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Quand l’appétit va [Fini]

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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Quand l’appétit va [Fini] | Jeu 17 Avr 2014 - 16:38



Attention il y a du sang. Oulala !

Les rayons du soleil s’immisçaient dans l’obscure chambrée par le biais d’une unique fissure qui balafrait le mur. La lumière était perfide au point de se projeter avec une précision prophétique sur les yeux clos du dormeur qui gisait là. Ce dernier n’était pas au plus profond de son coma et la lumière ne manquait pas d’agacer ses fainéants projets du matin. Il gémit un coup, poussa un grognement et finit par se retourner pour fuir l’agreste iridescence et retrouver l’ombre salvatrice.

Qu’est-ce que tu veux, dans le monde il y a deux genres de personnes : ceux qui se lèvent tôt et ceux qui se couchent tard. Bien qu’un certain nombre de dictons présente les premiers comme des individus de bonne raison, je ne peux pas m’empêcher de croire que c’est eux qui se font baiser dans l’histoire. Ils triment alors que les autres pioncent encore et se glissent dans leurs draps avant d’avoir pu goûter aux réels plaisir de la vie, ceux qui se dégustent après le coucher du soleil. Inutile de préciser à quel camp j’appartiens, vous l’aurez très probablement deviné.

En l’occurrence, cette dernière soirée avait dû être fameuse, puisque je n’en gardais pas un souvenir très net. J’étais à ce point perdu dans les vapeurs brumeuses d’un sommeil alcoolisé que je ne semblais même pas sentir que ma joue nageait allègrement dans un liquide épais et sombre qui semblait s’être dispersé dans la pièce d’une manière tout à fait anarchique.

Cela dit ma conscience émergeait peu à peu, chassant mollement les ténèbres de mon esprit confus. J’ai sursauté avec autant de grâce qu’un éléphant découvrant une souris. Sauf qu’au lieu d’un rongeur c’est la sensation tiède du sang collant à la peau qui m’avait fait bondir. Et pour cause, la chambre en était tapissée. Les giclées s’étendaient du sol au plafond, décorant les murs de traînées foncées figées par la coagulation. Merde, dans quel genre de boucherie j’avais bien pu atterrir ?

Je suis resté paralysé un bon moment avant que des éclats de voix venant de l’étage du dessous ne me fassent sursauter. J’ai tendu une oreille inquiète mais les gaillards se contentaient d’envoyer quelques calambours avant de rire grassement.

« Et là, disait l’un, le nain répond : j’me l’s’rais mis dans l’cul … »

Je n’ai pas pu entendre la fin de la réplique qui fut étouffée par un cœur de gloussements rauques. Ils ne devaient pas imaginer qu’une des chambres avait été repeinte à grands renforts d’hémoglobine.

J’ai voulu me redresser pour échapper aux draps poisseux et mon regard est tombé sur ce qui semblait être une carcasse de chèvre sauvagement entamée par une meute de loups. Rien de très appétissant. Mais le pire a été de constater qu’il restait quelques haillons sous les chairs mutilées, vestiges souillés d’une robe verte ressemblant curieusement à celle que portait une serveuse que j’avais rencontré la veille.  Il y a eu une étincelle de compréhension dans mon esprit, et j’ai aussitôt dégueulé tout ce que contenaient mes entrailles.

Je me suis essuyé le visage d’un revers de la main, laissant une traînée rouge sur mon poignet. Là encore je me suis pétrifié. Puis, entre mes doigts souillés j’ai remarqué que le flot dégobillé arborait les mêmes teintes que ceux qui recouvraient le cadavre décharnés. La nuance semblait simplement plus trouble et plus épaisse. Vomir du sang n’est jamais très rassurant.

« Putain de bordel de… »

Mais un autre truc a capté mon attention dans les fluides que je venais d’expulser. Un doigt. Non, une phalange plutôt. La dernière. L’ongle n’y était plus accroché. L’autre extrémité avait clairement été sectionnée par des dents et la peau portait les traces d’une mastication expéditive.

J’ai vomi encore et quelque chose est resté coincé entre mes dents. J’ai craché en vain pour tenter de le déloger avant de finalement y mettre les doigts.

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant l’ongle décoloré qui manquait au morceau flottant.


* * *



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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Dim 20 Avr 2014 - 1:54




Urû'baen avait bel et bien changé de visage depuis la dernière fois où Garnyiss y avait mis les pieds. De l'extérieur, elle ressemblait à une fruit trop mûr qui aurait éclaté avec les pans de murailles entiers encore éparpillés à son pied. Dire que lui avait eu encore il y a peu cette puissance destructrice sous la main. Aurait-il hésité à en fait usage ? Il aurait aimé croire que oui mais n'en était toujours pas convaincu lorsqu'il montra patte blanche aux gardes de faction à l'entrée de la ville.


La réalité des rumeurs le pris à la gorge. Peur et méfiance régnaient dans la promiscuité toute relative des rues. Les enfants autoproclamés de Mastaï figuraient comme autant de loups au milieu d'une meute de chiens affamés que nulle main ne tenait plus en laisse. Quelque part dans une ruelle sordide devait se cacher un crétin persuadé qu'il pourrait changer le monde d'un coup de couteau bien placé. Tôt ou tard, il passerait à l'action mais le mercenaire comptait bien ne pas se trouver dans les parages quand viendrait l'heure de payer les pots cassés. Il hâta le pas vers la taverne la plus proche dans l'idée de mettre un solide panneau de bois entre lui et la rue, des fois qu'elle perdrait la raison lorsque lui se trouverait encore dans les parages.


La mine renfrognée du tavernier l'accueillit, de même qu'une ou deux paires d'yeux inquisiteurs que Garnyiss fit mine de ne pas remarquer. Oui, il comptait rester là quelque temps, histoire de trouver un boulot pas trop mal payé. Peut-être pas pour aller au charbon dans la Mortecreuse mais ce genre de chose pouvait toujours se négocier. Une verre plus tard et quelques pièces en moins, il gravissait les marches pour rejoindre la chambre qu'il avait louée...



A la réflexion, il aurait du se concentrer sur le numéro de la porte et non l'insistante mélodie qui lui trottait dans la tête depuis bien trop de temps déjà. Au lieu de quoi, Garnyiss s'arrêta devant ce qu'il supposa, à tort, être la porte de sa chambre. A peine eut-il esquissé un geste pour la déverrouiller qu'il s'arrêta net. De derrière filtrait le lourd parfum métallique du sang versé en quantité, si familier pour celui qui était habitué à le faire couler pour une cause ou une autre.

Pendant quelques instants, il passa en revue ses options. Quoi qu'il y ait derrière cette porte, on se souviendrait parfaitement l'avoir vu gravir cet escaliers. Les accusations diverses et variées ne demanderaient alors qu'à fleurir dans ce climat de suspicion s'il tournait les talons. Peut-être y avait-il quelqu'un à l'agonie ? Peut-être fallait-il mieux s'assoupir dans les bras traitres de l'ignorance ? En fin de compte, le mercenaire ne put s'en prendre qu'à lui même pour n'avoir pas perçu plus tôt le doux fumet des emmerdes à venir. Il prit une grande inspiration, serra un poing ganté et se jura d'adresser une prière à la Dame si jamais il n'aurait pas à regretter ce qu'il s'apprêtait à faire...



Une série de coups rapides résonnèrent alors contre la porte :


" Il y a quelqu'un ?"


Question sans doute stupide mais cela valait toujours mieux que de défoncer la porte sans autre raison que son insistance à rester close.



[bouh, vil mélange avec la malebrèche de wow... j'ai honte ]









Dernière édition par Garnyiss le Sam 26 Avr 2014 - 20:48, édité 2 fois
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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Mar 22 Avr 2014 - 6:06




Les gestes étaient mécanique, presque indépendants de l’odieuse vérité qui ne cessait de m’assaillir : j’avais bouloté la serveuse.
C’est d’ailleurs dans cet automatisme que je trouvais mon salut, mon labeur dissimulant les traces de mon forfait tout en occupant assez mon esprit pour m’empêcher de devenir fou après cette découverte pour le moins affreuse.

Armé de draps roulés en boule, je frottais inlassablement murs, sol et plafond pour les laver du sang qui souillait tant la chambre que mon innocence. Le travail fut rondement, avec l’efficacité des soldats familiers de l’horreur du champ de bataille. Si bien que je me tenais face aux flammes, prêt à jeter le linge sale dans l’âtre de la cheminée lorsque les coups retentirent à la porte.

J’ai fait un tel bond que j’aurais pu m’assommer contre le plafond. J’ai balayé la chambre du regard, non sans noter que la dégoûtante carcasse gisait toujours au pied du lit.

« ‘tendez j’suis à poil ! » Ai-je braillé d’une voix aussi fraîche que me le permettait ma gueule de bois. C’est-à-dire pas du tout. Un vague grognement a dû arriver aux oreilles de l’importun. J’ai prié pour qu’il ne soit pas impatient et j’ai rejoin le bord du lit. Là j’ai poussé le cadavre du bout du pied pour le faire glisser sous le lit. J’ai vaguement étendu une couverture pour voiler un éventuel point de vue compromettant et j’ai retiré ma chemise ensanglantée, la posant négligemment sur le lit.

Il fallait la jouer fine, pour ne pas être pincé, l’essentiel consistait pour l’instant à éloigner ce gêneur de ma culpabilité et m’en débarrasser assez vite pour pouvoir finir de nettoyer ce border.

J’ai attrapé mon couteau et me suis légèrement entaillé sous le menton en grimaçant. Puis j’ai appuyé autour de la plaie pour accélérer l’hémorragie. C’était qu’une légère estafilade mais ça faisait un mal de chien, putain ! J’ai ramassé ma chemise et je m’en suis servi pour éponger un peu, histoire d’avoir la gueule écarlate. La chemise était déjà gorgée de sang, mais bien habile celui qui saurait faire la différence entre le mien et celui de ma victime.

J’ai ouvert la porte en grand, tombant nez à nez avec un étrange bonhomme. Il avait une drôle de dégaine et ne ressemblait en rien au chiottard curieux que j’avais imaginé.

« Désolé gars, j’ai été assez con pour essayer de me raser un lendemain de cuite. »

J’ai épongé le sang qui me dégoulinait dans le cou, histoire d’illustrer mes salades et j’ai repris d’un ton voulu badin.

« T’cherche quelque chose ? »

Putain si ça passait j'étais le pire des cocus. Mais c’était qui d’abord ce fils de pute ?



[HRP : Désolé pour la vulgarité hein, c’est le personnage qui est comme ça. Mr. Green]


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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Sam 26 Avr 2014 - 20:46


Si Garnyiss ne compris qu'un ou deux mots noyés au milieu de ce grommellement indistinct, ce fut un soulagement pour lui de les entendre. Devoir s'expliquer au sujet d'une macabre découverte n'était plus à l'ordre du jour, et c'était tant mieux. On ne savait jamais ce qui trottait dans la tête des nouveaux maîtres de la cité.

Les secondes s'écoulèrent les unes après les autres, puis par poignées entières. Garnyiss s'appuya contre le mur d'en face et fit machinalement courir ses doigts sur la surface râpeuse. L'autre mettait tout de même un sacré bout de temps pour ouvrir la porte mais bon, le mercenaire était mal placé pour critiquer à tout va. Après tout, c'était lui qui venait de fourrer son nez dans ce qui ne le regardait absolument pas.


Il finit par entendre des bruits de pas se rapprocher, la clef tourner dans la serrure. Le mercenaire quitta alors l'appui de son mur pour se retrouver face à face avec l'occupant de la chambre. Il ne lui donna pas plus de vingt-cinq printemps et la tête des réveils difficiles. Une vilaine estafilade tout fraiche lui barrait le menton. Entre ses mains, une chemise maculée de sang. Et à mi chemin des deux, la vision d'un torse dénudé qui lui indiqua qu'on venait de copieusement savonner la pente sur laquelle il avait mis les pieds…

" Ca arrive même aux meilleurs ", compatit-il lorsque l'autre lui narra ses péripéties matinales. Restait que l'estafilade n'était pas de celles à embaumer un espace si grand. S'il avait disposé d'un odorat aussi fin, Garnyiss aurait tout aussi bien pu se reconvertir en chercheur de truffes.



" Non, pas spécifiquement. C'est juste que ça sent le cochon égorgé dans le coin. Ou quelque chose comme ça.", répondit-il tout en regardant innocemment par-dessus l'épaule de son interlocuteur. Vers votre chambre plus précisément, d'ailleurs, quand vous avez ouvert la porte, sous entendit le ton de sa voix.


Au diable les pentes savonneuses ! Il aurait tout le temps de se confondre en excuses ou passer pour un abruti fini – au choix - s'il n'y avait, en fin de compte, rien de louche. Dans le cas contraire, il y avait fort à parier qu'aucun d'entre eux deux n'avait le moindre intérêt de trainer l'affaire, quelle qu'elle fut, en place publique.



[J'éditerai si Gravier avait enfilé une chemise en plus de celle qu'il tient à la main ]







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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Mar 29 Avr 2014 - 6:15



Le type avait la gueule marquée, c’est certain. Pas une bleusaille ou un trouffion plutôt le genre de mec qui a plus d’une boucherie dans la poche. Des cicatrices j’en avais déjà vues de pires mais son regard était diablement acéré.

« M’en parlez pas, déclarais-je, ça pife plus que si on avait vidé une truie dans la piaule. Mais bon vous savez c’que c’est hein, quand on a joué des mousses et enchaîné quelques cordaces, on ne fait pas plus attention à la paille où l’on pieute qu’à la coureuse qui vous ravigote l’intimi- hé ! »

Le salopard lorgnait sur l’intérieur et j’aimais pas son petit ton hautain. J’ai claqué la porte derrière moi et j’ai bousculé le gaillard de mes deux paluches :

« Ça va pas de zieuter comme ça dans la vie privée des gens ? »

Dieux que son regard était vilain. Je me sentais transpercé par ses pupilles, comme si aucun de mes mots ne pouvait l’abuser, qu’il lui suffisait de me jeter un coup d’œil pour savoir tout ce que j’avais fait – c’est-à-dire plus que ce que je savais moi-même. Un homme dangereux à n’en point douter. Un chatouillement glissa sur mon échine et je senti ma peau s’humecter d’un voile moite.

Merde ce type était effrayant.

J’ai tamponné une dernière fois la chemise crasseuse sur ma peau sanguinolente avant de jeter le vêtement par terre. Le bruit humide de l'impact me fit tiquer. Une simple estafilade n’imbibait pas une chemise au moins qu’elle fasse ce genre de « splotch » en tombant au sol.

« T’es qui d’abord ? Ais-je lancé en espérant détourner son attention de ce que je venais de relever. Tu serais pas un foutu rebelle derrière ta gueule d’ange et tes boucles d’or, hein, dis ? »

J’étais pire que septique par rapport à ma tentative d’intimidation. J’étais pas de ses colosses aux muscles roulants et aux épées brillantes, plus le mec un brin freluquet qui tire sur sa corde pour charger sa baliste. Et ce n’étaient pas mes côtes qui feraient fortes impressions. J’ai quand même voulu contracter le bide pour faire apparaître un ou deux muscles mais l’effort m’arracha une sale douleur à la morsure noiraude que je gardais planquée sous un épais pansement.

J’ai porté la main au côté blessé en poussant un grognement. C’était raté pour paraître balèze.


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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Lun 5 Mai 2014 - 0:45


Plaquer l'autre contre la porte et l'encourager indélicatement à la rouvrir fissa. Ce ne fut pas l'envie qui manqua à Garnyiss lorsqu'il fut repoussé sans ménagement. Ses mains se crispèrent, son regard se durcit davantage mais il ne passa pas à l'acte. Oh que non, il n'allait pas offrir à l'autre l'occasion de se débarrasser de lui sur un plateau d'argent. Et avec les compliments du bourreau s'il vous plait !


Quelque chose à cacher n'est ce pas ? Le mercenaire ne pris même pas la peine de poser la question à voix haute, bien au contraire. Il se contenta de fixer l'autre en silence, les lèvres étirées en un léger rictus carnassier. Je sais que tu sais que je sais, semblèrent dire ses yeux,  quand bien même leur propriétaire en fût encore aux suppositions. Après tout, comme l'avait un jour dit un célèbre capitaine du Guet, tout le monde était coupable de quelque chose…

A sa grande surprise et son malin plaisir, Garnyiss vit le malaise s'insinuer doucement chez son interlocuteur. Il s'était attendu à ce que l'autre se comporte comme nombre des siens. Sûr de lui et drapé dans son droit divin de faire ce que bon lui semblait, fut-ce contre vents et marées. Au lieu de quoi l'escogriffe s'épongea à nouveau le visage avant de l'agresser, verbalement cette fois-ci.


" Je suis le type qui t'aurait déjà épinglé sur ta porte comme un papillon s'il avait été un de ces foutus rebelles", lui murmura-t-il d'un ton doucereux qui laissa supposer qu'il n'avait pas pour autant écarté cette idée là de son esprit.

L'autre était désarmé et, à en juger par son grognement, blessé. Il ne ferait pas le poids si les choses s'envenimaient. Il devait forcément s'en être rendu compte, derrière ses airs bravaches et sa grande gueule. Enfin, c'était à espérer car Garnyiss ne compta pas laisser cet avantage-ci se perdre dans le vent. Sans quitter l'autre du regard, il fit un pas en sa direction et celle de la porte avant d'ajouter :

" Et je suis également celui qui va finir par ouvrir cette porte, que tu le veuilles ou non, et voir dans quoi cette chemise et toi avez trempé jusqu'au cou. Alors, un petit peu de bonne volonté dans ta part nous arrangera tous les deux, non ?"








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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Sam 10 Mai 2014 - 11:11




* Merdre, merdre, merdre, merdre, merdre. Bon sang de merdre. *

Ainsi me laissais-je aller à la rime facile tandis que la machine infernale vrombissait entre les mains de Mastaï, ses rouages resserrant peu à peu l’étau qui m’entourait tandis que ma situation se faisait de plus en plus désespérée. Oui vraiment j’aurais pu me trouver sur une scène et jouer une de ces tragédies appréciées des esthètes.

Mais là Gravier était dans la vie vraie et j’avais comme l’impression que le bougre d’en face était décidé à le piétiner. Là je n’avais pas le de silence calculé et de souffleur dissimulé. Les millièmes de secondes filaient et m’entraînait irrémédiable vers des perspectives pour le moins désagréables.

« Biiiigre, lâchais-je lentement, t’en rate pas une toi heeein ? »

J’avais l’impression de parler au ralenti, tentant maladroitement de gagner du temps pour chercher l’échappatoire qui m’aurait échappée. Mais il n’y avait pas une once de piste, rien. Le vide.

MAIS OUI BIEN SÛR, LE VIDE !

Je mis mes mains en évidences devant moi, paumes vers le bas en signe d’apaisement.

« Très bien garçon, on va regarder. Mais garde tes distances, là, cont’le mur pour que je puisse te voir en ouvrant. J’tiens pas à me faire braquer sur le seuil de ma piaule. »

Je tournais la poignée et entrouvrit la porte juste assez pour m’y faufiler avant de la claquer derrière moi et d’y donner deux coups de clé. L’instant d’après j’étais à la fenêtre, occupé à me glisser dans son cadre étroit avec l’espoir naïf que je parviendrai à me réceptionner sans trop de casse. Après tout une entorse me semblait être un moindre mal. Si je restais et qu’on me chopait avec cette carasse, j’étais bon pour la mort. Dieux, je l’avais mangée !

Seulement voilà, cette ouverture était vraiment mince et je n’étais pas spécialement souple. J’entendis du bruit derrière moi et me tortillais de plus belle pour échapper à ce qui s’amenait. Par miracle – on entendit presque un léger « pop ! » - je finis par démouler pour choir lamentablement sur un établi en contrebas. Je traversais le toit fragile du cabanon et me retrouvais au milieu d’outils et de bois brisé. Le me relevais péniblement malgré la douleur qui brûlait ma hanche noircie et la poussière qui me faisait tousser. Il semblait que je n’avais pas encore tout perdu de cet instinct de survie qui m’avait sauvé à l’épreuve du sanctuaire.

Maintenant il fallait courrir.




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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Lun 12 Mai 2014 - 18:32


Mon garçon ?! Garnyiss foudroya l'autre d'un regard incendiaire – un millénaire plus tard, et l'on aurait également pu y voir briller le canon huilé d'une arme à feu – à ces mots. Le type en face de lui avait beau ne pas en mener large, le voilà qui continuait royalement à se ficher de lui.

" C'est ça, c'est ça…", se borna-t-il à lâcher pour saluer ce tardif élan de bonne de bonne volonté de la part de l'autre. Il lui concéda même quelques pas arrière pour faire bonne mesure et lui arracher le dernier motif valable de se débiner. Tout suspecte que cette soudaine capitulation parût, elle n'en arrangeait pas moins ses affaires.


L'autre ne tarda pas s'exécuter et entrebâiller la porte. L'espace d'un instant, Garnyiss crût que l'autre allait se raviser, profiter de la distance qui les séparaient pour alors abattre la carte du cri d'orfraie et attendre que ses camarades de la grand'salle et des étages ne viennent régler le problème pour lui.

Au lieu de quoi il n'y eu que le claquement de la porte se refermant brusquement devant son nez  suivi d'un chapelet de jurons grommelé à voix basse. Le panneau de bois coupable fut le premier à subir ses foudres. Quelques coups de pieds plus tard et le verrou en fut réduit à pendouiller lamentablement à un bout du chambranle éclaté.


Garnyiss n'eut que le temps de voir la silhouette de l'autre disparaître par la fenêtre mais son attention se reporta vite ailleurs. Bon sang, dans quoi avait-il mis les pieds ?!


La réponse s'imposa d'elle-même, non sans une certaine ironie. Elle avait laissé des traces rosées de a ci là et autant de tâches humides accusatrices. Elle noircissait un bout de drap que les flammes de l'âtre peinaient à consumer. Plus tout, son odeur prenait littéralement Garnyiss à la gorge, accompagnée du remugle horriblement familier de tripes à l'air. Nul cadavre en vue néanmoins, seulement le lit dont les couvertures défaites trainaient sur le sol, jetant une voilé pudique sur ce qui se cachait sous le sommier.

Le mercenaire sentit son estomac se rebeller à la seconde même où il jeta un œil sous le lit. Les secondes suivantes le virent se précipiter hors de la chambre et descendre l'escalier quatre à quatre, le visage blêmes et les dents serrées à se les faire éclater. Des cadavres mutilés, éventrés et parfois dans un pire état que celui-ci, il en avait vu à la pelle. En revanche, rien de l'avait préparé à la sinistre conclusion à laquelle il était arrivée à la vue de l'état du cadavre.


Ravalant sa bile et tentant de maitriser ses hauts le cœur, Garnyiss résuma à grand peine sa macabre découverte aux questions inquisitrices qui fusèrent. L'on se décida à envoyer l'un de ces fiers colosses vérifier les dires de l'Alagaësien. Le visage exsangue qu'était le sien à son retour apporta quelque crédibilité à son récit. Quelques mots échangés dans leur parler et l'on lui fit bientôt comprendre qu'il fallait mettre la main sur le fuyard. Vivant de préférence, sans quoi il ne serait pas en mesure de faire éclater la vérité en répondant à certaines questions, dédouaner l'autochtone de tout coup monté de la part de la Rébellion et lui épargner par là même de servir d'exemple. Après tout, nul ne saurait se fier à la parole d'un individu potentiellement capable de recourir à des subterfuges magiques pour faire apparaitre un cadavre mutilé là où il le fallait.

Ainsi le mercenaire se retrouva-t-il escorté de quelques gros bras  - pour lui éviter toute fuite malencontreuse - à courir les runes d'Uru'Baen. Le marchand à l'étal endommagé leur indiqua la direction prise par le fuyard. D'autres questions, d'autres réponses les firent s'enfoncer plus avant dans les faubourgs de la ville. Les visages s'y firent plus fermés et les ombres des bâtiments plus sinistres.


" Là bas !", s'écria Garnyiss à la vue d'une silhouette disparaissant au détour d'une ruelle. Il ne pouvait pas certifier que c'était bien celle recherchée mais la perspective de ce que pourrait être son avenir proche ne l'encourageait guère à tergiverser. Son escorte ne montra, quant à elle, qu'un enthousiasme des plus mesurés. La notion d'endroit sûr demeurait toute relative…








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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Ven 16 Mai 2014 - 7:10



Je courais sans m’arrêter, bousculant de rare passant et manquant de m’étaler à moult reprises. Je n’entendis bientôt plus que la rafale continue de mes pieds fouettant le pavé et je décidais enfin de m’arrêter pour jeter un coup d’oeil derrière moi.

Mauvaise idée.

Une douleur sourde vibra entre mes tempes tandis que ma vue se faisaient floue et que des vertiges mençaient mon équilibre. Il fallait vraiment que cette stupide infection se réveille maintenant ? Voilà qu’après avoir été trahi par un destin cruel, c’était mon propre corps qui se retournait contre moi.

Des appels et des cris retentirent, un peu trop proches à mon goût. Le gaillard semblait décidé à me choper et visiblement il avait ameuté quelques copains. Je réprimais un haut le coeur et me repartait tant bien que mal, manquant à nouveau de trébucher sur un pavé mal scellé. Je reprenais à peine un semblant d’allure lorsque le bougre aux cheveux pâles apparut au coin d’une batîsse. Il semblait vif ce type-là, pas essoufflé pour deux sous. Un genre d’athlète de l’espèce la plus tenace et c’est à mes basques qu’il était pendu.

Merdre, je n’allais sûrement pas réussir à le semer à la course. En bonne santé je n’étais déjà pas le plus rapide, alors dans mon état actuel ce n’était même pas envisageable. Il me fallait ruser, prendre des ruelles étriquées et des passages obscurs. Me planquer dans une ombre pour mieux repartir dans l’autre sens, couper à travers des cours et des jardinet. Si je parvenais à accumuler assez de subterfuge, je parviendrais peut-être à leur échapper.

Seulement voilà, c’était sans compter sur cette malédiction qui s’acharnait sur moi depuis mon réveil, apparemment décidée à m’enfoncer à la moindre occasion, profitant de chacun de mes espoirs pour m’infliger un retour des plus cuisants. Le premier croisement semblant correspondre aux besoins de mon évasion se révéla n’être qu’un long, sombre et étroit cul-de-sac. Si bien qu’une fois coincé au bout, mes admirateurs attendaient déjà à l’entrée, prêt à négocier quelques autographes du bout des poings.

Ma fièvre s’intensifiait et mon rein me faisait un mal de chien. J’arrachais le pensement d’un geste sec, découvrant la peau brûlée par la souillure, suintante d’un sang aussi noir que de l’encre. Le fluide semblait épais, trouble, comme un pus noirâtre s’écoulant d’une plaie maudite. C’était à peu près ça en réalité, j’avais été mordu par un souillé. Ça feraient bientôt trois semaines. Mais pourtant j’étais encore en vie, encore conscient. J’avais vu de mes yeux des camarades infectés se transformer en monstre sanguinaire après des blessure plus bénine encore.

Sur les bords de la Mortecreuse, la moindre plaie sombre était synonyme de mort et autant d’hommes mourraient exécutés par les leurs que dans le coeur des affrontements.

Je plaquais ma main contre la plaie et m’appuyait de l’autre contre un mur pour faire face aux lascars, m’autorisant l’ultime espoir secret qu’aucun d’eux navait servi aux alentours la faille. Et dès qu’ils furent à portée de voix, je pris l’initiative de la parole :

« Vous êtes avec lui c’est ça ? Vous voulez m’bouffer ? Vous aussi ? »

Il se laissa aller à un rire rauque, en dévoilant sa blessure et jeta un regard glacial à celui qu’il estimait être son premier interlocuteur dans le brouillard flou qui embrumait sa vue.

« Je sais pas trop ce que t’es, ni quel genre de peste tu m’as inoculé sale monstre.Mais même si ça me fait un mal de chien je suis encore en vie, pas comme cette pauvre fille que t’as massacré là-haut. »

Il cracha au sol :

« Et si les Dieux m’on permis de t’échapper là-haut, c’est sûrement pas pour que je crève ici, alors viens te battre ordure. Mastaï m’en soit témoin, je ne laisserai pas ma chair en pâture à ton engence démoniaque ! »

Si les Dieux avaient un tant soit peu de respect pour ses efforts de comédien, peut-être que les gros-bras ameuté seraient assez idiots pour le croire.


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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Sam 24 Mai 2014 - 13:28


L'enfoiré ! D'autres qualificatifs tout aussi élogieux, sinon moins, se bousculèrent dans l'esprit de Garnyiss lorsque l'autre eut le culot de tenter de lui faire porter le chapeau avec un mensonge cousu de fil blanc. Et où aurait-il trouvé le temps de faire tout ça ?, fut-t-il tenté de répliquer avant de se rendre compte que ça commençait à discuter derrière lui. Des propos qui s'échangèrent, il n'en compris pas un traitre mot mais sentit comme un léger parfum de roussi. Retournés comme elle était, sa charmante escorte aurait du fondre sur l'autre ou tout du moins faire mine de vouloir le capture. Au lieu de quoi, elle restait les bras ballants à discuter comme si elle avait l'éternité devant elle. Non, cela n'annonçait décidément rien de bon pour lui…


" C'est tout ce qu'il te reste, vermine ?", grogna-t-il en retour," Une grande gueule et des mensonges ?"


Le mercenaire fit quelques pas en avant sans déclencher la moindre réaction chez les malabars qui l'accompagnaient.


" Et si les dieux te protègent, pourquoi fuir la queue entre les pattes comme le dernier des lâches, hein ? Enfin, ça n'a plus grande importance n'est-ce pas ?"


Sa main se referma sur la poignée de Tranchenuit et la tira hors de son fourreau dans un chuintement. A chacun de ses pas, il se rapprochait de l'autre et de la blessure noirâtre qu'il exhibait sans vergogne. Tout d'abord, il avait pensé que la gangrène s'y était installée puis il avait vu le liquide noirâtre qui en suintait et ses pensées étaient revenues sur sa macabre découverte avant de s'enfoncer plus encore dans les méandres du passé.

" Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés avec un corps qu'ils ne reconnaissaient plus tout à fait et leur esprit n'a pas supporté. Les plus chanceux en sont morts, les autres se sont réfugiés dans la folie. Chaque seconde qui passait rendait leur identité plus instable et leurs corps d'autant plus vulnérables aux métamorphoses. Il n'y a plus la moindre trace d'humanité à attendre d'eux. La seule chose qu'on puisse faire est le prendre en pitié et leur accorder une mort rapide…

Avec le recul, ces mots débordaient d'hypocrisie par chacune de leurs lettres mais n'en restaient pas moins vrais. La blessure de l'assassin n'avait rien de bien naturel. Se pourrait-il qu'il ait été pris dans cet engrenage impitoyable ? D'autres questions se bousculèrent dans l'esprit de Garnyiss sans qu'il fut en mesure d'n formuler une seule.


" Mastaï reconnaîtra les siens, n'est-ce pas ?"


Garnyiss n'eut guère le loisir d'aller plus avant; Son escorte avait visiblement décidé de la marche à suivre et quelles qu'en furent les motivations, elle se solda par une mise à mort de l'alagaësien. Ou une tentative tout du moins car l'intéressé n'était nullement décidé à se laisser faire. Il pivota de coté, intercalant Tranchenuit entre sa couenne et la hache bien décidée à le décapiter. Le choc s'avéra bien plus violent que ce à quoi il s'attendait. A quoi l'envahisseur carburait-il exactement ? Le mercenaire ne perdit pas de temps à répondre à cette question. Il se dégagea sur le côté, aperçu l'autre gaillard de son escorte se ruer vers l'assassin avec la ferme intention de le tuer lui aussi et replongea dans son combat contre le manieur de hache. Une menace autrement plus immédiate qu'un possible coup de folie de la part de l'autre.









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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Lun 26 Mai 2014 - 10:29



« Tu crois qu’il baratine ?
- Je sais pas mais son truc au bide ça a pas l’air d’être un mensonge.
- Ouais vaut mieux le tuer mais l’autre ? »

J’avais pas prévu ça. J’étais vraiment con de pas avoir prévu ça. Même en parvenant à les convaincre que l’autre était un monstre, je pensais qu’ils allaient me prendre en pitié et me laisser repartir tranquillement après avoir tué l’autre ladre à la tignasse blanchâtre ? Le ladre en question avait bien vite compris mon manège et s’évertuait à piétiner l’idée que je venait de faire germer dans l’esprit de ses compères.

* Putain Gravier, songeais-je rageusement, tu réfléchis jamais. *

Et là pour le coup j’étais vraiment dans la mouise. Pas d’échappatoire. À un contre un j’étais déjà mal barré avec cette blessure, alors trois contre un… Mon seul espoir résidait dans ce côté noirâtre. En plus de ce sang épais et noir qui en coulait, une odeur répugnante s’élevait autour de moi, comme si mon corps pourrissait tranquillement. Peut-être serait-ce suffisant pour les effrayer ? Ouais non, ces types là ne connaissaient pas vraiment la peur. Ils verraient la menace sous-jacente comme un défi de Mastaï, et frapperait avec le double d’ardeur. Foutus fanatiques.

« Je prends le pestiféré et tu t’occupe de la grande gueule. »

L’autre hocha la tête, c’était foutu. L’inconnu semblait pas inquiété plus que ça par leur propos. Bien sûr pauv’ cloche, réalisais-je aussitôt, si c’est un alagësien il doit rien capter à notre langue. Le coup de hache fut certainement plus explicite, pourtant le gaillard le bloqua plutôt bien.

Un cri ramena mon attention sur la deuxième brute qui s’élançai vers moi en beuglant. J’étais paralysé, la trouille putain, cette vieille salope qui s’accroche à vous le premier jour et vous lâche plus jusqu’à la fin. On apprend à vivre avec sur un champ de bataille mais c’est beaucoup moins encombrant quand on est planqué derrière une baliste, que désarmé face à un guerrier hurlant.

Machinalement j’ai levé le bras, paume tendue avec l’espoir fou que le type s’arrête. Mais là, j’ai poussé un cri sans même m’en rendre compte. Le type avait disparu, mon regard restait bloqué sur mon bras tendu. Le dessin des veines était devenu noir lui aussi, comme si la saleté qui collait à ma hanche s’était substituée à mon sang. Et bordel, je sentais la mixture pulser dans mon bras, jusqu’à mon poignet et ma main.

Entre mes doigts écarté j’aperçu la silhouette de mon adversaire, immobilisé. Etait-ce mon cri qui l’avait arrêté ? Ou la vue de mon bras gangrené ? J’abaissais ce dernier et le type s’effondra en même temps, le bruit de son corps touchant le sol fut assourdi par un autre de mes cris, le plus perçant de tous.

Une longue tige noirâtre avait jailli de ma paume, suivant l’axe de mon poignet jusqu’à se fiche dans la poitrine du soldat, pour finalement lui déchirer le thorax quand j’avais baissé le bras. Je tirais sur ce dernier, et la tige s’extirpa du corps inanimé autour duquel une flaque de sang s’élargissait.

Et cette saloperie qui sortait de ma main, elle frétillait putain, elle gigotait devant moi comme une catin excitée par le sang versé.



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Garnyiss
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Jeu 29 Mai 2014 - 12:09


Garnyiss recula à nouveau sous un coup sauvage de son adversaire, le maudissant entre ses dents. Le bougre n'y allait pas de main morte, tout décidé qu'il semblait à envoyer ses deux moitiés gorger le caniveau de sang. A le voir manier son hachoir comme s'il s'était s'agit d'une simple hachette pour couper du petit bois, le mercenaire décida que sauter sur la première occasion de décamper était un plan on ne peut plus raisonnable. Avec sa chance, le deuxième membre de sa petite escorte aurait vite fait d'en finir avec le cann…


Un hurlement coupa net le fil de ses pensées. Rien avoir avec ceux qui accompagnaient une blessure particulièrement douloureuse, la rage ou même le désespoir. Non, l'aigu avait une tonalité des plus incongrues au vu des circonstances. De quoi attirer momentanément les regards des deux combattants. Avec un soulagement certain, Garnyiss compris que le second membre du duo était hors d'état de nuire, de manière définitive à en juger par la flaque qui ne cessait de grossir. La seconde d'après, le seul sentiment positif de toute cette foutue journée s'évapora comme une goutte d'eau dans le Hadarac.

La seule chose que l'autre avait en main en sortait littéralement. Noir comme l'ébène, aussi luisant qu'une anguille, cela se tortillait comme animé d'une vie propre. Quel doux euphémisme que de dire que cette vision fut des plus inattendues ! Garnyiss en fut remué, d'autant plus que la victime de ce triste sort demeurait humaine en grande partie, à l'inverses des créatures aux formes divers qu'il avait croisé par le passé. Bon sang, ce type leur avait parlé presque normalement quelques minutes à peine ! Il parvint néanmoins à rapidement se ressaisir, au contraire de son adversaire à lui.


L'Enfant de Mastaï ne cessait de fixer l'objet de toutes les attentions, le visage désormais blafard. Aurait-il pu lire dans son esprit que Garnyiss n'y aurait trouvé que peur et confusion face à ce phénomène qui le dépassait, cette malédiction qui frappait sans crier gare. Il y aurait appris que la Noiraude signifiait mort et folie mais que l'homme n'y avait jamais été confronté personnellement. Pire encore, il n'avait jamais entendu – ou voulu entendre - ne serait-ce que la moindre rumeur sur une telle transformation. Jamais ses cauchemars les plus fous ne l'avaient mis en face de cette chose qui se tortillait là, juste sous ses yeux. Ceux là même qu'il ne parvenait pas à détourner de ce cauchemar aux accents trop réels…


La folie est contagieuse, disaient les anciens. Ils n'avaient pas tort, même si celle-ci se parait d'autant de manteaux qu'il existait de couleurs dans ce monde-ci. Il y avait la folie sanguinaire qui frappait par à coup et laissait à son départ les hommes déboussolés et horrifiés de leurs propres actes. Il y avait également celle qui poussait à oublier momentanément son adversaire alors que celui-ci était armé et qu'il avait réalisé qu'on ne le laisserait sans doute pas quitter la ville aussi facilement si ce n'était pour l'enterrer dans quelque fosse commune. Cette folie là, l'Enfant de Mastaï la paya au prix le plus fort qui soit.


Sans le moindre état d'âme, Garnyiss sauta sur l'opportunité qui s'offrait ainsi à lui et se fendit d'une estocade meurtrière, Tranchenuit remonta par-dessous l'axe de la hache. L'autre peinait toujours à réagir et lorsqu'il le fit enfin, ses gestes se firent lents et gourds. Il esquissa un début de recul, bien trop tard. La pointe de métal acéré se ria du cuir bouilli et lui fouailla le ventre. Le mercenaire la retira puis pris prudemment ses distances. Tout grave que puisse être la blessure, elle n'avait pas tué son adversaire sur le champ. Il pourrait peut-être même vivre encore quelque temps, peut-être même espérer d'être trouvé à temps pour être secouru, à condition qu'il ne s'excite pas inutilement.

Le mercenaire ne comptait pas s'attarder pour voir quelle décision l'autre allait prendre. Toute peu glorieuse qu'elle fut, la fuite rester sa seule option. S'enfoncer dans le dédale de rues et de ruelles qu'il connaissait par cœur avant que la cavalerie ne rapplique – ce qu'elle faisait toujours, tôt ou tard. Seul demeurait le problème de l'autre et de son tentacule frétillant. Le tuer avant qu'il ne s'enfonce plus avant dans la toile du destin qui lui était promis était une bonne chose. Crever parce qu'il se serait attardé un peu trop – qui sait quelles autres surprises pouvaient renfermer le corps torturé de l'autre ? – pour accomplir sa BA du jour relevait, en revanche, d'une stupidité sans nom.


Fuir ou ne pas fuir ? Un flot de paroles incompréhensibles répondit au moins à l'une de ses questions : son adversaire mal en point semblait résigné à raccourcir encore plus son espérance de vie. Le preux chevalier en armure destiné à purger le monde du vil Souillé au mépris de sa propre vie ne s'appelait pas Garnyiss. Le regard qu'il posa sur le Souillé fut sans équivoque, de même que les mots qu'il cracha.


Qu'importe l'Alagaësien ! Ses frères connaissaient son visage et bientôt, il serait traqué comme une bête sauvage. Lui en revanche, ne perdait rien pour attendre. Mastaï ne saurait souffrir plus longtemps de voir Ses Enfants tolérer pareille faiblesse. Dès le début, réalisa-t-il, c'est à ce blasphème sur pattes, cette offense infligée au Dieu de la Guerre dont il aurait dût s'occuper. La blessure qu'il avait reçue ne constituait rien de moins qu'un ultime avertissement. Qu'il y ait survécu la chance de laver son honneur et celui de leur Père à tous.

Plus que les insultes ou menaces qu'il proféra, son regard reflétait cela et, sous jacente, la promesse d'une mort inéluctable…









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Bastezic
Connard Prétentieux
Message Sujet: Re: Quand l’appétit va [Fini] | Jeu 5 Juin 2014 - 12:48



Je sentais mon corps frétiller, des masses sombres roulaient sous ma peau sans que je ne ressente la moindre douleur. Le type d’en face avait l’air au plus mal, ses entrailles débordant de la plaie béante qui lui ouvrait le tronc du sternum à la vessie. Il était agiter des dernières convulsions de l’agonie mais je remarquais néanmoins qu’à chaque tremblement ses viscères semblaient s’assombrir et que des gouttes noirâtres se mêlaient au sang écarlate, assombrissant la flaque d’hémoglobine d’obscurs volutes.

La lumière se fit dans mon esprit, malgré les ténèbres qui semblaient m’envahir : je lui avais refilé ! Cette pensée n’était pas spécialement dégoutante mais je ne fus pas moins plié en deux par une crampe abdominale, répandant à mes pieds un nouveau flot de cette mélasse sombre qui inondait mon être. Je la sentais couler de ma bouche, de mon nez et même de mes oreilles. Bientôt, mes yeux eux-même furent engloutis sous un voile noir et ne j’avais plus qu’une vague notion de ce qui m’entourait. J’entendais des paroles et des cris étouffés. On me porta un coup violent qui entama la chair sans que la morsure de l’acier de me cause la moindre douleur. Mon corps n’y répondit pas moins, un de mes nouveaux membres se détendant en un trait acéré qui transperça l’importun.

Mon regard flou était parcouru de flash noirs et je sentais que ma peau commençait à me tirer sous la pression des appendices qui se développaient en-dessous. Ça tirait de plus en plus fort, toujours sans la moindre souffrance. Mais j’avais peur putain, je ne voulais pas que mon corps soit déchiqueté. Alors j’ai voulu crier, le plus fort possible, crier à en réveiller les Dieux pour qu’ils me viennent en aide. Mais aucun son ne m’échappa, je réalisai que je ne respirait même plus et que ma bouche semblait avoir disparu.

Horreur ! Comment les choses pouvaient-elles se terminer ainsi ? Du Gravier ? Putain ! Comment j’allais pouvoir leur montrer à ces connards, si je mourrais maintenant ? Gravier bordel, je veux pas mourir comme ça. Je suis pas Gravier, vous m’entendez ? C’est pas ça mon nom bande d’enfoirés ! Je suis Kal…

« JE SUIS ORGROTHAD !! »

Hurla la voix gutturale du monstre alors que le peu qu’il restait de la silhouette de Gravier éclatait dans un effroyable déchirement de chair. Un monstre noir émergea de ce cocon humain, avec moult pattes et moult tentacules. Ces derniers étaient tours à tours lances acérées et trompes buveuse-de-sang tandis que le corps entier de la bête semblait couvert d’une épaisse carapace moite de fluides souillés. On apercevait ça et là, sous les plaques de cette organique armure, quelques bulbes aux teintes rosées ainsi qu’une foultitude de ventouses semblables à celles des sangsue - du moins si ces dernières avaient fait la taille d’un cheval.

L’horrifique abomination se déplia ainsi jusqu’à atteindre la taille d’un éléphant adulte. Et, alors que ceux qu’il avait blessé commençaient également à muter, le monstre cria à nouveau son nom démoniaque dans un rugissement si puissant que les maisons en tremblèrent.

Gravier était mort mais Orgrothad le Terrible commençait seulement son œuvre destructrice.



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