - 21:02


De retour au campement, je m’écroule presque instantanément sur ma couchette. Avoir faillis y passer, s’être battu à un contre je ne sais pas combien et se payer une crise de Rage Rouge, comme j’appelle ces crises de rage, ça crève. Je m’endors.

Skald me réveille

- Alors petit frère… ? t’as même pas mis Anja dans ta couche que tu saute déjà sur une autre femme ? t’es insatiable ? Sko, tu reste en dehors de ça.
- On va dire ça…
- Quoi ? c’ets parce que tu va devoir casser la gueule à Rogun que tu tire cette tronche ? rhooo allé, Bal dit que c’est un petit joueur. Grand en muscle et en gueule rien de plus hein Bal ! hahahahaha
- Ouais ouais…

Putain pas dès le réveille, merde Skald…

- T’es venu pour une raison en particulier ? (je me lève, je me masse les yeux… pas assez dormis) ou c’était juste pour fêter la capture de l’espionne ?
- Ils ont fini de la cuisiner, elle est prête à parler d’après ce que dis Arwed
- Ils l’ont interrogée combien de temps ?
- dix heures
- Elle aura tenue longtemps.
- Rogun à pas voulu s’en charger « je m’occupe pas des proies faiblardes d’un putain de bâtard » qu’il a dis. Bal voulais lui refaire sa gueule façon champs de ruine
- Merci Bal… ils en sont venus au viol ?
- Prend pas la grosse tête Bal… bref… non, ils allaient y venir quand elle à craquée. je te raconte pas combien les gars étaient déçus. Arwed t’attend pour prendre la déposition de cette petite pute.
- Merci frère.

Je me lave et m’habille. Comme tout les guerriers du camp, je suis en en arme et armure. En marchant dans le camp, je vois beaucoup de regard braqué sur moi, ils ont entendu parler de l’intervention du corbeau, ça aurait été étonnant qu’ils n’en sachent rien.

A la salle d’interrogatoire, autrement dit, de torture, la prisonnière est attachée, nue sur une table. Son corps est parcouru de marque de coups. Le bourreau à utilisé les plaies et le sel. Rapide, efficace et à peu de frais.

elle est attaché à une table verticale, nue. Certains aurait put la trouver belle, les plus cinglé d’entre nous (mais peut on encore  les considéré comme des fils de Mastaï  ou peut on les voir comme des détraqués ?)

- pour qui travailles-tu ?
- la Cam (sa voix et faible et brisée)
- ton objectif
- libérer les esclaves.
- C’est tout ? (elle hoche la tête, je la gifle. Elle ment) raconte tous ce que tu sais, qui sont tes chefs, pourquoi t-ont-ils envoyé, TOUT ! et n’oublie aucun détail…

Elle a été effectivement assez bavarde. Ses chefs l’on envoyé pour préparer une révolte massive d’esclave au moment le plus opportun. L’insurrection d’hier n’était qu’une vaste répétition. Une répétition... et Sonia la sombre ainsi que sept guerriers vétérans y sont passés… puis je remarque une petite forme noire dans l’encadrement de la fenêtre. Le Corbeau... Celui qui m’a sauvé la peau sur le chantier. Il est plus noir que les nuits sans lune les plus sombre et son regard est d’un jaune d’or… un messager de la Déesse du Destin, aucun doute possible.

Une fois que le récital promit par Arwed fut finit, je fis mettre la femme à genoux et l’ai décapité proprement. Le corbeau siffla et croassa lorsque ma lame s’abattit sur le cou de l’espionne. L’après révolte était déjà maîtrisé : on a fait courir la rumeur que l’espionne avait été retournée. Lassitude d’une vie d’ombre et de traitrise, appât du gain, etc. on ne manque pas de raisons et plusieurs ont déjà étés sélectionnées et les rumeurs répandues.

Après avoir quitté la salle de torture, j’ai revu l’oiseau, lorsque que je mangeais. Le volatile me suit à la trace. Je lui tends un morceau de boeuf, juste voir s’il aime ça… c'est autant pour le remercier pour m'avoirsauver la vie que par défi personnel. Pour ce qui est de ma réputation dans le camp… soit me prendra pour un élus de Badb, soit pour un sacré cinglé. C’est bien… je me mets au niveau de Skald…


Spoiler:
 


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
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L'Aléa
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Ven 12 Sep 2014 - 1:49


« Rook ? »



Le corbeau sautille vers la main tendue de Krooo-Kraar sans cesser de jeter des regards intrigués à ce qui pendouille au bout de ses doigts. De la nourriture, sait-il d’expérience, celle-là même qui lui a appris que les rosâtres ont souvent des goûts plus que douteux. Peut-être attendent-t-ils son verdict, à le regarder avec si intensément que ses plumes s’en ébouriffent presque.


« Si c’est pas *hips !* notre p’tit *hips !* chassou ?! », s’exclame H’rooald avec l’enthousiasme insouciant que seule procure la descente immodérée de tonnelets en virile compagnie.


L’odeur de l’alcool l’entoure aussi sûrement que le parfum d’une maitresse mais le rosâtre ne semble pas décidé à s’écrouler de sitôt. C’est qu’il se rapproche même de lui, ce rosâtre-là, lentement mais sûrement. Déjà, le corbeau l’imagine s’accaparer Krooo-Kraar et, avec lui, ses chances de faire bombance. Sans plus attendre, le corvidé accélère, moitié sautillant moitié s’envolant, pour atteindre au plus vite les doigts de son bienfaiteur.



Cruelle déception qu’est la sienne lorsque son bec se referme avec avidité sur le bout de viande. C’est tiède et c’est là tout ce que le corvidé y trouve de positif. On dirait un morceau tout droit sorti d’une carcasse laissée derrière elles par les flammes voraces. De la nourriture de rosâtre dans toute sa splendeur !


De dégoût, le volatile lâche le bout de viande, lance un regard attristé à Krooo-Krar avant de se percher non loin de là. Il aurait bien voulu lui apprendre quels morceaux choisir – de préférence globuleux et crus – mais l’autre n’a pas son pareil pour imposer sa présence à qui ne la veut pas.



Un claquement étouffé accompagne la tape amicale qu’inflige sa main libre à l’épaule de Krooo-Kraar. H’rooald, un véritable modèle de subtilité ! Pas étonnant que les autres rosâtres le regardent de travers, même ceux qui ne pas aussi décharnés que des branches d’arbre morts.


« A flirter *hips !* ‘vec la mort. C’te pute *hips !* infidèle. L’a bien vue *hips !* entre quat’zyeux ta copine, hein ? Et ç’t’a pas suffit ? *hips !* »


Avec force glougloutement, l’autre s’enfile une bonne rasade à même le tonnelet qu’il promène avec lui puis le tend à Krooo-Kraar avec un grand rire. Qui a dit que les rosâtres étaient faciles à comprendre ?


« Tu m’plais bien mon p’tit chassou *hips !* Allez, à la tienne *hips !* et tous ces salopards *hips !* salopards de la Nef qu’vont s’ram’ter *hips !* T’as d’beaux yeux, t’sais ? *hips !* Y vont tous craquer *hips !*, j’t’le dis *hips !* Ent’nous, c’s’rait pas trop un p’tit coup d’main d’là haut *hips !* Un d’leurs reptiles tout cuit à béqu’ter. *hips !* T’en a d’jà gouté ? *hips !*»



Alors que le corbeau se tâte à couper le sifflet d’H’rooald, un de ses frères de plume le rejoint sur son perchoir. Au moins tout aussi excité que l’autre en dessous mais autrement plus doué pour maintenir son équilibre et porteurs de nouvelles des plus prometteuses. Quelques rosâtres d’ici sont allés visiter leurs frères sur l’eau, peu après le départ de Krooo-Kraar de la tente, explique le second corbeau, et depuis, la ruche des rosâtres sur l’eau grouille d’activité. Il ne serait pas surprenant qu’un groupe conséquent la quitte sous peu pour venir ici, s’il n’est pas déjà parti…


Et le premier corbeau de croasser fort bruyamment son approbation tout en sautillant sur son perchoir. Un festin en perspective !


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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Mer 24 Sep 2014 - 0:08


- A flirter *hips !* ‘vec la mort. C’te pute *hips !* infidèle. L’a bien vue *hips !* entre quat’zyeux ta copine, hein ? Et ç’t’a pas suffit ? *hips !*

En fait je n’arrive même pas à savoir de quoi ou de qui il parle, de moi je pense, mais il est tellement bourré qu’il doit tout confondre.
Il boit bruyamment au tonnelet  qu’il transbahute depuis un miment, vu comment il est bourré… il me tend le tonnelet… bon allé, pourquoi pas, on ne va pas non plus se priver de tout parce qu’on est sous pression… je m’envoi une bonne longue lampée de vodka, d’une qui vient de chez nous


- Tu m’plais bien mon p’tit chassou *hips !* Allez, à la tienne *hips !* et tous ces salopards *hips !* salopards de la Nef qu’vont s’ram’ter *hips !* T’as d’beaux yeux, t’sais ? *hips !* Y vont tous craquer *hips !*, j’t’le dis *hips !* Ent’nous, c’s’rait pas trop un p’tit coup d’main d’là haut *hips !* Un d’leurs reptiles tout cuit à béqu’ter. *hips !* T’en a d’jà gouté ? *hips !*

- J’ai déjà goûté aux griffes héhé !
(l’alcool me donne un petit coup de chauffe, il en faut plus que ça pour me saouler) pour ce qui est des renforts de la Nef… ça sera pas du luxe je pense.

Harald à un bol monstre. Je ne suis pas sur qu’il s’en rende compte… On discute encore un peu en continuant de boire, puis Harald va cuver. Je repars vers la tente que je partage avec Skald.
J’ai pris un bon coup de chauffe. Je ne devrais pas… Mais le besoin de démolir Rogun va se faire sentir d’ici peu… je me rends compte qu’Harald et moi avons bu presque jusqu’au crépuscule. Je me rends compte que j’aime bien ce type. Bizarrement, il aurait du être le premier à me faire des remarque, mais pas du tout. Même s’il a des fétiches bizarres… ça n’est rien comparé à la perversion que les mages infligent à cette terre. Etre un Jeger c’est relativiser beaucoup de chose. Je n’y aie pas cru au début de mon entrainement de chasseur, mais la réalité est là… j’ai laissé une partie de mon honneur en chemin et gagné en ouverture d’esprit. Bizarre, je ne suis pas un adepte de l’introspection pourtant…
La boue est partout. Elle accroche aux bottes et aux vêtements. Le ciel est toujours aussi cendreux qu’à mon arrivé. Un gris sombre… crasseux. Et ça pue. L’alcool semble aiguiser les sens quand on en à le moins besoin… l’odeur des cadavres me prend à la gorge. J’en ai presque envi de vomir. Je ramnèe mes pensées sur le sujet de préoccupation le plus urgent : Rogun…Bon… ça attendra demain…
… et le lendemain, c’est lui qui est venu à moi, la hache à la main. On se fout sur la gueule depuis dix minutes maintenant. Il peste, menace, insulte. Il n’a pas encore eu l’idée de remettre en cause ma naissance en tant que fils de Mastaï, il sait que je lui sauterais dessus avec une rage plus brûlante que celle qu’il déploie à l’heurte actuelle et il veut me tuer, donc, il essayera de m’avoir au moins bon de ma forme, un truc de chasseur.  Epée contre hache, acier contre acier. J’esquive les coups. Lui attaque furieusement. Il me traite de lâche. Moi… je le laisse s’épuiser en insulte et en assaut inutile. Il m’arrache mon bouclier grâce au creux de sa hache… je passe à l’attaque… j’enchaîne assaut sur assaut, je lui cause plusieurs plaie superficielle. Je me bats, mon épée prise à deux mains, mais je frappe avec précision. La hache de bataille n’est pas vraiment le meilleur accessoire de parade, et je me sers de ça. J’ai déjà ouvert une demi-douzaine de plaie u niveau de son torse, de ses bras et de ses jambes. J’ai bien l’intention de le saigner comme un porc. Je me prends un coup de pommeau au niveau de la tempe. Je me retrouve au sol. Rogun coince mon bras gauche du pied et me désarme. Il me met la lame de sa hache au niveau de la gorge.

- La victoire est mienne, bâtard ! Tu n’es pas de taille… RENONCE !

je lui crache dessus. Il pose son pied sur ma gorge et commence à appuyer. L’air commence à manquer… mon champ de vision se rétrécit. En me débattant, je sens une cordelette. Je tend la main. Il va me buter ! J’entend les croassement furieux des corbeaux. Encore un peu… en..core..un ..peu… je choppe la cordelette et rabat mon bras dans un mouvement désespéré. Un seau en bois moisi éclate sur la tête de Rogun. Il lâche sa prise et recul. Je ramasse mon épée et me relève… je lui saute dessus, je vais le tuer, le tuer, le tuer LE TUER ! il est encore à moitié assommé. Je passe à l’assaut… il pare le premier coup, puis le deuxième, mon troisième coup brise la lame de sa hache, le quatrième emporte son bras. Je lui mets un bon coup de pieds dans les parties, puis d’un bon coup de genoux dans la figure le jette au sol. Il est sur le dos. Je le regarde dans les yeux… il n'y aura pas d'hésitation, pas de sommationj uste la mort:

- C’est tout ce qu’il y a de plus personnel, et je prendrais le plus grand plaisir à te tuer, ordure…

Je lui plante ma lame dans la gorge et l’ouvre en grand. Le sang souille la terre boueuse. Je vois Noir-De-Nuit poser sur un pommeau d’une épée planté dans le sol. Contrairement à ses congénères rassemblés dans l’attente de la curée, il reste silencieux. Il fixe la scène en silence regardant… cet oiseau est définitivement un envoyé de la déesse. Voyons ce que ça va donner… un sourire sauvage aux lèvres, je fais signe à l’animal de venir se repaitre de la viande de Rogun. Je vois autour de moi des regards scandalisés, inquiet ou admiratif, parfois les trois à la fois. Je danse avec la mort. Badb m’a accordé ses faveurs ces derniers jours, peut être prendra-t-elle comme une tentative volontaire de s’attirer ses faveurs, peut être me les retira-t-elle… je ne fais que repayer le volatile pour m’avoir sauvé la vie, mais en le faisant, je joue un jeu très dangereux… je danse avec la mort… on ne vit qu’une fois après tout…
Peut être que je deviens fou, peut être que je ne me raccroche simplement à mes derniers lambeau d’honneur… Anja ne parlera pas de ça… Quant à Skald… quand on parle des loups, les voilà, accompagné des quatre Jegers déjà en poste sur le site. je hurle :

- Je prends la tête des Jegers présent sur ce site. (je pointe ma lame vers chacun d’entre eux) que celui qui entende me contester ma prise se révèle et m’affronte ! alors... quelqu'un ?

Personne ne prononce un mot. Il n’y a que le bruit des pioches est des pelles…. Couvert par les croassements furieusement satisfaits des corbeaux…


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       
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L'Aléa
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Jeu 9 Oct 2014 - 15:49



Foutus Jegers ! Insatiables ? C’est plutôt assoiffés de sang qu’ils sont, de celui des magiciens et même de celui des leurs, qui jaillit en gros bouillon du sourire dessiné en travers de la gorge du vaincu. Quel glorieux spectacle que celui de l’unité de soi-disant élite ! Anciennement dirigée par un type qui pensait plus avec sa hache qu’avec son esprit. Bientôt conduite par un crétin qui n’en finit pas de jouer avec les dieux et pas n’importe lequel. Badb, celle dont les faveurs sont aussi changeantes que le vent en mer. Tout aussi mortelle que la Mort elle-même, autrement plus fourbe, et nettement moins impartiale…

Karvad serre les poings tandis que l’autre parade fièrement et faire signe au corbeau de venir se repaître du vaincu. Même s’ils ne le disent pas tout haut, il sait que d’autres que lui le pensent. La mort traîne dans le sillage de ce Jeger-ci, comme une nuée de mouches après un cadavre. Il apportera le malheur sur tous ceux qui auront le malheur de se trouver à portée de lui, ses ennemis tout comme ses frères. Tout ça pour glorifier son égo !


Tandis que les autres Jegers s’approchent, Karvad prend une profonde inspiration, prêt à hurler de toute la force de ses poumons son défi.


Un « Mwooaaa !! », résonne alors, déchirant la lourde chape de silence. Un mot unique, que nulle gorge d’homme mortel n’aurait sut produire. Il ricoche contre la maçonnerie et éveille un chœur de murmures en réponse.


Le silence pèse de plus belle sur les ranges des spectateurs. Certains se signent. D’autres jettent des coups d’œil craintifs à l’assemblée de corbeaux, comme s’ils s’attendaient à les voir fondre sur eux. Les plus téméraires lorgnent sur le Jeger, seul et pourtant si bien entouré. Aucun, cependant, n’ose se poser sur le corbeau solitaire ou même la flaque écarlate où son reflet semble auréolé d’ombres vivantes et son regard traversé d’éclats sanglants.

Tandis que les bouillons perdent en intensité, le sang continue de se répandre depuis la flaque, formant un motif visible depuis les seuls cieux : l’Horn Triskelion, curieusement centré autour du corvidé.

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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Jeu 16 Oct 2014 - 13:20


Le sang bouge de lui-même ! Sorcellerie ! Il trace un motif que d’ici, je suis infoutu de voir complètement… un cercle apparemment… on verra bien… les corbeaux observent… certains se sont posés sur l’épaules de certains guerrier, d’autre au sol ou sur divers caisses et autres râteliers. La foule, guerriers comme corbeaux, est tombé dans un silence oppressant, comme si le temps s’était arrêté. Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Par les Dieux qu’est-ce qu’il se passe ? Le corbeau au centre du symbole me regarde. Ses yeux noirs sont braqués sur les miens. Est-ce qu’il m’invite à rentrer dans le cercle ou à m’en tenir éloigné ?

Les guerriers autour de moi lancent des regards inquiets à la scène, quand je ne sens pas de la peur pure et simple. Dire que ce n’est pas courant ce genre de phénomène est l’euphémisme du millénaire. C’est quoi la prochaine bizarrerie ? Un dragon sans aile qui rêve de friandise ?

bon... on va pas passer  cent ans à contempler le motif... j'avance d'un pas vers le cercle. Une main se pose sur mon épaule :

- Tu joues un jeu dangereux Petit Frère. (c’est la première fois que je vois de l’inquiétude dans le regard du fou). Fais gaffe, les dieux n’aiment pas les rebelles.
- Mais ils aiment l’audace.
- Tu risque plus que ta peau !
- Mais je peux gagner plus que ma peau si je joue bien…
- T’as déclenché ça Petit Frère, ta responsabilité, ta tête qui pourrait rouler sur l’échafaud... si les Dieux ne te réservent pas pire...
- Je sais…

Oh que oui je le sais. Et il y a beaucoup en jeu, trop pour un simple soldat comme moi… mais si j'ai fais quelque chose qui offense les Dieux, je devrais payer seul ma faute. Que j'aille au devant de la mort ou d'un jours de vie en plus, je ne sais pas... je ne saurais qu'en essayant...

Je rentre dans le cercle qui a pour centre le messager des Ailes du Destin…


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       


Dernière édition par Korann le Jeu 23 Oct 2014 - 14:15, édité 1 fois
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L'Aléa
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Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Jeu 23 Oct 2014 - 11:44


Dans un millier de réalités différentes, Korann se retrouve désintégré par une météorite, transformé en corbeau, trucidé par une hache volante égarée ou se retrouve vilement dépouillé de sa troisième dimension, pour ne citer qu’eux.


Dans celle-ci cependant, rien de fâcheux ne se produit lorsque le Fils de Mastaï franchit une frontière sacrée pour beaucoup des siens. A croire que les dieux aiment les audacieux, comme il a su si bien le dire quelques instants auparavant. Suffisamment pour leur sourire ? La chose n'est pas des plus évidentes.


Posé sur le sol, le corbeau détourne enfin son regard du sang pour fixer l'impudent dans le blanc des yeux. Le temps qu'il faut pour retenir son attention. Lui faire comprendre qu'il attend quelque chose d'autre de lui que de rester stupidement planté comme un piquet. Quelques longues secondes tout au plus car regarder d'en bas un gaillard aussi grand est sacrément inconfortable. Les yeux du corbeau redescendent alors vers ses mains, désespérément vides de choses intéressantes... Ah, ces mâles ! Où sont ces billes luisantes si délicieuses qui fondent sous le bec ?



« Kroo’Kraar-toc-toc ! Krâââââ ! », l'enguirlande-t-il sous les yeux médusés des autres rosâtres. Comment se faire comprendre pour des choses compliquées s'ils ne sont même pas capables d'appréhender les plus simples ?


Et le corbeau de fixer une dernière fois Kroo'Kraar avant de se détourner ostensiblement et de se lisser les plumes. Dans la bouche d'une femme, l'on aurait pu entendre un " Peuh ! ", pensé si fort qu'il en serait devenu audible. Tout le monde aurait alors compris, mais là...


Les murmures reprennent de plus belle dans les rangs de spectateurs médusés. Que déduire de tout ceci ? Au moins, le Jeger n'était pas mort, c'était une chose. Enfin, sans doute. Peut-être. Il y avait des choses plus horribles que mourir après tout. Ou bien il était promis à plus grande destinée... Enfin, pour lui, pas forcément pour ceux qui l'acc...



« Retournez à vos postes, bandes de tire-au-flancs ! »


Autrement plus compréhensible que les rauques croassements des corbeaux, la voix de l’un  des chefs de la délégation. Si Arwed est superstitieux, il semblerait bien que d’autres aient côtoyé suffisamment longtemps des destins capricieux pour n’entretenir à l’endroit des jeux de Badb qu’une indifférence respectueuse…


«  A moins que vous ne souhaitiez que je ne retienne vos noms ? »


Le sous entendu achève de tirer le cercle des spectateurs de sa torpeur. Un à un, à regrets et trainant les pieds, chacun part retrouver son poste. Quelques uns se retournent quand même, au cas où il se passerait quelque chose d’intéressant. Ils en seront pour leurs frais car le corbeau est toujours occupé à se lisser consciencieusement les plumes et Korann toujours en parfait état.



« Quant à toi », reprend le Fils de Mastaï, « Reprends tes armes, donne les instructions que tu as à donner à tes lieutenants qui font le pied de grue et va à la porte ouest du camp. Eirik a une tâche à te confier, ne me demande pas de quoi il s’agit ! Et décrotte-toi avant de te présenter devant lui ! »


Pas un regard pour le corbeau, ni le moindre mot au sujet de ses récentes péripéties avec le Jeger devant lui. Tout juste la torsade machinale de la pointe de sa barbe indique-t-elle que le dessin suivi par le sang le travaille plus qu’il n’est prêt à le montrer mais qu’importe. D’autres choses moins mystiques et plus immédiates requièrent son attention, comme le fait qu’il faille s’éterniser plus que prévu dans ce chantier. Autant pour un contrôle de routine !



[hrp : je te laisse conclure du coup, sauf si tu veux continuer avec le corbeau Razz Il te rejoindra quand il aura fini de bouder Mr.Red ]
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Korann
Purgateur de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Dans l'ombre des corbeaux (2P2S) | Lun 27 Oct 2014 - 2:13


Allons bon.. Que peut bien me vouloir ce foutu politicien… ? Je ré indique le cadavre de Rogun au corbeau, en mon fort intérieur, je formule la pansée qu'il ferait bien de venir se servir avant que ses congénère ne le fasse avant lui. un sourire aux lèvres, je commence à m'éloigner. Tout en me dirigeant vers ma tente, je suis sûr d’avoir entraperçus le messager du destin sauter du manche de son épée sur le cadavre de mon défunt concurrent et de se repaitre de ses yeux.

je passe à ma tente avec l'intention de me décrotter, je tombe sur un type qui m'y attend, Ferald, le runniste personnel de Sonia. Il m'indique qu'avec ma prise de commandement, je change aussi de logement. je ramasse mes affaires  le suis jusqu'à une tente spacieuse, trop spacieuse à mon goût. je me lave, puis prend le temps d'explorer mon nouveau logement. J'y découvre beaucoup de chose, en particulier une paire de brassard assez inhabituel... le temps de les tester, Eirik arrive avec quatre de ses compères parasites, voyons ce qu'il peut bien me vouloir...

Noir-de-Nuit, Varona, se pose sur un étendard un peu au-dessus de la tente. Qu’a tu prévu pour moi messager de Badb ?

ENCULE D’EIRIK !! Il s’est servit du fait que je me sois récemment promu pour me faire un chantage du genre : fait mes quatre volonté ou je ferais de ton commandement une tâche impossible. Je lui aie collé une beigne droit dans les gencives. Mais sa « cause » a été soutenue par quatre autres émissaires qui m’ont fait savoir que j’étais « le plus qualifié » pour escorter sa poupée. Putain de politiciens ! Ils n’auraient pas osé faire le coup à Sonia. Je n’aurais pas gagné cinq duels d’affilé, j’ai cédé. Ils sont peut être des politiciens, mais certains sont des guerriers reconnu, mais par les dieux quelle déchéance qu’être impliqué en politique ! Bizutage ou simple façon de montrer qui est le patron, je ne sais pas… mais je jure de leur faire payer.

J’ai rassemblé Les Jegers, mes Jegers, en cercle autour de moi. Que ferait Morag dans cette situation ? Mais il n’est pas là. C’est à moi de diriger… bon… il faut bien commencer quelque part…

- Skald !
- Oui Petit Frère. (il marque une pause) ta gueule Sko!
- T’emmène deux hommes avec toi dans les collines. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un fouineur… butez le.
- Bien petit frère.
(le fou est tout sourire, il tourne son regard à gauche)
- Oui Bal on va aller se dégourdir les jambes
- Olaf !
- Oui chef (répond le grand brun)
- Prend le reste et patrouille nos avant-postes. Vois avec le second d’Arwed pour qu’ils te répartissent toi et tes hommes dans ses patrouilles.
- Et les émissaires petits frères ? (demande Skald, amusé)
- Ils ont leur arme et c’est à Arwed d’assurer leur protection... s’ils ont vraiment besoin d’une protection… (je les regarde chacun, tour à tour dans les yeux) Nous sommes des chasseurs, des traqueurs ! pas de vulgaire garde du corps destiné à glander pendant que des politiciens graisseux se remplissent la panse ! si un seul d’entre eux veut s’arroger votre protection… rappelez-lui que les Jegers ne gardent pas ! ILS TRAQUENT ! (ils hochent la tête) à la traque loups insatiables !

Je lève les yeux, et Varona est encore là, le regard braqué sur moi. je souris au messager. Qu'as tu en tête messager de Badb ? le corvidé croasse et une phrase s'imprime dans mon esprit :

"Merci, j'ai très bien mangé..."

Par les Dieux... Ce fort va avoir pas mal d'importance, plus qu'on ne l'imagine moi.. ou tout le monde ici... Varona s'envole et part vers l'Ouest, je me met aussi en marche vers l'Ouest, je dois retrouver la dulcinée d'Eirik pour l’emmener chasser...


J'ai résolu de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible...
Ce n'est pas une aventure. C'est une Cause, une épreuve de tous les jours…
Ça va impliquer que je tue, que je torture. Ça va impliquer que je me salisse les mains…
Puisqu'il y'a un travail à faire, je vais le faire...

(adapté du monologue de Créon, Antigone d'Anouilh)

       
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Dans l'ombre des corbeaux (2P2S)

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