AccueilMembresGroupesS'enregistrerConnexionRechercherFAQ

Partagez|

À propos des ténèbres et des risques insensés

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Dirigeant du Cam Serarna

Nombre de messages : 15481
Âge : 26

Voir le profil de l'utilisateur http://brisingr.forumactif.org/corbeille-f19/sur-le-lac-leona-un


Laïaga
Dirigeant du Cam Serarna
Message Sujet: À propos des ténèbres et des risques insensés | Lun 31 Juil 2017 - 18:02


Une rafale chaude balaya la rue déserte, ébouriffant mes cheveux et faisant bruisser les vêtements trop larges d’un cadavre presque décomposé qui prenait l’air devant un café. Il faisait grand beau à Urû’baën. Je sentis un frisson me parcourir l’échine.

L’ancienne capitale était, dans ces quartiers abandonnés par son peuple, un endroit terrible. Les abords de la bibliothèque de la ville avaient quasiment été épargnés par la destruction et mis à part l’occasionnelle charogne on avait l’impression d’un décor de théâtre : tout était prêt, il ne manquait que les acteurs...

Ce que je pouvais détester cette putain de ville. Je parcourus les derniers mètres qui me séparaient des portes de la bibliothèque de la ville. Elles étaient immenses, en bois massif, et restées ouvertes quand la population avait fui dans la panique des Failles.

-Allez mon pote, courage, je me dis doucement à moi-même. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?

J’avais demandé à Yarrock de ne pas m’accompagner dans la zone corrompue. Mon dragon m’avait lassé sur une place assez grande pour l’accueillir et assez déserte pour qu’il n’écrase personne au hasard… ce qui n’avait pas manqué de faire hausser quelques sourcils. Les dragonniers n’étaient plus autant monnaie courante qu’autrefois.  
Il faisait noir, à l’intérieur. Aucune des lampes à gaz ne marchait plus, la poussière recouvrait les fenêtres qui n’étaient pas brisées et flottait dans l’air comme la brume après une nuit froide.

-E… Ellen’ ? tentai-je à voix haute, guère rassuré.

Je n’avais pas osé crier.
C’était un messager qui m’avait trouvé Dras Leona… cela faisait maintenant longtemps que les communications mentales n’étaient plus un moyen très fiable de se parler. Qui m’avait dit de me rendre ici, dans la ville abandonnée, de la retrouver à la bibliothèque. Quelque chose en rapport avec l'Equilibrium.

-Oh et puis merde, je chuchotai.

Je tendis la main gauche devant moi, me concentrai, et bientôt je sentis le picotement de la magie tumultueuse. Je la sentais qui se dérobait qui renâclait mais la tempête invisible qui avait fait rage pendant longtemps se calmait, et cette fois la gymnastique mentale pour plier la réalité à mes désirs ne fut pas si déroutante.
Il y eut un clignotement incertain, et puis une flamme vive aux reflets verts surnaturels naquit au creux de ma main, projetant ses ombres dansantes sur les rayonnages sans fin.

-Ouah.

Depuis combien de temps est-ce que je n’avais plus mis les pieds ici ? Vide, la bibliothèque d’Urû’baën était encore plus impressionnante, plus imposante. Et malgré ce sentiment de majesté tranquille, je sentais la Corruption. Ma magie n’avait pas la même odeur piquante qu’à la normale ; pas vraiment la même texture. Elle était, même pour quelque chose d’aussi simple qu’une flamme, plus dure à maîtriser.

Mais au-delà de simplement me rassurer, entretenir ce feu me permettait d’être sûr qu’Ellen’ n’était pas là, ou bien elle l’aurait senti, et reconnu. Alors je me trouvai un fauteuil en cuir près d’une table basse, dans une alcôve, retirai le fourreau que je portais à la ceinture et déposai délicatement ma flamme sur la table dont le bois noircit instantanément, mais sans s’enflammer. Je fis léviter le feu quelques centimètres plus haut.
Il ne restait plus qu’à attendre. Je m’enfonçai dans fauteuil dont le cuir craqua sous mon poids, et croisai nonchalamment les jambes sur la table basse.

Un mince sourire trouva enfin le chemin de mon visage, tandis que je fermais les yeux, attentif au moindre craquement et au moindre souffle d’air dans la bibliothèque déserte. Le temps avait commencé de guérir la blessure qu’avait laissé notre amour et pour la première fois depuis longtemps j’étais simplement heureux de la revoir, sans que cela ne soit teinté d’angoisse ou de tristesse.
C’étaient là d’étranges pensées compte tenu de l’endroit où je me trouvais et du fait qu’Ellen’ ne m’avait sans doute pas demandé de venir ici pour discuter autour d’un verre d’hydromel.
Et puis, la guerre était finie. La Corruption était toujours là mais la magie, elle aussi, se soignait et bien que ce soit d’une façon très différente, Ellen’ y était aussi sensible que moi. Je l’avais vue au plus mal pendant la guerre, et j’étais certain qu’elle irait bien mieux.

Cette seule idée suffisait à élargir mon sourire tandis que j’attendais mes deux compagnes d’un voyage qui allait s’avérer bien plus mouvement que prévu…



   
L'heure de la faux a sonné
On n'arrête pas la grande horloge
Le vent divin l'a emporté
Pourtant cela t'interroge
N'as-tu rien à regretter ?

Spoiler:
 


Dernière édition par Laïaga le Mar 1 Aoû 2017 - 22:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Nombre de messages : 27
Âge : 23

Voir le profil de l'utilisateur


Nyx
Message Sujet: Re: À propos des ténèbres et des risques insensés | Mar 1 Aoû 2017 - 10:52


La ville était apparue à l’horizon en fin de journée la veille, mais il restait encore un bon bout de chemin avant que je ne l’atteigne. Après un maigre repas et une nuit agitée de cauchemars, les premières maisons arrivèrent à ma hauteur quelques heures après l’aube. La ville était plus grande que ce que j’avais pu lire dans les livres. Plus austère aussi, mais cela ne m’étonnait guère. La Corruption semblait avoir modifié les fondations mêmes de l’endroit, le rendant hostile et vicieux. Mais il me fallait venir ici. Cet endroit allait être les bases de mon affirmation dans ce monde.

Je fis une halte afin de récupérer mon souffle et grignoter un fruit légèrement tanné, avant de pénétrer par la porte principale – enfin, ce qu’il en restait. Partout où mon regard se posait, il n’y avait que débris et ossements à moitié rongés par les prédateurs qui ne manquaient pas de venir fouiller dans les ruines. La plupart des maisons se trouvaient éventrées, plus rien de sain ne poussait dans les jardins autrefois si bien tenus.

Malgré ce paysage désertique, je ne perdais pas de vue mon objectif, trouver la bibliothèque. J’espérais y dénicher des réponses à mes questions où, à défaut, des ouvrages intéressants sur l’histoire du monde, des races et des guérisseurs. J’espérais au plus fort de mon cœur ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien, qu’il resterait quelques vestiges du passé.

Le soleil était déjà bien haut mais il ne semblait pas pouvoir réchauffer les environs, encore moins mon corps frileux. Je resserrai les pans de ma cape de voyage autour de moi et soufflais sur mes mains tout en continuant mes recherches. Où pouvait donc se trouver ce bâtiment ? Les livres mentionnaient une construction immense et grandiose, abritant des dizaines de milliers d’ouvrages inestimables, renfermant un savoir monstrueusement vertigineux… Rien que d’y penser, mon désir de le trouver se fit plus intense et j’accélérai le pas. Je le vis enfin, à l’angle d’une maison où il ne restait que deux murs et une petite partie du toit. Au même moment, un bruit me fit sursauter, comme un grognement, un grondement venant d’un gros, très gros animal…

- N’importe quoi, tu délires, me sermonnai-je tout haut afin de me rassurer. Le silence reprenait déjà le cours de son règne. Je jetai un dernier regard en arrière et entrais dans le lieu sacré.

C’était immense. Incroyablement grand. Mes pas résonnaient doucement entre les murs vides des lieux et je sentais battre mon cœur, si fort qu’il semblait vouloir sortir de ma poitrine pour lui aussi admirer l’endroit. Bizarrement, je trouvais la bibliothèque moins atteinte, moins détruite que le reste de la ville. Comme si même la Corruption répugnait à toucher ce temple du savoir. Ou alors n’était-ce qu’une simple coïncidence, un curieux enchaînement d’évènements sans aucun rapport ? Peut-être qu’un livre me renseignerait là-dessus. Mais les étagères restaient désespérément vides…

Au moment où ces questions me traversaient l’esprit, j’entendis un écho lointain se répercutant dans les entrailles de la bâtisse. Mon cœur semblait vraiment sur le point de franchir mes côtes. Se pouvait-il que quelqu’un soit là ? Par précaution plus que par capacité à m’en servir, je m’emparai de ma vieille dague, lame en avant, et avançai prudemment dans une salle où luisait une curieuse lumière. Faible, mais bien présente.

En entrant dans la salle, je fus frappée par la beauté des lieux. Plusieurs retraits dans les murs formaient des grottes très agréables, anciennement destinées aux lecteurs souhaitant un peu d’intimité. Elles étaient meublées de belles tables basses, bien que poussiéreuses, et de vieux fauteuils qui semblaient encore moelleux n’attendaient qu’une paire de fesses pour retrouver leur splendeur d’antan. La lumière dans l’une d’elle m’attira. Une flamme dansait à quelques centimètres de la table, et une paire de bottes semblaient danser dans l’ombre, avec le jeu de lumière. Nulle doute que l’inconnu m’avait déjà repérée depuis longtemps, le bruit de mes pas m’ayant forcément précédée. Sans baisser ma lame, je fis encore deux pas avant de m’arrêter, restant à bonne distance du personnage. La flamme n’était pas assez puissante pour que je puisse voir son visage. Si jamais il décidait d’attaquer, ma rapidité me permettrait au moins de courir dans l’autre sens pour lui échapper… Je tentai une approche, empêchant ma voix de laisser filtrer la peur qui s’insinuai dans mon esprit :

- Je ne suis que de passage et ne souhaite pas d’affrontement. Dites moi que vos intentions sont les mêmes et je passerai mon chemin.

Ma voix mourut quelques secondes après avoir prononcé mon dernier mot, l’écho ricochant sur les murs. Puis le silence reprit ses droits.


"Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque."
Bachelard
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Dirigeante de l'Equilibrium

Nombre de messages : 22296
Âge : 27

Voir le profil de l'utilisateur http://bartimeus.actifforum.com


Ellenwen
Dirigeante de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: À propos des ténèbres et des risques insensés | Mer 9 Aoû 2017 - 10:23


En marchant à travers les rues d'Uru Baen, Ellenwen sentit son coeur se comprimer dans sa poitrine. Malgré les drogues qui saturaient son cerveau, ralentissait ses mouvements et floutait le paysage sous ses yeux, elle sentait la corruption ronger son esprit, le surcharger de peur et de colère mêlées, contre elle-même et ceux qu'elle avait perdu. Les rues sombres, les bâtiments éventrés dans lesquels subsistaient quelques lambeaux d'une gloire passée faisaient rejaillir la sourde angoisse d'une attaque, des peurs d'enfant au sujet de monstres dont elle savait désormais qu'ils étaient bien réels. Cela faisait longtemps que la corruption avait cessé d'être, pour elle, une quête comme elle en avait tant accompli et qu'elle n'y voyait plus qu'un fardeau dont elle devait se charger puisque le reste du monde restait sourd. Mais l'angoisse était toujours la même.

Elle enjamba un pan de mur effondré et se glissa sous une poutre brûlée, tentant de retrouver son chemin vers la grande bibliothèque. Elle espérait que Laïaga ai eu son message. Elle ne se sentait plus de taille à se frayer un chemin seule dans la corruption et désormais, seule la présence de son ancien compagnon, parvenait à l'apaiser quelque peu. Pendant un bref instant, elle se demanda s'ils seraient restés amants si la corruption n'avait pas amplifié sa colère et son désespoir lorsqu'il était parti, une fois de plus, vers ses propres aventures. Puis elle chassa la pensée, aussi vite qu'elle le pouvait. Il n'était pas bon de ressasser des doutes ou des douleurs lorsque chacun d'eux pouvaient vous envahir jusqu'à vous faire perdre la raison.

Elle émergea soudain sur une place, non loin du centre de la ville, plus épargné par les failles, où se tenait la bibliothèque. Surprise de retrouver des lieux connus, l'elfe s'arrêta un instant, l'esprit traversé de souvenirs puis elle reprit sa marche, sans plus tarder. Avec soulagement, elle sentit qu'elle s'éloignait des grands foyers de corruption, la force d'attraction de ceux-ci s'affaiblissant légèrement. Elle retrouva vite son chemin vers la grande bibliothèque et pénétra dans les immenses salles chargées de livres. Le silence, à l'intérieur des murs, était si profond que l'écho de ses propres pas semblait résonner vers des profondeurs qu'elle ne distinguait pas. Elle frissonna un instant, tant il lui semblait qu'elle pénétrait dans un mausolée inviolé, avant de sentir une présence qu'elle aurait reconnu entre mille. Elle eut un bref sourire et, dans un réflexe d'ancienne amante, recoiffa rapidement ses cheveux tout en hâtant le pas.

Elle n'était plus très loin lorsqu'une voix creva le silence. Ainsi donc, ils n'étaient pas seuls à explorer la bibliothèque... N'osant trop ouvrir son esprit, de peur que la corruption ne le brise pour de bon, l'elfe accéléra le pas et déboucha, à peine quelques secondes plus tard, derrière une jeune femme, visiblement effrayée par l'apparition que constituait Laïaga, plongé dans les ténèbres, le visage à peine éclairé d'une flamme. Consciente que sa soudaine apparition risquait de ne pas rassurer la nouvelle venue, elle fit tomber un livre, comme par maladresse pour annoncer son approche. Elle s'avança tranquillement, les mains levées à hauteur de visage, regrettant pour la première fois sa vue perçante qui lui avait fait négliger de prendre une bougie. Elle ne devait vraiment pas être rassurante, à ainsi sortir de l'obscurité.


- Soyez tranquille, mon compagnon et moi ne vous ferons aucun mal. Je me nomme Ellenwen, cheffe de l'Equilibrium et cet olibrius que vous distinguez se nomme Laïaga, anciennement chef de la Cam Serarna. Nous sommes à la recherche d'un livre, non de combat.

Elle esquissa un sourire en regardant son compagnon et le salua d'un petit geste de la main.

- Maintenant, si tu voulais bien arrêter de faire ton homme mystérieux noyé d'ombres et nous donner un peu plus de lumière, Laïaga, je t'en serais fort gré.




Devant l'indifférence générale, demain est annulé
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Dirigeant du Cam Serarna

Nombre de messages : 15481
Âge : 26

Voir le profil de l'utilisateur http://brisingr.forumactif.org/corbeille-f19/sur-le-lac-leona-un


Laïaga
Dirigeant du Cam Serarna
Message Sujet: Re: À propos des ténèbres et des risques insensés | Sam 12 Aoû 2017 - 1:12


-Je ne suis que de passage et ne souhaite pas d’affrontement, fit une voix que je ne connaissais pas, et qui n’était de ce fait certainement pas celle que je m’attendais à entendre.
-Hein ? fit la mienne, avec tous les accents d’une profonde réflexion.
-Dite-moi que mes intentions sont les mêmes et je passerai mon chemin.

Je me redressai dans le fauteuil où je m’étais enfoncé. J’avais entendu les pas approchés, et naturellement et dans la mesure où nous étions dans une ville fantôme parcourue de monstres et de miasmes potentiellement mortels, j’en avais déduit que ce ne pouvait être qu’Ellen’. Qui aurait l’idée d’aller chercher un bouquin à la bibliothèque dans un endroit pareil ?

-Non non je… ah ! m’interrompis-je en pleine phrase.

Je venais d’entendre le bruit sec d’un livre qui tombait, et en déduisis que ce devait être Ellenwen. Qui d’autre aurait pu se trouver à un endroit pareil à un moment pareil, pas vrai ?
Et cette fois-ci ce fut bien du visage de mon ancienne compagne que le feu magique que j’entretenais révéla.  

-Soyez tranquille, intervint-elle tout de suite, mon compagnon et moi ne vous ferons aucun mal.

Cela me paraissait un peu rapide comme affirmation vu que la jeune inconnue – une demi elfe ? Elle avait les oreilles effilées, mais pas tout à fait autant qu’Ellenwen – tenait une dague à la main, même si elle avait l’air plus effrayée qu’agressive.
Malgré cela je me levai quand Ellen’ me présenta et mimai une courbette à l’intention de l’inconnue.

-Je crains qu’il ne faille se contenter de ça, dis-je à Ellen’ en attrapant la flamme aux reflets émeraude dans le creux de ma main pour la porter à hauteur de visage. Je veux pas prendre le risque de faire plus.

Je récupérai le baudrier que j’avais détaché, le ceignis autour de ma taille, me retournai vers les deux femmes avec un grand sourire sur les lèvres et serrai brièvement Ellenwen dans mes bras.

-C’est bon de te revoir, Ellen’. Alors, vais-je enfin savoir pourquoi nous sommes ici ?

Mon regard glissa vers l’inconnue en prononçant ces mots : est-ce que le motif de notre venue devait rester confidentiel ? De toute façon, s’éclipser ne serait pas vraiment problématique.



   
L'heure de la faux a sonné
On n'arrête pas la grande horloge
Le vent divin l'a emporté
Pourtant cela t'interroge
N'as-tu rien à regretter ?

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas






Contenu sponsorisé
Message Sujet: Re: À propos des ténèbres et des risques insensés |


Revenir en haut Aller en bas

À propos des ténèbres et des risques insensés

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Brisingr, Chroniques de l'Alagaësia - Forum roleplay :: Alagaësia :: Urû' baen-
Ouvrir la Popote