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La sorcière et le tueur d'Ombres.

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Liv de Sula
L'Oeil
Message Sujet: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Dim 18 Jan 2015 - 0:05


Léomance se baissa doucement et se plaça derrière le tronc d'arbre affaissé dans le lac, le regard braqué de l'autre côté. À travers le feuillage mourant d'un branchage brisé il scrutait la rive opposée du lac. Une silhouette était étendue là-bas. La main de l'ancien chevalier glissa aussitôt vers le couteau qu'il avait gardé à sa ceinture. Ce genre de situation ne laissait aucun doute sur la conduite à suivre, Lise avait été très claire là dessus. Personne ne devait savoir où ils étaient. Se laissant lentement glisser dans l'eau, Léomance gardait les yeux braqués sur le dormeur, s'approchant en prenant soin de ne pas faire de bruit. Au fur et à mesure qu'il avançait, il parvenait de mieux en mieux à discerner les traits de l'inconnu. Et rien de ce qu'il vit ne le rassura. Sa peau était sombre, non pas brune comme celle des peuples orientaux mais d'une nuance plus ténébreuse qui contrastait d'ailleurs avec une chevelure d'un blanc immaculé.

Lorsqu'il séjournait encore à Kuasta aux côtés de son frère, Léomance avait entendu parlé d'un démon qui aurait semé la destruction de l'Empire au Surda. Un être d'une puissance rare qui avait été arrêté avec grande difficulté. On lui prêtait un corps semblable au paisible dormeur qui n'était plus qu'à quelques pas de l'ancien chevalier. Edmond n'avait jamais cru à ces histoires, il pensait qu'il s'agissait là de boniments s'appuyant sur des évènements locaux sans lien réel. Le peuple avait toujours eu une certaine tendance à interpréter des coïncidences en conte passionné. Aurait-il tenu le même discours s'il avait vu cet être de ses yeux ?

Le démon bougea légèrement dans son sommeil. Sentant son cœur accélérer subitement, Léomance se résolut à le tuer rapidement et se jeta en avant, lame au poing. Il visa la tempe du dormeur et appuya de tout son corps sur le couteau.

«  NON ! »

Sa lame rencontrait une résistance invisible et ripait dans le vide en crissant. Surpris tant pas le cri que par son échec, le noble déchu perdit l'équilibre et s'étala sur la pierre, s'écorchant douloureusement le coude gauche. Sans prêter la moindre attention à sa blessure, il releva la tête et constata avec effarement que sa cible était à présent debout, ses poings serrés entourés d'éclairs crépitant. Mais il ne regardait pas Léomance, ses yeux dévisageaient Lise qui était apparue à l'autre bout du lac.

Cette dernière n'était pas non-plus restée impassible. De l'eau tournoyait en cercle à ses pieds, comme prête à exploser. La tête légèrement penchée en avant, elle fixait l'inconnu d'un regard bleu acéré.

Léomance retînt son souffle.

Les traits de la jeune femme se détendirent subitement et elle renvoya l'eau dans le lac d'un geste sec. Elle leva une main devant elle, la paume tournée vers son adversaire en signe d’apaisement et lança :

« Bonjour Nux, mon frère. »

Un étrange sourire flottait sur ses lèvres, comme un air de défi qui fit frémir Léomance.




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Sciocide Récidiviste

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Charlie To'ü Kour
Sciocide Récidiviste
Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Dim 18 Jan 2015 - 4:26



Il y avait une plaine, une plaine immense. L'herbe y était verte et douce et garnie de fleurs, mais étrangement il n'y avait pas le moindre arbuste pour ponctuer le décor, pas le moindre relief pour se protéger du Soleil. Il se tenait là immobile au milieu de la scène ne sachant que faire, où aller.
Il avait soif, une légère brise rendait la chaleur très supportable, mais il avait soif. Il regarda vers le ciel cherchant l'ombre d'un nuage porteur de la pluie salvatrice mais rien. Juste un ciel bleu uni et le soleil qui lui brûlait la peau. Brûlait oui... La brise s'en était allée et la caresse agréable de l'herbe sous ses pieds avec elle. L'herbe n'était plus que poussière, du sable partout. La soif étant devenue soudainement plus tenace, il se mit à courir à la recherche d'eau. Il avait besoin d'eau... Et il en trouva.

Une Oasis lui apparut au loin, il courut plus vite encore de peur qu'elle ne disparaisse devant lui, suant du sable tant son corps manquait d'eau ! Il s'écroula à genoux devant le point d'eau et y trempa ses mains avides pour en glisser quelque gouttes dans sa gorge. Le son de ses mains dans l'eau brisa un étrange silence. Il n'entendait aucun autre son, même sa course folle n'avait pas produit le moindre bruit. Il n'entendait que l'eau et sa propre respiration.
Se servant de ses mains comme d'un bol il but une autre grande gorgée d'eau, fermant même les yeux pour mieux savourer cette sensation. Sa respiration affolée se calma enfin reprenant un rythme plus régulier. Il resta ainsi immobile quelques secondes, écoutant sa respiration puisqu'aucun autre son ne parvenait jusqu'à lui, avant de rouvrir les yeux pour se resservir. Lorsqu'il plongea à nouveau la main dans le liquide, l'eau prit soudainement la teinte de sa peau et s'assombrit plus encore, devenant noire comme de l'encre. Charlie se figea alors au dessus de l'eau, sans comprendre.
Son reflet lui était apparu comme très profond sous l'eau. Les teintes étaient négative, son visage et ses vêtement de voyage était blanc et gris, avec des nuances inhabituelles. Ses cheveux eux étaient invisible dans cet encre noir. Instinctivement il approcha son visage comme pour admirer son reflet de plus près, jusqu'à n'être plus qu'à deux doigts de la surface.
Son reflet blanc ouvrit alors grand la bouche comme pour pousser un cri et une main noire et griffue venue d'un autre monde surgit de l'encre pour l'agripper ! Charlie bondit en arrière en criant et retomba dans une flaque. La violente odeur qui lui sauta aux narines ne laissa pas le moindre doute sur la nature du liquide dans lequel il trempait, mais ce qui l'inquiéta le plus c'est qu'il sut immédiatement que ce sang était le sien.
Il remarqua alors son propre corps, couvert de blessure et d'entailles plus ou moins profondes. Certaines semblaient encore toute fraîches et d'autre, infectées, paraissaient vieilles de plusieurs jours. Au fur et à mesure qu'il les découvraient la douleur se réveillait, de plus en plus forte, le clouant au sol. Son sang coulait abondamment. L'oasis, le désert, tout avait disparu comme si un véritable océan vermeil s'était écoulé de ses veines.

Lorsqu'il s'écroula, abandonnant le combat dans un dernier souffle, son champs de vision s'élargit, quittant ses propres yeux. Il vit son corps étalé sur ce fond rouge uni devenir de plus en plus petit, comme s'il s'en éloignait rapidement, allant si loin que sa vue ne lui permettait même plus de distinguer le petit points noir où il se trouvait.
Pendant quelques secondes il ne vit que du rouge, comme un voile devant ses yeux, mais ce rouge infini s'avéra avoir des limites, celle d'un monde, un globe et à mesure qu'on s'éloignait une balle... Une bille... Une simple goutte de sang, dans un décor complètement différent.

La goutte de sang tomba au sol et l'action reprit. Il y avait une jeune elfe, très jeune, trop jeune... Qui courait et courait, dans une forêt dense. Son agilité lui permettait de s'y déplacer bien plus vite que n'aurait pu le faire une humaine mais la panique la fit trébucher. Une fois... Deux fois... Son visage était couvert de larme, elle courait en hurlant à l'aide. Des gouttes de sang marquaient ses bras de fines traces rouges, elle s'était écorchée à plusieurs endroit en tombant, mais elle continuait de courir sans s'arrêter, fuyant le vacarme de tempête qui la poursuivait.
Un bruit sourd, énorme, agrémenté d'innombrable sifflements, qu'elle fuyait le visage figé dans l'horreur.
La poussière commença à se soulever derrière elle, de plus en plus près, le craquement des troncs brisés de plus en plus proche la fit paniquer encore plus, elle trébucha une troisième fois... Et disparu dans un cri effroyable, engloutit par le mur de la tornade. Il n'y eu que débris volant et poussière pendant de longues secondes, quand enfin arriva le coeur du cyclone. Sans vents ni débris.
La où s'était tenu la jeune elfe quelque instants plus tôt se trouvait maintenant une jeune femme. Elle était figé dans une position bizarre, comme si elle s'était arrêté en pleine course. Ses longs cheveux blonds masquait son visage penché et elle portait une robe légère en lin bleu de minuit. La robe était légèrement délavée et semblait avoir été partiellement déchirée par la tempête. Derrière elle, au centre de la tornade, avançait un être déformé par la rage, un elfe noir, le corps parcourut d'éclair, ses jambes couvertes d'un métal rouge de chaleur et de sang et dans sa main, une immense faux tel un présage funeste pour quiconque poserait les yeux sur lui. Voyant la femme immobile devant lui, l'elfe s'arrêta et la tornade, sans perdre de sa puissance, s'immobilisa autour d'eux.

- OU EST ELLE ? hurla une voix parfaitement irréelle.
- Je finirais par te tuer. Murmura la blonde. Je suis l'Océan.


¤~¤~¤

«  NON ! »

Réveillé en sursaut, Charlie vit le corps d'un homme basculer au dessus de lui. Il se leva d'un bond et s'écarta de son agresseur, la foudre prête à frapper. Profondément plongé dans son rêve, il lui fallu quelques secondes pour réaliser ce qu'il lui arrivait et surtout qui se tenait devant lui.

« Bonjour Nux, mon frère. » Lança-t-elle, un sourire étrange arborant son visage.

Le gardien de l'air mit plus de temps à relâcher la pression. Il était dans un tel état de fatigue qu'il n'avait même pas sentit ce gros balourd l'approcher pendant son sommeil, ça n'aurait jamais du arriver. N'importe qui aurait pu le tuer sans qu'il ne puisse faire quoique ce soit. C'était tellement stupide...


- Toujours en vie Petite soeur ?... C'est bien. Dit-il en reprenant le ton qu'il aurait employé pendant leur voyage lorsqu'elle réussissait un exercice; excepté qu'il ne fut, cette fois, appuyé d'aucun sourire.

Les éclairs cessèrent de crépiter autour de ses mains et la fatigue lui retomba dessus presque aussitôt. Nux s'assit en tailleur sur un rocher et entreprit de se masser les tempes, les yeux fermés.


- Désolé qu'elle t'ai interrompu soldat ! Tu n'aurais pas pu rêver meilleure occasion de me tuer et ça ne se représentera certainement jamais. Dommage !

Charlie rouvrit les yeux et plongea son regard dans les deux saphirs de la fille de l'eau. Il était encore trop fatigué pour réfléchir correctement et n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle pouvait bien ici. Elle l'avait fuit comme la peste à Gil-Ead, prenant soin de masquer ses traces pour demeurer introuvable, pourquoi revenir maintenant ? Charlie avait vu des choses dépassant l'entendement de beaucoup de gens ses derniers mois. Qu'est-ce que la fille de l'eau avait bien pu vivre de son côté ?

- Bon... C'est pas que j'aime pas recevoir des visiteurs mais ... Après pareille fuite je ne m'attendais pas à te revoir ! Que me vaut l'honneur de votre visite ?



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Liv de Sula
L'Oeil
Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Mar 20 Jan 2015 - 23:07


Lise soupira et posa les yeux sur Léomance. Le visage de ce dernier se crispa un instant avant de se détendre. Il restait immobile, le regard vague, comme s’il n’avait plus conscience de ce qui l’entourait, ou même de ce qui venait de se passer. Son visage était inexpressif, son souffle lent et silencieux. Brusquement, son existence s’était voilée. Brusquement il n’était plus qu’un corps, debout, impassible, inanimé. Comme une statue qui respire.

« Slytha. » Souffla finalement la sorcière, se retirant de l’esprit du nobliau tandis qu’il sombrait dans l’inconscience.

L’ancien chevalier s’écroula sur le sol pierreux avec un bruit mat. Charlie était toujours assis, face à la jeune femme, la dévisageant en silence. Il attendait sa réponse. Lise se demanda quelles pensées pouvaient lui passer par la tête après cette petite démonstration. Étant lui-même Gardien il ne devait pas douter de ses talents, elle s’était même révélée dangereuse à plusieurs reprises. Mais dans ces moments la magicienne n’avait pas toujours été elle-même. C’était l’Eau qui parlait à travers sa bouche, l’Eau qui punissait à travers son bras.

Pourtant à l’instant elle venait de faire quelque chose de bien différent. Elle s’était emparée sans retenue de l’esprit d’un homme pour le réduire à sa merci et lui faire perdre conscience. Un humain qui ne présentait aucun réel danger. Est-ce que cela signifierait quelque chose pour le dragonnier ? Et si au lieu de l’endormir elle l’avait simplement tué, aurait-il eu une réaction plus débordante ?

« Peu importe la raison de ma venue, lâcha finalement la jeune femme, ça ne te regarde plus. Et puis… »

Elle s’interrompit en prenant appui sur une branche pour se hisser sur le tronc affaissé dans le lac. Une fois debout sur le tapis de mousse qui recouvrait le tronc, elle entreprit d’avancer doucement vers l’extrémité de l’arbre mort.

« … Si je n’étais pas intervenue tu serais peut-être mort, reprit elle en marchant précautionneusement, les yeux braqués sur ses pieds, ses sens magiques aux aguets. Elle arriva au bout en cinq pas et s’assit au milieu des branches, à un pas au dessus de l’eau, presque au centre du lac. Tu me parais bien seul Dragonnier, même Sombral semble avoir pris la "fuite". »

Un sourire jaune se déplia sur les lèvres de la jeune femme. La tension montait doucement, s’insinuant d’une manière suave. Mais Lise l’ignora et ajouta sur le même ton arrogant :

« N’es-tu pas content de me voir ? »




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Sciocide Récidiviste

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Charlie To'ü Kour
Sciocide Récidiviste
Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Jeu 22 Jan 2015 - 7:45



La confiance, l'air de provocation que dégageait Lise en disait déjà long sur ses propres pouvoirs. Le dragonnier l'observa avec attention tandis qu'elle mettait l'autre homme au tapis par la simple force de son esprit. Une proie facile certes, mais les progrès étaient visibles.
La pratique des arts occultes était devenu une véritable obsession pour la jeune femme lorsqu'elle suivait les enseignement de Charlie. Rien d'étonnant pour lui dans cette démonstration. Avec la découverte de la Sorcellerie et l'acharnement dont Lise pouvait faire preuve dans le domaine, il était certain qu'elle pouvait réaliser bien plus. Malgré tout, il ne se sentait pas vraiment inquiété. Sa fatigue le rendait plus vulnérable qu'en temps normal, mais si  elle avait voulu le tuer elle n'aurait pas retenu le bras du soldat.


« Peu importe la raison de ma venue, ça ne te regarde plus. Charlie eu un petit rire sec. Et puis... »

Il la suivit du regard tandis qu'elle escaladait le tronc couché au dessus du lac. Elle avançait avec précaution vers l'extrémité, les yeux rivés sur ses pieds pour assurer son équilibre et continuait de l'apostropher de façon arrogante. Cherchait-elle à lui faire croire qu'il était à sa merci ? Se plaçant au centre du lac pour appuyer ses propos d'une forte présence élémentaire ?

« Tu me parais bien seul Dragonnier, même Sombral semble avoir pris la "fuite". Ajouta-t-elle parant son visage d'un sourire provocateur. N’es-tu pas content de me voir ? »

Il y eu une seconde de silence, comme pour appuyer la fin de l'argumentation de la jeune femme et introduire le second acteur. Un sourire en coin se dessina sur le visage de l'elfe noir et son regard s'éclaircit passant du bleu ordinaire vers des teintes plus givrées, ses yeux aux couleur d'un iceberg s'accrochèrent tel un harpon aux iris magnifiques de la fille de l'eau comme s'il pouvait lire à travers.

- Tu ne m'as pas plus l'air accompagné jeune fille, bien qu'un gardien ne soit jamais vraiment seul hein ?

Elle voulait jouer le jeu de la provocation ? Elle serait servi. Dans ce domaine, l'elfe noir avait pas mal d'année d'expérience et décida de jouer le jeu. Il se leva alors lentement sans la quitter des yeux et entreprit de dégrafer sa chemise sans dire un mot. A mi-chemin l'Améthyste se montra tandis qu'il écartait un peu plus les pans du vêtement, toujours à sa place, pendue à son cou. Il continua le processus jusqu'en bas, puis dégagea ses épaules et laissa glisser le vêtement le long de ses bras dans son dos. La chemise retirée révéla plusieurs entailles récemment cicatrisées sur son torse et ses épaules,  que Charlie n'avait pas eu le temps ni l'énergie d'effacer, qui étaient là comme pour témoigner de son état de faiblesse actuel. Il desserra son pantalon qu'il laissa lui aussi glisser le long de ses jambes, et quitta le regards de la fille de l'eau pour se pencher vers l'améthyste tandis qu'il retirait également le collier.
Il laissa pendre un instant la gemme au bout du collier, son regard retrouvant celui de Lise, puis la posa sur sa chemise; se présentant complètement à nu devant elle.
L'elfe noir fit alors un pas en avant et s'avança dans le lac. L'eau faisait toute la force de Gyu, elle Est l'eau, mais il s'y plongeait pourtant sans la craindre, arborant le même air provocateur en réponse à l'arrogance de Lise.


- si je suis content de te voir ? dit-il enfin pour rappeler les derniers mots de la jeune femme, tandis qu'il se laissait porter sur le dos, flottant jusqu'à elle. ça dépend, le devrais-je ?

Il flotta doucement jusqu'à atteindre le centre de lac. Là il resta un moment immobile, juste en dessous de Lise. Son visage perdit son air de défi pour reprendre une expression plus sérieuse, ses yeux eux reprirent leur couleur bleu naturelle et c'est sur un ton familier, plus proche, qu'il parla cette fois.

- j'aimerai l'être... Mais je ne sais pas ce que tu cherches ici, je ne sais quoi en penser.



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Liv de Sula
L'Oeil
Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Dim 25 Jan 2015 - 4:19


Le ciel battait la forêt de ses larmes acérées. Dans l’obscurité froide du soir, Léomance distinguait des cris et des tambours.  Un peu plus au nord, quelques lueurs flamboyantes dansaient entre les arbres, révélant parfois l’éclat d’une armure ou d’épée entre les ombres menaçantes du bois humide. Il y eut un mouvement sur la droite et une silhouette émergea des fourrées. Léomance dégaina sa lame en un sifflement aigu et se mit en garde face à la menace proche. L’ombre s’était immobilisée à cinq pas de l’ancien chevalier. Si proche, et pourtant l’épéiste ne parvenait à la détailler. Il ne voyait qu’une masse sombre, menaçante.

Prenant une grande inspiration, il s’élança vers son mystérieux ennemi. Mais à peine avait il fait le premier pas qu’une lumière vive l’aveugla au point de le faire tomber à la renverse. Mais cela avait suffit, il avait vu. Les yeux bleus pétillant de pouvoir, un anneau aqueux flottant autour d’elle.

« Léomance ! Souffla Lise en s’approchant du noble déchu. Bon sang, j’ai failli vous tuer par erreur ! »

Il eut presque envie de rire mais les torches se rapprochaient et le cris se faisaient plus audibles.

« Ils arrivent.
- Oui, lève-toi, il faut y aller. Elle lui attrapa le bras mais Léomance résista.
- On ne pourra pas les semer comme ça, dit-il, il va falloir combattre. »

La jeune femme lui adressa un sourire moqueur. Il se renfrogna mais ne dit rien.

« Ils sont un peu moins d’une centaine tu sais ? »

Il hocha la tête et se releva péniblement, regardant vers les lueurs furibondes de leurs assaillants. Qui pouvait bien les traquer ? Les rebelles ? Les Premiers Hommes ? La Sangre ? Ignorer l’identité de son adversaire était bien inconfortable. Mais qui pouvait bien se soucier du confort quand c’est la Mort elle-même qui venait vous saluer.

« Léomance ? »

Le chevalier se tourna la tête juste à temps pour réceptionner une formidable gifle qui lui brûla la joue. Lise ne lui laissa pas le temps de s’énerver, lui assénant d’une voix sèche :

« Que crois-tu faire Léomance ? Ce n’est pas en mourant dans cette forêt boueuse que tu retrouveras ton honneur. Je peux m’occuper d’eux, les égarer dans la forêt, mais pas si tu me gênes. Alors cours, Léomance !
- Mais–
- Ganga ! » L’interrompit la magicienne en le poussant brusquement. Elle ne le regardait plus, les torches étaient si proches que l’on pouvait distinguer leurs flammèches.  

« Ganga ! » Répéta-t-elle tandis que le pouvoir des mots de puissance imposait sa volonté à l’ancien chevalier.

*  *  *

Lise ne cilla pas lorsque l’acolyte qu’elle avait elle même assommé se releva brusquement pour s’enfuir à toutes jambes vers le sud. Elle n’était plus la jeune fille fragile que Charlie avait connue. Elle avait soumis bien des individus par la simple puissance de son esprit, à commencer par l’ex-Prince de Teirm devenu seigneur de la Sangre, Gaspard lui-même. Il avait été la premier à céder aux illusions oniriques de la jeune femme. Et depuis, cette dernière avait su parfaire son art de la manipulation spirituelle. Léomance venait de goûter à l’aboutissement de son progrès en la matière. Son rêve venait d’éclore, le portant loin de la sorcière et de son frère sombre.

Le regard de la jeune femme glissa sur les cicatrices plus où moins récentes dont le gardien s’était paré depuis leur séparation. Celui qui avait été capable de lui infliger pareilles blessures devait être redoutable. Pourtant, Lise ne ressentait pas la moindre pitié, pas la moindre compassion. Face au corps nu et brisé de son ancien compagnon, seule la colère gagnait ses pensées.

« Comment peux-tu être aussi naïf, lâcha-t-elle finalement. Après ce que tu as fait, ces gens que tu as tué, tu penses vraiment qu’il suffit de te déshabiller et de me lâcher quelques pensées tourmentées pour que je pardonne tout ? »

Elle frémit de rage. Elle aurait préféré qu’il l’attaque, qu’il la blesse et l’injurie. Elle aurait préféré qu’il la haïsse plutôt qu’il vienne ramper ainsi à ses pieds.

« Tu t’attendais à quoi ? Que j’enlève aussi mes vêtements pour qu’on barbote ensemble ? »

Sans qu’elle ait utilisé l’Ancien Langage, l’Eau réagissait à sa colère. Les lacs cristallins réputés pour leur calme et leur limpidité s’éventrèrent bientôt d’un roulis puissant. Lorsqu’une de ces déferlante arriva à proximité de Charlie, Lise l’amplifia d’un geste sec et l’eau se mua en un bloc de glace qui alla frapper puissamment le Gardien et le projeta sur la berge.

« Tu me dégoûtes. » Acheva-t-elle d’une voix acide.




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Sciocide Récidiviste

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Charlie To'ü Kour
Sciocide Récidiviste
Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Ven 30 Jan 2015 - 16:20



Charlie se retourna vivement en entendant du mouvements du côté du soldat endormi. L'homme se releva subitement et partit en courant sans un regard en arrière. L'elfe noir fronça les sourcils, qu'est-ce que c'était que ça ? Il se retourna vers Lise, cherchant un explication, mais ne fut reçu que par la haine. Le visage de la fille de l'eau s'était figé dans un expression de dégoût. Les provocations de Charlie ne l'avaient clairement pas laissée impassible.

« Comment peux-tu être aussi naïf. Après ce que tu as fait, ces gens que tu as tué, tu penses vraiment qu’il suffit de te déshabiller et de me lâcher quelques pensées tourmentées pour que je pardonne tout ? »

Il la sentit frémir de rage à travers l'eau, ce n'était pas bon signe. Charlie se concentra sur ses sens magique, prêt à riposter si elle décidait de le noyer ou de le figer dans la glace mais la rage de Lise se manifesta de façon bien plus violente.

« Tu t’attendais à quoi ? Que j’enlève aussi mes vêtements pour qu’on barbote ensemble ? »

Les eaux habituellement calme des lacs cristallins se muèrent en de puissantes vagues, l'une d'elle se figea en un bloc de glace et fin frapper l'elfe noir avec assez de puissance pour l'éjecter sur la rive.
Il roula sur la roche dure qui bordait les lacs, réveillant la douleur de certaines de ses blessures et se mit à rire en se relevant. Un rire complètement faux et qui sonnait comme tel.


- Je te dégoûte. souffla-t-il en étirant ses muscles meurtris. Malgré tout ce que tu dois connaître de la sorcellerie maintenant, JE te dégoûte.

Charlie retourna sur sa pile de vêtement, il enfila son pantalon et attrapa l'améthyste pour la replacer autour de son cou. Laissant la chemise sur place il reprit en longeant la rive, tournant autour de Lise pendant qu'il parlait.

- Je t'ai expliqué ce que sont les Ombres, je t'ai expliqué le danger qu'ils représentent, les milliers de vie qu'ils peuvent briser en un instant. Les sorciers connaissent les risques de leur art et pourtant ils continuent de le pratiquer, jouant sans remord avec les vies de tout ces gens. ILS me dégoûtent.

L'elfe noir fit demi-tour, tournant dans l'autre sens d'un pas plus rapide, comme un félin en cage.

-Tueur d'Ombres ! Pitié, aide nous ! reprit-il prenant un ton ridiculement aiguë et parlant comme un pleunichard. Un des nôtres à perdu le contrôle ! Un esprit le possède ! Nous ne pouvons pas l'arrêter ! Aide nous ! Ils me dégoûtent.

Il fit de nouveau volte-face. Ses yeux se teintèrent d'une lueur rouge à mesure que sa colère montait, il marchait toujours d'un pas rapide sans lâcher Lise du regard une seule seconde.

- Imagine ma rage quand j'ai apprit que ces êtres irresponsables que je méprise t'avait enseigné leur art ? Imagine ma rage quand j'ai apprit qu'à tout moment tu pouvais à ton tour devenir un de ces être que j'ai dû combattre toute ma vie pour rattraper la faiblesse de tes nouveaux mentors ?

Il s'arrêta en face d'elle, toujours au bord du lac, ses yeux toujours emplit de colère, mais d'une colère parfaitement maîtrisée. Il n'y avait pas d'éclairs, les vents ne balayaient pas la zone avec violence, il se tenait simplement devant elle avec seul ses yeux et ses poings serrés pour le trahir.

- Et imagine mon dégoût, en voyant qu'à la première provocation tu bafoues tout ce que je t'ai appris... Me crois-tu aussi faible ? à venir quémander quelques plaisirs comme un affamé ? Il laissa planer un instant de silence. à quoi cela a-t-il servit que je t'enseigne quoi que ce soit, si à la moindre provocation tu déclenches une tempête ? Si au moindre petit événement pour te distraire, les esprits que tu manipules s'emparent de toi et me forcent à t'abattre.

Charlie la regarda un instant dans les yeux et se retourna pour ramasser sa chemise.
Toujours de dos tandis qu'il l'enfilait, il ajouta :


- à qui d'être dégoûté...



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Liv de Sula
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Message Sujet: Re: La sorcière et le tueur d'Ombres. | Sam 31 Jan 2015 - 20:16


« La sorcellerie n’est pas différente des autres formes de Magie, répondit Lise avec un sourire goguenard qui sonnait aussi faux que le rire de son interlocuteur, elle n’est pas différente d’un marteau ou d’une épée. Elle n’est ni bonne ni mauvaise, c’est l’utilisation qu’on en fait qui compte. Si tu me laissais faire, je pourrais soigner tes blessures avec l’aide des esprits. »

Elle s’accroupit au bord du tronc et se laissa glisser sur la surface figée du petit lac. La glace avait prit possession de l’intégralité de ses eaux, les figeant parfois au cœur de leur roulement furieux. Un instant son regard se perdit dans les motifs d’une froide pureté qui apparaissaient sur le givre. Quand elle reprit la parole, elle avait une voix étrange, plus pressante, à la fois furieuse et frustrée par l’incompréhension du drow.

« La Grammarie a causé autant de dommages que la sorcellerie, si ce n’est plus. Galbatorix n’était pas un Ombre. Nielo et ses fidèles des Grands-Vents non-plus. Les Premiers Hommes n’ont pas eu besoin de la sorcellerie pour faire plier nos terres et massacrer nos peuples. Sont-ce des sorciers qui ont plongé la Nostrie toute entière sous les eaux, noyant les milliers de personnes qui y vivaient encore ? Toujours pas. Et que vas-tu faire pour eux Charlie ? Vas-tu les tuer aussi ? Ou bien leurs actes te paraissent plus acceptables puisqu’aucun esprit n’a été mêlé à leurs exactions ? »

Des larmes s’insinuèrent au bord de ses yeux, elle les chassa d’un revers du bras en lâchant un juron.

« Et nous, la belle fratrie des Gardiens. Nous, qui risquons d’exploser à la moindre perte de contrôle et de semer la mort et la destruction autour de nous. Est-ce que nous ne devrions pas disparaître également ? Ne devrais-tu pas tous nous traquer pour nous tuer avant de te donner toi-même la mort ? »

Elle laissa le silence planer quelques secondes entre les arbres avant de siffler pour elle-même :

« Quelle connerie d’être venue ! »

Elle s’écarta du tronc mort et rejoint la berge en quelques enjambées. La glace se liquéfia à l’instant où elle posa son deuxième pied sur la terre ferme. Les vagues figées finirent achevèrent leur roulis avant de s’endormir à nouveau pour retrouver la quiétude habituel de leur lit. La jeune femme tourna le dos à son ancien mentor et commença à s’éloigner. Elle s’arrêta, comme hésitante et d’une voix qui avait retrouvé tout son fiel, ajouta sans se retourner :

« Ne t’inquiète pas pour moi, ô tueur d’Ombres, je n’ai pas l’intention céder mon corps aux esprits. Et si tu ne peux te fier à mes mots, fie-toi donc au Saphir. »

Elle releva la capuche de sa large cape sur ses cheveux blonds et s’éloigna.




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La sorcière et le tueur d'Ombres.

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