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Les jeux de la corruption

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Moïra
Message Sujet: Les jeux de la corruption | Mer 9 Avr 2014 - 10:24


Etrange sensation qu'un corps qui n'était plus le mien. La transformation avait été douloureuse et le feu brûlait encore dans mes veines, réconfortant et blessant, comme des gouttes de lave qui parcouraient mon corps. Je n'avais pas encore pleinement mesuré l'étendue de mes pouvoirs... parfois les traits de mon visage changeaient, seuls, comme un masque de cire qui se déforme sous la pression de mains chaudes et adopte une nouvelle face. D'autres fois, mes doigts s'allongeaient seules, machines à tuer qui pourfendaient quiconque se trouvait sur mon chemin. Mon seigneur aussi avait été touché et sa splendide et mortelle transformation répondait à la mienne, comme un double de l'ombre. Et la corruption... il nous avait été dur de comprendre l'étrange aura qui nous accompagnait, voir les plantes flétrir sous nous pas, la folie ronger le corps des hommes. Mais nous en avions joui. Nous avions savourer chacune de nos victoires. Nous avions tissé les liens de notre domination, but le nectar de chaque perversion. Les nuits avaient été longues et enivrantes, de sexe et de vin, alors que les humains semblaient s'affaisser sous leur poids de leurs péchés, de leurs hontes et de leurs secrets.

Et il m'avait fallu venir ici... L'Equilibrium c'était dressé face à notre nouvelle race, face aux nôtres que nous ne connaissions pas encore. Nous avions appris tant de choses grâce au seigneur Raphaël. Tant d'informations avaient été récupérées par l'emprisonnement de ces idéalistes. Il les avait torturé et j'avais bu leur sang, explorer les circonvolutions de leur cerveau du bout de mes doigts. Ainsi, nous étions des Stryges... peuple corrupteur. Nous étions devenus les ombres cachées sous le lit des enfants, les monstres du placard, ceux qui pousseraient l'humanité au désespoir. J'avais senti alors une jouissance sans nom s'emparer de mon être, ravir mes entrailles. A tous les bourgeois qui avaient acheté mon corps, qui en avaient abusé, j'allais pouvoir apporter les tourments de la chaire, les affres d'une passion dévorante et sans fin. Mais il nous fallait d'abord tuer ces mages, ceux qui avaient le pouvoir de stopper notre conquête. Mon seigneur et moi pouvions corrompre le monde et le soumettre à notre volonté. Aussi étais-je venue là, à Dras Leona. Je ne connaissais pas la ville et n'aurait pas le temps de la connaître. Mais là résidait une de nos proies. Archibald Extus, l'un des mages à la botte des Premiers Hommes, qui se targuait de pouvoir nous combattre.

Je marchais dans les rues, lentement, sans hâte. Mes traits, que je touchais encore parfois d'une main surprise, était ceux d'une femme d'âge mûr, au corps noueux abîmé par des années de travail. Mes seins flasques pendaient sur mon torse et ne me gêneraient pas lors de mes acrobaties. Chaque muscle de mon corps, entrainé par des années de travail, répondaient au moindre de mes mouvements. Si j'avais été cette véritable femme, dont le corps reposait désarticulé dans quelques ruelles, ils auraient protesté, trop vieux pour ce que j'allais leur imposer. Mais lorsque j'arrivais à la maison du mage et, qu'après un rapide examen des lieux, je pris appui sur une pierre basse pour sauter le muret, ils jouèrent sans effort, me propulsant au faîte des pierres. Souplement, je me laissais glisser dans le jardin et mes traits changèrent à nouveau. Jeune servante accorte, aux joues rouges, aux mamelles rebondies. Il ne me restait qu'à trouver la chambre. Malgré la transformation, mes talents d'assassin n'avaient pas été émoussés et mon instinct me chuchotait de viser le premier étage, aux belles fenêtres colorées.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 9 Avr 2014 - 14:56



Il avait fallu plusieurs jours pour passer à l'acte.

La première difficulté n'avait pas été logistique, ou un manque d'information, comme c'était le cas d'ordinaire, mais simplement de se dire que c'était possible.
Le problème, quand vous cherchiez comment vous introduire chez les gens, c'était que vous ne voyiez que les exemples qui avaient échoué. Et concernant les intrusions chez sorciers, les exemples étaient légions. Jamais il n'aurait osé une telle expédition si l'enfant du médaillon ne l'avait pas rassuré sur leurs capacités hors du commun.
Une autre idée qu'il avait reçu dans les Bas-Quartiers était que les magiciens vivaient cachés au fin fond de grottes insondables ou de forêts torturées. Ainsi fût-il surpris de découvrir le nombre de magiciens logeant en ville, dans les cercles plus cossus de la cité.
C'est en organisant sa sortie qu'il réalisa qu'il n'avait jamais visité de bâtisse du secteur. Il connaissait les ruelles, par lesquelles il s'était maintes fois enfui après un détroussage, mais les toits demeuraient inexplorés. Un rapide coup d'oeil lui rappela pourquoi. Ceux-ci étaient plutôt espacés, et il était trop facile de tomber sur une impasse.

La situation était toute nouvelle pour lui. D'abord, depuis la découverte du médaillon, il avait quelque chose à perdre. Il commençait à réaliser ce que l'objet (ou son hôte?) signifiait pour lui, et ce sentiment était pour le moins... dérangeant. Ensuite, il n'avait jamais opéré en terrain inconnu. En fait, ses rapines s'étaient cantonnées aux strictes limites de son quartier. Bien sûr, il ne connaissait jamais l'intérieur des maisons avant d'y entrer, mais il savait au moins que personne ne l'apercevrait dehors en pleine nuit. Ici, ce serait différent. Les rues continuaient leur vie, inlassablement, ignorant la pénombre.

Enfin... presque inlassablement.

Même la lune avait relâché son emprise sur la ville, quand Keldar passa les portes intérieures de la cité. Il n'avait même pas eu besoin de chercher, pour trouver sa cible. Les gens ne parlaient que de ce mage, Archibald Extus, qui racontait à qui voulait l'entendre que seule sa magie pouvait les sauver de la corruption. Au dire de tous, il était extrêmement renommé avant d'être plongé corps et âme dans sa nouvelle lubie. Mais une piste était une piste.

La demeure était entourée d'un jardin, cerné d'un muret cachant tout juste la vue aux passants. On devinait sa cour au travers des ornements de l'imposant portail d'entrée. Celui-ci n'était jamais fermé, comme l'avait vérifié Keldar à plusieurs reprises, et l'homme vivait seul, sans garde ni domestique. Qu'il était surprenant que la seule réputation d'un homme puisse être aussi efficace que la plus haute des murailles! Et pour tout dire, il se serait senti plus à l'aise agrippé au bord d'un toit que marchant dans cette allée dégagée.

- Tu as peur? intervint la petite fille.
- Non, Trésor. Je vais juste approcher l'un des plus grands magiciens de la ville en entrant chez lui comme un voleur, chuchota le garçon.
- Pourquoi on n'y est pas allé le jour, comme tout le monde?
- Parce que je veux d'abord voir s'il n'y pas deux ou trois choses dignes d'un tout autre intérêt. Et puis il n'est peut-être pas très recommandable...
- Alors on entre chez lui comme des voleurs, et on fait comme des voleurs après, c'est ça? répondit la petite voix, amusée.
- C'est l'idée... concéda-t-il avec un soupir. Mais chut, la lumière brille à l'étage...



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Ven 11 Avr 2014 - 14:43


J'étais arrivée. Enfin... J'inspectais les lieux d'un regard rapide, humait l'air chaud qui m'enveloppait. Le jardin était vaste, pour une maison de ville. Un potager, soigneusement cultivé, m'envoyait des effluves de thym et de lavande, des odeurs que j'avais toujours associées aux magiciens qui confectionnaient eux-mêmes leurs onguents guérisseurs. Quelques bosquets pourraient protéger mon approche. Des papillons nocturnes volaient dans l'air et, même si quelques bruits sourds me parvenaient encore de la rue, tout semblait calme, endormi. Nulle lueur n'éclairait les fenêtres à petits carreaux, nul bruit ne provenait de la maison. J'avais choisi mon heure avec soin, quelques instants après le coucher du maître, et avant l'extinction de toute forme d'activité. Réduire l'homme à l'impuissance serait probablement un jeu d'enfant, si je le surprenais dans son sommeil mais il me fallait être discrète. Même si, selon mes renseignements, l'homme vivait seul, j'avais peur d'une visite imprévue, d'un appel à ses talents de guérisseur ou la visite de quelque membre des Premiers Hommes, recherchant ses lumières quant à la présence d'étranges fleurs qui avaient poussé autour de ma tanière. Mon déguisement de servante m'aiderait à passer inaperçue aux yeux de tous. Qui soupçonnerait une brave jeune fille, venue de sa campagne, travaillant soigneusement à nettoyer la maison alors que son maître dormait ? Et si on le découvrait mort, une fenêtre ouverte et des traces de griffes le long du visage et des membres, qui soupçonnerait que le mal ne s'était pas envolé dans l'air de la nuit ?

Je pris le chemin de la maison, avec précaution, les oreilles aux aguets. Tout était calme. Je m'avançais paisiblement, le bruit de mes pas étouffés par la terre molle et grasse. Je ne suis ce qui attira mon attention. Un frôlement, un bruissement, le murmure d'une voix aussi étrangère à la rue qu'un déchet malodorant dans un palais. Une voix qui semblait répondre à quelque chose que je ne parvenais pas à saisir. Un dialogue avec un muet. Et cette voix parlait d'entrer dans une demeure. Quelle demeure, je ne pouvais le savoir. Amusée, je scrutais l'horizon d'un seul regard, embrassant les toits qui s'offraient à ma vue, sans voir la petite silhouette qui s'y accrochait. A nouveau, le goût du risque, du jeu dangereux titilla mon esprit, me promit un amusement que rien ne pouvait plus me provoquer. Partir ou tenir mon rôle ? La raison me poussait à me faufiler comme une ombre dans un buisson, à attendre que parte cette voix aux flexions si jeunes. Mais le jeu...

Rapide, je me glissais jusqu'au potager où je cueillis à grandes brassées plusieurs plantes dont je me moquais et reprit paisiblement mon chemin vers la maison.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Dim 13 Avr 2014 - 14:39


Keldar était immobile, allongé au bord du balcon donnant sur la pièce éclairée. Il était resté là de longues minutes, observant les images déformées par le verre ouvragé. Le peu qu’il avait vu du magicien montrait un homme âgé, au port altier et au crâne dégarni. Il avait feuilleté quelques livres posés sur un pupitre près de la fenêtre, puis s’était rendu dans une pièce attenante. Les allers s’étaient prolongés un court moment avant qu’il ne se réfugie dans sa chambre et plonge la villa dans les ténèbres.

Le voleur avait à peine entamé son mouvement pour descendre qu’un bruissement lui parvint des fourrés en contrebas. Une poignée de secondes s’écoulèrent avant qu’une silhouette en sorte et emprunte l’allée principale. Il était inutile de se demander de quoi il retournait ici, dans le noir. Ses pas la menaient vers la maison. Il lui suffirait d’attendre pour la suivre et savoir ce que voulait ce visiteur impromptu.
Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il put mieux définir ses contours. « Il » était une femme, apparemment chargée de diverses choses cueillies dans le jardin. Le bruit que provoquait son fardeau excluait un éventuel concurrent. Sans doute une servante qui travaillait tard pour ne pas déranger son maître. Keldar savait que ces domestiques pouvaient s’activer jusque beaucoup plus tard dans la nuit, et il était peu probable qu’elle prenne le risque de réveiller son maître en montant à l’étage. Il la laissa donc passer et repris son inspection.

Rien ne bougeait dans la cour et la jeune fille ne l’entendrait pas étant donné le concert de frottement qu’elle émettait. Il amorça donc ça descente. Une fois à terre, il se glissa prestement dans l’embrasure de la porte et fila dans l’escalier de bois en face de lui. Celui-ci n’émit qu’un faible craquement de protestation sous ses pieds. Arrivé en haut des marches, il fit une pause, aux aguets. Il n’entendait plus la servante. Il n’aurait pas dû se précipiter autant.  Si elle l’avait entendu monter, les dieux seuls savaient quelle serait sa réaction. Il pouvait se retrouver avec une troupe d’envahisseurs sur le dos, ou bien, si elle n’était pas trop peureuse, se faire assommer à l’angle d’un couloir en sortant. Cette deuxième option était évidemment la pire, puisqu’il serait incapable de réagir. Or, ne pas avoir la fuite éperdue comme sortie de secours n’était pas du tout à son goût.

Il resta immobile une bonne quinzaine de minutes à l’angle de cet escalier, attentif au moindre bruit. Ce qu’il perçut le glaça. Un son ténu lui parvint, non pas du rez-de-chaussée, mais d’une porte toute proche. C’était celle où le vieil homme s’était effacé presque une heure plus tôt. Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait dans une situation aussi compliquée. Il avait même connu bien pire, dans la mesure où les occupants n’avaient encore aucune certitude quant à sa présence.
Mais la terreur le paralysait littéralement. Même en y réfléchissant aussi froidement que possible, il se sentait anéanti, ses jambes refusant de s’animer. C’est alors qu’elle intervint :
- On a bientôt fini ? murmura le pendentif.

Keldar faillit pousser un cri. Il avait complètement oublié l’objet pendant à son cou.

- Pas encore, Trésor, s’entendit-il répondre. Tu es fatiguée ?

Il entendit à peine son assentiment. La surprise l’avait débloqué. Abandonnant toute prudence, il avança droit sur la porte.

Si sa curiosité devait l’emporter, et bien soit !



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Lun 14 Avr 2014 - 22:45


Tous mes sens en alerte, je repris le chemin de la maison. Je me sentais épiée et la sensation était déplaisante. J'avais l'impression que quelqu'un laissant courir un ongle dans mon dos, éveillant chacun de mes nerfs, laissant courir un frisson désagréable le long de mon échine. Malgré quelques regards circulaires, je ne parvenais pas à voir la paire d'yeux qui me surveillait ainsi. Mais je savais qu'ils ne me lâchaient pas et mon instinct me disait que je n'allais pas tarder à avoir des nouvelles de mon mystérieux guetteur. Arrivée au bout du sentier, face à la porte de bois, je tirai doucement sur la poignée et ouvris la porte sans bruit. L'odeur qui me montait aux narines était surprenante, chargée d'un mélange d'encens, de feu de bois, de plantes médicinales et d'autres choses que je ne parvenais pas à reconnaître. Si ma transformation m'avait rendue plus résistante, plus féroce, ni mon odeur ni ma vue n'avaient véritablement changé et je ne pouvais m'avancer plus sur les travaux auxquels s'étaient occupés. Je déposais la gerbe de fleurs sur la table la plus proche, en vrac et repoussais une mèche de cheveux qui tombaient sur mon visage. Les oreilles aux aguets, je guettais le moindre bruit au dehors, tout en bougeant sans but, donnant l'illusion d'une occupation intense.

Un faible craquement. Dehors l'escalier de bois avait gémi sous un poids lourds mais qui avait su se faire discret. Je cognais doucement une casserole. A l'étage, j'entendais le ronflement régulier du maitre de céans dont le sommeil semblait si lourd que rien ne pourrait le déranger. La curiosité me dévorait. Deux voleurs pour une même demeure... L'idée était séduisante mais je ne pouvais me permettre d'attendre plus longtemps. Je risquais de me faire voler la mort que j'avais préméditée depuis si longtemps et les livres que je convoitais. La correspondance du mage avec sa guilde. Ses secrets de destruction programmée. Tout ce qui ne pouvait tomber dans les mains de nul autre que moi. Je pris un instant pour embrasser la pièce du regard, détaillant le sujet des livres avant de revenir aux papiers. Ce qui ressemblaient à des lettres étaient posés sur un sous-main, prêt d'un encrier taché et d'une longue plume d'oie. Je m'emparais d'une main des lettres qui me semblaient les plus récentes et les parcouru du coin de l'œil. Des félicitations pour un nouveau poste,

Soudainement silencieuse, je me mis en route vers la chambre, bien décidée à profiter des quelques moments de répit que semblait s'offrir le voleur. Pressée par le temps, par l'urgence de la situation et par un sentiment d'exaltation, je me glissai dans les escaliers et pénétrai dans la chambre du maitre d'un seul mouvement fluide. Si le voleur était prudent, je devrais disposer d'une dizaine de minutes, le temps qu'il pense la servante couchée. Dix minutes pour découvrir les secrets que le mage tentait de dissimuler avant de me cacher. Après le départ du voleur, je pourrais toujours revenir tuer le maître des lieux. Je n'étais pas pressée... Un large sourire fendit mon visage. Je me glissais dans la pièce, légèrement surchauffée et étouffante. Le maître des lieux ronflait paisiblement dans un lit poussé contre le fond. La pièce était un fouillis de parchemins griffonnés qui encombraient un bureau. Une large bibliothèque occupait tout un mur, un luxe inouï que j'avais rarement vu. L'homme ne faisait pas dans la demi-mesure. Des discussions à propos de la dernière découverte de l'un de ses confrères... La frustration me saisit à la gorge. Mon temps s'amenuisait.

Le chuchotement me prit au dépourvu. Je sursautais si violemment que je crus que j'allais réveiller le magicien qui se retourna dans un grognement. D'un instant à l'autre, je le savais, la porte allait s'ouvrir, révélant le visiteur inconnu. Ma décision fut rapide. Je devrais récupérer les papiers. Je ne pouvais prendre le risque de voir m'échapper ce que je cherchais. D'un mouvement, je fus derrière la porte et j'attendis.
Lorsqu'elle s'ouvrit, mon couteau jaillit de son étui et se posa sur la gorge du nouveau venu alors que dans un souffle je murmurai :

- Que viens-tu chercher ici, voleur ?


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mar 15 Avr 2014 - 19:13


Le coup du couteau, évidemment !

Une seconde avant, il se disait qu’il devait se méfier des angles morts et il avait foncé sur cette porte comme un dératé ! Pourquoi ? Jamais il n’avait paniqué dans pareil cas ! Enfin, pas depuis sa petite enfance…

Mais revenons au présent.

La servante appliquait la lame contre sa gorge avec fermeté. Essayer de se dégager était un pari qu’il aurait tenté en d’autres lieux, mais il préférait ne pas se fier tout de suite à ses réactions. D’autant que sa peur-panique revenait doucement à la charge, sans qu’il ne puisse rien y faire.
La fille poussa sa lame et le redirigea dans le couloir. Elle ferma doucement la porte de la chambre, puis réitéra sa question. Tout baratineur qu'il fût, il ne trouva pas tout de suite de quoi répondre.
- Je… j’ai… comment expliquer ma présence ici, hein ?, s’entendit-il répondre alors que sa confiance lui revenait aussi soudainement qu’elle s’était envolée un instant avant. Nous passions devant la maison, avec quelques amis, quand nous avons vu le portail ouvert. Curieux comme nous sommes, nous avons décrété qu’une petite visite s’imposait. Mais peut-être voudriez-vous faire leur connaissance ?

S’il arrivait à faire passer une énormité pareille, il ferait don de sa prochaine récolte au dieu de la chance !

- Oui, bonsoir ! N’ayez pas peur, on est juste là pour visiter avant de demander de l’aide au magicien !, s’écria la fille du médaillon.

*le jour où elle arrêtera ce genre de surprise…*

Sa voix avait sonné comme une cloche dans le couloir.
On entendit très nettement le bruit des draps qui tombent sur le sol dans le silence qui suivit…



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Ven 18 Avr 2014 - 0:10


Venu en visite par des amis. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un large sourire. La réplique était si... naïve, si fraîchement pleine de bonnes intentions. Le jeune puceau était encore trop innocent pour avoir appris à bien mentir et l'incertitude qui pointait dans sa voix ne l'aidait pas à assoir sa crédibilité. J'aurais pu lui apprendre à parler des heures sans sourciller, les mensonges s'écoulant de sa bouche avant naturel. Mais là n'était pas la question. Si le jeune homme mentait sur sa présence en ces lieux, il n'y était probablement pas le bienvenu, tout comme moi. Et tout comme moi ces buts ne devaient pas être des plus nobles. Je resserrais ma prise sur le couteau, l'appuyant plus fermement sur sa gorge. Dans ma bouche, je sentis mes dents s'allonger, devenir des crocs que je rêvais d'appuyer sur la gorge du nouveau venu pour goûter sa peur. Mais le moment n'était pas le bienvenu. Pas là où me trahir pourrait me faire tuer. Mes crocs se rétractèrent et il me sembla être parcourue d'un frisson de déception.

- Ne me mens pas, eu-je le temps de gronder sourdement avant qu'une voix inconnue ne retentisse dans la pièce.

La surprise manqua de me faire lâcher mon arme. La voix était si claire, si jeune, si retentissante. Je n'eus pas besoin de me retourner pour en deviner les conséquences. Le bruit des draps froissés qui tombaient sur le sol était plus qu'évocateur.

*Et merde !*

Je me retournais d'un bond, l'arme toujours à la main et tentais de rejoindre le mage. Au lieu de quoi, je sentis mon corps se soulever et voler dans les airs. Je n'eus pas le temps de cligner des yeux qu'il s'écrasait contre le mur. La douleur me fit monter aux lèvres un goût de sang. Le sourire qui vint à mes lèvres ne devait pas être très rassurant.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Lun 21 Avr 2014 - 12:22



Le blanc n’avait duré que quelques secondes, le temps que la fille se reprenne. Keldar avait cru sa dernière heure sonnée, mais les choses évoluaient dans un sens totalement inédit pour lui : à peine avait-on deviné le réveil du magicien que la demoiselle au couteau s’était ruée sur son antre, l’arme au clair. Dans un éclair, il réalisa qu’il n’y aurait bientôt plus d’enchanteur pour l’aider s’il la laissait faire, peu importe son motif. Il n’eut que  le temps de lui attraper la cheville, ce qui suffit, emportée par son élan, à l’envoyer valser contre le mur à côté de la porte.

Il s’apprêtait à se jeter sur elle pour la mettre hors de combat, quand la lumière revint dans le couloir.

Et il vit son sourire. Un sourire d’hyène prête à vous arracher le bras sitôt à portée de crocs.

Il stoppa net. Juste à côté d’elle, l’entrée béante de la chambre laissait apparaître le vieil homme. Il le toisait de toute sa hauteur et ne semblait pas avoir remarqué la créature gisant à ses pieds. Ses lèvres esquissèrent le début d'un mot.



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 23 Avr 2014 - 19:29


Je sentis une main enserrer ma cheville alors que mon corps volait dans les airs. Le puceau avait dû lire quelque chose dans mes yeux qui lui avait déplu et il avait dû tenter de me retenir. Il allait donc s'allier au magicien... J'aurais cru que nous pourrions nous entendre. Un voleur venu s'infiltrer dans l'antre d'un magicien. Il fallait être fou ou avide de pouvoirs pour l'oser... C'étaient les seules solutions, du moins, je l'avais cru ? Mais s'il recherchait l'alliance du vieux fou ? Pourquoi s'infiltrer chez lui, à la faveur de la nuit ? Pourquoi cette étrange voix de fillette venue de nulle part ? Il avait semblé provenir de l'étrange médaille d'or qu'il portait autour du cou. L'humain m'intriguait... Mais l'heure n'était pas aux délibérations.

Sur le seuil de la porte ouverte, dressée dans sa dignité outragée, les cheveux et la barbe en bataille, flottant dans sa chemise de nuit blanche. Il nous toisait, moi et l'humain, comme de vagues cloportes et, au vu de son air, il n'allait probablement pas nous laisser le temps de nous expliquer. Ni moi ni l'humain d'ailleurs que la peur inscrite sur ses traits n'allait pas aider à plaider sa cause. Je me redressai vivement.


- Que faites-vous...

Le magicien n'eut pas le temps de finir sa phrase. J'avais vu l'électricité qui crépitait sur le bout de ses doigts et je savais qu'il ne nous laisserait pas le temps de parler avant de passer à la phase déplaisante de l'aventure. Et s'il tenait à perdre son temps en bavardages inutiles, je n'allais pas faire de même. Le sang allait bientôt couler. Je souris à nouveau. Je m'éloignais du garçon d'un mouvement. Mon pied visa sa tête mais je n'eus pas le temps de savoir ce que j'avais touché. La détente me permit de me lancer une nouvelle fois vers le mage, évitant de justesse l'éclair qui frappa le plancher. Il fallait que je le fasse taire au plus vite. Je m'occuperai du voleur et de son étrange médaillon plus tard. Il me fallait la tête de l'indésirable et ses papiers, avant de me préoccuper de quoique ce soit.

La résistance à la magie qui avait été la mienne durant des années m'avait abandonné lors de la transformation. Je devais être prudente... Lorsque le deuxième éclair éclata à mes pieds, je compris que j'avais été trop présomptueuse. Je ne pouvais m'avancer sans risquer de perdre le faible avantage que ma nature me donnait et il était trop tôt pour remplacer les seins plantureux qui me gênaient par une poitrine plus légère. Je me repliai d'un bond. Changer de technique. Je pouvais fuir mais plus jamais je ne pourrais approcher à nouveau le magicien. Mais l'affronter de face serait impossible.


- Bordel...

Le juron m'échappa, ironiquement. J'y avais passé tant d'années de ma vie et j'en étais sortie pour finir ici, dans l'impossibilité d'accomplir les volontés de mon maître. Je ne pourrais supporter sa déception. Pas encore une fois. Ce fut à cet instant que le puceau bougea. Je me retournai vers lui et passa la langue sur mes lèvres, un ricanement sourd s'échappant de ma gorge. Il allait enfin me servir à quelque chose. Je me jetai sur lui d'un bond, utilisant ma transformation pour renforcer les muscles de mes bras. Je le saisi par les épaules et pivotai rapidement, le lançant sur le magicien.

Une diversion en bonne et due forme.


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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 23 Avr 2014 - 22:37



Il était là. Le Seigneur Stryge. Dras Leona était une cité qui l'intéressait beaucoup, pour son lourd passé, pour son présent tout aussi lourd.

Aillant délégué à Moïra la tâche d'éliminer le magicien dans son sommeil, il avait lui même sa propre proie à traquer cette nuit. Malheureusement, il eut à mettre halte à cette tâche en apercevant, du haut des toits de la ville (Assassin's Creed style!) un individu se diriger vers la même demeure que la jeune assassine. Son esprit était difficile à sonder, avec les troubles magiques et les runes, mais Raphaël connaissait l'objectif de Keldar, de rejoindre la tour.

Son visage était de marbre, ses yeux d'une nouvelle teinte rouge vive, impassibles. Il regardait, marchant lentement de toits en toits sous le regard de la grande lune. Lorsque les deux individus se perdirent dans l'habitation, le grand Stryge disparut dans les ombres.



† † †


Les bruits avaient commencé à être légion dans cet habitacle. Un son fracassant provenant du mur vint avertir Raphaël qu'il allait devoir intervenir, alors qu'il se trouvait à l'étage. Il commença donc à monter les marches, tranquillement, pesant bien chacun de ses pas. Si Moïra était une experte en discrétion et en assassinat incognito, celui qu'on appelait le Consolidateur faisait bien savoir à sa cible qui il était, et se délectait de leur frayeur avant de leur transpercer le corps.

Ses pas résonnèrent bientôt jusque dans la chambre, et l'ombre semblait maintenant couvrir et combattre la lumière blanche. Entendre la voix de sa protégée le fit sourire, alors qu'il franchissait maintenant la porte.




Crédit :
Delyanna pour l'avatar
gokcegokcen (deviantart) pour l'image de base de la signature


Dernière édition par Raphaël le Ven 2 Mai 2014 - 19:17, édité 1 fois
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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Ven 25 Avr 2014 - 22:31



Un peu balloté…

Oui, c’était ça le mot : balloté.

C’était déjà pas terrible de se faire retourner par une fille, même une fausse. Mais le plus éprouvant était de se dire que toutes ses techniques et acrobaties ne lui avaient même pas permis de se dépêtrer de cette robe de mage tout seul. Mais où est-ce qu’ils trouvaient des trucs aussi grands ?
Le bout de son nez avait à peine sentit l’air libre que les ennuis reprenaient de plus belle !  L’instant d’avant lui faisaient face un sorcier et une « chose » tous deux prêts à le démembrer, l’instant d’après la « chose » était toujours là, une autre approchait et le vieux qui aurait pu l’aider se remettait difficilement sur ses pieds.

La folle-furieuse semblait en extase, fixant l’ombre rampant sur le mur. Ou était-elle terrorisée ? Son visage était aussi inconstant que le vol d’une mouche. Mais à bien y réfléchir, mieux valait ne pas savoir ce que tout cela présageait.

Ce qu’il y avait de bien avec ces grandes demeures, c’était que vous aviez toujours quelque chose à portée de main pour vous occuper. Des miroirs, des guéridons, des tentures… Il attrapa un lourd volume oublié sur une commode et entreprit d’envoyer son contenu dans le ventre de la stryge avec le maximum d’enthousiasme. Sans même s’assurer d’avoir fait mouche, il passa sous le meuble et, le portant sur ses épaules, le projeta à l’aveuglette dans la volée de marche. Il fit un bon en arrière quand le bois ancien s’enflamma brusquement à peine quittées ses paumes.

Ce qu’il y avait d’appréciable, avec les magiciens, c’était qu’ils comprenaient vite. Celui-là, du moins, avait vite saisi quel était son camp. Maintenant, il devait montrer s’il était aussi bon qu’il le prétendait et s’il pouvait effectivement les « sauver de la corruption ».

Si le personnage dans l’escalier n’avait pas achevé son ascension, la donzelle continuait de mobiliser une bonne partie de leur vigilance. Ils se regardèrent tous un moment, dans l’expectative.

L’attente ne dura pas…



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Jeu 1 Mai 2014 - 10:42


[dsl pour le retard, surcharge de boulot... petite réaction face à ton post, tu as aucun moyen de savoir que Moïra n'est pas humaine, justement, elle se garde bien de révéler sa vraie nature]

Une coalition... J'eus une moue de dédain, un peu nerveuse, en voyant le jeune homme se redresser et aider le magicien à reprendre ses esprits. A moins que ce ne fût l'inverse. J'avais espéré que l'idiot qui se vantait tant de pouvoir chasser la corruption et les ténèbres se laisseraient prendre à attaquer un adversaire bien moins coriace que moi mais il fallait croire que je ne pouvais pas toujours avoir la chance de mon côté. Pourtant le voleur avait une bonne tête d'abruti avec sa peau un peu grise, son front bosselé et sa mâchoire digne d'un boeuf. Il faisait un parfait méchant, la brute par excellence telle que j'en avais croisé de nombreuses fois dans les bas-fond, prête à tomber sur le premier orphelin venu, à violer la première vierge qui passait à sa portée et à la vendre illico au premier souteneur venu sans même s'assurer de savoir si elle avait encore une famille. Bref, l'adversaire parfait, celui que votre instinct vous hurlait d'abattre. Mais il fallait croire que le magicien en face de moi n'était pas né de la dernière pluie et qu'il avait dû sonder l'esprit du jeune homme et y voir ce qu'il y cherchait. Un voleur dénué d'agressivité ? Un voleur du côté de sa victime ? C'était original... suffisamment original pour me faire perdre quelques précieuses secondes à regarder ces deux là s'entraider avec une bonne volonté qui frisait le ridicule. Le lourd volume qui vola m'atteignit à l'épaule et y fit naître une douloureuse pulsation sourde, une douleur qui me bloqua le bras un instant, l'engourdissant.

- Une bien maigre protection, marmonnai-je.

Je ne sus s'ils m'entendirent mais ce que je perçus à cet instant détourna mon attention quelques secondes de plus. Des bruits de pas lourds dans l'escalier, une respiration posée et régulière. Des sons que j'aurais reconnu entre mille. Un long sourire éclaira sinistrement mon visage. Mon seigneur et maître était là. J'étais déçue et énervée qu'il ne m'ai pas laissé accomplir ma mission seule. Comme s'il ne m'avait pas fait confiance. Mais j'effaçais vite ces pensées. Dans la situation présente, par la faute du puceau, je me retrouvais dans une posture qui me privait d'une grande partie de mes avantages. Devant un témoin, je ne pouvais étaler mes pouvoirs, au risque de laisser paraître ma véritable nature.

Je n'aurais pas dû prendre quelques secondes et me laisser distraire par ces sons bienvenus. Un meuble de bois vola prêt de mon visage et s'enflamma soudainement avant de finir sa course dans l'escalier. Eux aussi semblaient parfaitement avoir entendu les renforts qui m'arrivaient, sans même chercher à savoir s'il s'agissait d'un ami ou d'un ennemi. J'allais devoir leur faire passer le goût des fanfaronnades. Je tirais de dessous mon chemisier deux fines dagues d'acier brillant. La première vola, en direction du mage, attirant et détournant son attention, suffisamment peut-être pour me permettre de passer à la deuxième étape. Avec la deuxième, je me projetai vers lui, griffant sa peau. Il fallait que je l'élimine le premier. Lui seul était vraiment dangereux.


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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Sam 3 Mai 2014 - 2:03




Raphaël montait les escaliers, lentement. Il savait que Moïra l'avait détecté, mais l'ignorait pour les deux autres. L'interrogation fut cependant brève, car un meubliers embrasé passa par la porte en haut des escaliers et se dirigea vers lui. Le lourd brasier ne fit pas reculer le Seigneur Rouge, qui fit durcir sa peau pour lui donner la consistance de la pierre. Dans un vacarme qui le fit sourire, le meuble éclata contre son corps, telle un chariot s'éclate en percutant le roc. Vrai, il était tard dans la nuit, et le voisinage pourrait être alerté, mais les Stryges disparaîtraient bientôt, et la cité étaient aux mains des Premiers Hommes, leurs alliés. La seule motivation qui poussait Raphaël à être subtil, c'était les méthodes non-orthodoxes que lui et Moïra employaient pour terminer leurs cibles, et corrompre leurs cadavres, et aussi peut-être le fait que se faire prendre en train d'assassiner un membre associé aux Premiers Hommes n'était pas la meilleure idée.

Les Enfants de Mastaï ne sachant pas pour la vraie nature du couple infernal, il était utile d'user d'un peu de finesse et d'intelligence.

Ils allaient avoir à faire vite ici, et décamper avant que d'autres n'arrivent, mais le résultat était là : le magicien serait détecté et achevé par soit lui, soit les inflexibles forces de Mastaï.

Raphaël pénétra enfin par le portique et compta les âmes présentes qui, comme prévu, furent au nombre de trois. De leur cible témoignait une forte aura magique, mais le voleur impromptu et inconnu n'était pas un magicien. Cet homme était particulier, plus particulier encore que le mage, et lorsque Raphaël tenta de le sonder magiquement, il fut stoppé net par les défaillances magiques qui affectaient le continent, et sa tentative échoua. Le magicien était cependant hostile, et probablement une plus grande priorité pour le moment. Tout ce paragraphe s'étant déroulé en quelques secondes, l'ancien politicien vit sa protégée charger vers le puissant sorcier, qui, le pauvre, était en pyjamas.


[J'hésite à poursuivre vu que Moïra est en plein dans son élan, et le succès/l'échec de sa tentative moulera la suite du RP. Je vous laisse contrôler le PNJ du sorcier à moins que vous désiriez que je ne le fasse aussi. En passant j'adore ton style, Keldar.]



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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mar 6 Mai 2014 - 10:53


Et la voilà repartie pour un tour ! Cette fille cachait bien son jeu. Petite servante en apparence, Keldar soupçonnait désormais un tout autre métier. Il avait entendu parler de guildes d’assassins œuvrant dans l’ombre pour le compte des puissants, mais il n’y avait jamais vraiment cru. Du moins plus maintenant, où les raisons et moyens de tuer n’importe qui fleurissaient à chaque coin de rue. Peut-être avait-il devant les yeux l’un de ces rares exemplaires.

Que cela ait été le cas ou non, l’hypothèse d’un second lascar aussi bien entraîné avait quelque chose… d’angoissant. Il risqua un coup d’œil vers le vieux derrière son épaule. Il semblait un peu moins hébété même si ces lèvres remuaient encore, comme pour essayer de donner un sens à la scène.

Il n’eut pas le loisir de s’en soucier, la catin revenait déjà à la charge. Trop vite, beaucoup trop vite.

Une dague frôla la tempe du sorcier, qui la suivit du regard. Keldar n’y prêta pas tant d’attention (et pour cause, sa tête avait risqué beaucoup moins). Il n’eut tout de même que le temps de tendre son pied en direction de la furie en espérant l’intercepter. Rien n’y fit. Elle passa aisément par-dessus l’obstacle, puis se mit  à attaquer le mage avec un deuxième couteau.

Plusieurs coups portèrent, mais le voleur n’en vit pas plus. Recouvrant des réflexes de bagarreur de comptoir, il administra une volée de coups de poing dans le visage de l’assaillante. Elle recula, encore une fois plus surprise que réellement touchée. La garce semblait se moquer de la douleur. La seule chose qui l’effrayait de manière évidente était le barbu en robe de chambre qui se trouvait dans son dos.
Avant qu’elle se reprenne, il tenta de lui faucher les jambes. Il aurait pu, si un pas de trop ne l’avait pas amené directement au bord des marches, aux pieds du plus grand corbeau que Keldar ait jamais observé.

*Jolies bottes, en tout cas.*

Il sentit quelque chose siffler en fendant l’air par-dessus son crâne. A ce qu’il semblait, le mage n’était pas complètement à terre. Pas encore, du moins.



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Lun 19 Mai 2014 - 23:38


[dsl du retard, partiels -_-' j'ai pas prévenu, je pensais avoir plus de temps]

J'étais bloquée. Totalement bloquée. L'étrange duo en face de moi faisait front et détournait chaque de mes attaques. Ma première dague avait à peine entamé la joue du barbu échevelé qui semblait bien trop réveillé à mon goût. La deuxième avait dû provoquer un peu plus de dégâts, si j'en croyais l'étrange soupir si semblable à un râle qui avait franchi ses lèvres. Mais je ne me faisais pas d'illusion. Je ne l'avais pas suffisamment blessé pour provoquer en lui plus qu'une douleur passagère qu'il soignerait bien assez vite. Chacun de mes assauts étaient repoussés par le poing ou le pied du garçon des rues bien plus dur qu'il ne m'avait semblé. J'avais eu, chaque fois, l'impression de me cogner à un mur, tout plein de bosses, de nervures, prêtes à me blesser à la moindre minute d'inattention. Je me retrouvais face à une peau étrangement résistante et élastique que mes ongles avaient à peine écorché. Chacun de mes mouvements étaient suivi d'une réplique immédiate. Une charge, un coup, une feinte, un crochet pied. Comme dans un étrange ballet, nous dansions chacun une danse mortelle. Il ne m'aurait pas suffi de grand chose, un espace dégagé, une ouverture... Devant moi, défendue par les deux hommes, s'ouvrait la porte d'accès à la chambre du mage. Je maudis la malchance qui avait voulu que j'ai attendu le voleur à la porte pour le surprendre et qu'il m'ai éjecté si facilement dans le couloir. Dans l'étroit passage où je me tenais, je n'avais guère de marge de manoeuvre et si, à ma droite, l'espace formait un petit palier pour l'arrivée de l'escalier, l'arrivée de mon maître m'empêchant toute possibilité de ce côté. Je ruminais quelques instants les solutions. En face de moi, la chambre. A ma droite, l'escalier, dans mon dos, le long couloir et quelques portes qui menaient vers je ne savais trop quoi.

Je n'avais que quelques secondes de répit. Quelques secondes avant que la blessure du mage ne soit fermée et que cessent ses marmonnements étranges. Je savais que Raphaël venait et, avec lui, je sentais monter ma frustration. Il allait me voir échouer. Il allait devoir m'aider dans la tâche simple qui m'avait été allouée. Nous avions tant besoin de ses documents, pour préparer notre riposte face à l'Equilibrium, pour organiser notre contre-attaque. Je savais que nous avions approché les Premiers Hommes. Se mêler à eux, se fondre dans la masse et de l'intérieur les détruire. Je ne voulais pas échouer. Pas en présence de mon maître.

Je n'avais que quelques secondes, mais elles furent décisives. Cette fois, je ne pris pas la peine d'attaquer. Je n'aurais pas le dessus, pas ainsi, pas dévoilée au grand jour, pas face à un mage dont les grands airs cachaient un réel pouvoir. Il ne me restait plus que la surprise. Je me jetais en avant et pris appui sur la jambe que tendait déjà le garçon des rues. J'entendis un lourd craquement, sans pouvoir espérer grand chose de plus que la remise en place trop sèche d'un os. Je n'étais pas assez lourde pour avoir provoqué plus de dégâts. Mais il m'avait procuré un appui suffisant pour me permettre de m'envoler, passant par dessus leurs têtes, mon corps souple se vrillant pour éviter tout heurt. J'allais devoir voler, à défaut de tuer. Embarquer tous les documents empilés sur la table de travail et jeter le reste au feu. Du temps de perdu pour nous, mais encore plus de temps de perdu pour le magicien. La solution était peu élégante, mais elle était efficace.

Une seule chose, toutefois, continuait de me trotter à l'esprit. La petite voix qui avait résonné dans la pièce, celle qui semblait provenir de l'étrange médaillon d'or à la poitrine du puceau. On dit que les pies sont attirées par tout ce qui brille. J'avais été attirée par l'étrangeté de la découverte, par cette voix fluette, menue et douce. Je tendis la main et saisis sans douceur la chaîne qui dépassait du col. Un coup sec.

Je retombais sans douceur mais en souplesse au sol et entreprit de remonter mes jupes d'une main pour courir. A nouveau dans la chambre à peine éclairée par les rayons de la lune, j'entrepris de scruter d'un regard ce qui m'entourait. Des piles de manuscrits encombraient le sol auprès de la bibliothèque, un gros volume était posé sur un lutrin. Le choix allait être dur.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Sam 24 Mai 2014 - 17:37



Il se relevait tout juste qu’elle rechargeait déjà. Son agilité était sans égale, surtout pour pareille tenue. Il tendit la jambe une fois de plus. Trop lentement, trop tôt. Elle pesa dessus de tout son poids, faisant craquer ses articulations de la cuisse aux genoux. Ses muscles contrits hurlèrent de douleur, le faisant vaciller. Les étoiles s’estompaient tout juste que son cou fut brusquement tiré en arrière. La chaînette étrangla le cri qui montait dans sa gorge… avant de céder.

Trésor, non !

L’attaque l’avait pris totalement au dépourvu. Il n'avait pas réalisé la cible que constituait le bijou. Sans lui, le mage ne lui serait d’aucune utilité.

Il était hors de question qu’il s’en sépare. Il devait accomplir sa mission. La petite fille était la source de toute sa motivation, de tout ce qui le poussait à aller au-delà des trois rues de son enfance. Sans elle, il n’avait plus de raison de poursuivre, plus le moindre objectif. Plus question de se préoccuper du vieux, il semblait plus alerte et se débrouillerait bien sans lui.
Où était-elle ? La porte béante de la chambre lui donna la réponse. Il se rua à l’intérieur.

...

* Trésor reposait dans l’obscurité. Elle s’y était accoutumé. Rien d’autre ne s’était offert à sa vue des années durant, jusqu’au jour où vint Keldar. Mais même les rares fois où il ouvrait le médaillon, ne filtrait dans son antre qu’une lueur pâle, uniforme, rendant gris ce qui n’était qu’un fond noir. Ceci l’émerveillait pourtant chaque fois.

Il n’en était pas de même pour les sons. Elle entendait parfaitement qui portait le souvenir, fût-il en train de chuchoter. Les voix plus éloignées lui parvenaient, mais étouffées comme à travers une porte. Elle était capable d’identifier parfaitement chaque tonalité, pour peu qu’elle ait su à qui l’attribuer. Nul besoin d’en comprendre le sens, quand la seule chose qu’elle désirait était de briser la pesante monotonie du cachot.

D’autres informations lui parvenaient. Elle pouvait ressentir le contact humain sur le médaillon, la pression d’une poigne d’acier comme la caresse d’une patte de velours. C’était les seules sensations qui lui permettaient d’avoir encore conscience de son corps. Durant son attente, elle avait cru être morte, une âme errant dans un monde de ténèbres. Et il l’avait touché. Elle avait alors nettement ressentit le serrement des doigts sur sa cheville. En d’autres temps, ceci l’aurait affolé, mais des années dans le noir avaient chassé la peur du monstre dans l’armoire mieux qu’un coup de balai. C’était la joie qui avait alors dominé, puis l’excitation de revenir enfin parmi les siens.

Le temps ne leur avait pas manqué pour parler les jours qui avaient suivi. Cela faisait plus d’une semaine qu’ils étaient réunis, et Trésor plaçait tous ses espoirs, toute sa confiance dans la seule personne qui lui ait spontanément proposé son aide.

Aussi, quand la chaînette céda brutalement sous la traction d’un inconnu, ressentit-elle un élan de panique. Le vertige la prit tandis que l’objet virevoltait librement dans les mains de la ravisseuse.

Elle hurla. Elle hurla jusqu’à sentir les limbes se tordre sous ses cris. *



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Raphaël
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Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Dim 25 Mai 2014 - 22:35



Enfin, le Seigneur Rouge mit un pied lourd devant l'autre. Il avait perdu son sourire, en mode chasse. Rien d'autre ne suffit pour attirer l'attention du magicien, qui s'étouffa en réalisant à qui il faisait face. Le Chef d'Umettelig Jeger avait bien eu le temps de penser à la façon dont il se tirerait d'affaire. Il allait être capable d'accomplir sa mission sans se compromettre. Le magicien serra les dents, et parla ;

- Ra.. Raphaël? Qu'est-ce que tu fais là à cette heure!? Je suis alliés aux Premiers Hommes, tu n'as rien à faire ici!

Le Stryge à forte carrure s'avança avec une lenteur dramatique, laissant sa prestance prendre tranquillement contrôle de la pièce. Il ignora complètement Keldar et Moïra, se concentrant sur l'homme devant lui dans le couloir, aux pouvoirs relativement dangereux. Ses paroles furent très brusques, et il désira un effet étourdissant.

- Je suivais la fille pour te sortir de là, et pour me faciliter la tâche, tu m'attaques avec un meuble fumant? Tu es déjà chanceux que Mastaï te permette la vie, et tu te permets d'attaquer ton supérieur? Dois-je te rappeler les lois martiales, mage?

Avec frustration, il termina sa dernière phrase, montrant ses dents en signe d'agressivité, laissant librement, avec contrôle, son impulsivité monter. Il sentait que la peur suivant naturellement le nom de Raphaël Valareth l'emportait tranquillement sur son adversaire, et il allait en profiter pour faire gagner du temps à Moïra. Le puissant vieillard se justifia ;

- Et puis alors, Seigneur? Je ne pouvais savoir si ce qui venait était allié ou ennemi! Dans le doute, j'ai préféré agir! Et vous vous en êtes tiré sans une égratignure, alors pourquoi le drame? Aidez-moi plutôt! La fille est encore dans la maison, c'est une assassine!

Raphaël sembla grandir, son ombre porta sur toute la pièce, et il toisa le magicien de tout son corps imposant. Il somma autoritairement :

- ASSEZ! Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, vieillard!

Se voulant provocateur, Raphaël réussit sa tentative, et maintenant, c'était le magicien qui était en défaut, car il attaquait un officiel la ville, Raphaël Valareth qui plus est, dirigeant d'Umettelig Jeger. Le défier signifiait signer son arrêt de mort. Raphaël avait du coup une raison de le tuer sans nuire à son image vis-à-vis des Premiers Hommes.

Le vieil homme en avait assez : Raphaël était visiblement une justification pour que les Fils de Mastaï l'élimine proprement! Pourquoi serait-il là de toute façon? C'était la seule explication! Il allait chèrement défendre sa peau, et tous les brûler, ensuite, il se vengerait sur ces idiots de Premiers Hommes! Le magicien lâcha donc toute la gomme, des éclairs jaillirent de ses doigts, et ses pieds s'enflammèrent, pour créer une tornade élémentaire terrifiante. Les cadres aux murs s'envolèrent en flamme vers Keldar et Raphaël qui se protégea du mieux qu'il ne le put avec son bras droit, en continuant d'avancer lentement, les genoux fléchis.

Dehors, les Premiers Hommes se préparaient à entrer pour voir ce qui se passait... trop de bruit avaient été entendus pour ne pas qu'il y ait de soupçons.

[Comme je ne voulais pas trop faire mon grosbill et tuer le mage, je me suis dis que de commencer le combat en le cinglant avec les mots serait une bonne solution ^^ J'ai aussi essayé d'inclure Keldar à la fin pour lui faciliter une réponse, j'espère que ça vous plait!]



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Lun 9 Juin 2014 - 18:21


(dsl je me suis dit que j'allais faire un post court pour que les événements s'enchainent plus vite)


Une fuite en beauté. Pour la première fois depuis le début de cette nuit désastreuse, je venais de réussir mon plan, et sans cafouillages. Un saut en beauté par dessus les deux raseurs, une main baladeuse, un collier arraché. Raphaël dans mon dos, l'équilibre naturel des choses se rétablissait. Je redevenais la chasseuse que je n'aurais pas dû cesser d'être. Je laissais un sourire satisfait se dessiner sur mes lèvres. Il ne restait plus que l'autre partie du plan à exécuter et le monde continuerait d'être à nouveau le nôtre. Devant moi, la chambre était plongée dans la pénombre. Seule la lune éclairait chichement le mobilier de bois. Le bureau... Je tournais la tête et cherchais à repérer le secrétaire qui contenait tant de secrets lorsque, dans ma main, le médaillon bougea. Je ne sais pas comment mieux l'expliquer. Une étrange sensation, comme celle de quelque chose de petit, d'invisible, qui se tortillait à l'intérieur du médaillon et qui le déformait. Oh, à peine. C'était un mouvement si infime qu'il passait presque inaperçu mais qui était incontestablement, définitivement, dérangeant. Je sursautais violemment. C'était comme si un ver de terre, ou quelques créature immonde, c'était soudainement réveillé et se tortillait. Oh cette sensation !

Mais le pire était à venir. Le cri. Le cri fut le pire. Le hurlement me traversa, me déchira. Quelque chose me grattait la cervelle de l'intérieur. Me raclait le crâne, fouillant chaque bribes de ma pensée de ses ongles acérés, les transperçant sans pitié. C'était un hurlement de terreur pure. J'ouvris la bouche et laissait le même cri, muet, lorsque l'onde m'atteignit de plein fouet. Je n'entendais plus rien du combat de mon maître contre le magicien, plus rien du puceau qui devait se lancer à ma rencontre. Rien ne comptait que ce cri qui m'emplissait... et qui cessait, presque brutalement lorsque mes doigts s'ouvrirent, malgré moi, et que le médaillon en glissa. Il heurta le sol d'un bruit sourd, m'arrachant à la douleur qui m'avait submergé.

Je le regardais, immobile quelques secondes et, lançant mon pied avec violence, le projetait à l'autre bout de la pièce. Et encaissait dans le même temps le coup le plus violent que j'avais subi depuis longtemps. Je reculais de quelques pas, sonnée. Face à moi, le puceau semblait en rage. Son cher médaillon hurlant avait dû réveiller en lui ce qui lui avait manqué jusqu'alors.


- Tu vas me lâcher, oui ! Cours aider ton maître, toutou, va aider ton magicien. Laisse moi !


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mar 10 Juin 2014 - 21:26


HRP:
 

*Voleuse ! Il est A MOI !*

Telles furent ses pensées avant que ne résonne l’appel. Mais le hurlement de pure terreur, sorti de la gorge de l'enfant, avait radicalement changé la donne. Son but était de lui arracher son médaillon, sa propriété, son bien. Rien de tel à présent.

Ce cri… Non, on ne l’avait pas volé. On l’avait kidnappée. On avait attenté à la vie de son amie… non, de sa famille.  Et d’où que vienne cet instinct étrange, inconnu du jeune homme, il réclamait du sang, de la violence, de quoi refroidir ses nerfs à vif. Il ne la vît même pas projeter le médaillon à travers la pièce. Il devait lui faire mal. Il le devait à Trésor.

Sans vraiment chercher à viser, il arma son bras et décocha son poing dans le visage de la fille. Il n’emporta pas sa tête comme il  l’avait furieusement espéré, mais l’air ahuri qui s’inscrit sur ses traits l’emplit de joie. La réplique suivante beaucoup moins.


- Tu vas me lâcher, oui ! Cours aider ton maître, toutou, va aider ton magicien. Laisse-moi !

Il s’apprêta à lui faire ravaler sa salive.
Une voie forte s’éleva alors en bas du balcon :


- Holà, à l’intérieur ! Qui que vous soyez et quoi que vous fassiez, nous, Patrouille de nuit du Poisson-Lune, vous sommons de sortir immédiatement de cette maison et de justifier les troubles constatés ce soir, en vertu de l’ordre imposé par la loi des Premiers Hommes  !

Cette annonce eut l’effet d’une douche froide. Toute velléité de violence disparue, Keldar se figea. Redevenu lucide, il tenta de dresser un bilan des échappatoires possibles. La maison n’était peut-être pas encore cernée, mais il devait atteindre l’une des fenêtres opposées au plus vite. Seulement voilà, si la donzelle ne constituait pas un obstacle infranchissable, il n’en allait pas de même pour les deux gus dans le couloir. Et le médaillon ! Où avait-il bien pu se perdre ?

La soirée était loin d’être terminée…



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Raphaël
Dirigeant de l'Umettelig Jeger
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 25 Juin 2014 - 19:18




Se protégeant contre la douche enflammée crée par le fou à tête blanche, Raphaël eut du mal à cerner le mouvement et les parlottes de ses nouveaux amis. Et d'ailleurs, dans le feu de l'action, il était en bien mauvaise posture pour réfléchir. Son manteau ne s'en ressortirait pas indemne, d'ailleurs.

Le bougre ne feignait plus vraiment sa rage face à la provocation du magicien, et avançait dans la ferme intention de le finir, mais un vent enflammé particulièrement puissant réussit à le repousser vers l'arrière, ce qui le força effectivement à bondir et reculer d'une bonne dizaine de pas, et à reconsidérer son approche. Raphaël remarqua en même temps qu'il était seul dans la pièce avec la tempête humaine, Moïra et l'autre hurluberlu avaient transféré de pièce. Il entendit faiblement le son de la porte du bas s'ouvrir, ainsi que les pièces d'armures de fer des Premiers Hommes s'entrechoquant dans leur déplacement. Ils allaient monter les marches avec prudence. Que faire?


- Montez, Poisson-lune, affirma-t-il avec assurance. Je suis Valareth, des Chasseurs Insatiables, on a un traitre à mettre sous l'acier ici.

Le barbu perçu une hésitation de la part de la troupe, mais ils amorcèrent quand même leur montée, tandis que l'individu à l'autre bout de la pièce cessait le coup de la tornade pour plutôt tenter de s'attaquer directement à l'esprit du Seigneur.

Tentative qui fut vaine, alors que le magicien ne voyait que labyrinthes et sombres figures sans sens de couleur écarlate et pourpre dans la tête de Raphaël, qui lui assurait que l'escalier restait sans encombre pour la montée des Premiers Hommes. Ces derniers réussir à rejoindre les deux combattants, après de longues secondes, une attente qui firent suer le Seigneur Rouge pendant qu'il protégeait l'escalier. Plusieurs des Premiers Hommes, bien prêt à faire face à l'Ancien Langage, possédait des runes puissantes, qui affaiblissait toute magie dans les environs. Faut dire, l'Empire Premier ne réussit pas la conquête du continent sans aide pour affaiblir les boules de feus et torrents électriques jetés sur eux.

Et l'ami aux cheveux gris fut rapidement contrôlé par les Premiers Hommes, sans réelle résistance possible de sa part, sa magie étant affaiblie du trois quart de par la quantité de runes lui offrant défi. On fit confiance à Raphaël, nom connu de par tous les gardes de toutes les cités conquises, pour mettre à mort le soi-disant traître, et le grand Stryge sourit en rangeant son épée restée bien propre.


- Monsieur Valareth s'en tire-t-il sans aucune blessure? Nous sommes désolé du temps que nous avons mis à vous rejoindre!

À ceci, le grand homme répondit d'un signe de tête, il était indemne.

- Descendons, je vais vous faire mon rapport que vous apporterez au palais, les pressa le Chasseur, voulant permettre à Moïra de s'échapper sans anicroche.

On ne questionna pas sa demande, et le groupe quitta le corridor, puis le bâtiment. Dans les minutes où s'étaient produite la mise à mort du magicien, Raphaël avait réussit à couvrir Moïra pour lui permettre de récupérer les documents nécessaires, mais il laissait à sa professionnelle agente la tâche de s'occuper du collier et de son mystérieux propriétaire. Car si le Seigneur Rouge quittait la scène, il savait très bien que la nuit de la belle Stryge n'était pas terminée, qu'elle avait encore a gérer le voleur.

[Milles excuses pour l'attente causée, j'ai remarqué qu'hier que c'était à moi.. oups  
Ça ne devrait pas arriver de nouveau, car Raphaël se retire pour vous laisser la scène entière]



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 10 Sep 2014 - 9:10


(désolée du retard, j'ai beaucoup de mal à rp en ce moment -_-' je répond d'ici peu et j'essaye de finir le rp d'ici peu qu'on puisse en recommencer un autre sur de meilleures bases. Désolée encore)


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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Lun 22 Sep 2014 - 9:15


La milice. Le simple son de leur voix me tendit. Je n'avais jamais eu de bons rapports avec ces messieurs de la milice. Lorsque je n'étais encore qu'une simple prostituée, ils m'avaient chassé de trop nombreuses fois tout au long des rue d'Aberon, battu pour un vol de quelques bouts de pain, violé pour le simple plaisir de profiter d'une gamine des rues qui vendait son corps pour vivre. Non, je ne pouvais pas dire que ce soit le grand amour entre moi et eux et malgré toute mon évolution, malgré la protection de mon seigneur et mon travail à leurs côtés, je ne pouvais entendre leurs voix fortes et criardes sans un frisson de dégoût. Ils ne m'effrayaient plus mais faisaient remonter en moi des envies de meurtre que la tension présente ne faisait qu'accroître. Je me retrouvais coincée, un voleur de bas étage têtu en face de moi, bien déterminé à récupérer un simple bien que je lui avais volé, bloqué par un magicien dont les sorts pouvaient me tuer en une seconde sans recours possible, et voilà que la milice ramenait son gros nez aviné et rougi. Je feulais tout bas et dévisageais mon adversaire avec une rage à peine contenue. Ma seule consolation fut l'air de panique qui se peignit sur le visage du puceau. Il semblait aussi désireux que moi de croiser la route de ces messieurs armés et d'avoir à s'expliquer avec eux. Quoi de plus logique après tout... s'il était vraiment un voleur, comme il semblait l'air, il devait avoir lui-même quelques comptes à rendre sur ses occupations.

Mais je possédais un avantage qu'il ne connaissait pas. Mon maître était là. Il était venu à mon aide. Lui saurait gérer le problème. Il était suffisamment connu dans la ville pour y jouer d'une autorité incontestable et si même quelque soldatesque aurait fait entendre une contestation, ses lettres de créance étaient suffisantes pour lui clore le bec définitivement. Il saurait nous débarrasser de la présence inopportune du magicien et de celles, non moins gênante, des gens d'arme. Il ne me restait plus qu'à en profiter. Je ne voulais guère récupérer le médaillon, dont les cris sonnaient encore à l'intérieur de mon crâne, m'amenait par moment les larmes aux yeux. Mais il me restait du temps pour prendre ce que le magicien avait pu accumuler de savoir sur nous, stryges.

D'un signe, je fis signe au voleur d'observer le silence le plus total. Après tout, pour la première fois, lui et moi souhaitions la même chose. Je ne pouvais le tuer, pas maintenant que le moindre bruit déclencherait l'arrivée de la milice, malgré les belles paroles de mon maître. Silencieuse, je glissais sur le vieux parquet, sans élever une seule plainte du bois et m'approchait des gros livres qui encombraient le bureau. La lutte reprendrait plus tard.


- Si tu te tais, tu vivras.

Ce n'était qu'un murmure, à peine audible mais qui devait résonner aux oreilles de l'intrus comme un cri. Je n'aimais pas tuer pour rien. Salir les belles lames qui jaillissaient de mes doigts. S'il ne me gênait pas, s'il profitait du répit que je lui accordais, il pourrait vivre. Après tout, n'avais-je pas été comme lui pendant si longtemps ? Une paria de la société que seule la solidarité de la rue avait aidé à survivre.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Sam 27 Sep 2014 - 18:13



- si tu te tais, tu vivras.

Même pas peur. Elle semblait complètement ignorer le fait qu’ils étaient sur le point de s’entretuer quelques minutes plus tôt. Lui aussi, en fait. La seule chose qui l’inquiétait, c’était la perte de l’objet magique.

Il reprit les fouilles des débris, soucieux de récupérer Trésor et de s’échapper au plus vite. La milice allait-elle suivre les indications de ce Valareth ? Il avait entendu un certain nombre de soldats le suivre, mais certains avaient sans doute dû rester. Au moins avaient-ils fini de nettoyer la scène. Les quelques minutes qu’il leur avait fallu pour évacuer le cadavre lui avaient donné des sueurs froides.

Quelque chose retint son pied. Il baissa les yeux sur sa cheville. La chainette s’était allez savoir comment enroulée autour. Mais il l’avait retrouvée, Dieu merci !

Il entendait encore des pas dans la cour. La garde devait avoir organisé ses rondes. La garce s’était subrepticement glissée vers le bureau et avait commencé à fouiller son contenu. Drôle de manière de se faire discrète. Mais peut-être savait-elle quelque chose, après tout.

Le problème, s’il voulait obtenir la moindre information, c’est qu’il devrait en donner. Et il ne tenait pas spécialement à ce qu’elle remette la main sur le médaillon. Outre la répulsion qu’il éprouvait à s’ouvrir de son cas, un planton pouvait toujours les surprendre. Non, mieux valait filer. Partir loin d’ici et se faire oublier.

Il risqua un œil par l’embrasure de la porte. Personne en vue. Elle était toujours près du bureau. Elle poursuivait ses recherches, n’éloignant jamais son regard de sa position. Comme si c’était lui qui présentait un danger ! Il lui aurait fait avaler ses bouquins volontiers, bien entendu, mais encore eu-t-il fallu qu’il en soit capable ! Quel genre de sorcière elle était, il ne pouvait le dire, mais elle ne pouvait prétendre être une roturière !

Elle leva les yeux de sa lecture. Son regard s’était attardé bien trop longtemps sur son visage. Il revint à sa surveillance. Aucun son ne filtrait du couloir. Ils pourraient au moins se déplacer tranquillement dans l’étage en attendant de trouver une sortie. Il écarta doucement le panneau. Tout était sombre, sans vie. Il pouvait tenter deux mots sans trop de craintes. Sa curiosité recommençait à le titiller.

Il referma doucement l’ouverture, puis se rapprocha de la fille, s’arrêtant à deux bonnes longueurs de bras. Chuchotant, il lança :


- Hey ! Qu’est-ce que tu faisais là ? Tu cherches de l’aide en magie, toi aussi ?

Pas de réponse. Elle l’ignorait aussi superbement que n’importe quelle femme avec un homme trop insistant.

- Tu sais, si tu voulais de l’aide, il ne fallait peut-être pas commencer par l’attaquer.

Toujours pas de réponse. Il la contourna largement et se rapprocha à quatre pattes de la fenêtre. Deux bonhommes surveillaient l’entrée des deux côtés, pendant que d’autres patrouillaient dans le jardin. Il ne comptait pas spécialement jouer les acrobates, mais au moins était-il sûr que cette voie était bloquée. Il se ferait immédiatement repérer en passant par les fenêtres de l’étage. Par le rez-de-chaussée par contre… Le jardin gisait dans l’obscurité la plus totale. Oui, il pourrait s’en sortir.

Il revint vers sa rivale.


- Bon, je pense pouvoir m’échapper. Alors… je m’en vais. Pense bien que je n’irai pas chercher les gardes. Si jamais nos chemins devaient se recroiser. On ne se connaît pas, d’accord ? Pas de rancune, pas de problème. Tu saisis ?

Ce genre d’arrangement avait beau être courant, il ne savait pour ainsi dire rien de cette… cette… cette apprentie sorcière ! Il ne concevait même pas qu’elle est stoppée son agression aussi abruptement. Il attendit encore un peu, guettant un mot, un signe, un témoin de sa compréhension.



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Moïra
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 1 Oct 2014 - 10:19


Mes doigts couraient sur les pages, effleuraient les notes, soulignaient d'un geste nerveux les titres, les jours. Je sentais la tension qui agitait mon corps, qui menaçait de le déformer, de le déborder. C'était une étrange sensation de lutter contre son propre corps pour en garder le contrôle mais le poids du regard que je sentais peser sur moi m'y aidait. Je me rassemblais, tentais d'oublier de l'ivresse du changement qui me bouleversait encore, oubliais le feu qui me dévorait et qui, pour l'occasion, me semblait presque douloureux. L'objet de ma quête, si proche, et qui me semblait inatteignable, m'obsédait. J'avais trouvé, plusieurs fois auparavant, des carnets de route de membres de l'Equilibrium traqués et torturés. Leurs tortures n'étaient pas moindres que les nôtres et je savais ce que ceux de notre race risquait, à tomber entre leurs mains. Toutes les expériences étaient tentés, dans l'espoir de percer nos secrets, d'éclairer les ombres effrayantes de nos métamorphoses. Tout était possible.

- Je n'ai pas besoin d'aide. Je suis ma propre aide.

Les mots s'échappèrent de ma bouche en un sifflement. Le gamin me distrayait, m'agaçait et m'intriguait tout à la fois. Cela faisait longtemps que je n'avais pas rencontré un adversaire de sa taille. Oh, bien sûr, j'avais affronté de bien meilleurs combattants, gagné bien d'autres combats. Mon maître l'aurait broyé d'une main pour m'offrir son sang que j'aurais bu à ses lèvres. Mais je devais avouer que le petit avait de la rage et de la suite dans les idées. Malgré nos affrontements, ce qu'il avait pu voir de ma rage, de mes envies de meurtre, il restait là, à me parler, vaguement curieux, vaguement inquiet.

- Je ne l'aurais pas attaqué si tu ne l'avais pas réveillé ! Je n'ai pas besoin de lui, seulement de ses notes !

Je lui en révélais trop. Mon maître n'en serait pas heureux, ses ordres étaient clairs. Trouver les carnets de travail, les déchiffrer. Nous étions avides de comprendre nos changements, d'apercevoir ce qui nous affectait. Nous étions encore des nourrissons, perdus, sans compagnons ni parents pour nous guider sur notre nouvelle voie. Ces carnets étaient notre avenir, nos espoirs.

Je ne pus retenir un frissonnement d'excitation lorsque mes doigts effleurèrent un lourd carnet de cuir, tâché et abîmé. Je passais ma langue sur mes lèvres, retins mon souffle, une brève seconde. Mes yeux parcoururent les pages, survolèrent les croquis tachés d'encre. Les notes étaient cryptées. Bien entendu. Mais je ne pouvais douter, j'avais trouvé. Réussi la mission que mon maître m'avait confié. Je me renversais en arrière, expulsant l'air que j'avais retenu si longtemps. Mes doigts tremblaient, doucement, lorsque je rangeais le livre dans la poche de mes jupons. Alors, seulement, les derniers mots du voleur m'atteignirent.


- Si j'étais toi, je ne partirais pas maintenant. La milice va patrouiller un moment, les rues sont encore très éclairées.


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Keldar
Message Sujet: Re: Les jeux de la corruption | Mer 8 Oct 2014 - 13:37


hrp:
 


Elle rangea enfin son livre pour lui répondre. Ainsi donc seuls les bouquins l’intéressaient ? Il en doutait, mais ce n’était plus son problème.

- Les rues, j’en fais mon affaire, j’ai l’habitude. La question, c’est est-ce que je peux m’en aller l’esprit tranquille, sans craindre de me faire trahir d’une manière ou d’une autre ? Et tant qu’on y est, tu comptes visiter d’autres mages du coin ? Il risque de ne pas m’en rester beaucoup, si on doit tous les faire tuer un par un… Oui, parce que le souci, c’est que j’ai besoin de les réveiller, moi.

Il rêvait ou elle ne comprenait pas qu'il veuille s'éloigner d'elle le plus vite possible? Il n’était pas du genre peureux, mais encore moins téméraire. Il ne faisait aucun doute que moins il en saurait sur elle, plus grandes seraient ses chances de partir. Mais d’un autre côté, il avait aussi besoin de savoir. Les envahisseurs avaient fait disparaître la plupart des sorciers, et si même les renégats se faisaient dessouder chez eux, les recherches risquaient de tourner court. Il faudrait alors songer plus sérieusement à quitter la ville…et Keldar ne s’y sentait pas du tout prêt.



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