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Sortie au regard du monde. [PV Raphaël]

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Majora
Message Sujet: Sortie au regard du monde. [PV Raphaël] | Lun 4 Aoû 2014 - 23:14


Des heures, des jours, des voix. Des centaines de kilomètres parcourus, des années de vécu pour en arriver là. Un état semi vivant, semi conscient, complétement inactif. Un Dragon bloqué, fatigué, enragé. Un Dragon inutile et impuissant. A prendre en pitié et probablement à la merci du moindre dérangé voulant se faire un œuf à la coque. Voilà ce que je suis. Voilà ce que j’ai toujours été !

Vouloir hurler, vouloir sortir, être si haineuse qu’on a l’impression de frôler la combustion spontanée, c’est bien. Mais tout ça reste des volontés. Sans aucun moyens de les réalisés, elles ne sont que fantasmes ébréchés. Rêves brisés sortie de mon imagination débordante. Et c’est horriblement frustrant.

Je ne sais franchement pas si je suis une chanceuse ou une pauvre petite hère. Pour une espèce désignée comme puissante et intelligente, je me sens plutôt comme phasme. Un phasme qui commence à développer un sévère syndrome de claustrophobie !

Imaginez ne pas avoir de simples repères dans le temps et l’espace. Être dans un œuf pendant des lustres sans connaitre le haut du bas ni la gauche de la droite, ça vous donne la nausée ! Et quand on vous secoue, vous soulève, vous évalue, vous transporte partout sans jamais vous considérer comme autre qu’un simple ornement ou coquille vide, c’est horriblement agaçant.

Mes pires cauchemars sont sans doute les marchands. Ce sont les pires. Ils hurlent, parlent, rient, mangent…je les haï. Je sais qu’ils ne savent pas que je suis là, mais avoir cette impression d’être invisible et de n’avoir d’autre choix que d’observer le monde tourner sans vous…c’est tout simplement  intolérable ! Combien de fois ai-je enragé en rêvant de sortir ? Et si je sors…Je leurs ferait ressentir le fait de ne plus être sûr d’être encore en vie.

A tous, à tous ceux qui n’ont jamais compris que j’étais là depuis des années, bâillonnée et ferré, à admirer leurs existences de loin sans jamais pouvoir seulement appréhender la mienne ! Destinée à être bridé. Je ne sais même pas à quoi je dois m’attendre, qu’est-ce que je dois considérer comme juste ou mauvais. Après tout, on ne m’a jamais rien enseigné de tel. De simples hypothèses. Voilà ce que sont ces valeurs. Et elles m’importent peu. Quelle plaie ont-ils prévus de recevoir…

Des bruits de plus en plus forts, me font mentalement lever le nez. Des voix, des bruits de pas et l’étrange impression d’être ballotée en tous sens. Cette agitation, bien que minime, me donne la forte envie de brisée ma carapace. Volonté journalière et habituelle qui renforce mon sentiment maladif de n’être rien.

Je tends l’oreille, percevant une conversation.

-Tu es sur que les premières armées ne passeront pas par ici ?

-Mais oui ! Pourquoi il viendrait jeter un coup d’œil de toute manière ? Tu veux les vendre tes trucs là, oui ou non ? Alors étale ta marchandise, aussi peu intéressante soit -elle et arrête de discuter !

Sans plus. Ce genre de paroles, c’est courant, surtout sur les marchés noir ou autre endroit de vente ou de troc. Mais j’entends tellement peu de personne, que j’en déduis que la rue doit être quasiment déserte…ou à l’abandon. Ce ne serait pas la première ville dont j’ai entendu parler qui fut partiellement détruite. Dommage que je ne puisse voir cela de mes propres yeux. Enfin, comme d’habitude la seule chose que je puisse faire, c’est ronger le temps seconde par seconde et attendre. Attendre que le sortilège ce brise.

Ce qui arrivera forcément un jour.
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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Sortie au regard du monde. [PV Raphaël] | Jeu 30 Oct 2014 - 1:19



Le revoilà à Gil'ead. Jamais n'a-t-il réellement eu envie d'y revenir, mais en même temps, son ancienne vie ne le perturbait pas assez pour qu'il en craigne les murs. Le problème, c'était que le travail de corruption était à peine commencé, et qu'il n'avait pas le temps ni l'endroit pour s'asseoir et commencer proprement l'ouvrage. Du point de vue d'un Stryge, Gil'ead était fort peu attrayante : Raphaël s'y rendait pour se rassembler avec les Premières armées qui s’apprêtait à quitter vers l'ouest.

À trot lent sur un cheval brun simple, il passa les portes. Il était un visage reconnu partout. Les rescapés humains et elfes se poussaient de son passage avec crainte et hâte, les Premiers Hommes courbaient la tête devant lui avec respect, et le cavalier rouge ne baissait pas même la tête pour les considérer. Il continua le chemin a pied vers le lieu de rencontre habituel des Fils de Mastaï. C'était environs dans une heure donc le chef d'Umettelig Jeger avait du temps à perdre, pour une fois.

La tour détruite de ses anciens quartiers lui dégoutait, il allait donc se diriger vers l'exact opposée : les bidonvilles. C'était à une dizaine de minutes de marche de la porte nord, s'étendant sur la frontière d'une portion de muraille partiellement démolie. Le trou dans le mur faisait office de support pour certaines demeures, et constituait un passage de choix pour les rebelles, exilés ou tout autre chenapan anti-Mastaï.

Le seigneur rouge attirait beaucoup les regards alors qu'il déambulait dans les pauvres allées. Son manteau écarlate tapait l’œil, mais c'était surtout le fait qu'il était connu. Valareth échappa un sourire à la vue de tant de pauvres hères carrément disparaître de sa vue, se cacher dans les ruelles. Sans aucun doute des partisans de l'Ancien Langage ou du Cam Serarna.
***


- Oh merde moi je file! T'es trop lent mon p'tit, tu vendras jamais rien!

Incrédule, le marchand regarda son potentiel client filer en douce alors que la silhouette de Raphaël apparaissait alors qu'il se déplaçait avec calme. Le mouvement avait attiré l’œil du Stryge, et il vu immédiatement sur le visage du marchand que ce-dernier ne le connaissait pas. Amusé, il s'approcha.

Et au fur et à mesure de son progrès, son regard fut aimanté de façon presque mécanique sur cette grande pierre sur la table... Une idée folle vint le déranger, et il la chassa immédiatement : c'était impossible. Une grosse pierre ovale, noire et luisante, qui avait presque la texture d'un joyau poli, non... Le marchand interpela Valareth, oh et sans nul crainte : un manteau de la sorte voulait dire un client riche.

Le Stryge lui sourit avec arrogance, et tira de son vêtement un morceau de cuir accroché a une chaînette en argent, qu'il montra au commerçant. Le visage de ce dernier passa au bleu, alors que le chef d'Umettelig Jeger serrait son insigne.


- Je vais prendre la pierre, affirma-t-il en la touchant de sa paume.

Il n'y avait pas de doute. La pierre était un œuf. L'ex-consolidateur vit se refléter son propre visage heureux contre la paroi. Il quitta le bidonville d'un pas accéléré, très pressé soudainement d'atteindre les quartiers de sa faction.

Une fois là-bas, il rejoint rapidement sa chambre, et assit l’œuf contre une table, et s'assit sur le lit, le regard posé et les mains posés contre la vulnérable petite créature attendant toujours sa naissance.


- Oh comme j'aurais voulu avoir plus de temps pour t'étudier, créature... Il y a des gens travaillant pour moi qui cherche à causer l'extinction de ta race tu sais? Tu es chanceux d'être tomber sur moi...

Mensonge? Peut-être, mais peut-être pas. Chanceux d'une part car Majora ne risquait pas d'être la proie d'Umettelig Jeger dans un futur proche, mais l'inverse aussi car elle serait la deuxième victime draconique de la magie noire du Stryge. Ce dernier resta assis sur le lit, à regarder l’œuf, profondément ancré dans ses réflexions. On ne le dérangea pas.

-Je reviens. Ton éclosion est prévue pour ce soir, sois prête, laissa-t-il siffler en direction de sa future cobaye.

C'est avec une excitation inattendue - et camouflée - que Raphaël quitta la pièce pour rejoindre le conseil des Premiers Hommes.





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Majora
Message Sujet: Re: Sortie au regard du monde. [PV Raphaël] | Sam 29 Nov 2014 - 22:28


Le soir…le soir ?

Cet être plaisantait-t-il ? Avait-il seulement une quelconque idée, du temps attendu ? De la haine qui pourrissait la créature dans l’œuf ? Et que cette pourriture, portant le nom de Majora, c’était moi ? Oui, moi !

Moi, qui sentais le sors se fissurer, trembler au contact des mains. Le Monstre, non pas le dragon, qui ouvrait doucement sa gueule remplis de crocs, commençait à s’agiter, et à sourire. Sans bruits, doucement, presque en traitre. Moi, qui écoutait, les mots déformés, les phrases sans provenance à travers une coquille trop fine. Sans impact. Race, chance, extinction. Tout cela m’importait peu.

Les heures. Les heures s’étaient jouées bien trop longtemps de ma personne, de mes sens, supprimant mes repères, bloquant mes actions. Mais, jamais je ne serais un personnage secondaire. Même si les paroles semblaient contredire cela, j’allais leurs prouver que j’existais ! Que j’étais là, et que j’allais tout détruire…tout et tous.

Jusqu’à la moindre étincelle de vie.

Être prête…je l’étais. Depuis des décennies. A hurler en silence, à cogiter endormis, sans personne…Seule. Et haineuse. Tellement haineuse ! Pour un soir, je n’allais pas attendre. Pour une nuit, je n’aurais pas attendu. Mon aversion, mon dégout n’attendrait pas, lui. L’or du monde brillait à travers la fissure, et j’allais le rendre aussi sombre que mon âme.

Un mouvement, un craquement. Ma tête penchée en avant, un bruissement. Mes épaules qui roulent, l’espace clos qui résiste. Un instant, avant de finalement le soulevé, déchiré l’œuf et laisser entrer la lumière. Vive et agressive. Mon appendice qui transperce la couche de ténèbres de la carapace, et l’air qui mord mes écailles.

J’ouvris ma gueule, et mes épines dorsales se dressèrent. Dans un accès de folie, je me secouais en tous sens, forçant sur les dernières brides de sorcelleries en laissant un sourd grondement sortir de ma gorge. Les éclats d’œufs volent en tous sens, mes yeux rencontrent les images. Mon univers tourne, s’emmêle, puis finalement se stabilise à l’envers. Tant d’informations, tant de chose à haïr…

Mes pupilles agressés, fixaient les nouvelles couleurs, les formes inconnues qui se découvraient à moi. Et je n’en ressentais que plus de jalousie, d’antipathie, pour ces choses. Elles qui existaient, qui étaient là, et dans un sens, vivaient. Je voulais tant me redresser, hurler. Mais je ne bougeais pas, continuant de ruminée, allongée sur mes ailes. Mon envie de sentir le sang sur mes crocs, la peur et que toute vie cesse autour de moi, me tiraillait, me rendait malade.

Puis, d’un mouvement, je me retournais lentement, levais une patte, puis une autres et griffais le sol avec hargne. Si petite…si impuissante. L’univers me prend de haut, lui aussi se paie ma tête ! Je grognais, m’acharnait sur le plancher. Mes ailes s’étendirent, et je m’ébrouais de haut en bas avant de lancer mon regard tout autour.

Seule.

La chose, humaine ou non, m’ayant donc sortie de la merde où j’étais, n’est pas là. Et cela me laissa pensive. Inspirant, expirant, je fixais la fenêtre. Puis le lit. Fatiguée, frustré par tant de colère contenue. Par tant d’années. Le temps, m’insupportais déjà, et les moindres secondes s’écoulant dans cette réalité que dont j’avais du mal à remarquer l’ampleur, me secouait d’impatience.

Juste grandir, enfin. Et après…éteindre leur belle et si précieuse lumière…Je laissais glisser un sourire sur ma gueule peu sympathique, bien que celle d’un dragonneau, et d’un bond peu assuré, grimpais sur le lit, ou je sentais le passage récent d’un être vivant.

Je plissais les yeux, un frisson me parcourus, et je m’éloignais. Partant m’assoir devant la vitre, je restais immobile telle une statue. Entre l’état de choc, et le plaisir incontrôlé de la vengeance en marche. Juste, sentir mes voilures s’étirées, m’emplissait d’une satisfaction de moindre mesure.

Le monde extérieur. Enfin.
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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Sortie au regard du monde. [PV Raphaël] | Sam 6 Déc 2014 - 0:45


Le stryge était revenu, et constata avec un certain sentiment de soulagement que l'immeuble était pratiquement désert. Parfait. Il pourrait avoir une certaine paix d'esprit. De plus, son quartier était au troisième étage, qui était presque fantomatique à cette heure.

Et bien bordel, une fois la porte ouverte, Raphaël eut bien du mal à retenir son étonnement : la bête était sortie de l’œuf! Par elle-même?


- Qu'est-ce que tu fais dehors toi..? Laissa-t-il échapper de sa bouche, dans un ton de voix à la fois ferme et inquiet. Tu sais que si quiconque te voit ici, tu serais tuée?

Mensonge, elle serait amenée à Dras Leona, encagée et gardée sous étude, ce qui pouvait être considéré comme pire la mort, selon lui.

- Je n'ai pas eu le temps de penser à ce que j'allais faire de toi pendant que je serais parti pour quelques jours...

Il prit position sur la surface confortable de son lit, la regardant. Il devina que c'était une femelle de par son comportement, la différence étant surtout notable lors de l'enfance.

Spoiler:
 



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Majora
Message Sujet: Re: Sortie au regard du monde. [PV Raphaël] | Mar 27 Jan 2015 - 18:13


Je tournais lentement la tête, une fois l’homme assis. Puis, je l’observais calmement. Ma langue de vipère siffla dans l’air, et mes ailes claquèrent contre mon dos hérissé de piques. C’était donc lui, qui m’avais sortie de mon malheur, de ma lente agonie. De l’œuf.

Impressionnant.

Mais j’en suis soulagée. Je ne suis tombée ni sur un homme de bonne foi, ni sur un juste. Ce qui aurait été atrocement ennuyant. A mon grand plaisir, le visage et les yeux de l’homme, reflète une vie certainement mouvementé. Une expérience non négligeable. Et donc, avec un peu de chance, une envie habite cette personne. Quelque chose que je pourrais dévorer allègrement, pour en faire ma raison de vivre. Sans haine.

Qu’il me donne ce désir, qu’il soit habité par cette rage, et avec un peu de chance, la mienne sera apaisée. Au moins un temps.

Je me retourne complètement, et me penche en avant, la gueule entrouverte, entrechoquant mes mâchoires, comme si je riais.

« Donne-moi à manger et à boire, donne-moi quelque chose à haïr et j’obéirais. Peut-importe qui tu es.»


Pourquoi chercher plus loin, et être moins clair que ce que je pourrais être ? J’ai été enfermée dans le but d’être asservie, je vis pour asservir les autres, et maintenant, me voilà. Qu’il m’utilise, et je l’utiliserais pour survivre, au moins un temps.

Je frottais mes cornes contre le bord de la fenêtre, avant de pousser un grondement reptilien et agressif. Je sautais sur le lit, au côté de l’homme, mes pupilles verticales visées sur ses gestes. Je le humais, puis me jetai en arrière, par prudence. Mon appendice osseux, fouetta l’air, et mes griffes se plantèrent dans les draps avec hargne.

« Je ne veux pas rester ici. Dans ce nouvel œuf. Emmène-moi au pire ! »


Je trépigne, et saute sur le bord du lit, lestement. J’ai envie de bouger, de manger ! De chasser. Je déteste cet homme, comme à la fois, je n’arrive pas à lui tenir culpabilité de mon incarcération forcé. Car, c’est lui, qui m’a libéré. Si seulement j'étais adulte...Je crache d’un ton acerbe, en me laissant tomber au sol, et en m’approchant prudemment de la porte de sortie :

« Je suis Majora. Et toi, qui tu es, je ne le sais pas. »

Puis, j'attendis. Les yeux tournés vers l'homme, mais l'esprit tendu vers l'extérieur. Vers la liberté. Vers la haine.
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