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Dans la forêt de la nuit

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Freya Wolfkin
Message Sujet: Dans la forêt de la nuit | Mer 4 Jan 2017 - 17:56




Après avoir fait une halte de quelques jours à Aberon il y avait de cela bien des lunes déjà, Freya avait repris ses habitudes de vagabondage et entamé un nouveau périple - vers le Nord cette fois. Durant les longs mois qu’elle avait passés sur la route alors même que l’Alagaësia était encore à feu et à sang après la venue des Premiers Hommes, elle s’était étrangement apaisée. Elle avait trouvé la paix dans son errance, dans l’exil qu’elle avait choisi. La solitude loin de lui peser, lui avait permis de se recentrer et d’être plus en phase avec elle-même. Elle avait fait son deuil du passé et bien qu’il soit encore douloureux à évoquer quelques fois, elle n’avait pas laissé le chagrin définir celle qu’elle était devenue. Freya avait fait des rencontres aussi, certaines plus marquantes que d’autres. Elle s’était ouverte, un peu dévoilée parfois. Elle s’était construite et elle avait changé. Et puis la paix avait succédé à la guerre, les traités avaient été signés apportant répit, soulagement et prospérité à des peuples qui n’avaient que trop saigné.

C’était cette période d’accalmie qui avait décidé Freya à revenir vers le Nord. Une vague de mélancolie s’était emparée du coeur de la jeune femme qui avait soudainement ressenti le besoin de revoir les terres où elle avait grandi. Certes elle n’avait plus de famille avec laquelle se réjouir des temps heureux qui s’annonçaient, mais l’environnement familier de son village avait fini par lui manquer - après plus d’une année et demi passée à le renier, à le fuir. La vagabonde n’irait pas jusqu’à se présenter aux portes de la bourgade. Elle n’avait pas l’intention de s’y réinstaller – pas après avoir goûté à la liberté et aux voyages. Son retour pourrait même être mal accueilli par les connaissances qu’elle avait abandonnées et qui avaient peut-être nourri une certaine rancœur à son égard. Non, elle voulait juste observer de loin la vie se dérouler paisiblement, les joies des foyers, écouter les chants des veillées. Ceci suffirait à la réchauffer, à lui remplir la tête de souvenirs heureux. Elle repartirait ravie d’avoir pu apercevoir des visages qu’elle connaissait vivre paisiblement. D’un autre côté peut-être que le village avait été déserté, que personne n’avait voulu continuer à y vivre. Freya chassait bien vite ces pensées.

La jeune femme s’était arrêté quelques jours au Sud du lac Isenstar pour faire des provisions en eau et en petit gibier. Elle avait donné à sa jument un repos bien mérité, tandis qu’elle-même éreintée se prélassait dans l’eau froide. La vagabonde était repartie une fin de matinée et ce n’était qu’en fin d’après-midi qu’elle vit le Du Weldenvarden se profiler devant elle. Freya ralenti la course d’Ellara et observa la forêt noire, pervertie, les arbres tordus et malades qui tendaient leurs branches crochues, déformées vers le ciel, ne laissant presque pas passer la lumière du jour vers la terre. Une aura mauvaise émanait du lieu qui semblait épier la guérisseuse. L’atmosphère était étouffante et hostile. La forêt offrait un tableau écoeurant mais néanmoins fascinant. Arrivée à l’orée du bois, Freya descendit d’Ellara et se planta devant les arbres.

Sacré spectacle hein ?

La jument renâcla. Les affres de la corruption s’étendaient jusque-là. L’endroit était indubitablement dangereux mais il commençait à se faire tard et Freya savait qu’elle ne pourrait jamais atteindre le moindre village avant la tombée de la nuit dans ce coin reculé. En outre, elle commençait à avoir des courbatures à force de chevaucher. Elle dut se résoudre à s’arrêter aux abords de la forêt et à établir un campement de fortune, à l’abri de petits bosquets non loin des rives d’Isenstar. La vagabonde sentait sa jument un peu nerveuse et elle lui gratta l’encolure.

Ne t’inquiète pas, nous repartirons vite. Ce n’est que l’affaire d’une nuit.

Le soleil commençait à décliner doucement, rendant au Du Weldenvarden un aspect encore plus sombre. Freya pensa aux elfes qui avaient été obligé de quitter leur demeure, à cette forêt qui avait été autrefois accueillante et pleine de magie, et qui était devenu un lieu infect. Elle avait vu ce que la corruption pouvait faire aux corps et aux esprits durant ses nombreuses errances. Et quelque part au fond d’elle, l’idée d’agir contre cela avait germé. Peut-être était-il temps d’arrêter de ne se préoccuper que de sa survie et de se dédier aux autres, ceux qui ne pouvaient pas se protéger eux-mêmes. Avec l’entraînement et la formation adéquats, elle était persuadée de pouvoir intégrer l’équilibrium. Après tout, elle ne partait pas de rien. Elle savait manier l’épée et l’arc.

Avec un grognement, Freya s’agenouilla devant le lac et se passa de l’eau sur la figure avant de s’étirer les bras. Elle entendit ces derniers craquer et grimaça. La vagabonde resta assise un moment avant de débarrasser sa jument de son mors pour la laisser brouter en paix. Elle se remettrait en route aux aurores mais pour l’heure elle devait reprendre des forces.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Jeu 5 Jan 2017 - 3:50


"Bon, il est temps que je sorte de cette forêt."


Voilà deux jours qu'Asiendy rôdait en bordure de la forêt. Parfois elle s'enfonçait un peu plus loin, cherchant quelques ruines à explorer, observant les sinistres résultats que la corruption avait infligé en ces lieux jadis merveilleux. Elle aurait souhaité arpenter cet endroit à l'époque où il y faisait bon vivre, mais elle n'a jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds. Elle a hérité de nombreuses choses de la part des elfes, en raison de sa filiation, mais en tout cas, l'amour des arbres n'en faisait pas parti. En réalité, elle ne ressentait aucun attachement pour cette forêt maudite, sa présence ici prendrait fin si tôt qu'elle aura obtenu ce qu'elle voulait : des échantillons, provenant de ces arbres noirs, pervertit, un peu de terre aussi. Lutter contre la corruption était devenu sa priorité, mais là où la plus part des personnes cherchent le conflit armé, Asiendy voulait d'avantage étudier et comprendre la façon dont la corruption se propageait. Connaître son ennemis restait la meilleurs façon de le combattre.


Scellés dans un tout petit coffret plat, pour les protéger des intempéries, ces échantillons était conservés précieusement, d'autant que la jeune petite Asiendy n'avait qu'une envie, quitter les lieux. Pendant une grande partie de son enfance, elle a menée une vie citadine et elle en avait juste marre d'avoir du bois mort à perte de vue. La notion du temps se perdait à cause des arbres qui masquaient la lumière du jour. Dans l'idéal, elle aurai voulu passer une nuit au chaud dans une auberge, mais elle avait un peu trop traîné et s'était enfoncée un peu plus que prévu pour récupérer des échantillons de qualité. Soudain, une idée lui traversa l'esprit en même temps qu'une bête sauvage traversait son regard. C'était un cerf, rien de dangereux, mais Asiendy avait un projet pour lui.


- Stop !


Une brise légère souffla, accompagnant la voix autoritaire de la jeune fille. L'animal était tétanisé, incapable de réaliser le moindre mouvement alors qu'elle s'approchait doucement de lui. Elle caressa le cou du cerf, comme pour le rassurer, et commençait à tisser un lien télépathique avec lui. Asiendy était une bonne cavalière, mais un bien piètre dresseuse, c'est pourquoi elle écrasa la faible volonté de l'animal, afin de lui imposer la sienne. Elle grimpa à califourchon sur le dos de la bête, et lui commanda de courir vers le Sud, pour sortir de la forêt. Fort heureusement, le trajet était plutôt court, chevaucher sans selle n'était pas des plus agréable, et puis prolonger l'influence de sa volonté sur autrui, même si ce n'était qu'un cerf, était fatiguant à la longue.


La végétation devenait clairsemée, Asiendy sortait du Du Weldenvarden, elle pouvait même entrevoir, au loin, entre deux arbres, les eaux du lac Isenstar. Elle décida de stopper la course de l'animal et de mettre pieds à terre, caressant de nouveau sa fourrure dans un geste de réconfort, et lui adressa quelques mots en elfique :

- Merci pour la balade, même si je ne t'ai pas vraiment donné le choix ... Le lien télépathique s'affaiblissait jusqu'à se rompre, et Asiendy relâcha son emprise sur le cerf. Désolée ... va maintenant.

L'animal, redevenu lui-même, détala à toute vitesse et poussa un brâme peu discret alors qu'il s'éloignait, visiblement mécontent de son expérience.

"Je ne parle pas le cerf, mais je suis presque certaine qu'il vient de m'insulter." se dit-elle avec humour, avant de continuer son chemin. Peu de temps après, elle s'étonna lorsque qu'elle aperçu un cheval, tranquillement en train de brouter. Elle fut immédiatement attirée vers lui par sa curiosité, qu'est-ce qu'il faisait là ? Pour le moment, elle ne voyait personne d'autre que lui et décida donc de s'approcher d'avantage. Il n'était pas rare, en ces temps troublé, que des montures même encore sellées se retrouve à errer suite à la mort de leur cavalier durant une embuscade ou une bataille. C'était peut-être le jour de chance pour Asiendy, elle ne savait pas y faire avec les bêtes sauvages, mais en ce qui concerne les chevaux, c'est une tout autre histoire. Elle continua de s'approcher lentement, sans effrayé le destrier et vint jusqu'à le toucher et passer la main dans son crin.


Au moment même où elle s'aperçu de la présence de Freya, celle-ci venait de tourner la tête dans sa direction. Dans un geste réflexe, Asiendy porta sa main gauche sur le pommeau de sa dague, sans toutefois la tirer, et recula de deux pas. Elle affichait dans un premier temps un air craintif, elle voulait éviter la confrontation, mais elle sais par expérience que certaines personnes se montrent parfois pires encore que des stryges, il faut se méfier de tout le monde, et être près à se battre même si on ne le souhaite pas.


Elle ne décrocha pas un mot alors qu'elle fixait la personne en face d'elle, essayant de deviner ses intentions, les raisons de sa présence ici. La gamine aux trois quart elfique n'avait rien d’impressionnante, mais après tout, dans une forêt maudite qui eut été elfique, sa rivale du moment pourrait bien avoir aussi peur qu'elle, du moins, elle l'espérait.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Jeu 5 Jan 2017 - 17:02


Freya était vaguement occupée à faire l’inventaire de ses réserves de nourriture lorsqu’un brame lui parvint des confins de la forêt. Elle releva la tête un instant, scrutant les bois serrés, tentant d’apercevoir l’animal. La vagabonde se demandait s’il s’agissait d’un cerf sain comme semblait le suggérer son cri à ses oreilles aguerries, ou d’une bête difforme rongée par la corruption. Après tout, les animaux devaient avoir en grande partie déserté le Du Weldenvarden après ce qu’il était devenu. Freya imagina un cerf à deux têtes et aux yeux aveugles et ricana en mettant de l’ordre dans ses affaires, bien que la situation n’eut rien d’amusant en y réfléchissant. Mais déjà la bête semblait s’éloigner et le silence se fit à nouveau.

Quelques minutes passèrent. Freya s’était de nouveau assise face au lac et se laissait submerger par ses pensées, heureuse qu’elle était de retrouver les terres du Nord, la végétation particulière et la température plus fraîche. Du coin de l’œil, elle pouvait apercevoir Ellara qui avait redressé la tête et qui contemplait elle ne savait quel autre panorama. La chasseresse sourit doucement. Il ne  ferait nuit que dans plusieurs heures mais déjà, la lente progression du soleil vers l’horizon projetait sur les eaux du lac une multitude de reflets lumineux, étincelants, comme autant de paillettes sur une étoffe mordorée. Et pourtant, face à ce spectacle, Freya ne se sentait pas tranquille. Elle mit cette sensation su le compte de la forêt noire qui semblait prendre un malin plaisir à lui mettre en tête l’idée qu’elle n’était pas seule. La vagabonde agacée tourna la tête vers Ellara pour se figer l’espace de deux secondes, son sang ne faisant qu’un tour. L’instant d’après, elle sautait sur ses pieds, les sourcils froncés, la main sur le pommeau de son épée, son arc étant posé à quelques mètres d’elle. Ella avisa le mouvement similaire de la silhouette qui avait reculé, semblant tout aussi surprise et effrayée qu’elle l’était.

Freya se mit à réfléchir à toute vitesse en observant la personne qui lui faisait face. Il s’agissait apparemment d’une jeune fille, frêle, délicate, aux longs cheveux blonds très clairs presque blancs, à la mine inquiète. Qu’est-ce qu’elle fichait par ici, elle qui semblait si jeune ? Personne n’habitait dans ce coin à des kilomètres à la ronde. Et qu’est-ce qu’elle fichait près de sa jument ? A première vue, elle aurait pu avoir l’air d’une voleuse de cheval. Peut-être que, son plan contrarié, elle se montrerait menaçante dans quelques instants. Freya chassa cette idée. L’inconnue avait l’air tout aussi perturbée. D’où venait-elle d’ailleurs ? Quand même pas de cette forêt ?   Elle ne l’avait pas entendue arriver. La méfiance que la vagabonde ressentait n’en fut que plus accentuée.
Néanmoins, le fait qui impressionnait Freya était l’aisance avec laquelle elle s’était approchée d’Ellara jusqu’à la toucher, sans l’inquiéter. A bien y repenser, la jeune fille pouvait être une voyageuse dans le besoin. Perdue même. L’endroit était étrangement choisi mais pourquoi pas après tout. Une minute passa, étirant ses secondes le plus lentement possible, sans que l’une ou l’autre n’esquisse le moindre geste provoquant ou ne cesse de se jauger. Freya finit par lever doucement les mains devant elle de façon à montrer qu’elle ne représentait pas un danger. D’une voix rendue rauque par la tension et le silence, elle parla calmement :

Ne crains rien. Je ne te veux aucun mal.

*Du moment que la réciproque est vraie.* ajouta-t-elle en elle-même.

Elle s’approcha précautionneusement de sa jument, sans geste brusque pour prouver sa bonne foi et s’arrêta à deux mètres de distance de son interlocutrice. Elle put ainsi mieux la voir et détailler son visage aux traits incroyablement fins, ses oreilles légèrement plus pointues que les siennes. Freya ouvrit de grands yeux. Se pourrait-il que l’inconnue soit d’ascendance elfique ? Dans ce cas, sa présence en ces lieux était en partie justifiée. La vagabonde sourit doucement.

Je ne m’attendais pas à croiser la route de quelqu’un ici.

Elle recula un peu, jaugeant la tenue de la jeune fille très peu salie. Elle restait méfiante face à elle mais l’apparence ingénue de l’étrangère semblant à peine sortie de l’enfance la rassurait en quelques sortes. Freya poussa le museau curieux d’Ellara et l’envoya plus loin. Sans tourner le dos à son interlocutrice, elle s’écarta, dévoilant son campement.

Ton voyage a-t-il été éprouvant ? Je serais heureuse de partager un repas avec toi si tu as faim.

Elle n’avait pas l’habitude d’avoir de la compagnie et était au fond d’elle un peu récalcitrante à se montrer si prévenante. Le regard violet de Freya scrutait les réactions de la petite. Cette dernière avait l’air d’être quelqu’un de réfléchi. Elle ne tenterait certainement rien de stupide. Devant le mutisme de la gamine, Freya eu un sourire plus franc et se dirigea vers ses peaux de bêtes disposées par terre tout en gardant en vue son interlocutrice. Elle aurait aimé lui faire subir un interrogatoire en règle mais ce n’était clairement pas le bon moyen de s’attirer la confiance. Aussi elle commença par l’une des plus vieilles questions du monde :

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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Jeu 5 Jan 2017 - 19:06


Après un moment à scruter la femme devant elle, Asiendy tira de ses analyse un premier point important : elle n'est pas face à un premier homme, la taille ne correspondait pas, ce qui est une bonne chose déjà. Elle se demandait de prime abord, qui d'autre qu'un chasseur d'elfes pouvait se trouver ici, mais à bien y réfléchir, même eux ne perdraient pas leur temps dans ce lieux déserté depuis longtemps. Quoi d'autre alors, un stryge ? Les stryges n'utilisent que très peu de chevaux, car ceux-ci deviennent rapidement fou en raison de la présence continuelle d'une créature d'outre-monde sur leur dos. On dirait que la réponse la plus plausible était "juste une voyageuse", mais Asiendy n'aimait pas se rabattre sur des réponses trop simples, car trop suspectes.

Ne crains rien. Je ne te veux aucun mal.

*Du moment que la réciproque est vraie.*



Le dialogue venait d'être lancé, son interlocutrice ne semblait pas émettre d'intentions hostiles. Ou bien cherchait-elle à gagner du temps, Asiendy scruta rapidement autour d'elle, à la recherche d'un éventuel complice, mais elle ne vit personne, pas même un deuxième cheval. Elle ne pouvait s'empêcher de rester sur ses gardes, mais du se rendre à l'évidence qu'elle se trouvait devant une voyageuse, seule, et visiblement peu agressive. La tension qui habitait ses doigts, empoignant sa dague, se relâcha, et elle leva doucement sa main droite, ouverte, vers Freya en symbole de paix.


- Je ne cherche pas les ennuis, je pensais ce cheval abandonné.


Elle avait choisit une réponse honnête, même si la vérité n'est pas toujours la chose la plus simple à croire. Sa voix était douce et trahissait un air désolé, encore plus qu'elle ne l'était avec le cerf de tout à l'heure. Elle ne pouvait pas empêcher son coeur d'accélérer un peu et fit à nouveau un pas en arrière à mesure que la jeune femme rousse approchait.

Je ne m’attendais pas à croiser la route de quelqu’un ici.


- Et moi dont ... c'est rare de trouver âme qui vive ici.

D'abord un cerf, puis un cheval, et maintenant une humaine, c'était décidément une journée d'exception. Asiendy restait méfiante, elle ne savait toujours pas ce qu'une voyageuse faisait là, et l'endroit était rarement choisit comme lieu de repos.

Ton voyage a-t-il été éprouvant ? Je serais heureuse de partager un repas avec toi si tu as faim.


Elle ne répondit pas et craignait que la soudaine générosité de son interlocutrice ne cache quelques fourberies dont elle se passerait bien. Elle ne se laisserait pas amadouer par un peu de nourriture et une payasse.

Comment t’appelles-tu ?


C'était une question simple à laquelle il était toujours difficile de répondre. Donner son nom à une inconnue comme cela, Asiendy n'était pas vraiment enchantée à l'idée, aussi, elle éluda la question en en posant une à son tour, de manière très direct, assurément mal polie, mais il lui fallait savoir avant tout autre chose :


- Qu'est-ce que vous faites ici ?

Malgré son jeune âge qui lui donnait une allure frêle et vulnérable, Asiendy renvoyait un caractère fort et déterminé. Concrètement, elle n'avait pas plus de raison que cette voyageuse de se trouver ici, elle s'attendait à ce que cette question se retourne contre elle, mais c'était un risque à prendre. Avant toute sympathie, il lui fallait crever l'abcès, cela la turlupinait depuis le premier instant où elle l'avait vu.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Jeu 5 Jan 2017 - 20:49


Les quelques paroles échangées avaient été concises et polies, teintées d’une certaine distance justifiée dans ce genre de situation. Ce n’est que quand la jeune fille ignora sa question pour détourner la conversation de manière abrupte que Freya se referma sur elle-même pendant quelques secondes. Essayez de vous montrer aimable pour détendre l’atmosphère alors que tous vos sens vous astreignent à la prudence ! L’envie de pousser un grognement frustré la prit mais elle se retint juste à temps. Il fallait bien avouer que la question que l’inconnue venait de lui poser était légitime. Si elle était venue à l’esprit de Freya il n’y avait de cela que quelques minutes, il était tout bonnement normal que la jeune blonde l’exprime à voix haute. Ce coin de l’Alagaësia était abandonné. Le fait d’y trouver deux voyageuses au même moment était une coïncidence notable. Veillant à ne pas se montrer trop brusque, la chasseresse reprit la parole en jouant la carte de la franchise :

Je fais route vers le Nord en direction de Ceunon mais de toute évidence, je me suis laissée distraire et j’ai chevauché trop à l’Est.

Elle soupira.

Maintenant que le soleil est bas, je ne peux pas espérer trouver une meilleure halte qu’ici. Nous sommes à des kilomètres de toute civilisation dans ce lieu maudit.


Freya s’était résignée à ne dormir que d’un œil cette nuit. Il était hors de question pour elle de reprendre son chemin le soir, à l’aveuglette dans ce milieu hostile. Qui savait quels pièges horribles il essaierait de lui tendre une fois l’obscurité ayant déployé ses ombres ? Elle regarda les arbres d’un air mauvais. Si leurs silhouettes décharnées l’avaient intéressée en premier lieux, leur aspect sinistre avait fini par avoir raison de sa curiosité. La vagabonde reporta son attention vers la jeune fille.

Et toi, comment t’es-tu retrouvée ici ? Je doute que tu aies choisi l’endroit pour une simple balade de santé.

Freya plaça ses mains sur ses hanches, observant d’un regard perçant l’étrangère qui se tenait en retrait. Plus le temps passait, moins elle la voyait comme une menace cette petite, si ce n’était que son ton était un peu trop autoritaire à son goût. Mais elle était intrigante. D’ailleurs, qu’avait-elle prévu de faire si elle n’était pas tombée sur elle (ou sur sa jument plus précisément) ? Où avait-elle eu l’intention de passer la nuit ?

Au passage, si tu connais une meilleure planque où se reposer cette nuit, je suis toute ouïe. Sinon, mon invitation tient toujours.

La vagabonde ramassa son arc et son carquois qu’elle posa contre une grosse pierre sur laquelle elle s’assit. Elle se débarrassa de sa lourde ceinture à laquelle pendait son épée pour être plus libre de ses mouvements mais ne se délesta pas de son poignard, caché dans sa botte gauche. On n’était jamais trop prudent. Freya posa ses bras sur ses genoux et attendit patiemment que la jeune fille réponde. Elle ne se sentait pas spécialement à l’aise, toujours un peu méfiante et moins confiante qu’elle ne voulait le laisser paraître. Et de toute manière, une fois toute hypothèse de danger écartée, elle ne savait pas forcément comment s’y prendre avec les gens. Elle ne pourrait que faire des efforts et se montrer le plus aimable possible.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Ven 6 Jan 2017 - 0:06


Ceunon, cette ville ne lui disait rien, mais c'était bien une infortune que de dériver vers cette forêt et de devoir y passer la nuit. Asiendy décida de se montrer moins farouche et était prête à croire l'aventurière. De toute évidence, la situation se désarmait peu à peu, et après deux jours dans ces lieux hostiles, elle souhaitait juste profiter d'un peu de repos plutôt que de se bagarrer.

Et toi, comment t’es-tu retrouvée ici ? Je doute que tu aies choisi l’endroit pour une simple balade de santé.


Comme prévu, c'était donnant-donnant, et une fois de plus Asiendy se risquait à une réponse sincère :

- j'enquête sur ces lieux, ses ruines, sa faune et sa flore rongées par la corruption. Je cherche la source de tout ceci, je n'ai pas vraiment d'espoir pour sauver quoi que ce soit ici, mais pourquoi pas empêcher que ça ne se reproduise ailleurs.


Voilà qui était dit, une aussi grande cause pour une gamine, la crédibilité battait un peu de l'aile, mais c'était pourtant l'objet de sa présence. Freya affichait un air détendu et assuré, plus qu'elle en tout cas. Asiendy voulait lui donner sa chance. Elle se retrouva intriguée tout à coup, cette voyageuse comptait vraiment camper ici ? sur un terrain découvert ? C'était pour elle une très mauvaise idée. Sur un ton cette fois-ci beaucoup plus humble et respectueux, elle choisit d'apporter sa pierre à l'édifice, après tout, ce n'était que la troisième nuit que la petite elfe de sang-mêlée allait passer dans ce milieu sauvage.


- Si je puis me permettre ... vous comptez dormir ici ? Vous feriez mieux de chercher un sous-bois, il y en a quelques uns non loin et on y est bien moins exposé.

L'idée qu'une créature elfique puisse dormir dans des cavités sous terre pouvait paraître rebutant, et ça ne faisait pas spécialement plaisir à Asiendy en premier lieux, les bons lits des châteaux lui manquait, mais au fil de ses errances, elle a appris à faire avec ce qu'il y a sur place, et ça restait la meilleur solution pour se protéger du vent et des prédateurs.


- Ah ... et ... il faudra faire un feu aussi, sinon vous allez mourir de froid.

Elle-même ne portait pas vraiment de vêtement chaud, se créer une source de chaleur était indispensable pour passer le nuit. En tout cas, elle affichait maintenant une réelle volonté d'aider, l'emprise qu'elle avait sur son arme s'était inconsciemment relâchée alors qu'elle parlait. Encore une fois, Asiendy paraissait étrangement sur d'elle et semblait regorger de connaissances pour une simple adolescente. Un petit silence suivit, durant lequel elle ne savait plus vraiment que dire d'autre, un discret rictus d'amusement s'installa sur son visage, avant qu'elle ne finisse pas lâcher le morceau.


- Je m'appelle Asiendy.
*se prononce : A-zienne-di


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Ven 6 Jan 2017 - 12:41


Freya avait écouté avec un intérêt non feint la raison de la présence de la blondinette en ces lieux sombres. C’était impressionnant cet attachement à essayer d’étudier et de comprendre l’incompréhensible, d’autant plus qu’elle voyageait seule dans une forêt corrompue remplie d’on ne savait quelles pourritures malfaisantes. Cette jeune fille avait plus de courage que bien des hommes et un esprit vif et pointilleux. La chasseresse haussa un sourcil, stupéfaite. C’était une lourde tâche à laquelle elle s’attelait, solitaire mais déterminée. Freya songea que le but était louable mais bien trop fastidieux pour une seule personne. Il lui demanderait bien des sacrifices. La vagabonde fixa son interlocutrice en silence, se remémorant ses paroles, lorsque cette dernière se montra d’un coup franchement plus ouverte et intéressée par ce qui l’entourait.

- Si je puis me permettre ... Vous comptez dormir ici ? Vous feriez mieux de chercher un sous-bois, il y en a quelques-uns non loin et on y est bien moins exposé. La jeune blonde se tut un moment pour observer l’endroit. Ah ... et ... il faudra faire un feu aussi, sinon vous allez mourir de froid.

Freya esquissa l’ombre d’un sourire sarcastique. Ce n’était pas à elle que l’étrangère allait apprendre comment survivre au dehors, elle qui avait bourlingué dans tout le pays en se tenant la majeure partie de son temps à l’écart des autres. Elle qui avait dormi dans davantage de grottes, cavernes, dénivelés et racines que de lits chauds d’auberges durant l’année qui venait de s’écouler. Qui savait se dissimuler à des yeux avertis. A vrai dire, elle avait bien conscience que la rive du lac était une zone qui offrait peu de possibilités de se mettre en sûreté par son caractère découvert. C’est ce qui l’avait motivé dans un premier temps à rechercher la maigre protection des bosquets et petites roches de chemin. Mais elle était réfractaire à l’idée de s’aventurer dans les bois corrompus. L’inconnu ne lui faisait pas peur mais l’idée répugnante que des forces pernicieuses puissent prendre le contrôle de son esprit et de son corps réfrénait son sens de l’aventure pourtant si infaillible jusque- là. Freya allait faire remarquer à la voyageuse qu’elle n’était pas née de la dernière pluie mais elle se ravisa, s’avouant au fond d’elle qu’elle était plutôt ravie que cette dernière se montre bienveillante et encline à aider, abaissant sa garde. Et puis ses observations étaient bonnes, bien qu’elle ait l’air d’être plus habituée aux manoirs qu’à la terre poussiéreuse.

Pour finir la jeune fille se présenta en bonne et due forme, non sans avoir observé quelques secondes de silence amusé. Freya lui adressa un sourire.

Asiendy ? C’est joli. Je me nomme Freya.

La chasseresse se remémora les dernières paroles de la fille, fit mine de réfléchir et  se vit à nouveau contrainte de dire la vérité.

Tu as parfaitement raison, néanmoins l’idée de pénétrer la forêt me déplaît. Les arbres ne nous apporteront que peu de sécurité à ma jument et moi-même. Il se pourrait bien qu’ils soient même les premiers à vouloir nous chasser pour avoir commis le sacrilège de troubler leur tranquillité de pestiférés.

Elle jeta un regard vers les bois en réfléchissant.

D’un autre côté nous avons encore l’avantage du jour pour nous établir. Et si nous ne nous aventurons pas trop loin peut-être que nous aurons la chance que rien de fâcheux n’arrive.

Freya se releva et siffla Ellara qui trotta joyeusement vers elle, nullement gênée par la présence d’Asiendy. Elle réajusta la selle, lui remit son mors puis s’affaira à remballer ses affaires. Heureusement, des mois et des mois de campement lui avaient apportés expérience et dextérité, et la tâche ne fut pas longue. Après avoir fini de fixer ses paquetages aux flancs de la jument, elle se tourna vers Asiendy.

Tu sembles mieux connaître les lieux. Tu nous accompagnes ou tu as d’autres projets pour ce soir ?

La question n’en était pas vraiment une et Freya savait qu’elle gagnerait du temps avec un guide. Même si cette dernière n’était pas forcément très familière de l’endroit, elle avait surgit des bois et semblait même y avoir séjourné un cours laps de temps, ce qui était un avantage considérable. Cependant, la jeune femme avait eu la bienséance de laisser un semblant de choix dans sa formulation. Freya avisa la forêt. Elles n’étaient vraiment pas très éloignées de la lisière et elles pourraient y être en quelques minutes de marche à peine. Il n’était pas nécessaire de monter la jument alors même que l’approche vers Du Weldenvarden allait la stresser.

Enfin, tu es libre de continuer ta route bien sûr, auquel cas la rencontre aura été courte mais plaisante, continua-t-elle sur un ton poli et moins brusque, mais il me semble qu’en de pareilles circonstances le fait d’être accompagnée représente plusieurs avantages.

Freya aurait pu se débrouiller toute seule. Mais la pensée de laisser derrière elle cette jeune fille (bien que cette dernière soit incontestablement assez débrouillarde pour survivre seule) lui aurait pesé sur la conscience. Et puisqu’elles ne nourrissaient aucune pensée néfaste l’une envers l’autre, il aurait été dommage de ne pas profiter de l’expérience de chacune pour la nuit qui s’annonçait. D’un autre côté, inviter une inconnue à la suivre la mettait mal à l’aise. Ce n’était pas un choix des plus sages ni un de ceux qu’elle avait pour habitude de faire. Asiendy lui eut semblée moins jeune, peut-être qu’elle n’aurait pas eu de scrupules à la laisser repartir.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Sam 7 Jan 2017 - 2:04


Asiendy remarqua vite à quel point l'idée de s'engouffrer un peu plus loin était une véritable hantise pour Freya. Elle ne pouvait pas lui donner tord, il fallait être une sacré tête brûlée, ou totalement fou, pour s'aventurer plus en profondeur, elle-même avait hâte de dire adieu à cet endroit de malheur. Cependant, les zones extérieurs de la forêt étaient désertes, meurtries et lugubre certes, mais vide ou presque de toute vie.

- Inutile de trop s'enfoncer, les sous-bois dont je parle sont en périphérie, et je n'y ai pas été attaqué les deux nuits dernières.


Elle se voulait plutôt rassurante devant l'inquiétude de la rouquine, de là à dire qu'elle connaissait l'endroit, ça serait exagérer, mais elle en savait toujours un peu plus qu'une nouvelle venue.


Tu sembles mieux connaître les lieux. Tu nous accompagnes ou tu as d’autres projets pour ce soir ?

Asiendy eue un air étonné quant à cette dernière question, il est vrai qu'initialement, elle avait prévu de se trouver une petite bourgade pour y passer la nuit, mais cela était devenu hors de question à partir du moment où elle a aperçu l'horizon dévorer lentement le soleil. L'obscurité ne tarderait pas à venir avec son lot de complication, et ce, bien avant qu'elle puisse entrevoir la silhouette d'un village.


Enfin, tu es libre de continuer ta route bien sûr, auquel cas la rencontre aura été courte mais plaisante, mais il me semble qu’en de pareilles circonstances le fait d’être accompagnée représente plusieurs avantages.


Sur un ton taquin, sans pour autant trop verser sur de la familiarité :

- Il me semble que ce soit plutôt vous, qui êtes en train de m'accompagner.


Elle esquissa un léger sourire, sans malice aucune. Contente d'avoir trouvé quelqu'un avec qui briser un peu le silence et la solitude de ses dernières journées. Asiendy commençait à marcher dans une direction en faisant signe à l'humaine et son cheval de la suivre. En tournant le dos à ses nouveaux compagnons, ceux-ci purent voir que la gamine de sang elfique avait vraiment de très long cheveux qui lui arrivaient jusqu'au bassin. Ils étaient salit par endroit, et ne semblait pas avoir reçu la totalité des soins qu'une chevelure aussi longue impose, donnant ainsi un aspect "sauvageonne" qui contrastait avec les manières et le langage de la personne.

- On dirait que pour ce soir, j'ai des invités, bon ça risque d'être un peu étroit pour deux, mais l'endroit est presque confortable malgré tout.


Il n'y avait vraiment pas de grande distance à parcourir pour déboucher sur l'endroit auquel Asiendy pensait.


Le trou qui se dessinait à dans la terre était profond de trois mètres à peine, et le plafond était suffisamment bas pour que même quelqu'un de petite taille comme Asiendy soit obligée de se courber si elle souhaitait s'y déplacer debout. A l'intérieur, il y avait déjà une cape étendue au sol en guise de matelas. A défaut d'être épaisse, elle évitait au moins le contact direct entre le sol et le jeune fille lors du sommeil. Une petite sacoche en cuir sombre était appuyée contre la parois, il n'était cependant pas possible de la voir depuis l'extérieur de la cavité. Enfin, près de l'entrée, quelques restes de bois noircit formait un petit cercle, visiblement le foyer de la nuit dernière.


- Mai-ettul nildë.

C'était une formule amicale de bienvenue que les elfes prononçaient dans leur langue natale chantante, et qui était souvent comprise par tous sans avoir besoin de parler elfique couramment.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Sam 7 Jan 2017 - 18:22


Freya n’avait pas relevé la dernière phrase que lui avait adressée Asiendy avant de se mettre en route. On pouvait jouer longtemps sur les mots. Elle s’était contenté de se fendre d’un sourire discret et avait emboîté le pas à la jeune fille, tirant doucement les rênes d’Ellara. Cette dernière qui ne se laissait jamais approcher sans en avertir Freya au préalable n’avait semblée à aucun moment troublée par Asiendy, comme si sa présence eut été dans l’ordre des choses. Suivant en silence la petite silhouette qui se profilait devant elle, la vagabonde eut tout le loisir d’observer Asiendy sans paraître grossière. Les origines elfiques de la gamine ne faisaient plus aucun doute pour Freya. Outre son visage fin, son corps délicat et ses oreilles pointues, le port de tête d’Asiendy et son éducation témoignaient des vestiges d’une culture ancienne et autrefois étendue. Une grande partie de l’héritage des elfes avait disparu en même temps que l’arrivée de la corruption sur ces terres. Il n’était pas étonnant que la petite blonde ait tant à cœur la découverte du mal qui rongeait Du Weldenvarden. De là à passer plusieurs jours seule dans les bois, il fallait avoir du cran ou être complètement imprudente. Les récits des quelques aventuriers ayant échappé aux griffes de la forêt avaient traversé tout l’Alagaësia. Certes ils avaient été amplifiés et transformés au fur et à mesure qu’ils se propageaient, mais le fond restait le même. Les bois étaient mauvais.

Asiendy guida Freya à travers les arbres et la mena dans une minuscule clairière, devant un creux ayant ouvert un petit talus. La chasseresse lâcha les rênes et sa jument frappa le sol de ses sabots. Le regard améthyste de la jeune femme erra sur les arbres décharnés alentour. C’était vraiment une pitié que le mal se soit abattu sur une si ancienne forêt, chargée d’Histoire et de souvenirs. Elle qui aimait tant grimper aux arbres et courir dans les futaies lorsqu’elle était plus jeune, elle se sentait le cœur gonflé de mépris devant ce triste ballet de mort. Freya fut tirée de sa contemplation par la voix d’Asiendy.

- On dirait que pour ce soir, j'ai des invités, bon ça risque d'être un peu étroit pour deux, mais l'endroit est presque confortable malgré tout.

La guérisseuse aux cheveux de feu sourit, avisant le trou sous terre.

J’ai connu bien pire.

Freya s’aperçut même qu’Asiendy s’était essayée à aménager du mieux qu’elle avait pu la tanière. Elle regarda la cape, se demandant si c’était là, avec le feu, le seul moyen à sa disposition pour se réchauffer. La vagabonde songea aux peaux de daim qu’elle avait avec elle et qu’elle pourrait lui laisser quand la jeune fille ajouta en langage elfique une formule qui semblait lui souhaiter la bienvenue. Freya eut un élan de reconnaissance envers cette petite qui n’avait presque rien et qui était pourtant prête à lui offrir le gîte pour la nuit, rendant les heures qui s’annonçaient bien plus agréables qu’elles ne l’eurent été sans sa compagnie.

Je te remercie de partager avec moi ton abri. Sois assurée que je n’abuserai pas de ton hospitalité. J’ai encore un long chemin à  faire demain, je repartirai tôt.

A vrai dire il n’y avait aucune urgence pour Freya, mais elle ne voulait pas s’imposer trop longtemps à Asiendy. D’un autre côté, elle ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce qu’il adviendrait de la petite blonde une fois qu’elle serait partie. Allait-elle continuer longtemps ses recherches seules où s’en irait-elle vers des lieux plus accueillants ? La jeune femme commença à libérer Ellara de ses fardeaux et finit par lui enlever la selle et le mors. Elle disposa ses maigres biens aux côtés de ceux d’Asiendy, en veillant à ne pas se montrer trop envahissante.

As-tu déjà dîné ? Je n’ai rien avalé depuis ce matin. Si tu le permets, j’aimerai préparer le repas.

*C’est le moins que je puisse faire pour la remercier*
pensa-t-elle.

Avec l’accord d’Asiendy, elle se pencha sur l’âtre et s’affaira à allumer un feu en frottant des pierres l’une contre l’autre. C’était une technique un peu primitive mais très efficace qui ne prit que quelques secondes à Freya. Asiendy aurait très bien pu utiliser de la magie, histoire d’aller encore plus vite, mais elles n’étaient pas pressées. Tandis que la rouquine commençait à plumer deux gélinottes chassées du matin même, elle se surprit à vouloir briser le silence et faire la conversation. Après tout, l’ambiance paisible qui s’était installée entre les deux filles et qui contrastait avec l’aspect morne de la forêt se prêtait à quelque échange. Tout en continuant ses préparations, la voix claire de Freya s’éleva à nouveau :

Tout à l’heure, tu as dit vouloir chercher l’origine du mal ayant planté ses racines ici. Tes observations ont-elles été assez profitables pour en tirer des hypothèses ? Récolter des informations tangibles doit être difficile tant les lieux ont été dégradés.

La réponse intéressait grandement Freya. Pour chercher à détruire le mal, il fallait s’informer au mieux. Connais ton ennemi. L’attention de la vagabonde était à son comble, elle écoutait le moindre bruit autour d’elle qui aurait pu lui paraître suspect et qui aurait nécessité une action immédiate. Les craquements n’étaient pas rares dans les forêts, les bruissements du vent dans les feuillages non plus. Et pourtant le sous-bois demeurait étrangement silencieux, comme si le temps s’était arrêté et que toute vie s’était figée à jamais. Freya réprima un grommellement et fini de préparer le repas, faisant cuire désormais la viande sur le feu. Elle regarda le visage presque juvénile d’Asiendy calmement, se rappelant soudain que si l’on prenait en compte l’incroyable longévité voire l’immortalité des elfes, il était probable que cette dernière bien qu’adolescente ait vécu plus d’année qu’elle-même. Cette étrange pensée lui arracha un sourire alors qu’elle retournait les petites volailles pour éviter qu’elles ne brûlent.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Dim 8 Jan 2017 - 1:00


La cape en velours était d'un bleu nuit profond, et les abords de la capuche avaient de fine bordures dorées délicatement brodée. Un vêtement raffiné qui trahissait une certaine richesse. Asiendy s'assied dessus alors qu'elle observait Freya, méditant sur la première phrase qu'elle avait dit en voyant le gite : J’ai connu bien pire. Son regard se perdit un moment sur la cicatrice qui parcourrait le visage de la jeune femme et se demandait si c'est à cela qu'elle faisait référence. Elle s'aperçu que son observation avait duré un peu trop longtemps et ne voulait pas offenser son hôte en l'épiant impoliment. Surtout quand celle-ci se proposait à préparer à manger. Asiendy avait bien quelques provision en réserve, mais très peu en réalité, trop peu pour se faire un repas complet sans y ajouter quelques ingrédients extérieurs, choses difficiles à trouver en cet endroit.


Elle ne pu s'empêcher d'effleurer l'esprit de Freya avec le sien, de manière très discrète et ponctuelle, simplement pour rechercher d'éventuelles intentions négatives, ou si l'invité aurait par hasard du poison sur elle. Elle ne perçu rien de tout ça, et pensa qu'elle était peut-être trop paranoïaque, mais comme disaient souvent les gardes du château où elle passa une partie de son enfance : "la confiance n'exclue pas le contrôle". Il n'était pas question cependant de sonder d'avantage la jeune femme, Asiendy souhaitait respecter sa vie privée et ne pas commettre une véritable intrusion et s'adonner au voyeurisme. De plus, il ne s'agirait pas qu'elle se fasse remarquer, elle ne savait pas si Freya disposait de pouvoirs quelconques, Asiendy elle-même cachait la nature de ses pouvoirs pour l'instant, même s'il est connu que les elfes sont en principe prédisposé à user de magie.


Un simple hochement de tête approbateur répondit à la proposition de Freya qui s’attelait à la cuisine, à commencer par la création d'un feu. Asiendy eue une envie de se moquer de la façon primitive dont le feu était allumé, une méthode proche de l'âge de pierre, mais cette envie lui passa rapidement, il aurait été inconvenant de se gausser alors qu'une personne se proposait gentillement de s'occuper du repas. D'autant que les flammes ne tardèrent pas à montrer le bout de leur nez, Asiendy reconnu avec humilité l'efficacité avec laquelle cela avait été fait.

Elle déposa le petit coffret plat qui se trouvait dans son sac, et le mit non loin de ses autres petites affaires, avant d'y joindre le-dit sac avant qu'une voix ne s'adresse à elle.


Tout à l’heure, tu as dit vouloir chercher l’origine du mal ayant planté ses racines ici. Tes observations ont-elles été assez profitables pour en tirer des hypothèses ? Récolter des informations tangibles doit être difficile tant les lieux ont été dégradés.


Elle était intrigué par cet intérêt soudain porté à ses travaux et à la corruption en général, mais on dirait que ça lui faisait plaisir d'y répondre de manière aussi érudite que possible :

- Difficile à dire pour le moment, je concentre mes efforts sur la récolte d'échantillons de qualité pour des investigations futures. Vous avez raison sur un point, ce n'est pas ici que je pourrait en tirer quoi que ce soit. Il me faudrait un local dédié, isolé de préférence, ou peut-être devrais-je contacter l'Equilibrium, mais j'ai peur qu'ils voient mes petites expérience d'un très mauvais œil. Elle porta sa main droite à son menton et resta silencieuse une quinzaine de secondes, pensive, avant de reprendre. Nous savons déjà d'où cette déchéance provient ... le monde des failles, qui déverse ses ignominies via des portails magiques. Mon but est simplement de comprendre "comment" la nature elle-même, et tout ce qui a le malheur d'y être exposé trop longtemps se perverti. Le plus important, quand il y a le feu, c'est d'éviter qu'il ne se propage avant de chercher à l'éteindre.


Un nouveau silence s'installa, avant qu'Asiendy ne se lève et ne sorte de la tanière.

- Je vais chercher un peu de bois. Oh, et surtout n'ouvrez pas le coffret, je dis ça pour vous.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mar 10 Jan 2017 - 21:39


Freya avait écouté avec attention la réponse d’Asiendy sur ses travaux de recherche. La jeune fille semblait tout à fait passionnée par ce sujet et n’était en aucun cas gênée de dévoiler son dessein en ce qui concernait la corruption. La chasseresse eut un fin sourire en observant cette gamine entêtée au caractère qui semblait pour le moins bien trempé. Son avis concordait avec celui d’Asiendy : limiter les dégâts du mal était la première tâche à accomplir, avant toute autre. Et l’étude de la corruption était aussi utile -voire plus sur le long terme-, que les luttes armées. L’apparition des failles et les miasmes qui s’en dégageaient sous la forme de créatures putrides ou déguisées était bien connue en Alagaësia, mais ce qui était intéressant, c’était de comprendre pourquoi elles s’étaient formées. Quel déséquilibre avait permis une telle fracture entre deux mondes ? Le fait qu’il puisse exister plusieurs dimensions troublait Freya. Et pourtant elle avait côtoyé la magie durant ses voyages.

L’évocation de l'Équilibrium quelques instants plus tôt avait marqué l’esprit de la vagabonde, non pas qu’il soit anormal d’en parler au contraire. Quand il était question d’endiguer la corruption, il était même logique d’y faire référence. Mais l’organisation n’était connue que de ceux qui s’y intéressaient vraiment, et le fait d’y avoir pensé pour la première fois depuis des semaines cet après-midi même avant d’entendre Asiendy, qu’elle ne connaissait que depuis ce soir, y faire allusion était une coïncidence amusante.

Tandis qu’elle pensait à tout ceci, son interlocutrice se leva.

- Je vais chercher un peu de bois. Oh, et surtout n'ouvrez pas le coffret, je dis ça pour vous.


Freya, relevant la tête, s’apprêtait à lui demander pourquoi une telle mise en garde aussi mystérieuse était nécessaire, mais la jeune fille blonde avait déjà disparu. La chasseresse reposa son menton sur ses genoux, surveillant machinalement la viande qui était en train de rôtir. Bien évidemment, maintenant qu’Asiendy avait mentionné le coffret, ce dernier piquait la curiosité de Freya comme une aiguille. Rien de tel que l’interdiction de toucher un objet pour le rendre tout à coup attractif. Mais Freya n’avait pas l’âme d’une fouineuse et elle détestait se mêler de ce qui ne la regardait pas comme elle aurait détesté fouiller des biens qui n’étaient pas les siens. Et puis en y réfléchissant bien, il s’agissait sûrement des fameux échantillons prélevés sur le terrain. C’était même la conclusion évidente.

Les volailles furent bientôt prêtes et Freya les agrémenta de quelques baies et champignons qu’elle avait sortis de son sac. Il lui restait encore suffisamment de provisions pour le petit déjeuner du lendemain et au besoin, elle chasserait un ou deux lapins sur la route. Ou bien elle se contenterait de verdure et de tubercules. Elle sortit une assiette et un petit bol en bois de sa plus grande sacoche qui contenait l’ensemble de ses biens. Par commodité, elle voyageait léger. Elle n’avait pas besoin de s’encombrer malgré le temps qu’elle passait sur les routes, le plus souvent sans s’approcher des villages. Elle pouvait subvenir à ses besoins seule. Mais elle jeta un œil sur les affaires qu’Asiendy possédait, encore moins nombreuses que les siennes. Un sac, une cape, un coffret. Et une simple dague qu’elle gardait, pour se protéger. Freya effleura l’étoffe de ses doigts et observa le tissu. Le maillage très fin était de bonne facture. La cape n’avait certainement pas été volée. Asiendy venait apparemment d’une famille aisée si l’on en jugeait ses vêtements et ses manières. Qu’est-ce qui l’avait poussé à quitter le confort de sa luxueuse demeure, autre que le désir de comprendre la corruption ?

Freya rempli l’assiette et le bol de sa préparation et les déposa à côté d’elle. Asiendy n’en avait certainement plus pour longtemps dans sa tâche –surtout si l’on considérait qu’elles se trouvaient dans un bois mort-, aussi le repas n’aurait pas le temps de refroidir. La vagabonde se leva (non sans avoir pris son arc et son carquois, au cas où) et se dirigea vers Ellara qui contrairement à son habitude ne s’était pas éloignée d’un pouce de l’entrée de la cavité où elle allait passer la nuit. Freya lui parla doucement et lui flatta l’encolure.

Un petit bruissement retint son attention, Asiendy devait sûrement revenir avec un fagot dans les bras. Mais un coup d’œil aux alentours l’informa que ce n’était pas le cas. Le bruissement s’intensifia au-dessus de sa tête et par réflexe, Freya pointa une flèche dans sa direction avant de se détendre, riant presque de sa nervosité. Une chouette plus grosse que la moyenne et à l’aile gauche bizarrement repliée les fixait, elle et sa jument d’un air presque dédaigneux. La jeune femme allait l’ignorer et lui tourner le dos quand elle s’aperçu soudainement que quelque chose clochait. A la place des yeux jaunes réfléchissants qu’il aurait été normal de voir, deux orbites rouges les observaient d’un regard perçant. Freya resta immobile quelques secondes, les sourcils froncés. Au moment où elle s’apprêta à bouger, la chouette poussa un ululement glaçant et fondit dans sa direction. La flèche que Freya tira lui transperça la gorge.

*Et dire que je croyais pousser la paranoïa à son paroxysme en prenant mon arc pour faire trois pas…* pensa-t-elle, regardant la bête agoniser avant de la retourner du bout de sa botte.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mer 11 Jan 2017 - 22:53


Trouver du bois dans une forêt, en voilà une tâche qui ne devrait pas poser de problème. Ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait la réflexion, mais elle ne trouvait que très peu de branches au niveau du sol, très peu de branches cassée qui tombent à portée de main. Asiendy eu à nouveau le même résonnement, les arbres ne sont pas "mort", simplement corrompu. Leur meurtrissure n'est en rien le signe de leur mort, c'est au contraire le signe de l'épanouissement d'une forme de vie alternative.

Les failles détériorent lentement, continuellement le monde qui les entoure. Certaines personnes mal avisées comparent parfois les créatures des failles avec les humains, détruisant la natures qui les bordes, exterminant quiconque les menaçait. Mais ce n'était là que stupidité, une forêt rasée par des humains n'est pas perdue, son bois est transformé en maisons ou navires ... ses animaux sont consommés pour leur viande et leurs fourrures sont utilisées. Mais une forêt pervertie, comme celle du Du Weldenvarden, on ne pouvait plus rien en tirer, elle était bonne à être jetée au feu. Cette dernière pensée mis un terme aux rêvasseries de la jeune fille et elle se reconcentra sur ce qu'elle était sortit faire, prendre du bois pour la nuit.

Ce ne sont pas quelques brindilles qui tiendront un feu allumé pour une nuit entière. Ce qu'il lui fallait, c'était une bûche, qui se consumerait doucement. Pas d'autre choix que de lever la tête pour trouver un morceau de bois adéquat, et bien évidemment hors d'atteinte de ses petits bras. Ne se sentant pas escaladeuse dans l'âme, ce n'est pas elle qui viendra au bois, mais bien le bois qui irait à elle.

Asiendy tendit une main ouverte vers les hauteurs végétales et focalisa son esprit.

- Hóciri-tëa.*
*Trancher net (en elfique)

L'arbre tout entier grinçait et à mesure que la main d'Asiendy se refermait, une des épaisse branche semblait comme broyée par sa force mentale. Alors qu'elle avait presque finit, elle poussa un grognement discret termina son geste à la hâte. Tombée du ciel, la bûche proprement taillée, comme si elle avait été faite en scierie. Le regard de la jeune femme affichait une déception quand elle remarqua que les derniers centimètres de la coupe était très imprécis, on aurait dit qu'ils avaient été fait avec une hache très mal affûtée. Asiendy s'exerçait souvent avec ses pouvoirs, pour tout et pour rien, se disant qu'à force de répétition, sa maîtrise s’accroîtrait.


Alors qu'elle se baissait pour ramasser l'objet, un cri attira son attention. Elle reconnu le hululement caractéristique des chouettes, son père était accompagné d'un tel animal pendant ses voyages, mais le son qui parvenait à ses oreilles était dissonant par rapport à ce qu'elle avait l'habitude d'entendre. Elle ne se sentait pas rassurée, et le fut d'autant moins quand elle prit conscience que le bruit venait du campement.


Elle ramassa son du, obligée d'y mettre les deux mains, et se dirigea d'un pas pressé vers la cavité. Elle revint rapidement sur les lieux et aperçu Freya, debout, l'arc en main, puis aperçu le rapace qui gisait à ses pieds, lui et cette aile horrible qui semblait désarticulée. Asiendy se rapprochait lentement, déposa le morceau de bois près de l'entrée de la cavité, se tint aux côtés de Freya, silencieuse, observant la bête. De nombreuses questions lui taraudaient l'esprit, à commencer par les plus simples : qu'est-ce que c'était et que s'est-il passé. Au lieu de ça ... :


- J'espère que celui-là tu ne comptes pas me le faire manger aussi ...


Au fond d'elle-même, malgré la stupeur, elle s'attendait à ce que ce genre d'événements se produisent. Elle en avait vu d'autres, bien plus défiguré que ce pauvre oiseau. Mais ça restait une mauvaise nouvelle de constater que celui-ci se soit autant excentré de sa demeure.


- Tu lui as rendu service ... à ce stade là, le tuer était probablement la meilleure solution.


Des paroles froides qui se voulaient réconfortante. Asiendy ne savait rien des éventuelles rapports que Freya avait eue avec la corruption, peut-être était-ce la première fois qu'elle voyait un animal changé jusque dans sa chair et ses os.


- Nous instaureront des tours de garde pour cette nuit. Il y en a peut-être d'autres non loin. Dit-elle, avant de marcher d'un air tout à fait naturel vers le foyer.


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Akkan
Dirigeant de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Jeu 12 Jan 2017 - 19:36


*Mais qu'est-ce que je fous là ???*

Je me posais la question alors que le soleil disparaissait lentement à l'horizon. J'étais monté dans le plus grand arbre afin d'avoir une vue sur où j'étais dans cet amas de tronc biscornu. J'étais parti il y avait de cela 3 semaines, cherchant l'ancienne ruine afin d'y établir mon avant-poste ... mais mon ambition c'était heurté à la dure réalité ...

Une semaine après mon arrivé aux porte du Du Weldenvarden, je ne progressais pas, pire, il semblait que la forêt toujours empli de magie, me refuse l'entrée et cela même alors que je détenais les clefs de la guérison ... J'avais hurlé ma frustration alors ... Alors que je tentais à nouveau de pénétrer, usant de toutes les techniques (marques sur les arbres, traces au sol, suivant la mousse sur les arbres ...) je me retrouvais un soir enfoncé de plusieurs kilomètres dans la forêt, soit bien plus loin que je n'avais réussit ces derniers jours ... J'avais continué encore les jours suivant jusqu’à d'ancienne ruine, peut-être même celle où j’avais combattu le stryge il y avait de cela près d'un an ... J'avais pris mon temps pour me créer un endroit sûr me servant d'un ancien bâtiment elfe que j'avais renforcé afin de pouvoir y passer la nuit en toute sécurité.

Parlons-en de la sécurité ... Les 2 premières nuits, bien que parfaitement flippantes c'était étonnamment bien passé ... Mais dès que le rituel commença, les choses commencèrent à se compliquer. Il faut avouer qu'à présent, je me rendais compte à quel point j'étais stupide d'avoir tenté cette opération seul, Ellen m'aurait dissuader si elle l'avait su ... Mais bon, je me passais depuis longtemps de son avis, et je tentais les choses les plus insensées depuis quelques mois ... Depuis la disparition de ...

Je secouais la tête, ce n'était pas le moment de réfléchir à ça, les murmures de la forêt s'étaient arrêtés et aussi loin dans la forêt, l'absence de bruit était signe de danger imminent. Je vérifiais mon abri sécurisé, tout était sécurisé pour le moment. Je passais en revu les accès qui risquait de céder et renforçait autant que possible avec le bois en chantant afin de rendre le tout le plus solide possible. Une fois terminé, je vérifiais les accrocs à mon armure, heureusement qu'il s'agissait d'une armure faite par mes soins, sans mon expérience, et le renforcement dû au chant des elfes, elle n'aurait plus servit à rien. Elle était abîmé à de nombreux endroits, reflétant les combats de ces derniers jours. La forêt me laissait tranquille le jour venu, mais une fois le soleil couché, une côté beaucoup plus sombre se réveillait et me harcelait ... Je terminais l'inspection de l'armure par les parties en métaux, les alliages que j'avais utilisé avait tenu le coup, même si certains avaient été déformé sous la puissance des coups. Je m'assurais que mon bras droit entièrement protéger par une armure faites d'un alliage de métaux très résistant était encore utilisable. Je vérifiais la mobilité, et huilait afin que je ne sois pas bloqué en plein combat. Puis je vérifiais les diverses protection dans cet alliage.


Une fois satisfait, j'allais attaquer les armes quand j'entendis le premier bruit annonçant l'assaut ... Des petits bruissement que je connaissais désormais très bien. Je vérifiais mes armes alors que le bruit s'approchait. Mon épée était affûté, bien que marqué en divers endroits et j'entendit les premiers raclement contre le bois avec lequel j'avais fermé les accès. Rien d'inquiétant, ce genre d'attaque n'ont aucune chance de briser la "porte" si l'on pouvait appeler cela comme ça. Heureusement que le chant elfique marchait encore pour ces choses là ... J'en étais à vérifié mes flèches quand j'entendis un craquement sonore au loin, je m'interrompis et regardais machinalement la parois de la ruine en direction du bruit, puis je me remettais à graisser la corde de l'arc, vérifiait mon carquois et m'équipait. Les raclement contre la cloison s'était intensifié et désormais j'entendais régulièrement des bruits sonores de craquement, comme is une bête massive, brisait des arbres. Et la destination de celle-ci était mon campement ...

Bordel qu'est-ce qui m'avait pris ... ?

Je notais rapidement dans mon journal, la date du jour et les dernières choses que j'avais expérimenté aujourd'hui. Les premiers succès contre la corruption. Je devais rapporter ça en toute sécurité et aussi vite que possible. J'avais réussit à régénérer la nature, la technique et les moyens de le faire, l'ensemble était écrit noir sur blanc, bien que pour un non-initié aux techniques de l'équilibrium, il s'agisse de techniques parfaitement obscur. Je finissais d'écrire quand j'observais qu'une brume s'élevait dans la ruine de la maison ... Je montais à l'étage, fortifié lui aussi et défaisait un petit panneau qui me permettait de voir la clairière où trônait les ruines. J'observais le même phénomène étrange ... Je craignais le pire, car lors de ma rencontre avec le stryge dans cette clairière nous avions eu le même genre de brume et dans celle-ci se cache des créatures ... que je ne souhaitais jamais rencontré ... Plus jamais ...

La confirmation se fit quand j'entendit ce coup-ci un choc lourd et sourd contre l'un des panneaux du rez-de-chaussé. Je reconnaissais sans mal ce bruit ... De plus, le craquement que j'entendais depuis tout à l'heure s'était dangereusement rapproché. Mon sac sur le dos, mes armes prêtes, je m'apprêtais  à quitter les lieux, je renforçais le feu et j'augmentais le foyer pour que les panneaux du rez-de-chaussé s'embrase petit à petit. J'attendais désormais le bon moment alors que les panneaux commençait à céder et que la brume blanche avait envahit toute la clairière.

J'entendis un long hurlement qui ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. On aurait vaguement dit qu'à la base cela avait dû être un sanglier, mais le bruit était si déformé ... Je voulais si possible ne jamais voir la bête ... Je jetais par le premier étage des bradons enflammés pour voir ce qui m'attendais au sol mais les flammes étaient étouffé par la brume. Le feu en bas prenait petit à petit sur les panneaux et les créatures arrêtaient désormais de grater ou de frapper contre les parois. Enfin c'est ce que j'avais cru alors que je descendais les ruines de l'escalier.

L'impact me fit chuter au sol par sa puissance, le panneau gicla en millier d'écharde, dont l'une parti se fiché juste en dessous de mon épaulière en acier. Je pestais sous la douleur et écarquillais les yeux quand je vis la bête qui avait défoncé le panneau ... Ca n'avait plus rien d'un animal ... J'étais effaré, la créature était si déformé que trouvé la race d'origine était simplement impossible ... Ses yeux se posèrent sur moi, et je sus que j'allais courir probablement toute la nuit. Et que si je survivais, son image me hanterait encore longtemps. Je retirais l'écharde alors que je remontais l'escalier. Le feu s'était éteins au rez-de-chaussé comme étouffé par la brume. La créature avait disparu à nouveau, les bruits étouffé ne parvenait que difficilement à mes sens sur-développé d'elfe et d'animal.

Je courais à l'étage pour trouver le petit panneau par lequel je comptais m'enfuir et la douleur me rappela l'écharde planté dans mon torse. A quelques dizaines de centimètres, je mourrais comme une merde la gorge percé par un bout de bois ... Je retirais l'écharde d'un coup sec, la blessure n'était pas suffisamment importante pour m'empêcher de courir, mais elle me fatiguerait beaucoup sur le long terme. Je grimaçais avant de casser le panneau et de monter dans le grenier. Une fois dans le grenier je sortais ma lame, le toit n'existait plus et j'entendais des hululement qui me faisait craindre l'assaut d'oiseaux nocturnes ... Je scrutais le ciel alors que la brume commençait à m'envelopper ... Je voyais les oiseaux corrompus fuir et je compris le danger à peine quelques secondes avant le second impact, je rangeais mon épée et courrais aussi vite que possible avant de sauter par le panneau défoncé du grenier. Je me concentrais sur mon point de chute, qui si tout se passait bien, devait être un arbre. Cependant, avec le brume je distinguais à peine et ce fur au dernier moment que j'apercevais le tronc qui s'approchais à très grande vitesse à ma rencontre et je pus à peine amortir le choc et je grognais sous la douleur renforcé par la récente blessure.

J'oubliais bien vite la douleur quand j'entendais un bruit assourdissant venant de la maison faisant trembler toute la clairière et me faisant tomber de l'arbre. Le choc me brisa une côte et je crachais un caillot de sang. La maison dans laquelle je m'étais réfugié ces derniers jours s'était écroulé sous le choc.

Puis tout disparu dans la brume et le silence revint ... En dehors des raclements, discontinu et de plus en plus proche. Je me relevais en hâte et me mit à courir comme jamais ...


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Ven 13 Jan 2017 - 20:24


Peu de temps après que l’oiseau eut cessé de bouger, Asiendy était revenue auprès du talus avec dans les bras une bûche de taille respectable, parfaitement coupée d’un côté. Freya nota ce détail dans un coin de sa tête –la magie avait des côtés vraiment pratiques-, puis se baissa et extirpa sa flèche du corps de l’animal. Il n’avait pas dû rester en contact direct très longtemps avec la corruption. Outre son aile malformée et ses yeux rouges, le reste du corps était en bon état. La vagabonde soupira. Elle savait que ce genre de rencontres allait arriver, et encore celle-ci n’était rien. Elle appréhendait le fait de se retrouver face à des créatures si énormes et difformes qu’il serait impossible d’en reconnaître l’espèce d’origine. Mais si cela devait arriver, elle se moquerait bien de la nature du spécimen. Elle se concentrerait sur un moyen de survivre à la confrontation.

Freya se passa une main sur le visage, perdue dans ses pensées. Elle eut néanmoins un sourire à la plaisanterie d’Asiendy, secrètement contente que cette dernière laisse tomber le vouvoiement. Alors que la chasseresse se redressait, la semi-elfe reprit :

- Tu lui as rendu service ... à ce stade là, le tuer était probablement la meilleure solution.

Tu m’étonnes,
répondit-elle. Je viens de lui épargner une longue vie misérable à voir son corps se transformer de manière répugnante.

Le corps, oui mais également l’esprit. Ce dernier aurait été constamment parasité jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de la conscience originelle de la pauvre chouette. Asiendy décréta d’un ton calme qu’il leur faudrait effectuer des tours de gardes et Freya acquiesça en silence. Il n’y avait rien à redire. Si Asiendy ne l’avait pas proposé, elle l’aurait fait. Elle s’était déjà faite à l’idée de ne pas vraiment dormir cette nuit quelques heures auparavant. Au moins avec la vigilance d’une autre personne, elle pourrait prendre un peu de repos. La vagabonde essuya sa flèche par terre et se releva, emboîtant le pas à la jeune fille. Ellara s’était remise à brouter.

En arrivant dans la cavité, Freya s’adossa contre un pan de roche et tendit son dîner à Asiendy. Elle s’attaqua alors au sien, mâchant distraitement la chair de la volaille et faisant descendre le tout avec l’eau qu’elle avait recueilli au lac. Au bout de quelques minutes, elle brisa le silence :

Si cela ne t’embête pas, j’aimerai prendre le premier quart.

Freya sourit légèrement à l’attention d’Asiendy.

Cette petite distraction m’a ôté toute trace de fatigue.

Ce n’était bien évidemment pas tout à fait vrai. Les stigmates d’une journée de chevauchée ne s’envolaient pas comme ça et Freya avait encore les jambes raidies par les contractions de ses muscles. Mais la rencontre avec un animal corrompu si près de l’orée de la forêt avait ravivé tous ses sens. Au fond d’elle, elle devait avouer qu’elle aimait bien ces moments de fébrilité étrange, entre l’excitation et le trouble. Même si elle était consciente du danger et qu’elle ne courait pas au-devant, les montées d’adrénaline décuplaient ses instincts. Elle finit son repas et un petit rire franchit la barrière de ses lèvres.

J’espère en tout cas que ce sera la seule attaque que nous subirons ce soir. Ce serait dommage de briser la sérénité dont tu as pu bénéficier les deux dernières nuits.

La vagabonde nettoya ses affaires et les empaqueta, de manière à pouvoir partir rapidement si nécessaire. Malgré tout ce qui venait de se passer, elle n’était plus aussi pressée de reprendre la route. En fait plus elle se rapprochait de sa destination et plus l’angoisse montait en elle, bien qu’elle essayait par tous les moyens de la faire taire. Elle était partie depuis trop longtemps…  Peut-être que revoir son village n’était pas une si bonne idée. Remuer le passé n’était pas la meilleure des choses à faire.

Elle venait de se rasseoir quand, des profondeurs de la forêt, bien loin d’elles, leur parvint un cri à glacer le sang. Certes la lamentation était étouffée mais elle restait très distincte. En revanche aucun animal de cette Terre n’était capable d’émettre un tel son. Freya releva la tête d’un coup et croisa le regard d’Asiendy. Ses nerfs étaient tendus à craquer et elle se releva d’un coup, les sourcils froncés.

Qu’est-ce que… ?

La vagabonde se saisit de ses armes. Elle rattacha à ses côtés le porte-épée qu’elle possédait et enfila son carquois. Le hurlement n’était pas si proche de leur refuge, néanmoins il fallait être capable de réagir le plus prestement possible. Bien qu’excentré, leur sous-bois pouvait tout aussi bien être la cible d’attaques si les créatures maudites pouvaient déceler leur présence. Après tout la chouette les avait bien trouvées, elle. Freya sortit calmer Ellara qui renâclait et en profita pour scruter les horizons. Rien d’alarmant n’était percevable. Tout était calme dans leur partie de forêt. Avec un peu de chance, ce serait tout pour cette nuit. Elle se tourna vers Asiendy et s’apprêta à lui dire sur le ton de la plaisanterie que l’appel de son tour de garde avait sonné quand un bruit proche de l’explosion fit trembler les arbres. Le calme revint presque aussi rapidement qu’il avait été troublé.

Freya attendit de longues secondes avant de prendre la parole :

Eh ben… Je ne sais pas ce qui a été à l’origine d’un tel raffut mais j’espère que ça ne se dirige pas vers nous. Auquel cas il faut se préparer à partir, nous ne disposerons que de quelques minutes pour nous éloigner d'ici sans dommage.

Par prudence, elle sella sa jument.  Le silence qui avait repris ses droits n’était cependant pas rassurant. Rien de tout ce qui se passait ici n’était normal. Freya était nerveuse. Elle avait l’impression d’être une proie qui ne savait pas de quel côté allait être lancé l’assaut meurtrier. Et elle avait beau tendre l’oreille et observer les bois, rien ne lui parvenait.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Sam 14 Jan 2017 - 23:36


Asiendy reçu son dîné de la main de Freya et s'assied à nouveau sur la cape qui lui servait de paillasse. Elle sorti une outre d'eau et fit couler une petite gerbe pour s'en laver le bout des doigts avant de saisir la volaille. Elle remercia sa restauratrice avec un petit mot elfique avec de plonger ses crocs dans la viande.

J’espère en tout cas que ce sera la seule attaque que nous subirons ce soir. Ce serait dommage de briser la sérénité dont tu as pu bénéficier les deux dernières nuits.

Elle porta son regard sur son interlocutrice alors qu'elle finissait son repas. Après un moment elle méditait, ses yeux se portèrent sur ce petit coffret plat. L'espace d'un moment, elle douta. Et si c'était son précieux contenu qui avait attiré l'animal vers lui ? Et si tout cela n'était que le prélude de futurs attaques ? Asiendy y réfléchissait mais chassa vite ces pensées. Le coffret semblait tout à fait banal, fait de bois cerclé par du fer, mais à l'intérieur, de fines plaques d'argent recouvrent les parois, isolant ainsi le contenu de par ses propriétés. Il était vraiment peu probable qu'il fasse office d'aimant à ennuis comme elle se l'était suggérée. De toute façon, même si c'était le cas, il a fallu réunir beaucoup de chance et d'effort pour s'emparer d'un si précieux spécimen, nul doute qu'Asiendy serait prête à se battre pour le conserver, plus encore que ses autres sujets d'étude.

Asiendy sentait la tension monter, sa partenaire était à couteaux tirés et ça se comprenait. Le puissant cri qui agressait ses oreilles pointues lui donna envie de tirer sa dague de son fourreau immédiatement et de se préparer au combat. Mais elle renia son instinct primal et garda la tête froide. Il lui fallait rester calme et réfléchie dans ces situations là. Elle était bien incapable de savoir ce que ce hurlement représentait réellement, ses connaissances sur les animaux de la forêt était certes limité, mais ce qu'elle venait d'entendre ne pouvait pas venir d'une simple bête.

Eh ben… Je ne sais pas ce qui a été à l’origine d’un tel raffut mais j’espère que ça ne se dirige pas vers nous. Auquel cas il faut se préparer à partir, nous ne disposerons que de quelques minutes pour nous éloigner d'ici sans dommage.

Le dilemme était compliqué. Fallait-il tout simplement partir comme l'envisageait Freya ? Affronter le froid de la nuit sachant qu'aucun abri ne se trouvait à des dizaines de kilomètre à la ronde était une possibilité bien rude. D'un autre côté, rester ici, voilà une option qui apportait son lot de problèmes elle aussi. Après ce hurlement épouvantable, et cette secousse, le reste de la nuit pouvait aussi bien redevenir calme, tout comme il ne pouvait qu'aller de mal en pi. C'était une situation à laquelle seul le temps qui passe pouvait apporter la réponse.


- J'ai comme un mauvais pressentiment ...


Elle scruta un moment les alentours, incapable de distinguer quoi que ce soit. Alors qu'elle s'apprêtait à retourner dans la tanière, passant près du feu, de sa lueur et de sa chaleur toutes deux rassurantes, ses sens se mirent en alerte. Asiendy eut soudainement la sensation que quelqu'un, ou quelque chose, approchait. Elle sentait la présence d'un esprit affolé, sans savoir s'il s'agissait de peur ou de rage. C'était un créature partiellement animale et la jeune fille s'attendait dors et déjà à voir débarquer une bête transfigurée leur foncer dessus. A peine eut-elle perçu un bruissement de feuilles, une vague silhouette en mouvement, que sa réaction fut immédiate et disproportionnée.

Elle déploya son esprit dans le sol et fit un geste ascendant avec sa main :

- Ossa ho nehtë !*
*Mur de lances (en elfique)

Dans l'urgence, elle força sur sa voix et alors que le sol vibrait, tremblait sous l'oppression qu'Asiendy faisait peser sur lui, les racines sortirent de terre, se mélangeant à celles qui n'étaient pas enfouies, et se dressaient pour former une véritable herse qui partait d'à peine un mettre des pieds de la sorcière et qui s'étira devant elle. Pointée vers la source de l'intrusion, la fortification serait assez haute et solide pour bloquer la charge d'un cheval, voir empaler le téméraire qui tenterait malgré tout de passer en force.

Utiliser à la hâte un sort de manipulation en y mettant de la puissance, voilà une manœuvre risqué. Elle n'avait pas eu le temps de concentrer la totalité de son esprit sur la tâche à mener, et l'une de ses pensée la trahissait. Asiendy pensait à la douce chaleur du feu, à sa crainte d'affronter le froid si jamais elle devait partir, et tout naturellement, un flux de magie emprunta cette idée pour se manifester. Alors que la barrière de pointes se terminait, une brise glaciale souffla sur la zone, recouvrant la cinquantaine de mètres qui entouraient la jeune magicienne d'une couche de givre, soufflant ainsi le feu du foyer, plongeant l'endroit dans l'obscurité et le froid d'un hiver tenace. Les racines quant à elle gelèrent également, renforçant ainsi leur barbelures.

Une erreur de manipulation qui ne semblait pas réellement surprendre Asiendy, qui était maintenant en train de grelotter mais qui se préparait à l'affrontement, et porta sa main gauche sur le pommeau de sa dague, avant de remarquer que le gel l'avait affectée elle aussi et qu'elle ne voulait pas sortir de son fourreau. Elle tourna la tête vers Freya brièvement :

- Heu ... D-désolée ...


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Akkan
Dirigeant de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Dim 15 Jan 2017 - 23:48


Je courais aussi vite que je le pouvais, je n'avais aucune idée de la direction prise et je tentais surtout de me concentrer sur le terrain accidenté. Les racines encombraient le chemin et parfois j'avais l'impression que la forêt tentait de me barrer le chemin. J'esquivais les branches basses, sautait pardessus les racines et les troncs des arbres morts. Je tentais un regard en arrière et voyais la brume suivre le chemin mais ralenti par la forêt. J'entendais aussi le grondement de la bête, mais celui-ci semblait plus lointain.

Je sautais par dessus une bute et glissais le long de la pente. Une fois en bas, je tentais de reprendre mon souffle. Difficilement car la côte cassé me faisait souffrir atrocement, entre les chocs et la courses effrénés je sentais que mes forces me quittaient. Je reprenais ma course pourtant, mais plus lentement. Désormais, je n'entendais plus que des bruits lointain, à moins que ce ne soit la fatigue qui me fasse rêver. Je m'arrêtais encore après plusieurs minutes de courses et je regardais aux alentours. Je remarquais que ma vue se brouillait, je luttais contre la fatigue tant bien que mal et tentais de reprendre ma respiration. Chacune des inspirations et des expirations déclenchait une douleur qui menaçait à tout moment de me rendre inconscient et c'est un craquement proche qui me convint de reprendre ma course.

Je courrais si lentement que c'était désormais risible, je chutais une première fois me prenant dans un racine, puis réveillé par le choc de mon corps contre le sol, je me relevais et titubais quelques mètres plus loin. J'entendais des bruits, animaux, ou autres ... Je ne savais plus ... J'avais peur, j'avançais par la simple force de ma volonté. Aujourd'hui encore, je me demande comment je parvins jusqu'à cette palissade gelée. Je me demande même si je l'ai rêvé. Je me rappel m'être dit que si la corruption arrivait à érigé pareil chose alors c'en était finit de nous.

Je frappais de rage contre la parois, n'ayant plus la force de sauter par dessus, je m'appuyais contre et m'évanouissait.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mer 18 Jan 2017 - 17:49


HRP:
 


Face à la silhouette qui peinait à être distinguée, le réflexe d’Asiendy fut spectaculaire et immédiat. Elle tendit sa main vers la terre en prononçant quelques mots et toutes les racines cachées sortirent du sous-sol et s’entremêlèrent, formant ainsi une puissante barricade contre toute forme d’intrusion. Sans en oublier le danger qui pouvait à tout moment faire irruption des sous-bois, Freya fut subjuguée par cette démonstration de magie. Elle se demanda même, l’espace d’une seconde pourquoi Asiendy n’avait pas fortifié son campement plus tôt au cas où de tels assauts se produisent. Peut-être l’avait-elle fait les nuits précédentes, après tout la vagabonde ne pouvait pas vérifier. En tout cas, c’était bien pratique en ce moment-même.

Cependant un effet indésirable se joignit à la haie de racines dressée devant les deux voyageuses, prenant la forme d’un vent d’hiver particulièrement mordant qui gela tout sur son passage, du feu au nez de Freya. Cette dernière se tourna vers Asiendy, doutant qu’un tel phénomène fut  intentionnel. La semi-elfe confirma ses soupçons lorsqu’elle souffla une vague excuse. La chasseresse eut un mince sourire et fit face au mur qui s’était établi à quelques mètres. Bien sûr, elle n’en voulait pas à Asiendy, un flux de magie aussi important devait être difficile à maîtriser surtout si l’on prenait en compte l’urgence et l’âge de la jeune fille. En revanche le gel rendait son épée inutilisable. Il lui faudrait un bon moment avant de pouvoir la tirer de son fourreau et le temps était précisément ce qui leur manquait en cas d’attaque. Aussi elle ajusta son carquois et banda son arc vers le lieu où la silhouette avait pu être aperçue.

Freya claqua des dents. Le mouvement bref de sa mâchoire était incontrôlable. Les secondes passèrent, semblant étirer leur mince emprise sur le temps avant qu’un bruit sourd ne parvienne de l’autre côté de la palissade gelée. Les coups se multiplièrent avant de brusquement s’arrêter. Le silence se fit à nouveau, pour la énième fois de la soirée. La vagabonde fronça les sourcils. Si la créature qui s’était heurtée contre les racines les avait pris pour cible, pourquoi si peu d’acharnement ? Non pas qu’elle pensait à s’en plaindre au contraire, mais cela lui sembla étrange. Un piège était-il à soupçonner ? Après près d’une minute à tendre l’oreille et à se préparer à un nouvel assaut, Freya se décida à avancer vers le mur protecteur. Avec prudence, l’arc toujours tendu, elle contourna la palissade par une petite brèche. Elle n’était pas suicidaire mais elle devait être certaine qu’elles ne risquaient rien en restant sur place.

Une forme vaguement humaine reposait au sol non loin d’elle. Freya sentit son cœur s’accélérer et entreprit de se maîtriser. Etait-ce une de ces personnes si transformées par la corruption qu’elles tenaient plus de la bête que de l’homme ? La silhouette totalement inanimée semblait inoffensive mais il ne s’agissait peut-être que d’un leurre. Il fallait l’achever.

Quelques détails retinrent alors le bras de Freya qui plissa les yeux et disséqua mentalement la créature qui s’était laissée tomber contre la fortification. La grande taille était une chose, l’armure abîmée qui le protégeait partiellement était impressionnante, mais ce qui était vraiment hors du commun, c’étaient ces canines acérées, ces longues oreilles et cette épaisse couche de fourrure qui semblait recouvrir une grande partie du corps de l’inconnu. Des détails qui eux, n’étaient pas étrangers à Freya. La jeune femme réfléchit à toute vitesse avant d’ouvrir de grands yeux. Se pourrait-il… ?

Elle s’approcha d’avantage et s’accroupit sans lâcher son arc,  respectant tout de même une bonne marge de distance entre elle et la silhouette qu’elle examinait. Elle en était sûre désormais, elle avait déjà croisé sa route. C’était il y avait quelques mois à Aberon, en compagnie d’Ellenwen, lors de cette fameuse célébration de paix. Ils n’avaient échangé que quelques mots et n’étaient restés en présence de l’autre que quelques minutes. S’il se réveillait, aucun doute que le colosse n’ait oublié Freya. Elle-même ne se serait pas souvenue de lui s’il n’avait eu cette incroyable apparence animale, difficile à oublier. Le soulagement qu’elle ressenti était à la hauteur de l’incompréhension qu’elle avait des évènements de la soirée. La chasseresse éleva doucement la voix, de manière à ce qu’Asiendy l’entende.

Je… Tout va bien je crois. C’est un ami d’Ellenwen.


Il s’agissait même d’un disciple de la reine des elfes, si elle avait bien retenu ses dires. En tout cas nul doute que l’évocation de cette dernière intrigue ou rassure Asiendy. Mais il n’y avait aucun mensonge dans les paroles de Freya.

Il est blessé…

La guérisseuse avisa le haut du torse du forestier qui semblait poissé de sang. Elle passa ses mains dessus et confirma la blessure. Quelque chose avait percé sa peau. Son état n’était pas encourageant et témoignait d’un affrontement hostile. Pile ce à quoi Freya ne voulait pas faire affaire. Mais elle ne pouvait pas laisser le colosse dont elle ne se souvenait plus le nom à son triste sort. Elle avait de quoi soulager sa blessure avec elle et rien ne semblait indiquer un nouveau danger imminent. Asiendy et elle avaient sans doute encore un peu de temps devant elles avant de devoir mettre les voiles pour de bon. Et puis la blondinette pourrait leur offrir plus de protection grâce à d’autres incantations.

Il faudrait… Le mettre à l’abri. Le temps qu’il récupère et qu’on sache enfin ce qui se passe en cette foutue soirée.

Elle se passa une main sur le visage et se redressa.

Mais nous devrons le déplacer pendant qu’il est encore inconscient. Il me semble qu’il a quelques problèmes avec la gent féminine.

D’ailleurs ce ne serait pas une tâche aisée. La taille et le poids de l’individu seraient des défis importants, même si le campement n’était pas loin. Freya souffla sur ses doigts gelés.

*La vache, ça caille.*
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Dim 22 Jan 2017 - 21:28


Asiendy était haletante, comme épuisée par cette dernière action que lui a plus ou moins filée entre les doigts.

- Juste ... une personne ... ? "ça ne valait pas le coup d'y aller aussi fort".

Le froid l'assaillait de toute part, Asiendy semblait avoir été plus affectée encore que le paysage qui l'entoure, elle était vraiment glacée jusqu'aux os et n'avait qu'une envie, se réchauffer auprès d'un bon feu. Pendant l'espace d'un instant, elle songea à réutiliser sa magie pour inverser le processus de gel, changer cet air froid polaire en un vent chaud, comme ceux qui parcours les étendue désertiques du Hadarac, mais rapidement, elle pris conscience que cette idée était particulièrement dangereuse. Tenter de faire déferler la chaleur en pleine nuit, dans son état de faiblesse, présentait un risque considérable, si sa magie lui échappait à nouveau, elle pourrait bien embraser l'air autour d'elle et incinérer les alentours, y compris elle-même. Quand on joue avec le feu, on se brûle.

Elle écoutait la description progressive de Freya tant bien que mal : un ami d'Ellenwen qui était blessé. Asiendy avait déjà rencontré la reine des elfes en personne, sans pour autant avoir eu l'occasion de vraiment discuter avec, mais c'était une personne qu'on pouvait compter parmi ses alliés.


- D'accord ... donne moi ... juste une minute ... "il faut que je rallume ce feu ... tout de suite ... allé A'dy, on y va doucement, concentre-toi ..." usta-milya.*

* Brûle doucement (en elfique)

Des flammes bleues commençaient à englober la bûche, un feu destructeur qui ne demandait qu'à être libéré de toute emprise pour anéantir et réduire en cendre quiconque ayant le malheur de se retrouver sur son chemin, mais Asiendy avait volontairement utilisé une faible quantité d'énergie et après avoir allumé le bois, le feu redevint un feu "normal". La sorcière était fatiguée, elle du lutter pour ne pas s'assoupir à l'instant même ou la chaleur agréable du foyer commençait à l’atteindre. Ses yeux commençait à se fermer et elle somnola quelques secondes avant de se reprendre en main.

Elle se déplaça vers l'endroit où était le nouveau venu et escalada sans difficulté les pieux entremêlés qu'elle avait tantôt crée, les pics n'étant pas de son côté, elle ne risquait rien. Elle regarda l'homme en contre-bas et eu plusieurs réactions de surprises.


- Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? lâcha-t-elle sans retenue, l'ayant visiblement dit avant même de le penser. Enfin je veux dire ... on va avoir besoin du cheval si tu veux traîner un colosse pareil.

A vue d’œil, il faisait bien deux mètres et devait peser la centaine de kilo ... sans arme ni armure. Outre ce point, Asiendy était intriguée par l'apparence bestiale de la personne, elle avait déjà entendu parlé d'elfes capable de se transformer partiellement en animaux, mais n'en avait jamais vu auparavant. Bon, il y avait bien les yeux jaune de chat que son père avait l'habitude d'avoir, même que dans ses souvenir, Asiendy avait grand peine à se remémorer les vrais yeux de son père, tant il portant si souvent ce regard félin. En tout cas, ce n'était rien de comparable à ce qu'elle voyait en ce moment même.


- Je crois que sa misogynie est le cadet de nos soucis ...


Elle aurait souhaiter pouvoir abattre sa fortification, afin de s'épargner de devoir faire le tour, mais même si elle en aurait été capable, elle n'en avait plus la force.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mar 24 Jan 2017 - 18:01


La réaction d’Asiendy face à la stature du géant arracha un léger sourire à Freya. Il était certain que l’apparence du semi-elfe était des plus étonnantes pour des personnes non averties. Les êtres comme Akkan ne courraient pas l’Alagaësia ou du moins restaient en dehors de la société, n’éprouvant aucunement le besoin de s’y intégrer. La jeune blonde n’avait que laissé jaillir sa surprise à travers une interrogation abrupte, mais sans intention offensante. Et puis de toute façon, vu l’état d’inconscience dans lequel il se trouvait, l’hybride ne pouvait pas s’offusquer. Les yeux de la vagabonde se reportèrent sur le visage du colosse avant de se détourner vers les profondeurs de la forêt. Qu’avait-il affronté ? La menace qu’il avait fuie difficilement pouvait-elle retrouver sa trace et être menée ici ? La sécurité était une notion toute relative au Du Weldenvarden. En cela Asiendy n’avait pas tort, les problèmes relationnels du forestier n’était pas ce qu’elles pouvaient redouter de pire.

La guérisseuse étudia rapidement la situation et réfléchit à un moyen simple, rapide et efficace d’harnacher le demi-elfe à sa jument sans empirer ses blessures. Et une fois la besogne achevée, il fallait compter une vingtaine de mètres à parcourir afin de contourner la barrière glacée et de rejoindre le campement. Freya jeta un coup d’œil en biais à sa compagne d’infortune. Elle avait décelé des signes de fatigue à travers sa voix lasse. Et cet abattement était grandement justifié par l’incroyable quantité de magie qu’elle avait déployée pour les protéger. La jeune femme rousse lui fit un signe et d’un ton prévenant mais ferme déclara :

Je m’en occupe. Va te reposer, tu en a besoin.


Il était dangereux de laisser filer son énergie dans de pareilles circonstances et le surmenage devait à tout prix être évité. Il y avait déjà un blessé. Les deux femmes ne pouvaient se permettre de laisser la faiblesse s’emparer de leurs êtres. Certes la tâche allait être d’autant plus compliquée pour Freya, mais elle ne dépenserait pas autant de vitalité que l’avait fait Asiendy. Elle se retourna et appela Ellara. La jument s’arrêta à quelques pas d’elle et la chasseresse se pencha alors sur Akkan. Elle n’avait pas de quoi fabriquer une civière solide rapidement alors il allait falloir être pragmatique et le délester de certaines parties de son armure et de ses armes, afin de rendre le transport plus facile. La jeune femme rousse souffla sur ses doigts engourdis et se frotta les bras pour se réchauffer de manière à être efficace dans sa besogne. Elle s’attela ensuite à détacher les empiècements les plus lourd, les mis de côté avec les armes et avec toute la bonne volonté de son cheval, après avoir déployé des trésors d’ingéniosité couplés d’une bonne dose d’acharnement, réussit à caler l’hybride sur Ellara. Le procédé avait bien prit de longues minutes mais l’avantage était que la voyageuse ne ressentait presque plus le froid. Elle transporta une partie de l’équipement de l’inconscient et guida la jument le long de la fortification. En arrivant en vue du campement, elle fut reconnaissante envers Asiendy d’avoir fait brûler du feu et se réjouit de la perspective de se reposer à son tour. Tout ce qu’elle trimballait était si lourd….

Après avoir passé un autre moment à installer le géant près du feu, Freya se laissa tomber à ses côtés avec un grognement de contentement, reprenant son souffle et se réchauffant auprès du foyer. Puis son regard tomba sur la blessure ensanglantée du colosse et décida de faire quelque chose pour ça, afin d’éviter l’infection et de limiter la perte de sang. Ne voulant pas imposer à Asiendy un nouveau sortilège -surtout que sa magie pouvait bien se montrer encore nécessaire-, elle s’en remit à ses bon vieux trucs : de l’eau, du tissu et des plantes. Elle s’adressa à la semi-elfe tout en s’affairant à faire bouillir de l’eau.

Si tu as encore froid, j’ai quelques peaux qui peuvent t’être utiles. Je vais me charger de sa blessure.

Elle nettoya la plaie, et confectionna une pâte avec le peu de calendula qui lui restait dans sa sacoche. Ses gestes étaient rapides et experts, le processus n’avait pas excédé cinq minutes. Elle disposa sa préparation sur la blessure d’Akkan qu’elle recouvrit d’un carré de tissu humide.

Ta magie est impressionnante. Vraiment, ce mur qui a jaillit de la terre est fantastique. En un sens je t’envie un peu, même si la magie a sa contrepartie, c’est drôlement efficace pour se défendre.

*Et on risque d’en avoir bien besoin*

Un grondement sourd leur parvint, se réverbérant sur les arbres qui paraissaient tous s’en renvoyer l’écho de telle sorte que la source du bruit était difficile à cerner. Freya jeta un regard à Asiendy, puis au colosse toujours évanoui. C’était définitif : elle détestait cette forêt plus que n’importe quel endroit en Alagaësia. Même la Crête était plus accueillante.
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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mer 25 Jan 2017 - 0:31


Il ne lui fallut que très peu de temps pour s'endormir, la journée avait été éprouvante. Profitant d'un moment de répit, alors que Freya s'attelait à harnacher l'imposante stature du mystérieux inconnu ... enfin, la rouquine semblait savoir qui il était véritablement, c'était déjà un bon point, ça leur évitera de se tenir en respect pendant de long moment, comme ça avait été le cas lorsque qu'Asiendy l'avait rencontré un peu plus tôt. La douce chaleur reprenant sa place dans son corps, la jeune elfe de sang mêlé se sentit partir profondément dans les méandre du sommeil malgré le danger omniprésent.



"Si seulement la journée pouvait se terminer ainsi, sur une nuit calme auprès d'un feu de camp ...", mais les nuits calme devenaient un luxe qui se raréfiait, car même après avoir bataillé tout le jour durant, demander un peu de paix était ne semblait pas réalisable. Alors qu'elle dormait à poings fermé, une voix forte hurla : 'On nous attaque !'. Elle se réveilla en sursaut, se dépêcha de se lever et sortit de sa tente. Le ciel étoilé était rougit par les flammes qui ravageait le campement alors que tout le monde s'activait. Toute une troupe d'elfes, de sang mêlé pour la plus part, mais aussi des drows, se mettait en arme à la hâte pour rejoindre le combat qui débutait. Tout allait si vite, ça ne faisait pas longtemps qu'elle même avait été recueilli par le Capitaine de la troupe, elle ne s'attendait pas à connaître un tel rythme d'enfer. Ils sont toujours sur la brèche, donnant toute leurs forces pour connaître un lendemain meilleurs. Asiendy les trouvait admirables. Des ordres était beuglés dans toutes les directions alors que le fracas du métal commençait ses notes, rajouté à cela les sifflements intermittents des flèches qui passaient au dessus d'elle, un véritable chaos sonore ... et elle entendit le tonnerre gronder, comme s'il n'y avait déjà pas assez de vacarme.

Plusieurs soldats furent tués alors qu'ils avaient tout juste eu le temps de tirer leur épée. Les assaillants pénétraient le campement avec violence, et c'est alors qu'elle aperçu une jeune écuyer, à peine plus âgé qu'elle, se faire trancher la gorge par un homme au regard sadique et pervers. Cet écuyer, c'était un bon garçon, très avenant, avec qui elle avait pu discuter ci et là, il était également très charmant et sa perte choqua la gamine. Elle était horrifiée, ne sachant plus ce qu'il fallait penser, ou ressentir, il y avait de la tristesse, de la colère, du désespoir. L'assassin tourna son regard perfide vers elle et s'approcha en tenant des propos dégoûtant : 'Viens là petite, on va faire connaissance toi et moi'. Savoir que sont tour allait venir la pétrifiait de peur encore plus, il ne faisait pas bon d'être une femme sur un champ de bataille. A ce moment précis, elle souhaitait que cet homme meurt, peu importe la manière, le ciel pouvait bien lui tomber sur la tête qu'elle aurait trouvé ça mérité. A vrai dire, elle le pensa si fort que, au prochain grondement de tonnerre, la foudre chuta des cieux et frappa son ennemi de plein fouet, le carbonisant sur l'instant. Après l'impact de l'éclair, tout devint soudainement silencieux, des voix paniquées dans les rangs adverses s'écrièrent : 'Ils ont une sorcière !' ; 'Putain ! j'ai pas été payé pour ça.' ; 'Allé les gars, on s'barre !'. Quelque part elle avait été soulagé que ça se termine comme ça, mais c'était la première fois qu'elle se servait de sa magie pour tuer quelqu'un, même si elle l'avait fait involontairement. Le claquement du tonnerre lui restait en tête et il la hante depuis. Alors que les mercenaires tournaient les talons, les nuage grondèrent à nouveau, et Asiendy se réveilla ...


Tiré de son sommeil, elle rouvrit les yeux et aperçu Freya, adossée près de leur nouveau compagnon de voyage. Celle-ci lui proposa des peaux pour se prémunir du froid. Asiendy avait plus l'habitude des vêtements plus soyeux, plus luxueux que de vulgaire peaux de bête, mais sur ce coup-ci, elle ne ferait pas la fine bouche et accepta volontiers la proposition.


Ta magie est impressionnante. Vraiment, ce mur qui a jaillit de la terre est fantastique. En un sens je t’envie un peu, même si la magie a sa contrepartie, c’est drôlement efficace pour se défendre.

Elle poussa un profond soupir. - Jusqu'à maintenant, je dirais qu'elle m'a apporté presque autant de problèmes que de solutions. Je suis bien contente de l'avoir, c'est certain, mais ça représente beaucoup de danger et demande beaucoup d'efforts, d'entraînements, et pour l'instant, la maîtrise n'est pas vraiment là.


Elle marqua une pause, avant de reprendre, en essayant de prendre une voix grave, levant un index devant son visage, visiblement en train d'imiter quelqu'un : - Avec de la connaissance et de la maîtrise, on arrive à tout ! ... Elle arrête son imitation ridicule et reprend sa voix normale : - Mon père ... quand il parlait de ses batailles ... un très bon tacticien, et un combattant de renom ...

"Je ne sais pas pourquoi je lui parle de ça mais ..."

Le grondement qui suivit arracha un petit rire nerveux à la blondinette qui se mise à sourire devant cette situation incongrue.

- ... je crois qu'il commence à me manquer ... Un nouveau silence prit place, pendant quelques minutes. ... Je te jure que je ne mentais pas ... quand j'ai dis tout à l'heure ne pas avoir été attaquée ces deux dernières nuits.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mer 25 Jan 2017 - 13:32


Tendant ses mains au-dessus du feu, Freya se réchauffait doucement. Son corps se révéla douloureux à certains endroits, en particulier aux bras et aux jambes en raison de tous les efforts qu’elle avait fournis. Elle se serait bien allongée pour prendre un peu de repos mais la situation faisait qu’elle devait rester alerte. Parler était un bon moyen de se tenir éveillée et elle écouta avec attention Asiendy discuter de la chance mais également du fardeau que pouvait apporter la magie dans une vie. Elle disait avoir du mal à la contrôler et la chasseresse songea qu’étant donné l’intensité du sort qu’elle avait ressenti quelques moments auparavant, elle ne pouvait douter de la difficulté de maîtriser un tel pouvoir. Surtout si l’on n’avait pas été encadré ou même seulement préparé à la maîtriser. La semi-elfe se mit soudainement à imiter son père. Lorsqu’elle parla de lui, la jeune femme rousse se redressa, intéressée. Son père lui avait souvent conté des histoires de grands guerriers lorsqu’elle était enfant, récits qu’elle réclamait dès qu’elle en avait l’occasion. Elle retrouvait l’admiration qu’elle avait eue pour ces personnages en écoutant Asiendy. Lorsque la petite blonde confessa qu’il lui manquait, Freya se senti attendrie. Malgré sa puissance et sa capacité à affronter les affres du Du Weldenvarden seule, il ne fallait pas oublier que la semi-elfe était encore jeune. Errer dans les traces de la corruption en solitaire pour des résultats incertains devait lui peser quand bien même cela ne faisait que confirmer son audace.

Ton père a l’air d’être une personne remarquable.


Le silence revint un moment. Le grondement s’était tût mais cela n’était pas suffisant pour adoucir l’aspect funèbre des alentours. La voyageuse s’adossa contre la paroi de la cavité tant bien que mal. Elle avait fait son possible pour installer au mieux l’immense hybride près du feu mais ils étaient désormais sérieusement à l’étroit.  Asiendy rompit le silence et sa phrase lui décrocha un léger rire affable.

Tu veux dire que c’est moi qui porte malheur ici ?


C’est vrai que la coïncidence était singulière. En tout cas elle justifiait toute les appréhensions que Freya avait eu de trouver refuge dans les sous-bois. Elle se demanda un instant si l’endroit où elle avait initialement prévu de passer la nuit était réellement plus sûr. Elle avait de bonnes raisons d’en douter de plus en plus. Aucune des terres en lien direct avec la forêt n’étaient strictement à l’abri de l’extension de la corruption. La rôdeuse s’interrogea sur le temps qu’il faudrait à l’aura malfaisante pour transformer son corps et son esprit si elle restait camper indéfiniment ici. Comme elle se trouvait presque en lisière des bois et non au cœur, cela devait prendre un certain temps… Elle se passa machinalement une main dans les cheveux pour chasser cette pensée dérangeante et scruta le demi-elfe qui n’avait pas bougé.

J’espère qu’il se réveillera bientôt… Sa blessure était moins profonde qu’elle n’en avait l’air mais il me semble qu’il a un gros hématome au niveau des côtes. Peut-être déclenché par un coup ou une fracture.


Malheureusement, hormis le maintien ou le repos, il n’y avait pas d’autre remède à la cassure de ces os. En tout cas tant qu’il ne serait pas conscient, il n’était pas question de s’en aller d’ici. Freya soupira et étendit ses bras avant de se lever péniblement.

Je vais veiller quelques moments on dirait bien. Si tu veux dormir, c’est l'opportunité.

Elle prit une des peaux de daim qu’elle possédait et la tendit à Asiendy, un peu désolée de n’avoir pas quelque chose de plus attrayant à lui proposer. Ces fourrures lui servaient de couvertures lorsqu’elle passait la nuit dehors et elle en troquait quelque fois, lorsqu’elle était de passage en ville. Il y avait bien ses vêtements mais ils n’étaient guère plus attractifs en plus d’être moins chauds. La vagabonde sorti ensuite de la cavité et s’installa devant en compagnie de sa jument qui scrutait avec elle la nuit.
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Akkan
Dirigeant de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mer 25 Jan 2017 - 22:43


Après ce bruit, la forêt se calma, la première heure se passa sans incident notable. J'étais pour ma part, dans un état lamentable partagé entre cauchemar et douleur, je sentais juste l'esprit de Nimrod vogué inquiet autour de mon esprit alors que pour ma part je revivais le combat de cette nuit et j'y voyais toutes mes connaissances dépecés par des créatures si déformé que toute retour en arrière était impossible. Des larmes coulaient tellement la vision était horrible, cependant je ne pouvais en détourner les yeux ...

La deuxième heure se passa comme la première plutôt calme, à l'exception notable qu'une légère brume se levait autour du camp ...

J'entendis un cri mental de la part de mon dragon qui me sommait de me lever. Je m'éveillais en sueur en proie a une frayeur sans nom et je me jetais sur la première forme venue sortant mes griffes et révélant mes crocs. Je m'arrêtais cependant au dernier moment reconnaissant un visage humain ... Demi-elfe même ... Puis la douleur repris le dessus et je tombais au sol, haletant. Mes souvenirs revenaient avec la douleur, ma côte brisé ma chute dans la clairière, l'écharde proche de mon épaule, qui ... avait été soigné. Par qui ?

Je m'appuyais sur mon coude et reprenais doucement mes esprits, nous n'étions pas attaquer et qui que ce soit qui m'ait trouvé, on ne m'avait pas tué pour le moment, je pouvais donc raisonnablement considérer la demi-elfe comme une alliée, même si ma réaction avait dû la surprendre quelque peu. Je grommelais :

- Désolé, un mauvais rêve. Je crois que nous allons avoir de la visite.

J'essayais tant bien que mal de retirer ma tunique, mais mon bras gauche était juste insupportablement douloureux. Je finissais de la retirer alors que je regardais à l'extérieur et voyait une deuxième personne. Son allure m'était vaguement familière ...

La tunique enlevé je me concentrais sur le lien avec Nimrod.

*Tu es prêt ?*

*Depuis quand tu me poses la question ? Laisse-moi sortir, de toute façon elles auront bien besoin de mon aide*

Mon tatouage dans le dos se mit à bouger alors que je me concentrais sur le fait d'expulser mon dragon hors de mon corps. Le dragon blanc qui se mouvait dans mon dos pris une sorte de consistance jusqu'à s'extirper de mon dos, laissant le dos vide de tout tatouage et un petit dragon blanc aux écailles veinées de violet de la taille d'un gros chat se posa en douceur au sol à mes côtés.

- Pas le temps pour les présentations, je n'ai pas la force de crier, mais tu devrais demander à ton amie de faire attention, cette brume abrite des créatures que tu ne voudrais jamais voir.

Nimrod alla jusqu'a l'entrée et huma l'air nocturne avant de s'adresser à moi :

*Elles approchent, je crois qu'elles attendent le mastodonte de tout à l'heure*

C'était bien ma veine, cette saloperie avait finit par me suivre. Bon c'était un miracle que je sois encore en vie, et que je tombe sur des êtres vivant ici tenait lieu d'une chance inespéré. Je me retournais vers la demi-elfe :

- Peux-tu m'aider à remettre mes vêtements et mon armure, je pourrais en avoir besoin rapidement.


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Asiendy
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Sam 4 Fév 2017 - 21:18


Près du feu, le jeune fille somnolait, récupérant partiellement de ses efforts d'aujourd'hui. Entre deux petits éveils, elle voyait l'homme-bête, toujours inconscient, couché non loin. Puis ses yeux se refermèrent à nouveaux, et Asiendy se senti soudainement bousculée. Envoyée au tapis par le réveil violent de leur invité, elle n'eue ni le temps de penser à un sort, ni le temps de tirer sa dague que l'homme s'était déjà jeté sur elle, prêt à ... la dévorer ? Mais celui-ci changea brusquement d'attitude et s'excusa, avec très peu de manières, certes, mais c'est le geste qui compte.

- Désolé, un mauvais rêve. Je crois que nous allons avoir de la visite.

"Des mauvais rêves, ça oui, ils vont me rendre visite après ça ..."

Asiendy n'osa pas le dire à voix haute et garda pour elle cette pensée. Elle observa cet étrange individu, sans dire mot, attendant presque à ce qu'il se présente ou qu'il se pose les questions ordinaires habituelles : où suis-je ? qui êtes vous ? Au lieu de ça, il commence à se déshabiller et extirpe de son dos un petit dragon, sous les yeux surpris de la dame.


- Pas le temps pour les présentations, je n'ai pas la force de crier, mais tu devrais demander à ton amie de faire attention, cette brume abrite des créatures que tu ne voudrais jamais voir.

- Oui, on s'en doutait ... mais heu, merci pour l'information.

Après tout ce qu'il s'était passé, la chouette mutante, les bruits lointains, l'apparition soudaine d'un guerrier blessé, c'était difficile de louper l'évidence que quelque chose approchait, et que la brume, qu'elle soit naturelle ou non, dissimulait tout un tas de saloperies qu'il vaudrait mieux éviter de voir. En fait, elle y pensait, et le mieux serait encore d'éviter d'être vu. S'il fallait vraiment se battre cette nuit, ça ne serait pas la première fois pour Asiendy qu'elle se retrouverait en face des ignominies des failles.


- Peux-tu m'aider à remettre mes vêtements et mon armure, je pourrais en avoir besoin rapidement.

- Ai-je l'air d'être un écuyer ? *soupire* ... Oubliez ça, je vous en veux encore de m'avoir presque mordue.

Tout en l'aidant, elle se demandait ce qu'allait faire l'homme-bête au dragon ensuite. Allait-il vraiment envisager de se battre de front ? D'une certaine manière, avoir un dragon dans son camp, même un petit, ça pèse déjà lourd sur la balance du rapport de forces. Mais face à la brume, impossible d'établir une vraie stratégie, impossible également de connaître les effectifs ennemis, la seule chose à laquelle on peut se fier, c'est un optimiste aveugle, une bonne dose de paranoïa, et une pointe de folie.

Elle se leva pour rejoindre Freya, juste en dehors.

- Ton ami est réveillé.

Elle marqua un silence, cherchant quelque chose d'autre à dire, mais rien de bien utile en vérité, alors elle reste à contempler la brume qui avançait lentement mais sûrement.


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Freya Wolfkin
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Ven 10 Fév 2017 - 17:27


Devant le semblant de calme qui paraissait s’être instauré dans la forêt sombre, Freya se surprit à dodeliner de la tête à plusieurs reprises. Afin de rester alerte et de ne pas faire une piètre garde, elle s’éloigna de l’entrée de la cavité de quelques pas de manière à se tenir éveillée, loin de la chaleur du foyer. Le temps s’étira lentement pour elle. Elle ne savait plus si elle surveillait le campement depuis des minutes ou des heures. Peut-être s’étaient-elles affolées pour rien avec Asiendy. Avec un peu de chance, leur petit sous-bois serait épargné de toute attaque. La voyageuse savait bien au fond d’elle que ces pensées étaient illusoires et qu’il ne fallait en aucun cas relâcher son attention. Comme pour confirmer ses réflexions, une brume se leva lentement du sol au loin et sembla envelopper doucement le campement. La jeune femme plissa les yeux et scruta l’horizon au moment où des bruits annonçant le réveil du blessé survinrent derrière elle. Elle n’en fit pas grand cas tant elle était concentrée sur cette espèce de brouillard nébuleux qui avançait désormais trop franchement pour être tout à fait naturel.

Des craquements de branches et de racines dans les profondeurs de la brume l’alarmèrent. Par deux fois elle crut même entrapercevoir des silhouettes indéfinissables se faufiler entre les arbres à grande vitesse en restant toutefois à une certaine distance de leur abri. Même si ces chimères pouvaient n’être qu’un tour de l’esprit, il était désormais clair qu’il ne ferait pas bon de rester ici dans quelques instants. Ellara commençait elle aussi à s’inquiéter et martelait à intervalle régulier le sol de ses sabots avant. Alors qu’elle s’apprêtait à avertir ses compagnons d’infortune, elle entendit la voix d’Asiendy s’élever derrière elle.

- Ton ami est réveillé.

Ami était un bien grand mot pour définir le demi-elfe qui n’était tout au plus qu’une connaissance de la vagabonde mais l’heure n’était pas à tergiverser sur des détails aussi insignifiants. Freya se tourna vers la petite blonde en espérant qu’elle ait pu prendre assez de repos pour ne pas s’écrouler.

Parfait, ça ne pouvait pas mieux tomber. Il ne faut pas rester là.

Elle allait s’avancer à l’intérieur de l’excavation lorsqu’elle se retrouva nez à nez avec un tout petit dragon blanc aux reflets violets. La chasseresse écarquilla les yeux une demi-seconde de surprise. Outre la taille inhabituelle de la créature céleste, elle n’avait aucune idée de la manière dont elle s’était retrouvée là. Elle n’avait rien vu en transportant l’hybride à l’abri. Mais ce détail ne semblait déranger personne, aussi prit-elle son parti de saluer respectueusement le dragon avant de s’avancer en quelques enjambées souple vers le guerrier qui fixait les derniers crans de sa lourde armure. Elle s’accroupit devant lui en empaquetant ses affaires prestement.

Je suis bien contente que vous soyez en état de bouger malgré vos blessures car il va falloir de toute évidence nous remettre tous en route. Mais votre épaule est encore bien fragile alors vous devriez éviter de forcer dessus.

La guérisseuse avait une multitude de questions en tête à poser au demi-elfe, comme par exemple les motifs de sa présence ici, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment. Elle prit néanmoins le temps d’esquisser un sourire et de poursuivre fébrilement :

Il semblerait que vous soyez celui à qui nous devons la visite de ces créatures corrompues. Savez-vous seulement à quoi nous devons nous attendre ?

A vrai dire, quoique puisse être les poursuivants, cela lui était égal. Il était évident que le danger était déjà bien établi. Mais peut-être qu’un plan de fuite pouvait être envisageable suivant le nombre, la taille, et la rapidité des ennemis. Autant de paramètres utiles à l’élaboration d’une retraite salvatrice. Les craquements s’intensifièrent autour du campement et Freya se releva d’un bon, lançant au demi-elfe en sortant du renfoncement de terre :

Drôles de circonstances pour se rencontrer à nouveau.

Elle n’avait aucune idée si le blessé se souvenait d’elle mais elle n’avait pas le temps de lui rafraîchir la mémoire. La vagabonde siffla pour appeler Ellara et lui fixa ses affaires aux flancs. Un rugissement retentit des profondeurs des bois, désormais plus proche que le précédent. L’écho sembla s’éterniser avant de se faire absorber par la brume. La nervosité de la jeune femme était à son comble. Elle passa en revu ses armes et s’adressa à Asiendy.

On n’a que trop traîné. Prend tes affaires et fait attention à tes échantillons, ça serait bête d’avoir risqué ta vie pour rien.
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Akkan
Dirigeant de l'Equilibrium
Message Sujet: Re: Dans la forêt de la nuit | Mar 14 Fév 2017 - 21:56


La remarque de la semi-elfe me ramena sur terre, je n'avais pas réfléchis un seul instant à ce qu'il s'était passé trop concentré sur l'instant et le danger, je ne pouvais me permettre pour le moment de prendre le risque de mettre en danger d'autres personnes.

*Nimrod ?*

*Oui ?*

*Tu protèges nos arrières pendant qu'on s'enfuit*

Je me relevais en direction de la sortie, reprenant toutes mes affaires. Tant que nous ne courions pas, je pensais pouvoir tenir et même me battre s'il le fallait, On m'avait soigné et la douleur bien que présente n'était pas aussi poignante que quelques heures plus tôt. Je tombais face à l'humaine, sa chevelure me rappela de suite notre rencontre quelques mois plus tôt à Aberon.

- Vous ici ???

Sa réponse se fit concise me rappelant à la réalité :

- Je suis bien contente que vous soyez en état de bouger malgré vos blessures car il va falloir de toute évidence nous remettre tous en route. Mais votre épaule est encore bien fragile alors vous devriez éviter de forcer dessus.

Nimrod sortit en trottinant dehors et renifla cherchant à localiser les créatures. Elles attendaient à l'orée de la minuscule clairière, il ne faudrait que peu de temps pour qu'elle se décide.

Pendant ce temps, elle ramassait leurs dernières affaires en hâte pendant que je lui répondais :

- Merci pour les soins, je n'aurais survécu sans vous.

Nous étions fin prêt quand elle me dit :

- Il semblerait que vous soyez celui à qui nous devons la visite de ces créatures corrompues. Savez-vous seulement à quoi nous devons nous attendre ?

Je ne pouvais minimiser le danger et je ne connaissais pas leur capacité, je jouais donc la carte de la transparence :

- La brume abrite des créatures corrompues de type ours ou des "animaux" dans le même genre. J'ai aussi croisé une bête si difforme que j'ai du mal à savoir son espèce d'origine, je pense à un sanglier, faites attention sa charge est redoutable. Ensuite, il est pas improbable que d'autres créatures corrompues se joigne à elles, enfin, dans la brume seuls ceux là nous poserons problèmes car elles sont les seules, enfin j'espère, à savoir se battre avec un visibilité nulle.

La brume recouvrait désormais mon bas-ventre, encore quelques minutes et elles attaqueraient ... Je vis la rousse, ... Freya si je me souvenais bien, prendre la direction de son cheval, qui désormais tremblait afin de fuir.

Sa dernière remarque m'aurait fait sourire, si le danger n'était pas omniprésent. Quand la demi-elfe fut prête, nous nous pressâmes en direction du bois vers l'ouest, Nimrod fermant la marche. Les créatures sur ses talons, désormais, nous n'avions plus le temps de marcher. Je grimaçais à l'idée de courir, cependant, les bruits derrière nous, me convainquirent plus qu'un long discours.


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